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Les centristes, impossible regroupement, impossible possibilité de faire un score ? (3/6) : Les centristes face à la une gauche et une droite décomplexées

Il arrive aux centristes de faire de bons scores.

En 1965, Jean Lecanuet fait 15,57%, ce qui lui permet de mettre le Général de Gaulle en ballotage.

En 1969, Alain Poher est au second tour de la présidentielle avec 23,31%, éliminant la gauche.

En 1988, Raymond Barre fait 16,54%.

En 2007, François Bayrou fait 18,57% des voix.

 

Mais ces scores n’ont pas permis d’être dans les 2 premiers (excepté en 1969).

Donc du coup, pour faire valoir leurs idées, les centristes doivent faire partie d’une coalition.

 

A priori, les centristes sont compatibles avec la droite (comme Alain Juppé, François Fillon) ou avec la gauche (comme Manuels Valls, Ségolène Royale).

 

Or, dans la pratique, ce n’est pas possible.

Déjà parce que le système électoral, principalement celui des législatives, ne permet pas d’avoir un nombre de sièges raisonnable pour réellement peser dans une coalition.

 

Mais aussi parce que le PS et l’UMP vont vers leurs noyaux durs.

Le PS et l’UMP veulent bien de nos voix, mais pas question d’appliquer la moindre idée centriste.

 

J’ai dit que le centre était compatible avec le PS ou l’UMP.

Il faut néanmoins nuancer.

Le principe est le suivant. Au centre, on aime bien les gens de gauche, mais pas quand ils sont trop à gauche.

On aime bien les gens de droite, mais pas quand ils sont trop à droite.

Or, le PS est de plus en plus à gauche. En fait, c’est plus important pour le PS d’être de gauche que d’appliquer une politique efficace qui améliorera le sort du plus grand monde.

 

L’UMP est également de plus en plus à droite, et c’est plus important pour l’UMP d’être de droite que d’appliquer une politique efficace pour le plus grand monde.

 

Ce qui fait qu’aujourd’hui, une coalition entre le centre et le PS, ainsi qu’une coalition entre le centre et l’UMP, n’est pas possible.

 

Ces deux coalitions sont contre-nature, et non durable dans le temps.

 

Au PS, ça dure depuis 1972, depuis le programme commun de la gauche.

Depuis 1972, le PS a préféré le PCF au centre.

En 1997, on avait la gauche plurielle.

D’ailleurs, Jean-Christophe Cambadélis, ancien mécanicien de la gauche plurielle, actuel premier secrétaire du PS, veut relancer la machine.

En 2008, Martine Aubry est élue à la tête du PS (accusée de fraude d’ailleurs).

A partir de là, elle va décomplexer la gauche.

Elle va refuser toutes alliances avec le centre, faisant tout pour que le centre ne soit pas nationalement avec Bayrou (alors qu’elle est localement avec le Modem).

L’acte le plus spectaculaire étant le dégommage de Bayrou aux législatives 2012, avec un sale état d’esprit d’ailleurs.

 

Mais côté UMP, ce n’est pas mieux.

Nicolas Sarkozy va décomplexer la droite.

Il va rendre les frontières entre la droite et l’extrême droite poreuses.

Jean François Copé, qui sera élu à la tête de l’UMP (avec soupçon de triche, également), continuera.

Le FN et le PS seront mis au même niveau. L’UMP s’illustrera sur le mariage Gay là où il fallait s’illustrer sur l’économie.

 

La droite est de plus en plus à droite. La gauche est de plus en plus à gauche.

 

La question des valeurs fait qu’en l’état actuel des choses, une coalition centre-PS ou centre-UMP, au niveau national, est un non-sens.

A terme, elle n’est pas durable.

Voyez-vous des centristes cautionner l’augmentation de la dette de fonctionnement ?

 

Alors que faire ?

Le mieux est d’arriver dans les deux premiers au premier tour de l’élection présidentielle 2017 et d’avoir un président centriste.

Par la suite, l’élection législative étant influencé par l’élection présidentielle 2017, l’assemblée nationale serait majoritairement centriste.
C’est la stratégie de François Bayrou.

Mais ça n’a pas fonctionné.

 

Dans l’absolu, on est malheureusement dans un cercle vicieux.

Le centre fait un faible score, donc ni le PS, ni l’UMP (qui sont en plus idéologiques), n’envisagerons dans l’intérêt de tous (des français, du centre et de l’UMP ou du PS) une coalition sur des bases loyales et saines.

Au contraire, c’est « j’ai le plus gros score » et « tu fais ce que je dis sinon tu vas voir ta gueule à la sortie ».

On a un PS et une UMP qui ne comprennent que le score, qui ont une mentalité western.

Le scrutin législatif, injuste et inadapté, ne permet pas de négocier sur des bonnes bases, même avec un bon score.

Au final, on ne peut qu’attendre que l’UMP, ou le PS, se réforment enfin sérieusement.

Seulement là, ça ne dépend pas de nous…

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9 juin 2014 - Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , , , , , , ,

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