Le blog de Phil

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Et les programmes de Physique ?

Dans le débat sur l’éducation national, je pense qu’il y a un moment où il faut aborder la philosophie avec laquelle on aborde la connaissance. Je pense qu’il s’agit d’un des points noirs du système éducation national.

Comme disait l’un de mes collègues, à l’époque où j’étais enseignant (c’était dans une autre vie), l’atome d’hydrogène, il est ce qu’il est. Il ne se mettra jamais au niveau des élèves. C’est aux élèves de se mettre à son niveau.

Or, le problème, c’est que l’éducation nationale a décidé de faire croire le contraire.

Philippe Meirieu et les pédagogos ont pour moi une lourde responsabilité.

Ils ont fait de l’éducation nationale un fast-food de la culture qui au final n’apporte rien aux élèves.

Or, moi je suis pour l’élitiste. Il vaut mieux retenir 10% d’un cours élitiste que 100% d’un fast-food culturel.

Lors d’un billet précédent, j’avais donné deux démonstrations du théorème de Pythagore.

La première, à fuir automatiquement, est celle qui est dans l’état d’esprit des pédagogos.

La seconde est dans l’esprit d’un véritable enseignement des mathématiques.

Je pense qu’elle est abordable en 4ème. Il suffit de prendre en considération l’angle ACB qui est également l’angle BAH. Si cet angle est appelé b, on a a + b = 90 et f(a) = cos(a)cos(b)/2.

Au passage, je tiens également à remercier mon professeur de mathématique de 3ème qui nous démontrait tous les théorèmes.

Suite aux commentaires de JF le démocrate, je souhaiterai prolonger mes propos en parlant de la physique.

Je vais révéler deux anecdotes, qui pour moi sont révélatrices.

La première me vient de mon professeur de physique, que j’avais en 2nd et TS.

J’avais un excellent professeur de physique. Elle était agrégée de physique, 5ème position.

Pour des raisons personnelles, elle avait préférée l’enseignement en lycée plutôt qu’en classe préparatoire.

Elle m’avait raconté qu’elle était dans une commission pour les programmes de 1ère S.

Et les pontes étaient partis sur le thème de l’énergie.

Or, l’énergie est un thème difficile à appréhender.

Pour ma part, je pense que la thermodynamique est difficile, car il y a des hypothèses et des conditions d’applications qui sont loin d’être évidentes.

La connaissance de la physique statistique est pour moi un plus, afin d’aborder correctement la thermodynamique.

A cette réunion, mon professeur avait dit que comme le thème était assez compliqué, et qu’un élève de 1ère S moyen ne serait pas forcement assez mature pour l’appréhender, ça serait peut-être mieux de le reporter à la TS.

On lui a répondu :

Surtout pas, ça pourrait tomber le jour du bac.

Deuxième anecdote :

Lorsque j’enseignais en seconde, il y avait de la spectroscopie. C’était en début d’année.

L’objectif était de montrer qu’à partir de la spectroscopie, il était possible de déterminer les éléments chimiques d’une étoile et sa température.

Problème, il y a des tas de spectres, et on se demande vite pourquoi.

Pour les atomes, si il y a des spectres discret, c’est parce qu’ils sont des objets décrits par la mécanique quantique. Les électrons  sont sur des niveaux d’énergies, et les raies qui correspond à un spectre discret, correspondent à une transition clairement définit. Je rappelle que ce principe est utilisé dans les lasers.

Certains spectres semblent continus, mais en réalité, ce n’est pas le cas. C’est juste que les niveaux d’énergies sont très proches, on ne ressent donc pas la discontinuité. Dans ce cas, on parle de spectre de bande. C’est le cas du permanganate de potassium.

Enfin, d’autres spectres sont réellement continus. C’est lié au rayonnement du corps noir, et on a comme conséquence la loi de Stefan-Boltzmann ou la loi de Wien. On en déduit la température.

Or, comment aborder la spectroscopie, thème donc difficile, de tel façon que les élèves se l’approprient ?

On pourrait se baser éventuellement sur la chimie, mais les couches K,L,M sont abordés plus tard.

Je me suis posé la question et j’ai fini par avoir la réponse.

On fait de la spectroscopie car c’est joli et qu’il y a des couleurs.

C’est totalement idiot car ma photocopieuse est en noir et blanc.

Ce qui est sûr, c’est que lorsque l’on aborde la construction des programmes avec cet état d’esprit, il est tout à fait normal, malheureusement, que les élèves (pardon, les apprenants) ne prennent pas au sérieux les professeurs et finissent par leur cracher dessus.

Par pitié, commençons par prendre au sérieux les élèves et faisons leurs un cours sérieux.

Tout le monde y sera gagnant !

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24 janvier 2013 - Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , , ,

6 commentaires »

  1. « Au passage, je tiens également à remercier mon professeur de mathématique de 3ème qui nous démontrait tous les théorèmes. »

    Ah bon?! Donc, en 5ème (ou même en 3ème peu importe), on peut démontrer que les 3 hauteurs d’un triangle sont concourrantes.

    PS: les fonctions ne sont vues qu’en 3ème et déjà au tout début des années 80, c’était pareil.

    Commentaire par JF le démocrate | 25 janvier 2013 | Réponse

  2. J’exagère un peu bien sûr. On peut clairement tout démontrer avec de la géométrie pure (et d’ailleurs la démonstration du théorème de pythagore ne nécessite pas la notion de fonction). Mais on va faire ça pour combien d’élèves? Le top du top et tous les autres seront largués? Je ne suis pas sûr que ce soit le but, tout comme je ne suis pas sûr que ce soit opportun de vouloir aborder quelque chose d’aussi difficile que la physique statistique dans le secondaire.

    Il y a Meirieu et il y a les excès inverses. Tout ce qui est excessif est nocif.

    Commentaire par JF le démocrate | 25 janvier 2013 | Réponse

    • Mon propos était plus de pointer que l’énergie est un thème difficile!
      Si il n’était pas au programme de TS, c’est parce que si il était au bac, les élèves ne l’auraient pas.
      Bien la mentalité.
      Même si on ne va pas jusqu’à la physique statistique (même si quelques notions sont évidement sous implicite lorsque l’on parle des gaz en seconde), la logique voudrait que l’on aborde l’énergie en TS, quand l’élève a plus de maturité pour s’approprier le concept.

      Commentaire par Le blog de Phil | 25 janvier 2013 | Réponse

      • L’Energie mécanique est abordée en TS… Certes, la plupart du temps c’est dans le cadre de systèmes pseudo-isolés où on néglige tous les facteurs dissipatifs.

        Ce qui me gêne personnellement le plus, c’est que les outils mathématiques ne sont pas présents, ne serait-ce que pour parler de la notion de travail d’une force. Il y a 30 ans dès la 1ère S, on apprenait par des méthodes artisanales (méthode des rectangles pour calculer l’intégrale) à déterminer le travail de forces non constantes (type la force de tension d’un ressort). Aujourd’hui, mais je ne suis pas du tout spécialiste, le programme de 1ère S se résume à toujours plus de chimie, faute d’outils mathématiques suffisamment maîtrisés pour faire de la vraie physique.

        Dans le programme de maths 2012, les équations différentielles ont été supprimées… Ce que je ne sens pas trop personnellement vis-à-vis de la physique.

        Une anecdote: quand j’étais en 3ème, c’est à dire il y a longtemps, une prof de maths avait dit à la classe « aujourd’hui, vous ne faites pas de la physique, vous faites juste de l’initiation à la physique ». Ce qui avait froissé tout le monde.

        Je dois dire qu’aujourd’hui cette simple initiation à la physique a été repoussée au lycée… Mais en revanche, en chimie, qu’est-ce que ça y va!

        Commentaire par JF le démocrate | 28 janvier 2013

      • A mon époque (année 1995), l’énergie était abordée en 1ère S.
        Les programmes actuels sont en application depuis 2010.
        Le thème de l’énergie a refait son retour.
        ( http://cache.media.education.gouv.fr/file/special_9/21/3/physique-chimieS_155213.pdf )
        En particulier en physique nucléaire avec le neutrinos.

        La spectroscopie est encore en classe de seconde.
        ( http://cache.media.education.gouv.fr/file/special_4/72/9/physique_chimie_143729.pdf )

        Mais au delà de ce qui est enseigné ou pas, l’importance n’est pas là.
        L’importance est de savoir si la notion va être appropriée par l’élève ou pas.
        L’objectif n’est pas de faire un zapping ou fast-food culturel, mais de permettre à l’élève d’avoir les outils pour comprendre un monde de plus en plus compliqué.

        Il ne faut pas survoler les notions, mais les approfondir.
        Il faut mieux faire moins, mais bien, que plus et survoler.

        Par ailleurs, l’éducation nationale n’a pas à adhérer à cette culture de zapping.

        Commentaire par Le blog de Phil | 28 janvier 2013


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