Le blog de Phil

J'habite Malakoff, la plus belle ville du monde

Les centristes jouent un jeu dangereux.

Ça fait longtemps que je veux écrire cet article mais je n’en prends jamais le temps.

Néanmoins, lorsque j’ai appris (totalement par hasard), que le Modem (et en particulier le Modem 92) lâchait Blanche Mühlmann à Asnières, je me suis dit que j’allais prendre le temps.

Faut dire que quand je l’ai appris, j’étais furax.

Ce n’est pas la première fois.

Il y a la candidature, sans conditions dans ma circonscription à Clément Forrestier, que je n’ai toujours pas compris (voir ici, ici , ici), et le non soutien à Christophe Grébert qui nous fait passer pour des cons, alors que celui-ci mène un combat difficile et symbolique à Puteaux.

Christophe Grébert, il y arrive car il a une véritable notoriété.

Mais le reste, ils ont besoins d’un Modem départemental qui les appuie. Au lieu de ça, le modem départemental est une plaie en plus, ce qui est gênant, surtout si la ville est difficile.

Je me doute bien que l’on fait ça pour faciliter un accord aux régionales avec les républicains (ex-UMP).

Mais il est temps que le Modem comprenne que son avenir, sur le long terme, c’est le score que fait Christophe Grébert ou Blanche Mühlmann, pas le futur accord qui sera intenable si Nicolas Sarkozy, dont je ne veux pas du retour, reviens.

Franchement, si Nicolas Sarkozy revient, ce qui aujourd’hui est une hypothèse sérieuse, je pense que l’on va vraiment avoir l’air malin…

 

Pour en revenir à Asnières, on décrédibilise Blanche, et on fait un cadeau au clan Sarkozy.

Pour mémoire, dans le clan Sarkozy, on a le couple Balkany, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, Philippe Pemezec et Manuel Aeschlimann, l’ancien maire d’Asnières.

Ces personnalités sont symboliques du système Sarkozy.

Les faire tomber, c’est symbolique, et c’est rendre service à la droite qui n’arrive pas à faire le bilan du sarkozysme.

Par ailleurs, Manuel Aeschlimann est le concepteur de « la France d’après » qui a inspiré la politique de Nicolas Sarkozy.

Il a communautarisé sa ville pour diversifier ce que l’on appelle l’offre électorale.

Je renvoie à l’excellent ouvrage « 92, le clan du président » où un chapitre lui est consacré.

Bon, tout ceci étant dit, passons aux centristes.

 

Comme je le disais, les centristes, où qu’ils soient, jouent un jeu dangereux.

Ce jeu, il est aussi bien au Modem qu’à l’UDI.

Comme le signale le blog du centrisme, les centristes font tout pour avoir le plus de sièges possibles.

Le problème, c’est qu’ils essaient d’avoir un nombre de siège supérieur à ce qu’ils pèsent électoralement parlant.

Et pour l’instant, ça marche.

Ça marche car en réalité, Sarkozy, qui n’aime pas les centristes, fait tout pour qu’ils ne se regroupent pas.

Mais ce jeu est dangereux.

Déjà parce que la situation de la France, désastreuse, fait qu’il faut autre chose que François Hollande, mais il faut aussi autre chose que Nicolas Sarkozy.

Or, on est en train de l’aider, car une alternative possible à Sarkozy et au PS est en train de disparaître. Mieux, elle sera obligée de soutenir Sarkozy, à qui on devra tout, ce qui sera encore plus vrai si on a l’idée idiote de participer à la primaire.

Quand Nicolas Sarkozy augmentera la dette, ou qu’il nous refera le coup de la république des copains (comme avec l’affaire Tapie ou le pentagone à la Française), les centristes n’auront pas les moyens et la crédibilité pour râler. Ils devront tout à Sarkozy.

 

Par ailleurs, les français détestent les politiques. J’en suis navré pour les personnes (qui comme moi) s’investissent dans la vie locale, mais pour le reste, c’est un peu mérité.

On a une classe politique qui pense qu’à se servir, sur l’argent des contribuables d’ailleurs, mais qui peine à régler les problèmes de nos concitoyens.

C’est aussi ce qui explique que le FN soit aussi haut.

Sarkozy est d’ailleurs dans ce schéma-là.

 

Le problème, c’est que la stratégie centriste aussi.

Pendant que l’on parle de place, comment rejoindre au mieux les républicain, on ne parle pas projet.

On ne parle pas de la dette, de l’économie, du chômage, de la mondialisation…

On est dans le pur marchandage de tapis.

 

En ce qui me concerne, j’ai peur que le centre soit sanctionné pour ça, si d’aventure il lui venait à l’esprit de se présenter à une élection.

Un parallèle évident est à faire avec le destin funeste du Libdem.

 

Dans l’absolue, que faudrait-il faire ?

Il faudrait que les deux patrons centristes, François Bayrou et Jean Christophe Lagarde, se parlent.

Il faudrait qu’ils élaborent un diagnostic de la France et un projet.

Il faudrait qu’il prépare l’élection présidentielle.

 

Bref, il faut que l’UDI et le Modem se comportent en véritables partis politiques, qu’ils fassent le job, à savoir porter un projet et permettre qu’aux élections, leurs sympathisants ait l’offre électoral qui leur correspond au premier tour.

 

Peut-être que l’on n’ira pas jusqu’au bout.

Mais se dire d’abord « Comment j’y vais et sur quelle base » plutôt que « Comment je les rallie », arriver à la table des négociations avec « J’aimerais que ceci soit pris en compte dans le projet » plutôt « Je vaux 25% des places, même si je ne vaux rien », c’est quand même une démarche plus positif.

 

A lire :

Sur le blog du centrisme, le plan de Nicolas Sarkozy pour zigouiller le centre.

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19 juin 2015 - Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , ,

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