Le blog de Phil

J'habite Malakoff, la plus belle ville du monde

Sans un système électoral normal pour désigner les députés, les centristes ne pourront jamais peser à l’assemblée nationale !

J’aime beaucoup le blog du centrisme.

 

Dernièrement, le blog du centrisme s’interrogeait sur la relation entre Manuels Valls et les centristes.

En particulier, il était écrit :

«  Le président par intérim de l’UDI, Yves Jégo, interrogé par Le Monde, estime que «si Manuel Valls a le courage d’engager clairement et rapidement les réformes nécessaires, nous devons avoir le courage de les soutenir».

De même, il déclare que les membres de son parti s’étaient «interrogés» sur un vote de confiance au nouveau gouvernement et que «nous avons décidé de voter contre car, trop longtemps, le Centre a été qualifié de girouette», ajoutant immédiatement «Nous sommes le centre-droit, nous sommes dans l’opposition, il ne doit pas y avoir d’ambiguïté».

Vite dit puisque ses propos en contiennent et parce que trois députés UDI et un député Mouvement démocrate se sont abstenus lors du vote de confiance à l’Assemblée nationale, souhaitant sans doute donner une chance à Manuel Valls alors que, pendant le même temps, Jean-Christophe Lagarde et Hervé Morin, les deux ennemis intimes de l’UDI et sans doute prochains candidats à la présidence du parti, ruaient dans les brancards du nouveau premier ministre et de son équipe avec une rare violence.

Tout cela traduit chez les centristes un certain trouble que représente l’«inconnue Valls» dans la nouvelle équation politique du pays. »

 

Lors du pacte de responsabilité, le blog du centrisme se posait la même question :

« Jean-Louis Borloo l’a dit, l’UDI ne votera pas la confiance au gouvernement sur le Pacte de responsabilité présenté par François Hollande que pourtant il a salué comme un tournant libéral du président de la république.

De son côté, François Bayrou a expliqué que ce pacte allait dans la bonne direction (la sienne) mais qu’il était «trop tard» pour le soutenir alors que son alliance, le 5 novembre dernier (une éternité…) venait justement de ce François Hollande ne voulait pas faire ce qu’il vient de proposer de faire.

Ceux qui aiment la clarté en politique en seront donc pour leurs frais…

Bien sûr, pour l’instant, les propositions du président de la république ne sont que des mots et n’engagent, comme on le dit cyniquement, que ceux qui y croient.

Mais si, demain, les actes suivent?

Jean-Louis Borloo, donc, ne les soutiendrait pas au nom d’une «opposition constructive».

Quant à François Bayrou, son «il est trop tard» signifierait-il que même si l’on prend les bonnes mesures, tout est déjà foutu? »

 

Ce type de questionnement, la relation entre le centre et la gauche, n’est pas nouvelle.

Dernièrement, l’Hérétique (centre-droit) se posait également la question Valls.

Très récemment, le blog du centrisme parlait du pari gagné de François Bayrou, mais trop tard

 

Pour le blog du centrisme, le centre ne peut peser que s’il se réunit.

Par exemple, le blog écrit :

« Le problème est que ces virages et ses tournants se terminent le plus souvent en queue de poisson dans le fossé ou dans le mur!

D’abord parce que la Gauche ou la Droite ne deviennent jamais le Centre, elles restent Gauche et Droite, donc sur des positions idéologiques qui ne sont pas celles du Centre.

Ensuite parce qu’un virage centriste n’a de chance de perdurer que si les partis centristes sont assez puissants pour empêcher la Gauche et la Droite de lorgner vers leurs tropismes naturels.

Or, souvent, lors de ces virages susmentionnés, les centristes n’étaient pas dans une position de force ainsi que c’est le cas actuellement.

Enfin et surtout parce que gouverner au centre n’est toujours pour la Gauche et la Droite que la matérialisation que leurs clientélismes idéologiques ne sont que du bavardage inapplicable concrètement mais que, lors de chaque élection, il faut aller conquérir son électorat traditionnel qui, lui, attend ces signes partisans pour se reconnaître dans les partis ou les candidats de leurs camps respectifs.

Alors le fossé et le mur sont là où se retrouvent souvent les centristes qui se sont laissé duper…

Bien sûr, nous connaissons la solution pour que ces virages centristes soient pérennes: que le Centre soit assez fort pour le diriger lui-même! »

 

Il va de soi que je suis en total accord avec ce qui est écrit. Néanmoins, le blog du centrisme oublie un point fondamental : le système de désignation de nos députés ne laisse aucune chance au centre, même après un bon score, de peser réellement sur la vie politique du pays.

Sauf si on arrive dans les deux premiers (ce qui était la stratégie de François Bayrou en 2007 et 2012), le centre est obligé d’être le dindon de la farce, de disparaître fièrement l’étendard à la main, ou de se prosterner devant l’UMP et le PS pour vivre de la charité de deux formations qui, en général (car c’est le noyau dur d’un mouvement qui fait l’identité d’un mouvement) oblige le centre de voter contre ses propres convictions (comme la dette par exemple).

Car il est à rappeler que le noyau dur du PS ou de l’UMP méprisent le centre.

Un petit exemple avec Buisson est intéressant à ce sujet.

 

Ce n’est pas la première fois que je ralle contre le système archaïque qui permet de désigner nos députés.

 

Je vais me permettre de réécrire une partie de notre récente histoire politique.

Supposons qu’il y ait eu avant 2007 une vraie réforme du scrutin législatif.

On serait passé à seulement 400 députés (contre 577 aujourd’hui), avec un scrutin basé sur les municipales.

L’élection législative serait un scrutin de liste.

Au premier tour, si une liste fait plus de 50% des voix, elle est élue.

Elle a la moitié des sièges. Le reste est distribué à la proportionnelle.

Si aucune liste ne fait 50% des voix (ce qui est généralement le cas), on fait un second tour.

Les listes faisant 10% des voix (ou plus) peuvent se maintenir.

Les listes faisant 5% des voix (ou plus) peuvent fusionner.

Au second tour, la liste en tête obtient la moitié des sièges. Le reste est distribué à la proportionnelle.

Pour rendre le débat de meilleure qualité, on suppose que l’élection présidentielle est supprimée.

C’est l’assemblée nationale qui élit le président de la république.

 

Prenons l’élection présidentielle de 2007.

Au premier tour, on a :

Liste Score
UMP (Droite, Nicolas Sarkozy) 31.18%
PS (Gauche, Ségolène Royal) 25,87%
UDF (Centre, François Bayrou) 18.57%
FN (Front national, Jean Marie Le Pen) 10.44%
Ligue Communiste révolutionnaire (Extrême gauche, Besancenot) 4,08%
Mouvement pour la France (Droite conservatrice, Philippe de Villiers) 2,23%
PC (Marie Georges Buffet, Gauche) 1.93%
Les verts (Dominique Voynet, Gauche écologique) 1,57%
LO (Arlette Laguiller, extrême gauche) 1,33
Confédération paysanne (José Beauvais) 1.23%
Chasse, pêche, nature et traditions (Frédérique Nihous) 1,15%
Gérard Schivardi (Parti des travailleurs, extrême gauche) 0.34%

Quatre listes peuvent se maintenir.

Les autres sont éliminées.

Il est fort probable que la liste conduite par François Bayrou se serait maintenue. La liste FN aussi.

Au final, on aurait eu  au second tour:

Liste Score
UMP 34.56%
PS 36.43%
UDF 18.57%
FN 10,44%

 

Premier constat : dans ce cas, Ségolène Royale est élue présidente de la république. Nicolas Sarkozy souffre d’un manque de réserve de voix, due au maintien de la liste centriste et de la liste FN.

Côté député, on a :

Liste Nombre de députés
UMP 69
PS 273
UDF 37
FN 21

 

Si on a une base de 577 députés :

Liste Nombre de députés
UMP 100
PS 394
UDF 53
FN 30

 

A comparer avec l’assemblée nationale à cette époque :

Groupe Nombre de député
UMP 320
PS 204
PC 24
NC (les centristes ralliés à Sarkozy) 23
Non Inscrit 6

 

Au final, il n’y aurait pas eu de députés verts ou PC (score aux présidentielles trop faible).

Le FN aurait eu des députés.

Le centre aurait eu plus de députés. En plus, ils auraient étés libres de penser ce qu’ils veulent.

A moins qu’il y eut une fusion UMP/UDF.

Là, les centristes auraient pu vraiment imposer un contrat de gouvernement à l’UMP, et avoir un poids réel dans la majorité (ce qui n’a pas été le cas entre 2007 et 2012).

 

On va me rétorquer que ce que je propose est la quatrième république.

On va me dire que je propose la république des partis, c’est déjà le cas aujourd’hui.

 

On va me dire que je ne permets pas de dégager une majorité : ce n’est pas vrai.

Une majorité se dégage, et ceux qui font un bon score peuvent avoir un groupe à l’assemblée, chose impossible avec le scrutin actuel.

 

On va me rétorquer que je fais rentrer l’extrême droite au parlement. Et alors ? Ils font un score, quand même…

 

En attendant une vraie réforme du scrutin législatif, le centre, pour peser, doit d’abord se faire les dents sur des scrutins plus justes (européennes, municipales, sénatoriales et régionales).

Par ailleurs, le centre doit aussi se refaire un réseau d’élus locaux et adopter une stratégie locale.

Ça aurait dû être le cas à Malakoff !

 

PS : Mon objectif était d’abord de montrer que sans un système électoral juste, le centre ne peut pas peser et se construire de lui-même. Je ne savais pas que je ferai élire Ségolène Royal, après les calculs, ça va de soi.

Publicités

19 avril 2014 - Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , , , , , , ,

Aucun commentaire pour l’instant.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :