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Alain Juppé candidat à la primaire UMP (2/2) : La question de fond et les enjeux en 2017

Comme tout le monde le sait, Alain Juppé est candidat en 2017.

L’homme, très respectable, met en avant une union de la droite et du centre dès le premier tour, chose que je conteste d’ailleurs, ainsi que le blog du centrisme.

 

Mais une élection se préparant sur plusieurs étapes, il n’est pas inutile de se poser la question (plus lointaine) du second tour.

Il est alors fort probable que les analyses que je vais formuler vont, sur certains points, conforter celles d’Alain Juppé.

 

De mon point de vue, la France souffre principalement de son économie.

De mon point de vue, on peut mettre le doigt sur deux problèmes majeur.

 

Le premier est la dette.

J’en profite d’ailleurs pour rappeler (encore) que seul François Bayrou a été responsable sur ce sujet dès 2007. J’en profite aussi pour rappeler que Nicolas Sarkozy et l’UMP dure n’ont pas de leçon à donner sur le sujet.

 

La dette est un problème important.

Je rappelle qu’une dette doit être remboursée.

A partir du moment où l’on est en incapacité de rembourser sa dette, les ennuis commencent, car c’est le banquier qui fait les choix à notre place.

Par ailleurs, histoire d’enfoncer le clou, je rappelle qu’il existe deux types de dettes.

Le premier type st la dette d’investissement. On s’endette pour construire une route, une école, une université ou n’importe quel type d’infrastructure.

Dans ce cas, on gagne à la fin un bien.

S’endetter dans ce cas (même si je préfère une stratégie par l’épargne et l’autofinancement) n’est pas un mal.

Rembourser 10 ans une piscine qui dure 30-50 ans, ce n’est pas une mauvaise affaire.

 

Et puis il y la dette de fonctionnement. On emprunte pour financer les dépenses courantes.

Là, c’est dangereux car on ne produit rien.

 

Dans le cas de la France, on est dans une dette de fonctionnement. Ça ne peut pas durer, et c’est inacceptable. On fait de la France une future Grèce.

 

Enfin, il faut se positionner sur la mondialisation.

Aujourd’hui, on vit en économie ouverte.

La mondialisation s’est accélérée avec l’arrivée d’Internet.

Je ne défends pas ce concept, je suis juste en train d’énoncer un fait.

 

La mondialisation permet l’échange de bien et de personne plus facilement. On a, à mon avis, dépassé les espérances de Ricardo.

Mais la mondialisation impose une concurrence plus sévère entre les différents pays.

Je pense que la France n’est pas capable de survivre dans la mondialisation.

Certes, la concurrence est faussée, mais même si elle ne l’était pas, la France ne survivrait pas dans la mondialisation.

 

Facteur aggravant : on fait une politique centré sur les ménages.

On augmente le pouvoir d’achat des ménages, par baisse d’impôts sur les plus riches (sauce UMP) ou augmentation de la dépense publique (sauce PS).

Or, il convient d’abord de rappeler que cette politique est injuste. L’état ayant des moyens limités, ce n’est pas tout le monde qui en profite. En général, cette politique se fait au détriment des classes moyennes.

De plus, cette politique crée du déficit, du déficit de fonctionnement.

Mais cette politique est surtout stupide.

Comme notre appareil productif est dégradé, les ménages achètent chez nos concurrents.

En gros, on encourage nos concurrents en finançant notre perte.

 

Quelles sont les alternatives ?

La première, qui est proposée par Marine Le Pen ou Jean Luc Mélenchon, c’est de faire de la France une économie fermée.

Au fond, ça existe, ça s’appelle la Corée du Nord.

Mais on n’est pas heureux là-bas.

 

L’autre alternative est une politique centrée sur l’Entreprise.

On permet à nos entreprises de faire face dans la concurrence mondiale.

 

Voilà au moins deux problématiques qui seront posées en 2017, et il faudra bien les poser un jour ou l’autre au lieu de dire que les méchants, c’est la finance ou l’immigré ou le chômeur ou que sais-je.

 

Sinon, le mandat 2017 sera aussi catastrophique que celui de Sarkozy ou de Hollande.

31 août 2014 Posted by | Election présidentielle 2017, Politique, Politique nationale | , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Enfin un ministre de l’économie qui connaît quelque chose à l’économie

Il convient de d’abord rappeler que l’économie est une discipline qui suit des lois et que ‘en particulier, l’économie, sur certains aspects, peut être mathématisé.

Ne pas prendre en compte les lois économiques, c’est aller droit à la catastrophe.

 

C’est avec un certain plaisir que j’ai accueilli l’interview de notre nouveau ministre de l’économie, Emmanuel Macron (résumé ici).

Ça change d’Arnaud Montebourg et de son concept inepte de dé-mondialisation.

 

Déjà, il sait où l’on met les pieds.

Le nouveau ministre dit :

« [La France souffre] de deux problèmes spécifiques et endémiques : notre compétitivité, particulièrement dégradée, et notre déficit budgétaire »

 

Rien à ajouter, tout est dit. La France est dans une économie ouverte, et son manque de compétitivité fait que les autres pays nous bouffent dans la mondialisation.

Du coup, c’est un drame au niveau emploi, économie…

 

Je suis content aussi que le problème de déficit soit remis sur la table (je rappelle d’ailleurs que seul François Bayrou avait fait une campagne de vérité sur le sujet en 2007 et 2012 !).

Le déficit est un problème de démocratie. Avec la dette que l’on traine, dette que l’on est plus capable de rembourser (car les dépenses de fonctionnement sont supérieur aux recettes de fonctionnement), ce n’est plus le gouvernement qui fait la loi, mais le banquier.

On est dans une situation où les marges de manœuvres sont devenues inexistantes.

 

C’est un problème moral, car on laisse aux générations futures la facture, dont ils n’ont pas profité.

C’est aussi un problème de pacte social. L’augmentation de la dette, c’est la fin du service public !

 

Par ailleurs, j’ai surtout aimé son interrogation sur les 35H et surtout l’argument suivant :

« sortir de ce piège où l’accumulation des droits donnés aux travailleurs se transforme en autant de handicaps pour ceux qui ne travaillent pas »

Là aussi, je n’ai rien à ajouter.

Pour commencer, je veux que la France soit une démocratie au sens de Tocqueville, c’est-à-dire une démocratie sociétale.

 

Dans une société démocratique, décrite par Alexis de Tocqueville, il y a la liberté, mais aussi l’égalité.

Tout le monde, selon son mérite, peut progresser l’échelle sociale.

 

Cette progression se fait par son travail.

 

Or il y a une contradiction.

D’un point de vue sociétal, le travail est un droit. Toutes personnes souhaitant s’intégrer dans la société doit pouvoir le faire. Avoir un emploi est le premier pas.

 

Mais du point de vue de l’entreprise, un travail ne dépend que du carnet de commande.

 

Cette contradiction n’existe pas quand on est dans une économie qui fonctionne.

Une économie qui fonctionne permet de créer assez d’emploi pour que les gens s’intègrent.

 

Tout ça pour dire qu’à mes yeux, les 35H, ce n’est pas un acquis.

Ce qui est un acquis, c’est que chaque personne de bonne volonté puisse trouver un travail.

Si les 35H sont un frein à la création d’emploi, ça me permet normal de poser le problème sur la table.

 

Le problème c’est que si Emmanuel Macron semble connaître l’économie, la majorité du PS semble rester totalement archaïque et idéologue.

Encore une fois, pour le PS, c’est plus important d’être de gauche que de faire une politique efficace.

 

Pour Jean-Christophe Cambadélis, le mot social-Libéral n’existe pas et divers députés (dont le nôtre) ont déjà signé un texte pour ne pas être godillot.

 

J’ai peur que le nouveau gouvernement du PS soit lucide, mais que le PS, archaïque, empêche toute évolution, la révolution au PS ne s’étant jamais faite…

28 août 2014 Posted by | Politique, Politique nationale | , , | Laisser un commentaire

Vers une future dissolution ?

Lorsque Lundi j’ai entendu que Manuels Valls démissionnait, j’hallucinais mais je n’étais pas surpris.

 

Je dois reconnaître que j’avais une sympathie pour le personnage.

Cette sympathie a diminué lorsqu’il était ministre de l’intérieur.

En tant que ministre de l’intérieur, Manuels Valls ne m’a par contre pas laissé un bon souvenir.

En tant que ministre de l’intérieur, je le trouvais trop dans une démarche « sarkozyste », c’est-à-dire trop de communication mais pas un travail poussé en amont.

Mais en tant que premier ministre, mon opinion vis-à-vis de lui remonte.

Je pense aussi, comme c’était le cas avec Jean Marc Ayrault, que Manuels Valls a une lucidité sur la situation économique.

 

Je rappelle aussi que Manuels Valls était le seul, durant la primaire socialiste, à faire une campagne sérieuse. Et le concept de dé-mondialisation, défendu par Arnauld Montebourg, est une ineptie.

 

Or, comme ce fut le cas avec Jean Marc Ayrault, le problème aujourd’hui n’est pas Manuels Valls, mais François Hollande.

Déjà parce que François Hollande, à la suite du drame du 21 Avril 2002, n’a pas construit le PS sur une analyse de la situation et un projet, mais sur la nullité de la droite et le vote sanction.

 

Par la suite, Martine Aubry a carrément gauchisé le PS.

 

Au final, quand François Hollande est élu président, on a un président qui n’a aucun diagnostique sérieux sur le pays (il est l’inventeur de la tranche à 75%) et un PS qui croit encore à la lutte des classes, là où en Europe, les autres PS se sont sociaux-démocratisés.

 

Point symbolique : le PS s’est personnellement chargé de faire la peau de François Bayrou qui a voté personnellement pour François Hollande au second tour.

Et le PS a tout fait pour dégommer le centre (comme l’UMP d’ailleurs).

 

Aujourd’hui, je pense que Manuels Valls est dans une bonne démarche. Mais je pense que le reste du PS n’a absolument pas la moindre idée de ce qui se joue, n’a aucune analyse économique de la situation, et pense, pour des raisons idéologiques, que faire une politique de gauche, ça marche parce que la gauche, c’est classe.

 

Il va de soi que je pense que ces gens-là sont pour moi dangereux, étant donné que j’accorde une grande importance au diagnostic, qui lui n’est ni de gauche, ni de droite.

Du coup, je pense que vu l’état du PS, même si Manuels Valls est quelqu’un qui a une analyse correcte de la situation, il n’aura pas les moyens d’imposer face à un PS archaïque sa politique.

 

Si on arrive à ce blocage, la question de redonner la parole au peuple, concrètement une dissolution de l’assemblée nationale, se posera.

 

Sur le principe, on ne peut pas continuer une situation où un premier ministre, qui a une vision correcte de la situation économique, ne peut pas faire passer les bonnes mesures, car le parti qui le soutient, le PS, majoritaire à l’assemblée nationale, ne le soutient pas par archaïsme.

 

Sur le principe, il faudra donc dissoudre l’assemblée nationale.

 

Mais en cas de dissolution, il faut rappeler qu’aujourd’hui, ni l’UMP, ni le centre, n’ont une vision sérieuse de la situation.

En particulier, l’UMP, sous l’impulsion de Jean François Copé, a construit, tout comme le PS sous François Hollande, l’UMP sur la nullité de la gauche.

 

Si Manuels Valls ne peut pas imposer sa politique, il faudra dissoudre l’assemblée nationale mais dans la pratique, ni l’UMP, ni le centre n’ont conscience des réalités économiques.

26 août 2014 Posted by | Politique, Politique nationale | , , | 2 commentaires

Alain Juppé candidat à la primaire UMP (1/2) : L’aspect politique

C’est officiel, au moins sur son blog, Alain Juppé sera candidat, le moment venu, à la primaire UMP (qui sera ouverte) qui aura pour but de désigner la droite et le centre.

Il le dit lui-même :

« La première condition sera de rassembler dès le premier tour les forces de la droite et du centre autour d’un candidat capable d’affronter le Front National d’un côté et le PS ou ce qui en tiendra lieu de l’autre. Si nous nous divisons, l’issue du premier tour devient incertaine et les conséquences sur le deuxième tour imprévisibles. »

Et d’ajouter :

« Pour parvenir à une candidature d’union, une méthode s’impose : l’organisation de primaires largement ouvertes à toutes celles et tous ceux, inscrits ou non dans un parti, qui ne veulent ni de la France barricadée sur elle-même que leur promet le FN ni de ce qu’est devenue, faute d’adaptation aux réalités du monde actuel, l’idéologie socialiste. Le principe de ces primaires est inscrit dans les statuts de l’UMP, massivement ratifiés par nos adhérents. Leur esprit est en harmonie avec la culture d’une démocratie nouvelle qui se développe sur le terrain et qui a encore du mal à émerger au niveau national. Il faut se mettre à la tâche et commencer à en préparer les modalités, avec toutes les garanties d’impartialité et d’ouverture qui s’imposent. L’UMP doit, pour cela, tendre la main à ses partenaires naturels et créer le climat de confiance nécessaire. »

 

Je souhaiterai donner mon point de vue d’abord sur l’aspect politique.

Même si je comprends qu’il faut que dès 2017 on ait enfin un gouvernement efficace qui sortira enfin la France de la spirale de déclin qui dure depuis 1974 (exactement 40 ans !), je souhaiterai apporter un avis contraire.

 

D’autant que le terme « droite et centre » me fait avoir des boutons, et une crise cardiaque.

 

Etant attaché à la démocratie, je tiens à ce que l’élection présidentielle de 2017 se déroulent sur des bases saines.

Je ne suis pas forcément contre une alliance avec la droite (ni la gauche d’ailleurs), mais cette alliance doit se faire sur des bases saines.

Autant j’ai plutôt confiance en un Alain Juppé, autant je n’ai aucune confiance en un Nicolas Sarkozy…

 

Enfin, et c’est plutôt ça qui m’inquiète, c’est qu’une élection a plusieurs points qui se doivent d’être respectés.

Le premier est qu’une élection est d’abord le moment de débattre de la situation (en l’occurrence, pour l’élection présidentielle, de la situation de la France).

L’élection est le moment où l’on met les problèmes sur la table. Certes, j’ai plutôt confiance en un Alain Juppé sur ce point-là, je n’ai aucune confiance en un Nicolas Sarkozy (ou même un François Hollande) qui feront tourner la machine à démagogie.

 

Ce premier point est très important.

Déjà parce que je considère que les réformes ne sont possibles que si les français sont conscients des enjeux. L’élection est le moment où l’on peut enfin permettre aux français de leur dire clairement ce qui est en jeu, de poser enfin les problèmes, de les diagnostiquer, et de mettre en avant des solutions pertinentes.

 

En général, ceux qui veulent une union de la droite et du centre, comme un certain Nicolas Sarkozy qui a tout fait pour torpiller, de manière assez anti-démocratique d’ailleurs, la candidature du centre droit (Jean Louis Borloo d’abord, Hervé Morin ensuite), évitent la concurrence car ils essayent de masquer leur manque de réflexion.

 

Enfin, une élection est à deux tours. Zapper le premier tour, c’est être profondément anti-démocratique.

Le premier tour sert à ce que chaque grand courant puisse s’exprimer.

Je considère que la droite est un grand courant. Je considère aussi que le centre est un grand courant. Je pense qu’il est normal que chacun s’exprime pour que les sympathisants de chaque courant puissent voter selon leurs envies au premier tour.

D’autant, et je tiens à le rappeler, je ne veux pas du retour de Nicolas Sarkozy.

Enfin, le premier tour sert aussi à se compter et à créer le rapport de force.

Un centre à 15%, ce n’est pas la même chose qu’un centre à 5% ou un centre à 25%.

Plus le centre pèse, et en cas d’un contrat avec l’UMP, il est normal que le centre ait le plus de poids possible dans une future coalition.

Cela, ça ne peut être mesuré qu’au premier tour.

 

C’est le second tour, qui permet de désigner sur la base du premier tour, l’exécutif.

Et les coalitions se font sur la base du premier tour.

 

De plus, je pense que la concurrence au premier tour est bénéfique et nécessaire.

Elle est nécessaire car elle permet d’élargir l’offre politique.

Elle est nécessaire car elle pousse les partis politiques vers le haut, notamment sur la réflexion de fond.

Sur ce point, Nicolas Sarkozy, qui rêve d’être président tout en ne réfléchissant pas à un projet de société, essaye d’éliminer la concurrence dès le premier tour.

 

Enfin, elle est nécessaire pour permettre à chacun de s’exprimer au premier tour.

 

On explique que si on favorise la concurrence, on favorise le Pen.

A mon avis, si le Pen est favorisé, c’’est parce que la concurrence est médiocre.

Les partis politiques devraient plutôt travailler sur la qualité de leur offre.

 

Enfin, je vais me permettre de faire un aparté local.

J’accorde une grande importance à ce qu’il y ait une concurrence la plus saine possible à toutes élections. J’accorde une importance à ce qu’il y ait deux tours pour toutes les élections.

Or Malakoff Plurielle c’est construite contre le centre (de façon non transparente d’ailleurs) en empêchant le centre d’occuper son espace et de permettre une concurrence saine lors du premier tour de l’élection municipale.

C’est l’une des raisons pour laquelle je n’ai pas de sympathie pour Malakoff Plurielle.

20 août 2014 Posted by | Election présidentielle 2017, Politique, Politique nationale | , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire