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La différence entre le Modem et l’UDI

Un article que j’écrivais hier a eu un nombre de commentaire tel en quelques heures qu’il n’est pas inintéressant de revenir sur la différence entre les deux formations politique.

 

Je ne parle pas des leaders, j’avais d’ailleurs donné mon opinion sur la question pour Borloo.

Je ne vais pas non plus rappeler mon avis sur l’UDI.

 

Non, je vais plutôt insister sur la différence entre les deux formations.

 

En France, il y a la gauche, la droite et le centre.

Il faut déjà comprendre que finalement, cette frontière est au final artificielle, un peu moins pour le centre d’ailleurs, et que au final, les clivages réels ne sont plus droite-gauche.

 

Les clivages sont entre les tenants de la mondialisation par passion ou par réalisme, ceux qui veulent fermer les frontières comme Mélenchon, Marine le Pen et même Montebourg qui parlait de dé-mondialisation. Et puis on a ceux qui n’ont rien compris à l’économie actuelle et qui appliquent des recettes économiques inadaptés à l’économie d’aujourd’hui comme François Hollande.

 

En résumé, Un Montebourg n’a rien à voir avec un Valls et un Fillon n’a rien à voir avec un Copé.

Il y a donc plusieurs façons d’être de droite comme il y a donc plusieurs façons d’être de gauche.

 

Pour en revenir donc au clivage archaïque gauche-droite, on peut le définir comme ça (même si ça reste simpliste) :

A gauche, on raisonne sur le collectif, à droite, on se centre sur l’individu.

 

Pour ma part, je considère que les deux approchent sont vouées à l’échec.

Dans une société de droite, type Sarkozy,  avec l’aide de l’état ou sans (rappelons que Sarkozy est Bonapartiste donc pour une place accrue de l’état), l’individu qui réussit est poussé au détriment des autres.

Par exemple, si on prend l’exemple d’actualité Bernard Tapis, il a réussi parce que l’état a décidé qu’il méritait qu’on lui donne de l’argent.

Après, les critères peuvent être plus ou moins acceptables, mais en général, on réussit au détriment des autres.

 

Dans une société de gauche, on privilégie le collectif. Le problème, c’est que quelqu’un qui a la possibilité de monter est nivelé vers le bas. Ce n’est pas bon non plus.

 

Pour moi, cette cassure est archaïque.

Si on prend une équipe de football, il faut un Zidane pour marquer les buts. Mais il faut aussi une équipe pour permettre à Zidane de s’exprimer. Il faut une équipe pour faire les passes, notamment les passes décisives.

En résumer, Zidane a besoin d’une équipe pour pouvoir s’exprimer, et l’équipe a besoin d’un Zidane pour pouvoir progresser.

 

Au final, les deux visions ne sont pas opposées, elles sont complémentaires. Il n’y a pas l’une sans l’autre.

Et adhérer à la vision centriste, c’est adhérer à cette approche.

 

Notons que le rôle de l’état doit être mieux réfléchi. Trop d’état brime l’individu et l’empêche d’atteindre son potentiel. Mais pas d’état induit une jungle.

On est face à une contradiction. Il faut un état pour réguler, accompagner la progression d’un individu. Mais il ne faut pas d’état car celui-ci va briser l’individu tel un Kafka.

 

Du coup, la mouvance centriste est libéral car elle pousse, comme la droite, l’individu au plus haut point, mais elle est aussi social, car elle s’accorde à un vivre ensemble, à un collectif.

 

Point de différence notable entre la droite sarkoziste et les centristes : le profil est une fin en soi pour la droite sarkoziste, un objectif. La place dans la société dépend de sa fortune.

Par contre, pour un centriste, le profil n’est pas une fin. C’est un moyen. Un moyen d’atteindre des objectifs plus humanistes.

 

Tout comme la gauche et la droite, on arrive donc au point suivant, qui en particulier traverse le Modem : le centre est au final très divisé.

 

On a d’abord la mouvance dite centre-gauche. On a dedans Rocard, Jacques Delors et moi-même.

On les appelle les sociaux-démocrates, les sociaux libéraux et, selon Mélenchon, les sociaux traitres.

Cette mouvance est pour faire du social, mais elle a compris un point fondamental : l’aspect économique est fondamental pour pouvoir faire du social ou redistribuer. Cette mouvance a à cœur d’être dans une économie compétitive car elle pense que sans économie, il n’y a pas de social.

C’est ce qui la différencie du reste de la gauche.

La gauche sociale-démocrate, dite centre gauche ou gauche libérale, pense que le social vient avec une économie compétitive. Le reste de la gauche veut faire du social avant toutes choses.

Cette mouvance se trouve au PS, au PRG et au Modem.

Il y en a un peu à l’UDI avec la gauche moderne.

 

La seconde grande mouvance centriste est le centre droit, les chrétiens démocrates ou les libéraux sociaux.

Le centre a surtout existé grâce à eux au sein de l’UDF ces dernières années.

L’objectif est de faire de l’économie, mais cette mouvance a compris que pour durer, la question sociale doit être prise en compte. C’est ce qui la différencie d’une droite comme celle de Sarkozy.

Dans cette mouvance, on a Raymond Barre (grand Homme), Hervé Morin, François Bayrou et les anciens de l’UDF.

 

Donc au final, la différence entre le Modem et l’UDI va plus loin que l’aspect stratégique, à savoir une alliance à géométrie variable pour le Modem, et une alliance privilégiée avec la droite pour l’UDI, y compris la droite de Copé.

 

Le Modem est principalement un parti centriste. Un vrai, un dur de dur. Il accueille la mouvance centre-gauche et centre-droit, ce qui fait sa cassure.

 

Par contre, l’UDI est, statistiquement, un parti de droite modérée. Il accueille le centre-droit car celui-ci fait partie du centre, mais également de la droite modérée.

 

Voilà la différence entre l’UDI et le Modem.

 

Elle n’est pas tactique, elle est d’abord de fond.

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12 juin 2013 - Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , , , ,

Un commentaire »

  1. « Trop d’état brime l’individu et l’empêche d’atteindre son potentiel. Mais pas d’état induit une jungle. »
    Avec la gauche actuelle (Mélenchon et NPA compris) comme avec la droite sarkozyste – des néolibéraux de toutes façons, même si la gauche de la gauche ne l’est que par naïveté -, nous avons trop d’état qui brime l’individu ET qui induit une jungle.

    Commentaire par Alae | 13 août 2013 | Réponse


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