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La liberté est-elle dangereuse(2/2): La question des règles

Dans un article précédent, j’ai essayé de dire que sans responsabilité individuelle et collective, la liberté est dangereuse.

Ce point de vue me tient certes beaucoup à cœur. Nous sommes dans une société qui déresponsabilise les individus et qui les infantilise.

Le dernier exemple en date est la campagne présidentielle où Nicolas Sarkozy a promis un référendum sur les chômeurs ou les immigrés, et où François Hollande a promis une tranche à 75%.

Seul François Bayrou a tenté, par un langage de vérité, de responsabiliser l’électeur. Il n’a fait que 9%.

 

Pire, ça continue. François Hollande persiste dans la tranche à 75%, et Jean François Copé continue avec le pain au chocolat.

 

Si les individus sont irresponsables, on peut avoir une force coercitive pour faire respecter les contrats (commentaire de l’Hérétique).

Mais on se mord la queue. Si tout le monde est irresponsable, l’importance de la force coercitive, dans la pratique la force de l’ordre, devient plus important. Il y a donc, de fait, une privation de la liberté.

C’est pour ça que je préfère responsabiliser les individus.

C’est l’autorégulation qui devrait être préférée. C’est réduire les coûts (en force de l’ordre) et permettre aux individus de jouir d’une réelle liberté.

En physique, on appelle ça l’asservissement.

Mais là aussi, dans la pratique, je ne sais pas comment faire.

 

J’avais l’intention initialement d’en rester là, mais on ne peut pas aborder ce sujet sans parler des règles.

Donc je vais essayer de développer ce point.

 

Comme je le l’écrivais précédemment, j’ai la liberté d’écouter de la musique.

Mais si j’allume ma sono à fond, je fais potentiellement trop de bruit et j’empêche mon voisin de dormir.

J’empiète donc sur la liberté de mon voisin, sa liberté de dormir.

Du coup, on va créer une règle, à savoir que j’ai le droit d’écouter de la musique, mais sans la mettre à fond.

 

Les règles servent donc à garantir la liberté de chacun.

Je pense aussi, mais ça dépasse le sujet de cet article, que les règles servent à garantir l’égalité de chacun, à garantir que les chances sont les mêmes pour tout le monde.

 

Certaines règles sont évidentes. Ne pas tuer, par exemple, car j’empiète sur la liberté du prochain, la liberté de vivre. Ne pas rouler comme un chauffard également.

 

Les règles sont aussi utiles. Celle d’interdire à quelqu’un d’emprunter alors qu’il ne sera pas en capacité de rembourser sa dette en fait partie. Déjà l’emprunteur sera en surendettement, et de fait sera privé de liberté (le banquier mènera la vie de l’emprunteur comme il l’entend), mais si tout le monde emprunte sans avoir la capacité de rembourser, on va droit à une catastrophe collective dont la personne qui joue le jeu sera victime.

Le cas concret est la crise des subprimes.

Sur ce point, les libéraux ont une responsabilité particulière.

Après la crise de 1929, certains aspects de la vie économique ont été règlementés.

Mais les libéraux, à partir de Reagan, ont commencé à dérèglementer.

On arrive aujourd’hui à une crise importante du système, lié à la cupidité.

 

Néanmoins, trop de règles n’est pas bon aussi.

Trop de règles brident l’individu.

Qui a envie qu’on lui dise quoi faire à quel moment?

Personne, je le pense.

 

Pire, trop de règles tuent la liberté d’entreprendre, l’envie de prendre des risques, donc d’investir, donc d’être dans le processus de destruction/Création cher à Schumpeter.

C’est en particulier le cas de la tranche à 75%, règle totalement stupide, qui fait fuir les entrepreneurs, y compris ceux qui ne sont pas concernés.

 

Au final, il faut des règles car sans règles, il n’y a pas de vie en collectivité. Il faut des règles pour garantir le bon fonctionnement de la collectivité. Il faut des règles pour garantir la liberté et l’égalité.

Mais il ne faut pas de règles car sinon on bride l’individu et on crée une société qui ne peut plus fonctionner.

 

Au final, on est dans une contradiction et un paradoxe.

Tout est une question d’équilibre.

 

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11 janvier 2013 - Posted by | Mes réflexions, Politique, Politique nationale | , , , , , , ,

Un commentaire »

  1. Entre la jungle et le zoo 🙂
    Par ailleurs, j’aime vous lire.
    Ziad GOUDJIL

    Commentaire par Ziad GOUDJIL | 11 janvier 2013 | Réponse


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