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Les centristes, impossible regroupement, impossible possibilité de faire un score ? (1/6) : Les centristes victimes de modes de scrutin injustes

Une semaine est passé depuis le nouveau 21 Avril des dernières européennes.

Le moment de revenir sur le score des centristes.

 

Pour mémoire, le Modem, parti 100% centriste, et l’UDI, parti de droite modérée contenant une part importante de centriste (avec le nouveau centre, Force Européenne démocrate, Alliance centriste) se sont regroupés espérant faire un score, avec objectif de faire au minimum 10%.

Il faut dire qu’à l’époque, séparément, l’UDI et le Modem était chacun à 6-7%.

Il y avait donc espoir de faire 12-14% (voir plus en bonus avec une bonne campagne).

 

Or, définitivement, le pari est perdu, on fait 9,94%.

Au final, on obtient 7 eurodéputés, 4 Modem (Robert Rochefort, Nathalie Griesbeck, Sylvie Goulard, Marielle de Sarnez) et 3 UDI (Dominique Riquet, Jean Arthuis, Jean Marie Cavada), le tout siégeant à l’ADLE.

 

Lors du scrutin précédent, on avait 5 députés européens Modem (dans l’ADLE) et 5 UDI (dans le PPE).

 

Pour l’ADLE, il y a donc perte de 3 eurodéputés français.

D’ailleurs, comme le souligne le blog du centrisme, les centristes ont pris cher lors des européennes.

 

Alors, que dire ?

La suite va dépendre de l’UDI, et de l’élection du président qui risque d’être violente.

Christophe Lagarde veut continuer dans la voie.

Mais d’autres, comme Fromantin, comme Rama Yade voir Sauvadet (qui a lui voté l’UMP Nadine Morano contre le Modem) y sont hostiles.

 

Je pense que, du moins pour l’instant, la suite va se passer à l’UDI.

Je pense que l’UDI va choisir son président, et on verra si l’UDI voudra continuer à travailler avec le Modem.

 

D’ailleurs, j’avais estimé, dans le passé, que ce rapprochement était trop rapide.

 

Pour ma part, j’ai décidé de donner les raisons qui font qu’à mon avis, les centristes n’arrivent pas à s’unir et à faire un score.

Je pense que ces raisons sont récurrentes, récurrentes dans les états-majors centristes, et récurrentes à chaque élections.

 

Il faut dire que nous sommes dans un cercle vicieux.

Les centristes ne font pas de score, donc ils se divisent et comme ils sont divisés, ils ne font pas de score.

 

Le problème, c’est que j’aimerais vraiment qu’il y ait des centristes qui fassent un score.

Barre a fait 16,54% en 1988, Bayrou a fait 18,57%, Lecanuet a fait 15,57%, mieux, Alain Poher était au second tour.

Il y a vraiment un potentiel, mais pourtant, on n’arrive jamais à l’exploiter.

La première raison est pour moi le mode de scrutin.

Les centristes sont face à des modes de scrutins injustes.

 

Le pire, c’est le scrutin législatif.

Si on se réfère aux présidentielles 2012, l’UMP et le PS représentent 55,81% (34,79% aux européennes), ils représentent 84,57% des sièges.

 

En réalité, ça s’est empiré avec le fait que la présidentielle soit avant les législatives.

Aux législatives, on vote pour donner une majorité à la présidentielle. Si on n’est pas dans les deux premiers, on est sûr d’être éliminé, et de ne pas avoir de poids, même si on fait un très bon score (comme Bayrou en 2007).

 

Il est clair que le vote Bayrou a favorisé, au second tour, le vote Sarkozy. Mais Sarkozy a piétiné les propositions centristes.

 

On a un scrutin qui empêche toute forme de coalition.

A chaque fois, l’UMP et le PS peuvent diriger seuls.

Et si on n’est pas dans les deux premiers, on ne peut plus peser, y compris si on a fait un très bon score.

 

Si on avait un scrutin législatif calqué sur les municipales, on aurait pu montrer que les centristes auraient pu plus peser, et qu’ils auraient eu plus de députés (y compris si on réduit la base à 400).

 

En 2007, si Bayrou et Le Pen s’étaient maintenus, c’est Ségolène Royal qui aurait été présidente de la république. Ce maintien aurait été dans la logique des choses.

Au pire, pour une coalition UDF (ancêtre du Modem)/UMP, Sarkozy aurait dû faire preuve de plus de bonne volonté. Les centristes auraient plus été écoutés.

 

En 2012, les centristes ne pouvaient pas se maintenir. Mais ils pouvaient fusionner. Et Sarkozy ne pouvaient pas gagner sans eux. Ils auraient pu être en position d’arbitre.

 

Quoi qu’il en soit, avec un scrutin qui laisse avoir un groupe après un bon score, en 2007, le centre n’aurait jamais explosé.

 

Mais le PS et l’UMP ont l’intérêt de garder ce système, un système qui leur permet d’avoir la quasi-totalité des sièges alors qu’ils ne sont pas majoritaires dans l’opinion…

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31 mai 2014 - Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , , , , , ,

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