Le blog de Phil

J'habite Malakoff, la plus belle ville du monde

Les charges patronales, ça joue aussi contre les emplois dans la fonction publique territoriale (cas de Malakoff)

En essayant de chiffrer des économies sur le dos du personnel de Malakoff (voir ici et ici), j’ai eu une révélation : les charges patronales jouent aussi contre l’emploi dans la fonction publique territoriale.

 

Et après vérification, c’est bien le cas…

 

J’aime bien taper sur les charges patronales.

Je pense que c’est un impôt stupide, injuste qui joue contre notre économie, et qui joue contre l’emploi, surtout des personnes qui en sont éloignés.

 

Il faut petit à petit lever les barrières à l’emploi, et les charges patronales en font parties.

Pire, ce frein est même plus important que les problèmes de flexibilité, débattu de manière détourné par la loi travail.

C’est pour ça que la proposition de François Bayrou en 2007 de créer deux emplois sans charges me tenait particulièrement à cœur.

 

Je hais les charges patronales, et taper dessus cette aberration est toujours un plaisir.

Et vu que j’ai un nouvel angle d’attaque…

 

Car je ciblais les charges patronales sur les TPE/PME, mais en fait, je vais aussi montrer que ça impact les collectivités territoriales.

 

Mais d’abord, pourquoi je déteste autant les charges patronales ?

Parce que c’est un impôt physiocrate !

Donc, par définition, il est injuste et non corrélé à l’économie moderne.

 

Pour mémoire, en 1789 (soit plus de deux siècles), on estimait que l’on ne devait pas payer d’impôts sur nos revenus.

On payait donc des impôts sur nos outils de travail.

Si on avait un champ, on paye des impôts pour la possession d’un champ, car on allait s’enrichir avec.

Or, si on est dans une année de grêle, sauterelle ou inondation, on produit moins, donc de facto, on gagne moins d’argent.

Par contre, on paye toujours autant d’impôts.

 

L’impôt physiocrate est criminel car il est indépendant du revenu. On peut être smicard et payer l’ISF (un autre impôt physiocrate) car on habite l’ile de Ré.

 

Pire, les impôts physiocrates sont économiquement suicidaires.

La collectivité peut se retrouver à payer des fortunes, et avoir un faible retour en investissement, car le bénéficiaire paye peu d’impôt physiocrate, il a peu de bien…

 

Dans le cas des charges patronales, l’impôt physiocrate le plus méprisable, une entreprise paye car elle embauche.

Le problème, c’est le montant.

Pour un salaire de x, on paye x charges patronales.

Pour un salaire de 2000€/mois, l’entreprise paye 4000€/mois.

Evidemment, c’est indépendant du fait que l’entreprise concernée soit une TPE/PME ou la World Compagnie.

 

C’est même punitif.

Ça fait « Salaud de patron qui ose embaucher, je te punis à coup de charge patronales ».

Ça devrait être l’inverse. Une entreprise qui embauche, elle joue un rôle sociétal !

 

Pire, ça joue contre l’emploi…

Et surtout pour les catégories éloignées de l’emploi, car pour ces catégories, l’emploi est avant tout dans la TPE/PME, les entreprises les plus touchées par les charges patronales.

 

Aujourd’hui, une baisse massive des charges patronales est une obligation.

Ça réduirait les coûts d’embauches pour l’emploi,  et ça permettrait aux entreprises de faire de la marge pour réinvestir et consolider, préparant l’avenir.

 

De plus, une baisse des charges patronales est juste.

Contrairement à la baisse de la TVA sur la restauration qui est clientéliste, la baisse des charges profite à toutes les entreprises.

 

Mais comme je l’ai annoncé, c’est aussi bon pour la collectivité territoriale.

Arès une recherche, j’ai trouvé des charges patronales de 53,05% du salaire brut (pire cas).

Les charges salariales sont (toujours pire cas) de 22,43%.

 

Pour mémoire, salaire net = salaire brut * (1 – charge salariale)

= salaire brut * 0,7757.

 

Coût = salaire brut * (1 + charges patronales) = salaire brut * 1,5305

 

Coût = (1,5305/0,7757) * salaire net  = 1.97 * salaire net ~  2 * salaire net.

 

On retrouve donc un résultat connu : le coût d’un salarié pour la collectivité est le double du salaire net.

 

Prenons le cas de Malakoff et chiffrons les économies de deux façons dans le cas où les charges patronales sont réduites de 50%.

 

La première façon est de se rappeler que les charges de personnels sont de 30M d’€ (29,5 pour être exact).

En supposant que tout passe dans le salaire, on a donc 15M d’€  qui passent dans les poches des employés, et 15M d’€ qui passe en charges patronales.

Si on réduisait de 50% les charges patronales, on ferait 7,5 M d’€ d’économies.

 

Faisons un calcul plus fin.

 

On part des postes budgétisé (je rappelle que certains postes ne sont pas pourvus).

 

Pour Malakoff, on a :

EMPLOIS BUDGETAIRES
Libelle Catégorie A Catégorie B Catégorie C Total
Emplois fonctionnels 5 0 0 5
Filière administrative 23 23 89 135
Filière technique 7 14 271 292
Filière sociale 2 1 45 48
Filière Médico-sociale 17 2 20 39
Filière Médico-technique 4 2 0 6
Filière sportive 1 2 0 3
Filière culturelle 0 0 1 1
Filière animation 0 22 67 89
Filière police 0 0 1 1
total 59 66 494 619

 

Je ne prends pas en compte le fonctionnaire hors catégorie.

 

Je rappelle les chiffres INSEE (qui datent d’ailleurs) sur les salaires nets moyens par catégorie, soit :

 

Catégorie Salaire  net
mensuel
Salaire net
annuel
Coût collectivité
(Charges *2)
Coût collectivité
(Charges *1,5)
A 3 260 39 120 78 240 58 680
B 2 284 27 408 54 816 41 112
C 1 689 20 268 40 536 30 402

 

Soit des économies de :

Coût
(Avec charges actuelles)
Coût
(Charges réduites de 50%)
Economies (€)
Libelle
Emplois fonctionnels 391 200 293 400 97 800
Filière administrative 6 667 992 5 000 994 1 666 998
Filière technique 12 300 360 9 225 270 3 075 090
Filière sociale 2 035 416 1 526 562 508 854
Filière Médico-sociale 2 250 432 1 687 824 562 608
Filière Médicotechnique 422 592 316 944 105 648
Filière sportive 187 872 140 904 46 968
Filière culturelle 40 536 30 402 10 134
Filière animation 3 921 864 2 941 398 980 466
Filière police 40 536 30 402 10 134
total 28 258 800 21 194 100 7 064 700

 

Si on diminuait les charges patronales, la ville de Malakoff ferait 7M d’€ d’économies.

7 M d’€ sans toucher un seul poste, je tiens à le préciser.

Je rappelle (car je ne vais pas refaire le calcul) qu’avec 8 Md’€, on pourrait compenser largement la baisse des dotations, ou rembourser au plus vite la dette de la ville ce qui permettrait de partir sur des base saines.

 

7 Md’€ d’économies sans toucher le moindre poste, mais qui malheureusement ne dépendent pas du maire de Malakoff.

 

Au lieu de faire des pétitions contre la baisse des dotations, la municipalité ferait mieux de faire des pétitions pour la baisse des charges.

 

La baisse des charges, à court terme et à long terme, tout le monde en profiterait.

La ville de Malakoff, mais aussi le contribuable, les PME, les TPE, les salariés, les chômeurs…

11 juin 2016 - Posted by | Malakoff, Politique, politique locale | , , , , , , ,

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