Le blog de Phil

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La France est dans le déni

Alors que la farce campagne électorale continue, alors que celle-ci est d’une médiocrité incroyable au vu de la situation critique du pays, alors que l’UMPS rejette la faute sur la finance, les chômeurs, les immigrés ou la viande Hallal, alors que la France est surendettée et que les candidats continuent à dépenser, alors que les extrêmes (Mélanchon et le Pen) montent rêvant de faire de la France une  Corée du Nord, alors que les vrais enjeux tel que la dette, la mondialisation et le délitement social n’est pas présent, un journal, The Economist, dresse un constat lucide de la campagne électorale dans un excellent article au titre évocateur: »Un pays dans le déni ».

Le journal rappelle que les candidats promettent de dépenser de plus en plus (The candidates dish out at least as many promises to spend more as to spend less),et qu’aucun candidat n’a un programme sérieux de réduction des déficits (Nobody has a serious agenda for reducing France’s eye-watering taxes).

Pourtant, le journal note que la France a des atouts (France has enviable economic strengths: an educated and productive workforce, more big firms in the global Fortune 500 than any other European country, and strength in services and high-end manufacturing).

Mais elle a malheureusement de sérieux handicaps.

Le journal commence à pointer la perte du triple A (Although one ratings agency has stripped France of its AAA status).

Le journal insiste sur des fondamentaux sombre comme le budget qui n’a jamais été équilibré (However, the fundamentals are much grimmer. France has not balanced its books since 1974).

Le journal met aussi l’accent sur le chômage de masse et le fait qu’il induise en banlieue de la criminalité. Il insiste aussi sur le fait que les banques ne soient pas capitalisés( The banks are undercapitalised. Unemployment is higher than at any time since the late 1990s and has not fallen below 7% in nearly 30 years, creating chronic joblessness in the crime-ridden banlieues that ring France’s big cities).

Malheureusement, les politiques français mentent, et ils sont champions dans le domaine (It is not unusual for politicians to avoid some ugly truths during elections; but it is unusual, in recent times in Europe, to ignore them as completely as French politicians are doing).

A la différence, d’autres pays européen ont accepté un réalisme douloureux (In Britain, Ireland, Portugal and Spain voters have plumped for parties that promised painful realism).

Ensuite, le journal disserte sur les électeurs français. Il pense qu’ils croient que l’état peut tout et que le marché est horrible(Part of the problem is that French voters are notorious for their belief in the state’s benevolence and the market’s heartless cruelty). Le journal pense que les français voient la mondialisation comme une menace, et non une source de prospérité (Almost uniquely among developed countries, French voters tend to see globalisation as a blind threat rather than a source of prosperity).

Le journal parle aussi des extrêmes qui poussent au protectionnisme et du fait que l’UMPS se sente obligé de consolider sa base (With the far left and the far right preaching protectionism, any candidate will feel he must shore up his base).

Ensuite, le journal insiste sur le fait que si l’UMPS gagne, on va encore à des désillusion.

Si Hollande gagne, les investisseurs risquent de fuir la France (If Mr Hollande wins in May (and his party wins again at legislative elections in June), he may find he has weeks, not years, before investors start to flee France’s bond market. The numbers of well-off and young French people who hop across to Britain (and its 45% top income tax) could quickly increase).

Si Sarkozy gagne, ça sera difficile car il ne propose pas les réformes nécessaire pour remettre la France sur les rails (Even if Mr Sarkozy is re-elected, the risks will not disappear. He may not propose anything as daft as a 75% tax, but neither is he offering the radical reforms or the structural downsizing of spending that France needs).

Le journal conclue que le réveil de la France, qui sera rattrapé par la réalité risque d’être douloureux, et ça, tel que soit le président (France’s picnickers are about to be swamped by harsh reality, no matter who is president).

Sur le même sujet:

Un débat a eu lieu entre Jean Peyrelevade, conseiller économique de François Bayrou et Jérôme Cahuzac, conseiller chargé du budget au PS. Très franchement, quand on lit les réponses de Jérôme Cahuzac, on a l’impression de vivre sur une autre planète. Et dire qu’il critique François Bayrou pour son courage, sa lucidité, sa volonté de réduire l’endettement public qui est un poison, et le fait que celui-ci prend une hypothèse de croissance de 1/1,5% alors que l’UMPS prend 2/2,5%.

Comme le dit Jean Peyrelevade, « La croissance ne se commande pas. Elle résulte soit d’une conjoncture très favorable, qui n’existe pas dans la zone euro actuellement, soit d’efforts qui prennent du temps. Elle suppose la restauration de la confiance des prêteurs. Ce qui passe par la nécessité pour la France de retrouver très vite l’équilibre budgétaire. Le prochain gouvernement n’aura pas le choix. Or, il n’y a rien de rapide ni de volontariste dans le programme de François Hollande ».

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30 mars 2012 - Posted by | Election présidentielle 2012, Politique, Politique nationale | , , , , , , , , , , ,

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