Le blog de Phil

J'habite Malakoff, la plus belle ville du monde

Faut-il trois partis centristes ?

A l’heure où l’on parle du rapprochement Modem/UDI, j’ai décidé de poser la question de façon provocatrice.

Parler du centre est toujours un peu compliqué.

Disons qu’en résumé, le centre est sans doute la famille la plus unie au niveau des idées, mais c’est aussi la famille la plus divisé au niveau de la stratégie politique.

En ce qui me concerne, je tiens à rappeler ma position : je suis pour un travail en commun UDI-Modem, notamment aux européennes et aux municipales (comme à Malakoff par exemple).

Mais je suis défavorable à ce que le Modem rejoigne l’UDI, du moins pour le moment.

J’ajoute aussi que j’ai le sentiment que le futur accord se fait avec un mauvais état d’esprit côté UDI, sans respecter la particularité Modem.

Or, si l’accord se fait avec l’UDI qui essaie de bouffer le Modem, je crains que sur la durée, ce ne soit pas durable.

Il convient de rappeler ce qu’est le centre.

Si on se réfère à Wikipédia, on a :

« Le terme centrisme est utilisé pour désigner les courants politiques du centre. Le centrisme peut se percevoir soit comme l’affirmation d’une force politique distincte de la droite et de la gauche, soit comme un compromis entre les deux. Le terme peut également être associé à l’idée de modération entre des antagonismes politiques : conservatisme et progressisme sur le plan des réformes, socialisme, libéralisme et conservatisme sur le plan des idées, interventionnisme et laissez-faire sur le plan économique. »

En résumé, on peut définir le courant centriste comme :

–          Un courant qui veut faire du social, mais qui a compris que pour faire du social, il faut que l’économique suive derrière. En fait, il n’y a pas de social sans une économie compétitive. C’est l’approche centre gauche.

–          Ou alors, on peut définir le centre comme étant un courant voulant faire de l’économique, mais qui sait que sans le social, sans l’humain, il n’y a pas d’économies durable, c’est l’approche centre-droit.

En résumé, le centre est un courant de pensée qui se veut la synthèse entre le social et l’économie.

Le crédo pourrait être :

« Il n’y a pas de social sans une économie compétitive, mais il n’y a pas d’économie durable sans la question sociale. Ce n’est pas l’un contre l’autre. Les deux sont complémentaires ».

Or, notamment à cause d’un système électoral injuste, le centre ne peut pas diriger la France. Au mieux, il arrive toujours en troisième position.

Et au fond, c’est là que les ennuis commencent.

Dans l’absolu, il convient de rappeler deux choses.

La première est que la gauche ne veut pas de nous.

Si on reste dans la symbolique, c’est le PS qui a fait lui-même la peau à François Bayrou, notre leader adoré, alors que celui-ci a voté François Hollande, plus contre Sarkozy d’ailleurs.

Mais il faut rappeler que la droite ne veut pas de nous non-plus.

Je pourrais sans doute prendre des exemples dans le quinquennat Sarkozy, mais je vais prendre deux exemples locaux.

Le premier est Clamart. Clamart était un bastion centriste du temps de l’UDF, parti allié au RPR.

Or, à côté de Clamart, il existe un maire de droite avec frontières poreuses avec le FN : Philippe Pemezec.

En encourageant une candidature dissidente en 2001, il a permis à Philippe Kaltenbach de prendre la mairie de Clamart. L’année suivante, il n’a pas hésité à se présenter contre Jean-Pierre Foucher, député UDF et ancien maire de Clamart.

Mais pire, la droite dure peut préférer maintenir une gauche décomplexée pour démolir du centre. Au détriment de l’intérêt général.

C’est en particulier ce qui se passe à Bagneux.

Donc en résumé, on distingue trois stratégies pour le centre :

1)      On y va toujours avec la gauche. C’est le cas du PRG, devenu parti-paillasson du PS.

2)      On y va toujours avec la droite, c’est le cas de l’UDI.

3)      Ça dépends du moment que l’on reste cohérent, mais comme là l’UMP et le PS se durcissent vraiment en devenant centre-incompatible, on est obligé de se retrouver à poil, comme François Bayrou.

Personnellement, si je reste au Modem, c’est parce que j’estime que rester cohérent dans son positionnement, c’est important. Pas pour rien que j’avais voté blanc d’ailleurs lors du duel Hollande/Sarkozy.

Pour ma part, je considère que l’on ne peut pas soutenir un Nicolas Sarkozy qui a fait exploser la dette (c’est Thierry Breton qui le dit) alors qu’en 2007, on avait fait une campagne contre la dette.

Or, si pour le premier tour il n’y a pas de problème, c’est au second tour, une fois que l’on est arrivé troisième maximum, que l’on commence à se taper sur la gueule.

Les européennes ne poseront pas de problèmes. La raisons est simple, c’est qu’il n’y a pas de second tour.

Pour les municipales, là, les enjeux sont locaux.

Mais pour les présidentielles, on risque d’aller vers une catastrophe.
Enfin, ça dépend.

Si c’est Juppé qui est le candidat de l’UMP face à François Hollande, l’alliance du centre UDI-Modem devrait tenir.

Mais si c’est Jean François Copé ou Nicolas Sarkozy, là, on risque de ne vraiment pas être d’accord.

En ce qui me concerne, parce que j’estime que la cohérence et mon moi le plus profond, c’est ce qu’il y a de plus important, je refuse de soutenir la ligne Buisson.

Je refuse de soutenir Copé et ses pains aux chocolats.

En cas de second tour Copé/Sarkozy/Buisson face à Hollande, je refuse de voter la ligne Buisson à cause d’un principe que j’estime dépassé, celui de centre = droite.

En ce qui me concerne, je voterai probablement blanc.

Or, ce qui fait la valeur du Modem, c’est cette indépendance d’esprit.

Je refuse de voter un Balkany au nom du principe centre = droite.

Le problème étant pour l’instant insoluble, sauf si le centre arrive dans les deux premiers, je pense qu’il faut pour l’instant avoir une approche pragmatique.

Aux européennes, il n’y a pas de problèmes car il n’y a pas de second tour.

Aux municipales, ils y a des villes où il y a des choses à faire, comme à Malakoff, où il serait souhaitable que l’UDI se réveille.

Pour le reste, mieux vaut avancer prudemment, avec par exemple un groupe Modem-UDI à l’assemblé national qui serait un bon début.

Au ralliement, préférons plutôt le travail en commun qui permettra de faire gagner les deux formations tout en conservant l’identité des deux.

Enfin, à chaque fois que je suis à des réunions Modem, on parle toujours de la place (je vais avec le PS ou l’UMP car pour avoir des places, cette option est la mieux).

J’aimerais que l’on change d’état d’esprit, que l’on parle du projet, que l’on soit d’abord nous-même et que l’on se batte !

« ON VA SE BATTTRE !! »

Voilà ce que j’aimerais entendre de la part des dirigeants centristes. Le combat électoral ne me fait pas peur s’il est préparé le plus en amont possible.

Sur le même sujet :

–          Le blog du centrisme (Article 1, Article 2, Article 3).

–          L’avis de l’Hérétique

–          L’avis de Julien Fretel

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15 septembre 2013 - Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , , , ,

Un commentaire »

  1. L’interview de Julien Frétel est très riche en effet. Dans ma commune, aux réunions MoDem aucun militant n’a voulu discuter de « places », nous n’avons travaillé que sur le projet, sur nos attentes pour l’avenir de la ville (http://demsf.free.fr/index.php?post/2013/09/09/Charte-des-Democrates-pour-Argenteuil-municipales). Est-ce ainsi que ce projet pourra se réaliser, un peu ou beaucoup ? Comme on conclut dans ces cas-là : l’avenir le dira.

    Commentaire par fredericln | 16 septembre 2013 | Réponse


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