Le blog de Phil

J'habite Malakoff, la plus belle ville du monde

Premières réflexions sur les cantonales 2015 (1/3) : le nouveau mode de scrutin est anti-démocratique et encore plus débile que l’ancien…

Pour ceux qui ne le savent pas, il y a une élection cantonale qui se déroulera le 22 et 29 Mars 2015.

 

C’est toujours difficile pour moi de parler des cantonales. Je ne suis pas trop ce qui ce passe au niveau du département, et de plus, je suis pour la suppression de ce dit-département, que j’estime être aujourd’hui un échelon de trop.

 

Mais bon, il va y avoir des élections, et il faut bien en parler un jour.

 

Le moment de se rattraper, et de commencer à m’exprimer sur un point que je n’avais pas abordé : le nouveau mode de scrutin.

 

Avant toutes choses, il convient de rappeler qu’une élection est à deux tours.

Le premier tour sert à mesurer ce que les gens pensent. Chaque électeur s’exprime, au premier tour, pour l’idéal qui lui paraît le plus pertinent.

Le premier tour sert à créer un rapport de force.

 

Au second tour, on choisit les regroupements en vue d’appliquer une politique pour l’échelon considéré. Ce regroupement se fait en fonction des rapports de force du premier tour.

Dans une coalition PS-PCF (par exemple), les exigences du PCF ne sont pas les mêmes à 5% ou à 15%.

 

Pour en revenir aux cantonales, on élit les conseillers généraux.

Ceux-ci siègent au conseil général (ou départemental).

Ils mènent la politique du département.

 

Avant, la moitié du conseil général était renouvelé tous les 3 ans.

Le conseiller général avait un mandat de 6 ans (celui de Catherine Margaté, maire PCF de Malakoff, était prévu pour 2008-2014).

On avait en général ce que l’on appelle un canton-ville (désolé, mais ici, on se centre sur la politique locale de Malakoff, donc on ne regarde pas les problématiques des territoires ruraux).

L’élection était un scrutin uninominal à 2 tours. Le candidat se présentait pour le canton avec son suppléant.

L ‘avantage était que cette élection était peu chère. Un petit parti (comme le Modem par exemple) pouvait avoir un candidat.

L’inconvénient était qu’en réalité, comme on avait surtout des cantons villes, les cantonales étaient un tour de chauffe en vue des municipales, au moins dans la pratique.

Se présenter aux cantonales avait pour but de préparer les municipales après, et en général, il n’y avait pas une vision sur le département, mais plutôt centré sur la ville, avec comme objectif de savoir ce que le conseiller général allait apporter pour sa ville.

 

En fait, on élisait un conseiller général non pas pour conduire la politique du département, mais pour savoir les subventions qu’il allait demander au département.

 

Aujourd’hui, le scrutin a changé.

On a ce que l’on pourrait appeler un « double canton-ville ».

Un canton regroupe, en général, deux anciens cantons-ville.

Pire, on se présente en binôme. Le binôme doit être composé d’un homme et d’une femme.

En l’homme doit avoir un suppléant femme, et la femme doit avoir un suppléant homme.

Tout ça pour qu’il y ait la parité.

Le scrutin est uninominal à deux tours (notons que si on a 12,5% des inscrits, on peut se maintenir).

Côté territoire, c’est en général sans cohérence (j’y reviendrai dans le cas de Malakoff).

Pire, le coût fait qu’un petit parti aura plus de mal et de difficulté à présenter des candidats au premier tour. Et encore une fois, le département ne sera pas évoqué.

 

Si le PS voulait plus de démocratie et plus de parité, il aurait fait un scrutin de liste à deux tour calqué sur les municipales. Ça aurait centré le débat sur le département (enfin !!!!) et ça aurait permis à tous les partis d’évaluer la possibilité d’avoir des candidats.

Là, le centre indépendant aura du mal à se construire sur cette élection…

 

Mais bon, un scrutin de liste qui permet plus facilement une concurrence et une diversité d’opinion, ça n’arrange pas le PS et l’UMP !

Comme je l’avais déjà signalé pour les législatives (ici, ici et ici), avec l’absence d’un scrutin de liste, le PS et l’UMP peuvent être majoritaire dans les assemblés alors qu’ils sont minoritaires dans le pays.

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28 octobre 2014 - Posted by | Cantonales 2015, Malakoff, politique locale, Politique nationale | , , , , , , ,

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