Le blog de Phil

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C’est grâce à François Fillon qu’Internet est arrivé : n’importe quoi !

François Fillon a déclaré, je cite, « Qu’est-ce qu’a fait M. Macron en matière de technologie ? Il a fait des choses ? Qu’est-ce que j’ai fait moi ? J’ai ouvert les télécommunications à la concurrence. Vous pensez qu’il y aurait de l’Internet en France si on avait toujours France Telecom avec des fonctionnaires ? Et qui s’opposait à cette réforme ? La gauche »

 

Franchement, on est dans un vrai n’importe quoi et dans un pur délire mégalomaniaque.

 

Etant développeur Java (si, si) et travaillant donc dans le domaine, je vais donc me permettre de répondre à François Fillon.

 

D’abord, je rappelle que l’ouverture du capital de France Télécom a été faite sous … Lionel Jospin.

C’était entre 1997 et 2000… selon Wikipédia.

 

Par ailleurs, Internet a commencé, toujours selon Wikipédia, au MIT, organisme public.

 

Par ailleurs, il existe aussi des organismes de normalisation, notamment le W3C.

Heureusement d’ailleurs.

Ça se voit que François Fillon n’a jamais fait des lignes de code en JavaScript, langage ignoble d’ailleurs, et malheureusement incontournable côté client.

Il fallait que ça marche sur Internet Explorer, une daube.

Oh combien c’était vexant de voir son code marcher sur tous les navigateurs … sauf Internet Explorer !

 

Mais l’importance de mon propos n’est pas là.

Il tient en deux points.

 

Le premier est qu’Internet serait arrivé sans François Fillon.

Effectivement, Internet est une nouvelle étape dans les cycles économiques, comme le fut la révolution industrielle.

Internet a changé notre façon de travailler, d’échanger…

Internet a changé le monde de la culture, celui-ci étant plus facilement accessible.

Par ailleurs, et c’est un point important à évoquer, Internet a accéléré la mondialisation.

 

Pour comprendre cette révolution, il faut se placer dans la définition du capitalisme selon Schumpeter.

Selon Schumpeter, le capitalisme est la destruction/création.

A un temps t, je fabrique des biens ou des services.

Mais ces biens sont voués à disparaître, créant de la destruction d’emploi, principalement.

Ils vont disparaître car ils ne seront plus utilisés (qui utilise encore le cheval pour se déplacer de nos jours) où qu’ils seront fabriqués différemment.

C’est le progrès technique.

On parle de destruction.

 

Mas ces biens seront remplacé par d’autres biens, ou seront fabriqués différemment.

Ça va amener de nouveaux marchés, et donc de nouveaux emplois.

On parle de création.

 

Internet en 2000, c’était la création au sens de Schumpeter.

 

Et on arrive à un second problème que François Fillon n’évoque pas, et pourtant qui est si important.

La France a loupé le coche de la révolution Internet, je l’avais d’ailleurs écrit.

Internet est certes arrivé en France, mais nous n’en sommes pas parmi les artisans.

 

Déjà, les entreprises dans ce business, comme Oracle, Microsoft, Google, IBM, Red Hart sont principalement américaines.

 

Dans les langages de programmation, on a :

  • PHP, créé en 1995 par Rasmus Lerdorf, un Canadien/Groenlandais.
  • Java, crée en 1995 par Sun, entreprise américaine, racheté par Oracle, entreprise américaine.
  • C#, crée en 2002 par Microsoft, entreprise américaine.

Evidemment, comme c’est l’informatique de gestion qui est porteuse d’emplois, il convient de rappeler l’importance des bases de données SQL (ça évolue, il est vrai), dont les principales sont Oracle (Américain), DB2 d’IBM (Américain), SQL Server de Microsoft (Américain), PostgreSQL (Américain), MySQL (Appartenant à Oracle).

 

On a même loupé la révolution du Mobile, car on a Apple (Américain), Androïd de Google et Windows Phone de Microsoft.

 

En fait, le problème est plus vaste et sort du cadre de l’informatique.

Dans un premier lieu, on se contente des emplois de service.

Or, ils ne sont pas durables et demandent une forte valeur ajoutée.

Pourquoi pas, mais notre système éducatif n’est pas à la hauteur.

 

Mais il convient de signaler un autre point, qui lui est crucial et critique.

Le capitalisme est basé sur la destruction/création.

On a la destruction. C’est normal, ça fait partie du jeu.

Et on a donc le chômage qui va avec.

 

Mais on n’a pas la création.

En fait, la création vient de ce que l’on appelle l’innovation. Or, l’innovation, la France n’a rien fait de marquant depuis bien longtemps.

Là aussi, avoir une bonne capacité d’innovation passe par une bonne instruction, et donc un bon système éducatif, qui, contrairement au notre, soit d’un niveau élevé, et soit exigent.

 

La question de la destruction/création, et surtout de l’innovation, est une question clé.

La question de l’innovation, c’est se poser la question des emplois de demain, car un nombre important d’emplois aujourd’hui sont voués à disparaître.

 

Au lieu de faire le kéké en se vantant et en disant des conneries plus grosses que lui, François Fillon ferait mieux de réfléchir à la question centrale de l’innovation.

Il serait très préjudiciable que l’on rate la prochaine révolution industrielle, comme le développement durable, par exemple…

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8 janvier 2017 - Posted by | Election présidentielle 2017, Elections présidentielles 2017, Informatique, Politique, Politique nationale | , , , ,

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