Le blog de Phil

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Les dangers d’un vote sanction

Disons le net, François Hollande est nul.

En ce qui me concerne, ce n’est pas une surprise. J’avais déjà évoqué la menace économique que faisait peser Hollande.

Cette menace économique se transforme de fait en une menace sociale.

Le problème est que la politique économique du gouvernement est illisible, et pire, inadapté au monde dans lequel nous vivons, inadapté à une économie ouverte comme la nôtre.

Pire, comme l’époque où il était premier secrétaire du PS, il continue à ménager la chèvre et le chou.

Et histoire d’avoir la goutte d’eau qui fait déborder le vase, il clive les français sur des sujets annexes, comme le mariage gay.

Se pose donc la question du vote sanction. Il est fort probable que les élections intermédiaires (Municipales et européennes en 2014, cantonales en 2015 (repoussées), régionales 2016) voient un vote sanction du PS.

Pire, ne voulant pas que le vote sanction soit trop visible, François Hollande refuse de réformer certains scrutins qui en auraient bien besoins. Je pense au scrutin européen.

Donc il est fort probable que le PS perde toutes les élections intermédiaires suite à un vote sanction, et perde dans la foulée l’élection présidentielle.

Or, je crois que le vote sanction pose trois problèmes.

Le premier est que le débat sur la collectivité risque d’être zappé au détriment du débat national.

Si on prend les municipales, beaucoup de maire ne seront pas élus sur un programme municipale, sur une vision municipale, à la suite d’un débat local, mais à la suite d’un débat national et sur une vague anti-Hollande.

Or, là aussi, ce n’est pas bon. Un mauvais UMP risque d’être préféré à un bon PS.

D’autant que statistiquement, l’ensemble des maires, qui sont PS, ont été élus à la suite d’un vote sanction contre l’UMP. Or, statistiquement, les gestions ne sont pas vertueuses.

Au contraire, le député René Dosière (apparenté PS) et l’ancien ministre Jérôme Cahuzac disent l’inverse.

Deuxième problème: la majorité risque de ne pas en prendre compte.

L’exemple est les deux derniers scrutins régionaux.

En 2004, le PS a gagné 20 régions sur 22. C’était un vote sanction contre le président Jacques Chirac et son premier ministre Jean-Pierre Raffarin.

Et bien Jacques Chirac a gardé Jean-Pierre Raffarin.

En 2010, le PS a en plus gagné la Corse. Nicolas Sarkozy a continué à penser que tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Mais le pire, et c’est la troisième raison, est du point de vue du parti principal d’opposition.

Celui-ci va avoir tendance à croire qu’il a gagné parce qu’il est bon. Or ce n’est pas vrai, d’une part, mais le plus grave, c’est que ça dispense le parti principal d’opposition d’avoir une réflexion sérieuse sur les causes de ses précédents échecs.

L’exemple est évident pour le PS. Celui-ci a été éjecté du pouvoir national de façon brutale en 2002: Le Pen est arrivé au second tour.

Mais ça, le PS ne l’a jamais compris.

Au contraire, comme l’UMP n’était pas à la hauteur entre 2002 et 2012, le PS a gagné les élections intermédiaires grâce au vote sanction.

Le PS a donc pensé qu’il était bon, or ça a été une erreur fatale. Le PS n’a pas gagné parce qu’il est bon, il a gagné parce-que l’UMP est nul.

Comme le disait à l’époque François Fillon pour les régionales 2004, on avait un 21 Avril à l’envers.

Or comme le PS s’est cru bon, il s’est dispensé de faire une autocritique sérieuse, et il n’a pas eu une véritable réflexion en vue de se préparer nationalement à diriger la France.

Aujourd’hui, on en voit le résultat.

Le problème, c’est que ça risque de se répéter pour l’UMP.

L’UMP va sans doute gagner toutes les élections intermédiaires. Or, je crains que l’UMP puissent penser qu’elle est brillante, oubliant que la politique menée par Nicolas Sarkozy nous a mené dans le mur, et ne faisant pas un inventaire sérieux des années Sarkozy.

Or, faire l’inventaire des années Sarkozy est une nécessité pour l’UMP afin qu’elle puisse se préparer à être un parti efficace si elle devient majoritaire en 2017.

On risque d’avoir une UMP vivant sur ses acquis, acquis qui comme le PS viennent de votes sanctions.

En plus, pour ne pas arranger le tout, le patron de l’UMP est Jean François Copé.

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27 mars 2013 - Posted by | Mes réflexions, Municipales 2014, Politique, Politique nationale | , , , , , , , , , ,

2 commentaires »

  1. Bonjour,
    Je suis assez d’accord sur le fond de ce billet même si je trouve excessif le jugement porté sur Hollande. Il faut reconnaître que sa tache est difficile, en équilibre permanent entre le soucis de relancer la croissance et celui de diminuer les déficits. Et puis, un des défauts de notre démocratie est que nous exigeons des résultats immédiats sur des sujets qui exigent nécessairement du temps pour être traités. Pour autant, il est effectivement décevant, donnant l’impression de ne pas aller au fond des choses (réduction des dépenses publiques, réformes de structures…).
    Malgré tout, pouvons nous citer un politique dont nous sommes persuadés qu’il aurait fait mieux que lui ? …à part peut-être Bayrou.
    Le problème il est bien là, il y aura peut-être vote sanction contre le PS mais ce n’est pas l’UMP qui en profitera mais plus probablement les extrêmes de gauche comme de droite et ça c’est vraiment inquiétant !

    Commentaire par Nicolas007bis | 27 mars 2013 | Réponse

    • Que ce soit les extrêmes (gauche ou droite) qui profite du vote sanction, je suis assez d’accord. Or, le vote sanction, même s’il favorise d’abord les extrêmes, sera un boulet pour le PS, ce qui favorisera l’arrivée de l’UMP.
      Après, à charge de l’UMP de prendre conscience:
      1. Qu’elle est arrivée par rejet du PS et non sur ses qualités propres, étant aidé par un fort vote extrême.
      2. Qu’il ne faut pas se reposer sur ses lauriers et de se préparer à être une alternance sur la durée.

      Je me permets aussi de faire remarquer que le point 2 nécéssite un bilan lucide sur le quinquennat Sarkozy. Ce n’est pas envisagé aujourd’hui. C’est même plutôt l’inverse.

      Commentaire par Le blog de Phil | 27 mars 2013 | Réponse


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