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L’enfant tyran: un vrai problème de société

J’ai fait une note de soutien à Maurice Boisart. A la fin, j’ai évoqué très rapidement les enfants tyrans (sujet que j’ai subi lorsque j’étais professeur de sciences physiques) et j’ai terminé par la conclusion purement politicienne:

« Ce livre est à redécouvrir (celui de Didier Pleux), d’autant qu’à la tête de l’état, nous avons un enfant tyran avec un fils tyran et ayant essayé de mettre son deuxième enfant tyran à la tête de l’EPAD« .

Cette phrase, purement politicienne m’a valu des critiques de l’Hérétique ce qui fait qu’il me semble important de répondre au moins par un billet (je pourrais étendre le sujet) sur les enfants tyrans.

 

Sur la forme d’abord: je maintiens, la famille Sarkozy est une famille d’enfants tyrans (je préciserai par la suite ce que j’entends par « enfant tyran »). Dans cette famille d’enfants tyrans, nous avons:

  • Nicolas qui pendant 5 ans faisait de l’autosatisfaction de sa piètre action politique (discours suivie dans la mare aux canards) et qui du coup a eu un choc lorsqu’il a rencontré de vrais français à Bayonne.
  • Le fils Jean qui a essayé d’accéder à la présidence de l’EPAD alors qu’il n’avait même pas la licence de droit. On peut aussi ajouter l’histoire du scooter.
  • Et le fils Louis qui balance des billes et des tomates sur un agent de la force publique. A noter qu’entre 2002 et 2008, Louis Sarkozy est passé seulement 2 fois dans le canard enchainé (pour son agitation).  Ce qui est, il est vrai, anecdotique. Par ailleurs, j’approuve le commentaire suivant sur le blog de l’hérétique:« Néanmoins, si mon dernier s’était amusé à ce jeu « bizarre », c’est lui qui aurait présenté ses excuses sous mon regard vigilant, pas moi… » (commentaire de Martine).

Sur le fond.

La note polémique avait juste pour but de soutenir Maurice Boisart face à un enfant tyran à un stade avancé.

Sur les enfants tyrans en général:

En ce qui me concerne, je me base sur la définition de Didier Pleux dans son excellent livre à usage des parents, qui pour moi est également devenu la bible sur la délinquance juvénile: De l’enfant roi à l’enfant tyran (présentation ici également).

 

Dans son livre, Didier Pleux démontre, exemple à l’appui, que l’enfant tyran, dont les racailles sont un cas particulier, sont des enfants intolérants à la frustration.

C’est tout, tout de suite et immédiatement.

L’auteur insiste également sur le fait que la société de consommation, qui insiste sur l’immédiateté, est un problème dans l’éducation des enfants.

Ces enfants tyrans, toujours selon Didier Pleux, ne sont pas heureux car ils sont incapables de s’adapter à un monde plein de contraintes.

Il est évident qu’il y a plusieurs stades quand on est un enfant tyran, et que la gêne peut être plus ou moins grave. Certains enfants tyrans deviennent pour le coup de vrais voyous alors que les méfaits d’autres enfants tyrans seront moins graves.

 

Pour ma part, je pense qu’il faut lutter contre ce phénomène.

D’abord politiquement. Un enfant tyran ne peut pas adhérer au programme de François Bayrou (par exemple 🙂 ) qui annonce des efforts dans la durée. L’enfant tyran ne supporte pas la frustration.

Mais surtout, l’enfant tyran devient adulte et quand on a des jeunes de 16-25 ans qui sont intolérants à la frustration, ça coûte cher économiquement (police, justice, pôle emploi, ASSEDIC) mais aussi socialement. Nous avons des gens qui ne comprennent pas la vie en collectivité (qui demande une forme de frustration) et qui ne pourront jamais vivre en société. C’est une éducation à refaire.

 

Il est important de lutter contre les enfants tyrans. L’éducation nationale fait dans ce domaine une politique dangereuse (merci Meirieu et Rousseau).

Les parents sur ce sujet sont en première ligne. Là encore, le livre de Didier Pleux est une bible. Éduquer, ce n’est pas la gifle à tout va. La gifle est un aveu d’échec. Non, éduquer, c’est savoir dire non à bon escient.

Là encore, on ne nait pas enfant tyran, on le devient. Point important, ce phénomène est présent dans tous les milieux sociaux.

Nicolas Sarkozy n’a pas dit non à bon escient à ses fils. Il ne leur rend pas service car il ne leur donne pas une expérience de la frustration.
Pour l’enfant tyran qui tyrannise Maurice Boisard, le père n’a pas su dire non à bon escient. Il n’a pas donné à son fils un apprentissage à la frustration. Là, le résultat est plus grave, car on a une véritable racaille.

En plus: une interview de Didier Pleux.

 

 

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14 mars 2012 - Posted by | actualité, Mes réflexions | ,

Un commentaire »

  1. Le féminisme est une vache sacrée, on n’y touche pas ….et pourtant, les changements qu’il amène à partir des années 70 (ivg, contraception) ont muté les enfants parce qu’ils ont profondément changé notre rapport à l’enfant.
    L’enfant choisi, programmé, « quand je veux », « si je veux »,a une fratrie réduite ou il est unique : difficile alors pour lui d’accepter de ne pas être le centre du monde !
    Pour le « faire », ses parents ne se sont pas pliés aux décrets de la nature, il n’est pas venu comme ça : ses parents l’ont voulu, ils n’ont pas obéi à la nature mais ils l’ont maitrisée selon leurs propres désirs.
    Et l’enfant devrait obéir et renoncer à une partie de ses désirs…
    Enfant unique, souvent, il a une mère absente, elle travaille (ça coûte cher un gosse, avec toutes les activités qu’il faut lui payer): et l’on décide que tout vient d’elle ! De son « inconscient » ! Que, de son bureau, elle devrait nouer une relation affective capable de légitimer les mesures éducatives…alors même que Maitresse, Mamy (souvent une féministe convaincue doublée d’une corne d’abondance)et Nounou prennent sa place en rivalisant de savoir-aimer, savoir-se-faire aimer, savoir se faire obéir avec elle…
    ET le père-copain, absent, fils de soixante-huitard…
    Eh bien !
    Qu’on rehausse le salaire du père; que la maman ait la liberté de rester à la maison s’occuper de sa grande nichée; qu’on restreigne l’accès à l’ivg, à la pillule, au divorce; qu’on augmente les allocs;
    Bref qu’on soigne notre complexe d’Orphée et qu’on veuille bien cesser de s’interdire le « retour en arrière » dans les domaines de la fécondité et de la famille, et chacun retrouvera sa vraie place : l’adulte comme exemple de contention pulsionnelle, l’enfant à sa place d’enfant. Et les grands _parents dans la discrétion !
    Les enfants tyrans redeviendront des cas exceptionnels.
    Je sens qu’on va me taper dessus…

    Commentaire par Nawratil Florence | 28 juillet 2015 | Réponse


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