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Alain Juppé meilleur président que François Fillon

Ça y est, la primaire de la droite se termine dimanche.

On a face à face Ali Juppé contre Vladimir Fillon qui laissera rentrer les chars russes dans Paris.

 

Trouvant les arguments stupides, et pas à la hauteur de l’enjeu, j’aimerais donner des vrais arguments et espérer convaincre, à mon niveau, en quoi Alain Juppé est, contrairement à François Fillon, la personne adaptée à la situation particulière de la France.

 

Je rappelle qu’en période normale, je n’aurais pas été voté à la primaire.

Seulement, la situation de la France est telle que l’on doit réfléchir en amont pour avoir le meilleur président, et le centre s’est vraiment foutu de la gueule du monde.

 

Par ailleurs, rappelons que le pire a été évité. Nicolas Sarkozy a été éliminé !

 

Je respecte François Fillon. Ça a été un premier ministre sérieux et lucide.

Par ailleurs, il a fait une campagne sur l’économique, sujet vraiment important pour la France.

 

Néanmoins, il y a des désaccords sérieux entre moi-même et François Fillon.

Au final, François Fillon est un parfait candidat de la droite.

Mais Alain Juppé est un meilleur président de la république.

 

Et il y a trois raisons pour moi qui font qu’il vaut mieux Alain Juppé à François Fillon.

 

La première est économique.

Je suis entièrement d’accord sur le fait qu’il faut libéraliser l’économie et qu’il faille plus de flexibilité.

Je l’ai d’ailleurs écrit lors du débat sur la loi travail.

Néanmoins, la flexibilité et le libéralisme induisent de la précarité.

 

J’ai moi-même été longtemps au chômage (pas loin de 2 ans) et je sais ce que c’est.

Je pense qu’il faut ajouter de la flexibilité, car contrairement à ce que l’on croit, surprotéger le travail joue contre l’emploi, surtout l’emploi des catégories fragilisées.

Mais ajouter de la flexibilité va augmenter les licenciements.

Il est donc vrai que l’on arrive à une contradiction.

Pour lever la contradiction, il faut, de mon point de vue, travailler sur la probabilité à trouver ou retrouver un emploi.

Si le dynamisme économique est là, il est évident que la probabilité de trouver ou retrouver vite un emploi est grande. Sur ce point, je suis entièrement d’accord avec François Fillon.

J’ai connu une époque (époque ou comme un con je faisais de la physique) où en informatique, on recrutait n’importe qui.

Faute de candidats, on formait n’importe qui sur 3 semaines et on embauchait directement.

C’était dans les années 2000.

J’ai le frère d’un ami qui est devenu développeur COBOL comme ça.

 

Néanmoins, miser sur le dynamisme économique est pour moi nécessaire, mais insuffisant.

Beaucoup de paramètres sont à prendre en compte dans la fonction probabilité pour retrouver un emploi.

On a certes le dynamisme économique, mais aussi l’état du marché, l’offre et la demande, la formation, l’expérience et j’en oublie certainement.

Souvent, beaucoup de gens reste au chômage non pas parce qu’ils veulent profiter du système, mais simplement parce qu’ils n’ont aucune chance de trouver un emploi.

 

Personnellement, après des études de physiques, je ne savais strictement rien faire, et je n’intéressais personne. De fait, je ne pouvais que rester au chômage.

Je n’avais aucune chance de trouver un emploi.

En fait, c’est là que l’on a un système criminel.

J’ai joué le jeu, j’ai fait des études de physiques, très longues, pour être une merde.

 

Et je suis arrivé à un choix très simple, soit je continuais dans la physique (matière que j’adore soi-dit au passage) et je restais à vie à l’ANPE, soit je changeais de voie.

J’ai évidemment opté pour la seconde solution.

Mais je dois insister sur le fait que ça a été très dur, et je me suis senti souvent bien seul.

Maintenant, c’est passé, j’ai un emploi stable et je retrouve relativement facilement un emploi.

En fait, je retrouve l’emploi avant le premier entretien avec le Pôle emploi.

Je prends ça avec philosophie.

 

Mais à l’époque, c’était vraiment un enfer.

 

Si je raconte tout ça, c’est parce que je veux insister sur un point important, point qui fait que je me suis également opposé à la loi travail : les gens ont besoins d’être accompagné.

 

Effectivement, par mon expérience, ayant d’abord travaillé en TPE/PME, j’ai vu l’envers du décor.

Je sais qu’il faut plus de flexibilité car le manque de flexibilité, contrairement à ce que l’on croit, joue contre l’emploi. Notons que le manque de flexibilité n’est pas le seul argument à jouer contre l’emploi. Les charges patronales, c’est pire.

 

Néanmoins, surtout lorsque l’on commence ou que l’on est en bas de l’échelle, les gens doivent être accompagnés. L’ajout de flexibilité et de libéralisme, nécessaire pour relancer la machine économique, doit se faire avec une réflexion sur la manière d’accompagner au mieux les gens.

Si on ajoute la flexibilité sans cette réflexion, je suis persuadé que l’on va vers une catastrophe.

 

C’est vrai qu’il y a des branleurs chez les chômeurs, des gens qui veulent profiter du système.

Mais tous les chômeurs ne sont pas comme ça. Beaucoup restent au chômage car ils n’ont pas les moyens pour retrouver un emploi.

Je n’ai pas choisi de rester au chômage. Mais je n’avais pas les moyens de retrouver vite un emploi et me mettre à niveau, ça m’a pris du temps. Mais vraiment, genre pas loin de 2 ans !

Et ne pas avoir une structure qui m’accompagne, ça m’a vraiment manqué.

Par ailleurs, j’aimerais bien que l’on remette à plat le fonctionnement du Pôle emploi.

 

Enfin, toujours sur l’économique, François Fillon semble faire du libéralisme, comme Thatcher, une fin en soi.

Or, même si une société étatique est une plaie, une société sans règle est également une plaie.

En fait, la crise actuelle est due, comme celle de 1929, à une absence de règles collectives.

Je recommande d’ailleurs cette excellente BD, la ligue des économistes extraordinaire, qui l’explique de manière pédagogique avec humour.

Or, j’ai le sentiment que le libéralisme de François Fillon n’est pas pragmatique, suite à une analyse de la société, mais dogmatique et idéologique.

Comme Thatcher, quoi !

 

La seconde raison est sociétale.

Je trouve François Fillon vraiment rétrograde sur les sujets de société.

Le dernier exemple en date est ici, où il a le soutien de sens commun.

Or, pour réformer la société, il faut être capable de suivre l’évolution des mœurs.

Les gens font ce qu’ils veulent, du moment que ça reste dans la sphère privée et que ça ne gêne pas la vie en collectivité.

Je n’apprécie pas que les intégristes, aussi bien catholique que musulmans, me disent ce que je dois penser.

Sur ce point, je suis entièrement d’accord avec Michael J !

Par ailleurs, comment imposer des mesures économiques dures si on impose des mesures sociétales inadaptés ?

En ce sens, François Hollande est un exemple de ce qu’il ne faut pas faire.

Pour montrer qu’il est de gauche, il a fait le mariage pour tous, mettant le feu aux poudres.

Au contraire, il aurait dû, comme je l’avais dit à l’époque, se concentrer sur les problèmes économiques.

 

Je n’ai pas envie que François Fillon fasse un anti-mariage pour tous, mettant encore le feu aux poudres, et incitant à des comportement anti-démocratique comme ici.

D’autant que les mesures économiques de François Fillon sont dures…

Je pense que pour l’instant, il faut laisser les réformes sociétales, et se concentrer sur l’économique.

 

Enfin, et c’est la dernière raison, il faut une large coalition.

Une large coalition est le seul moyen de faire accepter les réformes nécessaires.

Alors certes, le système électoral français n’aide pas.

Certes, on ne doit pas oublier la bêtise des centristes.

 

Mais à minima, il faut une coalition gauche-modérée/centre ou droite modérée/centre pour faire les réformes.

Il faut l’axe central.

Effectivement, comme en Allemagne, seule une large coalition où tout le monde peut s’exprimer et peser est la condition nécessaire aux réformes.

Au fond, il faut peut-être un programme moins ambitieux où l’on fait 90% qu’un programme très ambitieux où l’on ne fait que 10%.

 

Une large coalition, permettant de prendre les inspirations de chacun, est, à mon sens, nécessaire pour réformer la France.

Pour mémoire, on rate car Jacques Chirac a dirigé seul de 2002 à 2007, Nicolas Sarkozy a dirigé seul de 2007 à 2012, et François Hollande a dirigé seul de 2012 à 2017.

 

Or, François Fillon a un soutien clair de la droite. Seul Alain Juppé est dans une logique de coalition (même si ça n’a pas toujours été le cas) et il a les faveurs du centre.

Si François Fillon est élu, ce qui me semble est le scénario le plus probable, je crains que largement porté par la machine républicaine/ex-UMP/ex-RPR, il se passe des centristes qui risquent de n’être, au mieux, que des faire-valoir.

Je ne pense pas que François Fillon sera dans une démarche de coalition.

Et je pense que le centre ne fera pas parti des premiers rôles.

 

Certes, le Centre, comme je l’ai dit/écrit ces 5 dernières années le mérite.

Mais ne pas être dans une logique de coalition et plutôt d’affrontement, de réanimer la stupide cassure Gauche/Droite, ça ne marche pas depuis 2002, je ne vois pas pourquoi ça marcherait après 2017.

 

Je pense que ça risque de pousser à l’échec.

 

Pour toutes ces raisons, je voterai donc Alain Juppé Dimanche prochain.

23 novembre 2016 - Posted by | Election présidentielle 2017, Elections présidentielles 2017, Politique, Politique nationale | , , , , , ,

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