Le blog de Phil

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[Kogoro Columbo]La rencontre entre Kogoro Columbo et le tueur

Avertissement: Ce chapitre marque le commencement d’une nouvelle partie. On introduit l’adversaire récurrent de Shimazu Kogoro Columbo: Le tueur.

Autrement, il s’agit toujours d’un brouillon, la version final servant à être proposé comme un éventuel manuscrit…

 


Le tueur, le seul, le vrai, l’unique comme il le dit lui-même.

Une véritable légende vivante, n’ayant jamais été pris. Dès qu’un meurtre est non résolu, on pense tout de suite que c’est l’œuvre du tueur.

Pour ma part, je n’ai jamais cru à cette histoire. Pourtant, ce sinistre personnage existe vraiment.

 

Je pense que je peux dire que le tueur entra dans ma vie le 22 août 2011.

Entra dans nos locaux une jeune femme. Il s’agissait de Sarah de Brinvilliers. Elle avait 25 ans à cette époque. Elle avait des cheveux blonds, et portait une robe de haute couture. Elle avait également des chaussures à talons et marchait avec classe.

Son visage était contradictoire. Elle avait la jeunesse insouciante de l’adolescence, mais également le visage inquiet de la personne ayant trop vécue.

Elle fut introduite dans mon bureau.

–        Ça ne fait rien si je fume ? Me demanda-t-elle.

–        Non.

Elle sortit sa cigarette et l’alluma. Elle en tira une bouffé, comme si elle voulait mourir vite. Puis elle commença son récit.

–        Je suis la fille de Joseph de Brinvilliers  et de Marie de Brinvilliers, Sarah de Brinvilliers. Mes parents sont morts il y a cinq ans dans un accident de voiture. C’est mon oncle Borgia qui s’occupe de moi maintenant.

–        Que puis-je faire pour vous ?

–        A 16 ans, je sortais beaucoup avec les garçons. J’ai beaucoup couché. Mais j’ai eu un accident, j’ai été en sainte. J’ai accouché d’une fille que j’ai appelé Hélène. Mais on me l’a enlevé. Je ne sais même pas si elle est encore en vie. Je pense qu’elle est morte. Par pitié, aidez-moi.

Elle se mit à pleurer.

–        Et comment puis-je vous aider ?

–        Je me pose cette question depuis 9 ans. Qu’est devenue ma fille. Cette question me hante. Cette fille, c’est ma chair. Je veux savoir. Où est-elle ?

–        Avez-vous une piste ?

–        Je pense que c’est le tueur. Le tueur l’a assassiné.

–        Le tueur ?

–        Oui, cet assassin légendaire. J’ai entendu parler de votre agence. Vous avez résolu l’affaire Stéphanie de Montpensier. Je me suis dit que vous pourriez traquer le tueur.

–        Pensez-vous vraiment à cet assassin légendaire ?

–        Oui.

–        Qu’est-ce qui vous fait penser que le tueur a assassiné votre enfant.

–        Une intuition. J’ai recherché mon enfant partout, et je n’ai jamais rien trouvé. J’ai fait faire des recherches dans les maternités, les orphelinats, aucune personne n’a trouvé le moindre indice. Puis j’ai entendu parler de cette légende, le tueur. J’ai tout de suite pensé à lui. Seule lui est capable de tuer une personne sans laisser de trace.

–        Ecoutez, ma chère, c’est insuffisant. Je ne peux pas mener une enquête avec si peu d’éléments sur une prétendue intuition. Par ailleurs, je pense que le tueur, c’est une histoire à dormir debout. Je ne crois pas à l’existence de ce personnage.

–        Vous ne me croyez pas.

–        Non.

Choquée, elle se leva, et déclara :

–        Je crois que nous n’avons plus rien à dire. Mon enfant a disparu il y a 9 ans sans laisser de traces. Selon la légende, seul le tueur est capable d’un tel exploit.

Elle s’en alla, déçu que l’on puisse l’aider. Nous n’allions pas demander à notre brillante Shimazu de s’occuper d’un prétexte de meurtres non élucidés.

 

Le lundi 6 septembre 2011, le musée d’arts modernes de Paris nous avait demandé de surveiller Arsène Legros. Celui-ci organisait une vente aux enchères de tableaux au CNIT de la défense.

Le musée d’arts modernes avait l’intention d’investir.

 

Arsène Legros vendait des Picasso, des Braque ou même du Gontcharova.

Les tableaux étaient exposés dans les salons d’expositions du CNIT.

On avait amené Kogoro Columbo, car avec son sens de l’observation, on pourrait trouver quelque chose.

Arrivé sur place, nous fûmes accueillis par Monsieur Legros. Il avait environ 75 ans.

Il était enveloppé, avait les cheveux blanc, et allait organiser lui-même la vente.

 

Autour de lui trainait Dominique Malusardi, le célèbre critique d’art. Il était jeune, car il avait à peine 30 ans. Il avait les cheveux blonds et les yeux bleus. Il était habillé d’un costume qui lui donnait une vrai allure.

 

Dominique Malusardi avait une réputation : il aimait les femmes. Il les invitait souvent au restaurant pour leur faire la cour. Sur qu’à midi, il essayera de draguer une jeune et belle femme.

 

Monsieur Legros prit une boite de médicament, sorti une bouteille d’eau minéral, but un coup et alla à notre rencontre.

 

Il se dirigea vers nous et nous salua.

–        Bonjour, ravi de vous accueillir. Je suis monsieur Arsène Legros.

–        Enchanté, je suis Monsieur Derrick Palmer.

Et il salua Shimazu.

–        Et vous, mademoiselle ?

–        Je suis Shimazu Kogoro Columbo. Pardon, ne seriez-vous pas cardiaque ?

–        Effectivement, je suis fragile du cœur. Comment l’avez-vous devinez ?

–        Ce ne fut pas difficile. Vous venez de prendre un comprimé de digoxine. Or, la digoxine est un médicament contre les insuffisances cardiaques.

–        Remarquable, vous semblez connaître le sujet. Êtes-vous médecin ?

–        Non, je suis chimiste de formation.

–        Bien, je vous laisse vaguer à vos occupations. Je suis tellement occupé que j’ai oublié ce matin de prendre mon médicament.

Shimazu se promena et observa les tableaux. Soudain, elle s’arrêta sur un tableau qu’elle fixa avec étonnement. Elle sortit une loupe et l’observa avec plus grande attention.

–        Un problème Shimazu ?

–        Non, c’est rien, me fit-elle.

Elle sortit son Androïd et envoya un courriel.

Puis elle continua à observer l’ensemble des tableaux.

Pendant ce temps, Dominique Malusardi reçu un appel.

–        Oui, allo ? Ne t’en fait pas, je serais à la vente. Juste le temps de draguer un peu.

Il regarda dans la direction de la belle Shimazu qui regardait les tableaux.

Il s’approchait d’elle.

–        Mademoiselle ?

–        Shimazu Kogoro Columbo. Et vous ?

–        Je suis Dominique Malusardi. Je suis critique d’art, et expert dans l’art moderne. Vous semblez passionnée, fit-il en lui serrant la main.

–        Oui, j’admirais cette œuvre.

–        La femme sur fond rouge. Une œuvre de Pablo Picasso.

–        Vraiment ? Demanda Shimazu avec sa tête étonnée.

–        Oui, elle date de 1904. L’œuvre est inspiré par l’art africain. Cela confère une étrangeté au personnage et à la composition. Si le visage est exprimé par le passage de l’ombre dans la lumière, celui du corps est exprimé différemment. Le volume du corps est exprimé par une économie de moyens, ce qui découle de ce Picasso a appris de Cézanne.

–        Vous semblez connaître des choses sur Picasso.

–        Oui, je suis expert en art, et je connais très bien Picasso.

–        Vous parlez de ce tableau comme si vous l’admiriez.

–        Mais j’admire ce tableau. Il rend hommage à la beauté des femmes. La nudité, voilà ce qui fait qu’une femme est belle. Les femmes, qui sont la vie, qui donnent la vie. Les femmes sont la grâce.  C’est elles qui inspirent les artistes. Ce sont les muses. Et vous, que faites-vous dans la vie ?

–        Je suis modèle. Je travaille pour une société qui vend des kimonos. Je défile à Paris.

–        Effectivement, ce kimono vous va à ravir. Il met partiellement votre beauté en valeur.

–        Seulement partiellement ?

–        Oui, car seul la nudité de votre corps mettrait en valeur votre grande beauté et votre grande grâce.

–        Ne sauteriez-vous pas les étapes ?

–        Absolument pas, il est bientôt midi, laissez-moi vous invitez à manger.

–        Pourquoi pas.

Ils allèrent au Valmy, et décidèrent de manger en terrasse.

Le garçon arriva.

–        Que prendrez-vous ma chère ?

–        Une salade composée.

–        Seulement une salade composée ?

–        Oui, vous savez, il est important que je garde ma ligne.

–        Très bien, pourquoi pas, deux salades composés. Comme vin un côte du Marmandais.

–        Bien monsieur, fit-le garçon.

–        Vous voulez abusez de moi, tout de suite le vin.

–        Pas du tout très chère, je ne fais pas un repas sans un bon vin. C’est un principe.

–        Si c’est un principe, sourit-elle. Mais parler moi de Picasso, ça semble passionnant.

Durant le repas,  Dominique Malusardi fit un exposé de Picasso de façon pédagogique, afin de captiver Shimazu Kogoro Columbo. Elle montrait un tel enthousiasme que l’on voulait tout de suite après lui faire l’amour.

Il expliqua la période bleue (1901-1904), puis la période rose (1904-1906), le moment où il fut déterminant pour le cubisme (1907 à 1914).

Il parla également de l’influence de l’art africain sur l’œuvre de Picasso.

 

Puis il parla de sa vie et des nombreuses femmes qui l’ont traversé et de l’influence sur son œuvre.

A la fin du repas, le visage de Shimazu devint sérieux. Elle sortit son kiseru, le rempli de tabac, sortit son carton d’allumette. Elle alluma sa pipe japonaise.

Elle se mit à fumer.

Puis elle commença.

–        Qui êtes-vous ?

–        Mais pourquoi cette question, mademoiselle. Je suis Dominique Malusardi, je suis critique d’art.

–        J’ai lu toutes les informations sur les personnes invitées à la vente aux enchères avant de venir.  J’ai donc lu beaucoup d’informations sur monsieur Malusardi. Vous en faites une imitation correcte. J’ai effectivement lu qu’il était coureur de jupons. Mais vous n’en faites qu’une interprétation.

–        Et pourquoi ne suis-je pas Dominique Malusardi ?

–        Pour commencer, vous avez  fait une erreur sur le tableau la femme nue sur fond rouge. J’ai regardé l’ensemble des tableaux avant de venir, et j’ai étudié la liste avec attention. Le tableau date de 1906 et non de 1904. Ça commence mal pour un expert de Picasso.

–        Une erreur ça arrive, et ce n’est qu’un détail.

–        C’est vrai, mais j’ai d’autres arguments. Vos yeux ne sont pas bleus. Vous portez des lentilles colorées. Je pense que vous faites ça pour que l’on croie, si l’on regarde de loin, que vous ayez les yeux bleus. Mais si on regarde de près, on remarque que vous portez des lentilles. Mais j’ai une démonstration plus sure.

Elle sortit son téléphone portable et me téléphona, laissant l’écouteur.

–        Allo, Derrick.

–        Oui, Shimazu.

–        Es-tu à l’exposition ?

–        Oui.

–        N’aurais-tu pas vu Dominique Malusardi ?

–        Mais tu es partie avec lui. T-a-t-il déjà plaqué.

–        Je ne sais pas. Je suis au restaurant et il m’a promis de revenir.

–        Ben il s’est foutu de ta gueule, car il est dans la salle. Tu veux que je m’en occupe.

–        Non, tu ne dis surtout rien.

–        Bien, c’est toi qui vois.

Shimazu raccrocha.

Puis elle se tourna vers l’imposteur.

–        Et qui êtes-vous ? Demanda celui-ci.

–        Je suis Shimazu Kogoro Columbo, et en réalité, je suis détective.

–        Brillant détective. Et si je ne suis pas Dominique Malusardi, qui suis-je ?

–        Un criminel. Je pencherais pour un tueur professionnel.

–        Un tueur professionnel ?

–        Oui, je vous ai vu téléphoner en expliquant que vous alliez au restaurant draguer. C’était avant de venir me proposer une invitation. Vous m’avez salué, et j’ai vu vos lentilles colorés. Ça a éveillé mes soupçons. Je tourne tout ça dans ma tête. Et j’ai l’hypothèse suivante. En réalité, vous avez un complice. Celui-ci a dû avoir pour rôle de filer le vrai Dominique Malusardi. Vous êtes arrivé tôt en tant que Dominique Malusardi pour faire votre méfait. Puis une fois le vrai Dominique Malusardi à une distance dangereuse du CNIT, votre complice vous a alerté. Vous avez répondu en message peut-être codé.

–        Brillant, digne de Sherlock Holmes. J’en attendais pas moins d’une personne ayant déduit que Arsène Legros était cardiaque. Vous êtes à la hauteur de mes espérances.

–        Sherlock Holmes est l’un de mes modèles.

–        Oui, sauf que je ne suis pas un vulgaire tueur, je suis le tueur, le seul, le vrai et l’unique.

–        La légende ?

–        Oui, la légende. Je tiens à vous féliciter, détective, c’est la première fois que je suis démasqué.

–        Et qui est votre cible ?

–        D’après vous, détective.

–        Je pense que c’est Arsène Legros.

–        Peut-être.

Shimazu se leva.

–        Vous comprenez que je dois empêcher le meurtre.

–        Je vous souhaite bonne chance, détective.

Shimazu courra vers le CNIT. Elle arriva juste à temps pour le début de la vente aux enchères.

Au fond de la salle se trouvait un pupitre. Sur ce pupitre se trouvait un micro et une bouteille d’eau de 50cL. C’était de l’Evian.

Arsène Legros arriva.

Il se plaça devant le micro.

–        Bonjour, je suis fier de pouvoir ouvrir cette vente aux enchères. Premier tableau, Dora Maar au chat, de Pablo Picasso.

Pendant que l’on continuait les enchères, Shimazu tapotait sur son Androïd.

Elle commença à regarder ses emails. Elle en envoya un autre. Puis elle réfléchit. Comment le tueur allait commettre son méfait. Ensuite, elle se dit qu’un accident serait bien. Elle se rappela de la digoxine, et utilisa son portable pour aller sur internet. Elle sortit son carnet, et commença à gribouiller des calculs. Puis elle fixa la bouteille d’eau.

–        Tableau suivant, la femme nue sur fond rouge, de Picasso.

Arsène Legros pris sa bouteille, l’ouvrit. Avant qu’il commence à boire, Shimazu Kogoro Columbo cria :

–        Si vous buvez une seule gorgée de cette eau, vous signez votre arrêt de mort.

Tout le monde se retourna vers ce qui pensait être une folle avec son kimono.

–        Mon arrêt de mort ? Demanda Arsène Legros.

–        Oui, votre arrêt de mort.

–        Et comment m’assassinerait-on ?

–        Je pense qu’une analyse de la bouteille d’eau montrerait une concentration anormale de digoxine. D’après ce que j’ai pu trouver, il ne faut pas plus de 0,25 mg de digoxine par jour. Ce médicament a une marge thérapeutique étroite. La dose thérapeutique est proche de la dose mortelle. Par ailleurs, toujours selon ce que j’ai pu trouver, la solvabilité dans l’eau est de 0,0648mg/mL, à 20°C. Dans une bouteille de 50cL, on peut donc dissoudre 32,4mg. Si je dissous 10 pilules de 0,25mg, j’arrive à 2,5mg, ce qui se dissous facilement dans 50cL d’eau. Ainsi, votre mort passe par un mauvais dosage en digoxine, car vous prenez ce médicament. Je pense que la personne qui veut vous assassiner va sans doute procéder comme ça. L’hypothèse me semble forte.

Tout le monde regardait Shimazu.

–        Digne d’un roman policier. Et pourquoi voudrait-on me tuer ?

–        Pourquoi voudrait-on vous faire tuer, nuance. Là, j’ai le mobile. Voyez-vous, j’ai observé en détail les tableaux. Et la plupart sont faux. A commencé par Dora Maar au chat. Je dois reconnaitre que la copie est dure à voir à l’œil nue. J’ai dû y approcher ma loupe. Elle a des quadrillages, très difficilement distinguables. Mais avec réflexographie, on verra facilement que ce tableau est faux. La réflexographie permettra de distinguer le quadrillage qui a permis au faussaire de garder les dimensions exactes.

–        Mademoiselle, ces accusations sont graves, vous en répondrez devant la justice.

–        Vous aussi, et j’ai de quoi prouver ce que j’avance. Voyant que vos tableaux sont faux, j’ai fait faire des recherches sur votre compte. Vous avez payez 100 000€ au cabinet Arts, qui certifie l’authenticité de vos tableaux pour la vente aux enchères.

–        Des preuves mademoiselle ?

Soudain, Patrick Gosling entra.

–        Désolé du retard, Shimazu, j’ai tout ce que tu m’as demandé. J’ai imprimé les documents.

Et il passa à Shimazu une enveloppe.

–        Les preuves sont ici.

Le brouhaha monta. J’appelai mon ami Jack Lestrade.

Il amena au poste Arsène Legros.

Dominique Malusardi alla vers Kogoro Columbo.

–        Mademoiselle, vous êtes très douée. Puis-je vous inviter au restaurant ?

Shimazu Kogoro Columbo sourit.

Le lendemain, l’affaire fit la une des journaux. On avait analysé l’eau et trouvé de la digoxine. Les œuvres avaient été analysés et elles étaient toutes fausses.

Quant au tueur, il s’était enfui.

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16 avril 2012 - Posted by | Littérature, Shimazu Kogoro Columbo |

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