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Au second tour de la primaire, je me mobiliserai et je voterai Alain Juppé

Le résultat du premier tour est parfait. Nicolas Sarkozy est éliminé et on a au second tour les candidats les plus sérieux.

 

Par ailleurs, je serai capable de m’accommoder d’une présidence Fillon.

Il a travaillé et a expliqué que le principal problème de la France, c’est l’économie.

C’est d’ailleurs l’un des rares, et c’est véritablement le point fort de François Fillon.

Il me semble qu’il soit bien parti pour gagner la primaire.

 

Mon objectif est donc atteint. Néanmoins, il y a un second tour.

Et vu l’état de la France et du Centre (état sur lequel je reviendrai), j’irai au second tour de la primaire et comme au premier, je voterai Alain Juppé.

 

Disons qu’il est vrai qu’il y a des différences entre Alain Juppé et moi-même.

Mais il y a encore plus de différence entre François Fillon et moi-même.

Après tout, c’est le jeu.

 

Il y a trois raisons qui font que je voterai Alain Juppé au détriment de François Fillon.

 

La première est qu’Alain Juppé est le candidat du centre. Ça serait un mauvais signal que le centre fasse perdre son candidat (ce qui est malheureusement le cas, comme l’explique le blog du centrisme, voir ici et ici). Ça en dirait long sur l’Etat du centre et un pays où le centre est faible est un pays où les dirigeants vont vers le noyau dur.

Jamais une bonne chose.

De plus, ça ne pousse pas vers les coalitions.

Or, c’est les larges coalitions qui font que l’on pourra faire les réformes pour le plus grand nombre, que l’on pourra faire accepter les réformes nécessaires au plus grand nombres.

En France, Jacques Chirac a dirigé seul, Nicolas Sarkozy a dirigé seul, François Hollande a dirigé seul.

On a vu où ça a mené.

 

Au contraire, en Allemagne, c’est une coalition entre le SPD (l’équivalent PS) et la CDU (l’équivalent de la droite) qui a permis les réformes.

 

Deuxième raison : je trouve François Fillon trop libéral.

Il a raison sur le fait qu’il faut libéraliser l’économie française.

Il faut plus de flexibilité et il faut permettre à l’économie de s’adapter aux contraintes extérieures.

 

Mais la libéralisation de l’économie n’est pas une fin en soi, ça doit être un moyen.

Thatcher semble un exemple pour François Fillon. Ce n’est pas le cas en ce qui me concerne, et au moins pour deux raisons.

La première est que certes, il ne faut pas que l’Etat dirige tout, mais il faut quand même des règles pour maintenir l’équité et le bon fonctionnement.

La crise de 1929 est due à un manque de règles collectifs.

Pour éviter qu’elle ne se reproduise, on a mis des règles en place.

Or, des idéologues fous, comme Milton Friedman ou Friedrich Hayek (dont Margaret Thatcher est sa disciple) ont poussé à une dérèglementation.

Or, la crise actuelle a pour cause une dérèglementation, une absence de règles collectives.

La dérèglementation pousse à l’avidité !

 

Par ailleurs, il faut aussi noter qu’une flexibilité accrue (et certes nécessaire), n’est pas forcement bien vécue par les victimes.

J’en sais quelque chose, j’ai été au chômage et je l’ai très mal vécu.

François Fillon pense, à juste titre, que si l’activité économique redémarre, la probabilité de retrouver ou trouver vite un emploi est plus grande.

Il n’a pas tout à fait tort, mais les gens ont souvent besoin d’être accompagnés.

En fait, je considère que la flexibilité doit nous pousser à la réflexion sur la façon dont on accompagne les personnes. C’est de l’humain.

Personnellement, j’ai vraiment souffert de ne pas avoir un service pour l’emploi efficace.

 

 

Enfin, dernière raison, je trouve François Fillon très rétrograde et réactionnaire sur les sujets sociétaux. En particulier, il a reçu, dès le premier tour, le soutient de la Manif pour Tous.

Certes, c’est les questions économiques qui sont primordiales, et François Fillon a eu raison de les mettre en avant, mais les questions sociétales ont une importance non négligeable malgré tout.

Pour faire passer des réformes économiques dures et importantes, il faut mieux être ouvert et être en phase avec les évolutions de la société.

 

D’une certaine façon, le quinquennat de François Hollande est une leçon de ce qu’il ne faut pas faire. Vu les problèmes économiques, ce n’est pas la peine de mettre le feu aux poudres avec des sujets sociétaux, comme le mariage pour tous par exemple…

 

De plus, les individus font ce qu’ils veulent, du moment que ça ne va pas contre l’intérêt collectif.

 

La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres.

 

Pour toutes ces raisons, je voterai donc Alain Juppé au détriment de François Fillon.

 

21 novembre 2016 - Posted by | Elections présidentielles 2017, Politique, Politique nationale, Présidentielles 2017 | , , , , ,

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