Le blog de Phil

J'habite Malakoff, la plus belle ville du monde

CA 2012 de Malakoff (5/7) : Les charges de personnels

Il s’agit d’un point important dans les dépenses de Malakoff. D’autant qu’elles sont supposé diminuer, conséquence logique des nombreux transferts à Sud de Seine.

Or, dans l’absolue, elles sont toujours très élevées.

Comme d’habitude, je définis D les dépenses de la section de fonctionnement, De les dépenses exceptionnelles et Dc les dépenses corrigées.

On a Dc = DDe.

Avec les documents et Excel, on arrive à :

Année

2010

2011

2012

D

41 358 060,28

40 123 623,45

42 009 982,80

De

99 074,30

192 016,32

132 960,99

Dc

41 258 985,98

39 931 607,13

41 877 021,81

Charges de personnel

25 548 564,23

24 922 408,01

25 738 855,30

% Par rapport à D

61,77408722

62,11405119

61,26842618

% Par rapport à Dc

61,92242398

62,41273468

61,46295555

On peut regarder l’évolution.

Pour la valeur absolue d’abord.

Elle diminue de 2.5% de 2010 à 2011, mais ré-augmente de 3.2% de 2011 à 2012.

De 2010 à 2012, en valeur absolue, les charges de personnels ont augmenté de 0.7%.

En pourcentage, on passe de 61/62% à 62/63% entre 2010 et 2011 et de 62/63% à 61/62% entre 2011 à 2012.

Dans l’absolue, ce qui est important, au-delà des subtiles modifications, c’est que les charges de personnels représentent 61 à 62% des dépenses de fonctionnement.

Pourtant, Sud de Seine devrait nous permettre de réduire, par ses nombreux transferts, l’ensemble de ces dépenses.

ca_2012_personnel

ca_2012_personnel2

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20 mai 2013 Posted by | Conseil Municipal, Finances locales, Malakoff, Politique, politique locale | , , , , , , , | Laisser un commentaire

La montée du nazisme et le génocide juif vu aujourd’hui (1/3) : Hannah Arendt au cinéma

Samedi, j’ai été voir au cinéma Hanna Arendt.

Ce film raconte l’histoire de la philosophe Hannah Arendt, qui lors du procès d’Adolf Eichmann, écrivit un livre pour démontrer qu’Eichmann n’était qu’un médiocre bureaucrate.

Par la suite, ce livre a déclenché une polémique que la philosophe aura plus ou moins de mal à vivre.

En France, Hannah Arendt est peu connue (je ne la connaissais pas avant le film).

Mais c’est aux Etats-Unis une brillante philosophe connue pour son étude des régimes totalitaires.

Elle a mis en parallèle le régime nazi et stalinien dans un livre.

Ici, on  a donc ce que l’on appelle un biopic sur la philosophe Hannah Arendt.

La pensée semble acquise aujourd’hui (quoique ?).

Les gens qui ont servi le régime nazi ne sont pas des monstres. D’ailleurs, l’expérience de Milgram, sur laquelle je reviendrai, le montre.

Hannah Arendt a contribué à cette idée.

Le film se concentre sur la vie de la philosophe autour de l’évènement que représente le procès d’Adolf Eichmann et de la polémique qu’à fait naître sa position.

Néanmoins, même si on a un bon film, je trouve qu’il fait pâle figure.

Sur le même sujet, le livre « La mort est mon métier », de Robert Merle, dont je parlerai également, reste la référence sur le sujet.

Et le problème, pour moi, vient du fait que le film fait pâle figure face au livre de Robert Merle.

On a un plutôt bon film, mais difficile en deux heure d’expliquer le contexte, la modernité de l’idée (bien que le livre de Robert Merle soit sorti avant le livre d’Hannah Arendt), tout en faisant un bonus sur les difficultés que va rencontrer Hanna Arendt pour faire accepter son idée.

Il y a de grandes scènes, comme lorsque des représentants d’Israël viennent eux-mêmes en Amérique menacer la philosophe de ne pas paraître la suite de son article et lui signaler que de toute façon, ça sera interdit en Israël.

Seulement, même si on a un bon film, on comprend mieux l’idée (les gens qui ont mis en application la Shoah ne sont pas des montres, ce ne sont que des humains banals), on sent mieux l’idée en lisant l’excellent livre de Robert Merle.

Par ailleurs, le livre de Robert Merle est très complet, car on comprend vraiment bien la montée du nazisme, et indirectement la montée du FN.

C’est d’ailleurs le livre de Robert Merle qui sera le thème du prochain article.

En plus :

–          La critique sur Regard.fr

–          La critique sur le blog du cinéma

20 mai 2013 Posted by | Cinéma | , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Il faut revoir toute la fiscalité française

Comme l’Hérétique remet le sujet sur la table (ce qui en soi est une bonne chose), je me permets d’ajouter mon grain de sel.

 

Pour moi, il faut revoir complètement le système d’imposition français, de bas en haut.

Ça ne me gêne pas plus que ça de payer 1/3 de mes revenus en impôts (même si ça reste énorme).

Mais j’attends de la justice (ce qui n’est pas le cas, c’est la classe moyenne qui racle), une égalité de traitement des citoyens devant le service public (ce n’est pas le cas, je connais quelqu’un qui a une fille qui n’a pas eu de place à Michelet alors que c’est son secteur, il paye des impôts pourtant) et une rationalisation ou une optimisation de la dépense public.

 

Sur cet article, je souhaiterais aborder le premier point (même si ce n’est pas la première fois que je le fais).

Aujourd’hui, le système d’imposition est foncièrement injuste.

Si on a de très faibles revenus, on ne paye pas d’impôts. Je ne suis pas d’accord avec ce constat, mais au fond il se défend. Pour ma part, je pense que tout le monde doit payer des impôts. En cela, l’augmentation du SMIC (car un smicard selon moi doit payer des impôts) est une chose normal. Car le SMIC doit permettre de vivre, de se loger et de payer des impôts.

Le SMIC ne doit donc pas être fixé par l’état, mais indexé sur le coût de la vie.

J’ajoutes que si certaines personnes payaient des impôts, ils se sentiraient plus concerné par l’investissement public (qui serait moins dégradé) ainsi que par le coût du service public (faire du social, ça a un coût).

 

Si on est très riche, là, on paye peut d’impôts par rapport à ce que l’on gagne.

Là, ce n’est pas normal. Sarkozy, sur ce point, a une lourde responsabilité.

Par contre, et c’est là le pire, si on est dans la classe moyenne, qu’est-ce que l’on mange. Et sur ce point, l’UMP et le PS sont copains comme cochon.

 

Pour les entreprises, c’est pire. Ramené sur le revenu, une très grande entreprise paye moins d’impôts qu’une TPE/PME.

 

Ça, c’est pour le constat.

 

Pourquoi en est-on là ?

La raison est simple, et ce n’est pas la première fois que je l’écrit :

Le système d’imposition français est gangréné par la vision Physiocrate.

C’est d’ailleurs très bien expliqué dans le livre de Michel Bouvier sur les finances locales.

 

Pour les physiocrates, il est tout simplement impensable de payer des impôts sur les revenus. On paye donc des impôts sur ses biens.

Effectivement, si on a un champ, on va s’enrichir grâce à lui car on va le labourer.

En 1789, en s’inspirant fortement de l’idéologie physiocrate, on a inventé 4 impôts (les 4 vielles), touché par l’état : La taxe d’habitation, la taxe foncière sur le bâti, la taxe foncière sur le non-bâti et la patente qui deviendra la taxe professionnelle.

 

Le problème de cette vision, c’est que si par exemple il grêle, qu’il y a eu des inondations ou des sauterelles, on se retrouve avec une récolte insuffisante pour gagner de l’argent, voir se nourrir, mais on paye quand même des impôts !

 

De plus, la collectivité peut se retrouver (à tort ou à raison)  à dépenser pour l’économie des sommes importantes et ne pas avoir le retour sur investissement. Effectivement, si on dépense pour une entreprise qui a peu de bien, mais qui au final gagne beaucoup d’argent, elle payera peu d’impôt si on suit la logique physiocrate.

C’est ce qui c’est d’ailleurs passé dans les années 1840.

Pour répondre à ça, l’état a passé les 4 vielles aux communes et a créé de nouveaux impôts.

 

Le problème, c’est qu’aujourd’hui, il y a une multitude d’impôts physiocrates.

Allez, un au hasard : la redevance télé.

Il s’agit de payer car on a une télévision.

Mais si on n’a pas de télévision mais qu’on la regarde sur son PC, on ne paye pas de redevance télé.

Bien la logique physiocrate.

Cet exemple fait sourire (il ne s’agit que de 120 à 150€ par an et poste de télévision).

Mais en réalité, la vision physiocrate est catastrophique pour l’économie et le pacte social du pays.

Déjà, économiquement.

Il est à rappeler que si l’on suit la logique physiocrate, l’état (là encore, à tort ou à raison), peut débourser des sommes astronomiques et finalement toucher peu en retour.

Mais la vision physiocrate en plus est foncièrement injuste.

Exemple le pire : les charges patronales.

Je rappelle que pour un salarié qui touche x euros, le patron paye x euros en charges patronales.

Pour un grand groupe, ce n’est pas si grave, on s’en sort. Mais pour une TPE/PME, ça a un coût énorme. Or, c’est dans la TPE/PME que se trouve la majorité des emplois, surtout pour les catégories les plus éloignées de l’emploi.

En TPE/PME, on regarde au moins à 5 fois avant d’embaucher, car les charges sont élevées en France.

C’est aussi injuste pour les entreprises. Si un salarié touche 2000€, il coûte à l’entreprise 2000€, que ce soit l’artisan du coin, la PME/TPE ou le grand groupe.

 

Autre exemple sur les ménages de l’imbécilité de la vision physiocrate : l’impôt sur la fortune.

On peut très bien être smicard et payer l’ISF (un autre impôt physiocrate) car on habite l’île de Ré.

 

Notons que la vision physiocrate va contre une idée qui (heureusement) fait son chemin.

C’est le droit au logement. On paye la taxe d’habitation car on habite !

Et puis il ne vaut mieux pas hériter (malgré la crise du logement) car sinon, on va payer la taxe foncière.

Notons qu’en plus, la vision physiocrate crée une inégalité territoriale, les bases étant plus élevées à Neuilly que Malakoff.

 

En ce qui me concerne, les impôts ne doivent dépendre que des revenus (à l’exception d’une taxe sur les logements vide car là, il y a vraiment des gens qui exagèrent).

Je pense même que l’impôt doit être proportionnel au revenu (au sens mathématique du terme).

Par ailleurs, la concurrence entre territoire doit pouvoir se faire, mais se faire sur des bases justes (et non celle des physiocrates). De plus, la collectivité doit pouvoir choisir sa politique (veut-elle favoriser les entreprises, les ménages, les 2 ?).

C’est pour ça que je suis pour le système suivant (que j’avais déjà décrit) :

1/3 des revenus sont mobilisables par les impôts.

Sur ce tiers, ¼ sont mobilisables par la commune de résidence, ¼ par la région de résidence, ¼ par le pays de résidence et ¼ par l’Europe.

A noter qu’il n’y a rien pour le département. Normal, je pense que c’est un échelon de trop et je suis pour sa suppression.

Il y a un impôt pour l’Europe car je pense que l’Europe ne pourra pas imposer sa propre politique (à tort ou à raison) si elle n’a pas son propre impôt.

 

Chaque niveau fixe par la suite un taux.

Par exemple, une commune peut fixer un taux de 30% sur une personne morale et 25% sur une entreprise.

Cela veut dire qu’une personne habitant sur la commune payerait 7,5% de ses revenus à la commune et qu’une entreprise verserait 6,25% de ses revenus à cette même commune.

 

Et si un niveau est à 100% (sans doute signe d’une mauvaise gestion), comme celui-ci  ne peut pas augmenter ses taux, elle sera bien obligé de faire des économies (enfin) et de réduire son train de vie (re-enfin)!

Notons qu’entre une région fumiste avec un taux de 100% et une région faisant des efforts avec un taux assez élevé de 40-50%, où vont venir s’installer les entreprises et les ménages ?

20 mai 2013 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , , , , | Laisser un commentaire

Il faut un choc de lucidité (Peyrelevade)

S’il y a un économiste que j’aime beaucoup écouter ou lire, c’est Jean Peyrelevade.

Pendant le règne de Sarkozy, beaucoup de livre anti-sarkozisme paraissaient en librairie.

 

Aucun n’a été du niveau de celui de Jean Peyrelevade, Sarkozy ou l’erreur historique (dont la critique est ici). Effectivement, là où l’ensemble des livres anti-sarkozisme attaquait l’ancien chef de l’état sur son mode de gouvernance (y-compris François Bayrou), Peyrelevade le critiquait sur sa politique économique.

 

Résumer ce livre (Sarkozy ou l’erreur historique)  n’est pas une chose aisée. Je ne peux que recommander la lecture de ce livre. Je tiens à signaler que Peyrelevade a d’ailleurs écrit un autre livre avant la présidentielle 2012 (France, l’état critique) et qu’il avait co-signé avec Stéphane Cossé « François Hollande n’est pas crédible ».

 

Disons que Peyrelevade pense que l’appareil productif français, les entreprises, est fortement dégradé. Il estime que notre capacité à nous enrichir, qui est due aux entreprises, est de pire en pire.

Du coup, toutes politiques de la demande, centré sur l’aide des ménages, soit par déduction d’impôts (sauce UMP), soit par augmentation de la dépense publique (sauce UMP) est vouée à l’échec.

Dans la pratique, nous finançons, par notre déficit public, nos concurrents dans la mondialisation.

 

Au contraire, Jean Peyrelevade pense qu’il faut aider nos entreprises à faire des marges afin qu’elles puissent s’enrichir pour pouvoir réinvestir derrière.

C’est l’investissement d’aujourd’hui, si on se réfère au principe de Schumpeter et de la destruction créatrice, qui feront les emplois de demain.

Les entreprises françaises, comparées aux entreprises étrangères, étant plus taxées, il faut donc transférer une partie des charges des entreprises sur les ménages.

C’est le principe de la TVA sociale ou de la CSG sociale.

Aujourd’hui, Jean Peyrelevade écrit une nouvelle tribune qui vaut vraiment le détour dans les échos.

Le titre : Le choc de lucidité

 

Et de commencer :

« Les « chocs » sont à la mode dans le discours public. Le seul dont on ait vraiment besoin serait un choc de lucidité, gouvernementale et collective. Quand nos dirigeants, quand le peuple avec eux, prendront-ils vraiment conscience de l’extrême gravité de notre situation ? »

Le diagnostic est donc :

« Depuis quinze ans, depuis la création de l’euro, nous vivons au-dessus de nos moyens. Pas seulement l’Etat dont tous les budgets sont en déficit depuis beaucoup plus longtemps. Pas seulement au regard de nos échanges avec l’étranger dont le déséquilibre permanent est financé par une dette extérieure croissante. Le cœur de nos difficultés tient au fait que, depuis le début des années 2000, au nom de satisfactions immédiates, nous détruisons systématiquement notre appareil productif. Là est la cause, sans cesse aggravée, de nos insuffisances. Si nous n’y portons pas remède, de manière vigoureuse et rapide, nous sommes condamnés à une croissance nulle, donc à un recul du pouvoir d’achat et à une augmentation du chômage de 200.000 personnes par an jusqu’à la fin du quinquennat.

Pour quelle raison ? Disons-le en termes simples, compréhensibles pour tous. Depuis quinze ans, les prix de revient de notre industrie, secteur le plus exposé à la concurrence internationale, croissent plus vite que ses prix de vente. L’alourdissement des charges sociales et fiscales, certes trop élevées, n’est pas l’explication principale de cette évolution qui voit les marges des entreprises se réduire, leurs défaillances se multiplier et le tissu industriel se nécroser. La vérité est plus rude, qu’un « choc de compétitivité » ponctuel et limité ne masquera pas très longtemps. Depuis quinze ans, dans toute l’économie, dans le secteur public, dans les services, dans la production elle-même, le coût du travail est trop élevé et augmente plus vite que la productivité par tête, dont le taux de croissance annuel est nettement inférieur à 1 %. Droite et gauche confondues, Etat, collectivités locales, patronat, syndicats, chefs d’entreprise et salariés, nous sommes tous responsables. Si nous continuons ainsi, nous allons avec certitude vers de sombres échéances. »

Pour les remèdes :

« Une seule réponse serait efficace : revenir à une certaine modération salariale, en commençant par le haut de la pyramide, et augmenter la productivité par tête. En travaillant plus, non pas moins, et surtout en investissant davantage. Le capital n’est pas un problème, ou plus exactement son accumulation, c’est une partie de la solution. Je sais qu’il est à gauche une thèse convenue : les patrons, mauvais citoyens, intéressés plus par l’argent que par l’avenir de leurs entreprises, préféreraient distribuer des dividendes plutôt qu’investir. Cette affirmation est globalement inexacte. »

 

Pour finir, Peyrelevade met en garde :

« Les conséquences sont inéluctables. Investissant peu dans l’absolu mais trop par rapport à leurs capacités financières, les entreprises françaises voient leur endettement augmenter et leurs difficultés de trésorerie se multiplier. La spirale de leur destruction n’est donc pas arrêtée. Même si cela est pénible à court terme, il n’est pas d’autre moyen de mettre un terme à la dégradation structurelle de notre économie que de réduire la dépense publique et les charges qui pèsent sur le travail, de modérer l’évolution salariale et d’augmenter la productivité. Austère perspective ? Sans doute. Mais mieux vaut être lucide dans la douleur, puis guérir, qu’inconscient dans l’illusion et sombrer. »

20 mai 2013 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , , , , , , , , | Un commentaire