Le blog de Phil

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Pourquoi était-il si important pour le PS de faire la peau de François Bayrou ?

Je tiens à faire partager une réflexion que je me fais en ce moment.

 

Rappel des faits : le second tour de la présidentielle voit l’affrontement entre François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP).

Le problème est que les choix sont catastrophiques pour la France.

Le bilan du sortant est nul économiquement (notamment en ce qui concerne la dette de la France), contestable au niveau des valeurs, de la gouvernance et de la morale.

 

Mais la politique économique proposé par François Hollande, c’est du n’importe quoi.

 

Là où à l’époque j’avais clairement voté blanc, François Bayrou avait voté, à titre personnel, François Hollande, l’estimant moins pire que Nicolas Sarkozy.

 

Lors des législatives qui ont suivi, le PS n’a pas hésité à faire la peau de François Bayrou.

Selon une personne (ex-Modem 92 il me semble) qui avait fait campagne pour François Bayrou, pour le PS, l’homme à abattre, c’était François Bayrou.

En fait, le PS, dans la circonscription de François Bayrou, préférait faire élire l’UMP que François Bayrou.

 

Ce qui m’amène à la question suivante : pourquoi est-il si important pour le PS de faire la peau de François Bayrou ?

 

Avant tout préambule, il est important de comprendre que la politique, c’est de défendre des valeurs.

Mais il y a néanmoins une chose aussi importante que les valeurs.

Il faut que la vie des gens s’améliore, ou au mieux, qu’elle ne s’empire pas.

Or, une bonne politique, de ce point de vue, s’appuie sur un constat, un diagnostic et des réalités qui induisent la politique à suivre.

 

Le problème c’est que le constat est indépendant des valeurs, le constat se base sur des faits qui ne sont ni de Gauche, ni de Droite.

 

La dette de la France n’est ni de Gauche, ni de Droite. C’est un constat (assez facile à faire), d’autant plus préoccupant car il s’agit d’une dette de fonctionnement qui n’est plus maîtrisé.

La rembourser est donc de fait une obligation. Le constat de la dette fait qu’aujourd’hui, les moyens d’actions sont limités.

 

A partir de là, face au dilemme valeurs contre principe de réalité, il y a deux possibilités.

La première est de prendre en compte la réalité et à partir de la réalité, de construire une stratégie pour appliquer au mieux les valeurs.

 

La seconde possibilité est d’aller vers ses valeurs sans prendre en compte la réalité.

 

Dans le premier cas, on fait un diagnostic et on construit une politique à partir du diagnostic.

Mais dans le second cas, on construit une politique à partir de ce que l’on croit juste, et adviendra ce qu’il pourra.

 

Dans la pratique, la seconde façon de faire amène dans le mur.

 

Or, le PS n’a pas fait sa révolution.

 

Si on compare les autres partis socialistes, ils ont tous accepté l’économie de marché et la mondialisation, en vue de corrigé au mieux les effets pervers de cette dit mondialisation.

C’est le cas du SPD (Allemagne) avec Gerhard Schröder, qui a gouverné par la suite avec la CDU (droite allemande), ou des travaillistes anglais avec Tony Blair.

 

Le problème du PS français, c’est que celui-ci n’a jamais fait sa révolution.

En 2002, il a été éliminé de façon spectaculaire du pouvoir par Jean Marie Le Pen.

Son premier secrétaire de l’époque, un certain François Hollande, a ménagé la chèvre et le chou.

 

Par la suite, Martine Aubry a clairement gauchisé le PS.

Du coup, c’est plus important pour le PS d’être de Gauche que de faire une politique efficace.

 

Il y a dans le PS des gens qui veulent prendre en compte la réalité économique et qui veulent, de fait rénover le PS.
On a Manuels Valls, Michel Rocard, Jacques Delors …

 

Mais on a surtout des gens qui veulent d’abord être de Gauche, même si ça mène le pays dans le mur.

On a Martine Aubry, Arnaud Montebourg (et son concept inepte de dé-mondialisation), les frondeurs…

 

Or le PS est surtout tenu par le deuxième groupe.

Pour les Martine Aubry, les Arnaud Montebourg, aider Bayrou, c’est reconnaître que le PS ne s’est pas réformé, c’est reconnaître l’économie de marché, c’est reconnaître que les marges de manœuvres sont faible alors qu’il y a une dépense par ligne dans le programme PS.

 

C’est pour ça qu’il était si important, symboliquement et politiquement, de tuer François Bayrou.

 

Notons que ce type de problème se pose à l’UMP. Là, en général, la relation avec les centristes est plus fourbe. Tu me donnes tes voix et tu fermes ta gueule…

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29 octobre 2014 - Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , , , , ,

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