Le blog de Phil

J'habite Malakoff, la plus belle ville du monde

La montée du nazisme et le génocide juif vu aujourd’hui (2/3) : La mort est mon métier de Robert Merle

« Immédiatement après 1945, on vit paraître en France nombre de témoignages bouleversants sur les camps de la mort outre-Rhin. Mais cette floraison fut brève. Le réarmement de l’Allemagne marqua le déclin, en Europe, de la littérature concentrationnaire. Les souvenirs de la maison des morts dérangeaient la politique de l’Occident : on les oublia.

 

Quand je rédigeai La Mort est mon Métier, de 1950 à 1952, j’étais parfaitement conscient de ce que je faisais : j’écrivais un livre à contre-courant. Mieux même : mon livre n’était pas encore écrit qu’il était déjà démodé.

 

Je ne fus donc pas étonné par l’accueil que me réserva la critique. Il fut celui que j’attendais. Les tabous les plus efficaces sont ceux qui ne disent pas leur nom.

 

De cet accueil je puis parler aujourd’hui sans amertume, car de 1952 à 1972, La Mort est mon Métier n’a pas manqué de lecteurs. Seul leur âge a varié : ceux qui le lisent maintenant sont nés après 1945. Pour eux, La Mort est mon Métier, « c’est un livre d’histoire ». Et dans une large mesure, je leur donne raison.

 

Rudolf Lang a existé. Il s’appelait en réalité Rudolf Hoess et il était commandant du camp d’Auschwitz. L’essentiel de sa vie nous est connu par le psychologue américain Gilbert qui l’interrogea dans sa cellule au moment du procès de Nuremberg. Le bref résumé de ces entretiens – que Gilbert voulut bien me communiquer – est dans l’ensemble infiniment plus révélateur que la confession écrite plus tard par Hoess lui-même dans sa prison polonaise. Il y a une différence entre coucher sur le papier ses souvenirs en les arrangeant et être interrogé par un psychologue…

 

La première partie de mon récit est une re-création étoffée et imaginative de la vie de Rudolf Hoess d’après le résumé de Gilbert. La deuxième -où, à mon sens, j’ai fait véritablement œuvre d’historien- retrace, d’après les documents du procès de Nuremberg, la lente et tâtonnante mise au point de l’Usine de Mort d’Auschwitz.

 

Pour peu qu’on y réfléchisse, cela dépasse l’imagination que des hommes du XXe siècle, vivant dans un pays civilisé d’Europe, aient été capables de mettre tant de méthode, d’ingéniosité et de dons créateurs à construire un immense ensemble industriel où ils se donnaient pour but d’assassiner en masse leurs semblables.

 

Bien entendu, avant de commencer mes recherches pour La Mort est mon Métier, je savais que de 1941 à 1945, cinq millions de juifs avaient été gazés à Auschwitz. Mais autre chose est de le savoir abstraitement et autre chose de toucher du doigt, dans des textes officiels, l’organisation matérielle de l’effroyable génocide. Le résultat de mes lectures me laissa horrifié. Je pouvais pour chaque fait partiel produire un document, et pourtant la vérité globale était à peine croyable.

 

Il y a bien des façons de tourner le dos à la vérité. On peut se réfugier dans le racisme et dire : les hommes qui ont fait cela étaient des Allemands. On peut aussi en appeler à la métaphysique et s’écrier avec horreur, comme un prêtre que j’ai connu : « Mais c’est le démon ! Mais c’est le Mal ! ».

 

Je préfère penser, quant à moi, que tout devient possible dans une société dont les actes ne sont plus contrôlés par l’opinion populaire. Dès lors, le meurtre peut bien lui apparaître comme la solution la plus rapide à ses problèmes.

 

Ce qui est affreux et nous donne de l’espèce humaine une opinion désolée, c’est que, pour mener à bien ses desseins, une société de ce type trouve invariablement les instruments zélés de ses crimes.

 

C’est un de ces hommes que j’ai voulu décrire dans La Mort est mon Métier. Qu’on ne s’y trompe pas : Rudolf Lang n’était pas sadique. Le sadisme a fleuri dans les camps de la mort, mais à l’échelon subalterne. Plus haut, il fallait un équipement psychique très différent.

 

Il y a eu sous le Nazisme des centaines, des milliers, de Rudolf Lang, moraux à l’intérieur de l’immoralité, consciencieux sans conscience, petits cadres que leurs sérieux et leurs « mérites » portaient aux plus hauts emplois. Tout ce que Rudolf fit, il le fit non par méchanceté, mais au nom de l’impératif catégorique, par fidélité au chef, par soumission à l’ordre, par respect pour l’État. Bref, en homme de devoir et c’est en cela justement qu’il est monstrueux.

 

Le 27 avril 1972

 

Robert Merle »

 

Attention, grand livre, deuxième grand livre dans mes livres préférés (après l’Etranger de Camus).

Précédemment, je parlais du film sur Hannah Arendt, philosophe qui défendait l’hypothèse qu’Adolf Eichmann n’était qu’un médiocre bureaucrate, et non l’horrible monstre dépeint.

Elle a d’ailleurs écrit un livre en 1963 qui lui a valu une polémique.

Pourtant, en 1952, Robert Merle écrivait un livre sur le même sujet, la Mort est mon métier.

Ce livre, qui est un roman s’inspirant de Rudolf Franz Ferdinand Höss, appelé dans le roman Rudolf Lang, permet de comprendre comment quelqu’un, banal, médiocre, en arrive à construire la machinerie afin d’exterminer le plus possible de ses semblables.

Ce livre montre, à travers une histoire, à travers la vie romancé du commandant d’Auschwitz, comment n’importe qui peut devenir un parfait nazi.

 

Il ne s’agit pas d’excuser, mais de comprendre. De comprendre, afin que ça ne se reproduise pas.

Le roman nous narre donc la vie de Rudolf Lang, de son adolescence jusqu’à son arrestation.

Il est en deux parties.

La première, la plus romancé, nous parle de sa jeunesse, de son  adhésion et de sa monté dans l’appareil nazi.

Au début, il est aux prises avec un père autoritaire qui, pour expier une de ses fautes, veut le voir devenir curé.

Il finit par avoir la religion en grippe.

Son père meurt.

La première guerre mondiale est déclarée. Suivant l’exemple de son oncle Franck, il se mobilise.

Il revient en ayant perdu la guerre.

Rejeté par sa famille (car il apprend la mort de l’oncle Franc et sa question est « Comment l’oncle Franck est mort »), il subit le chômage, la république de Weimar et la misère.

Il songe au début à se suicider, mais un ami le convainc d’adhérer au parti nazi.

Au début, il se voit confier une ferme avec sa femme où il vit paisiblement.

Puis, Hitler arrive au pouvoir.  Il rentre dans les SS et monte la hiérarchie du régime Nazi.

 

Dans la seconde partie, plus historique, le héros est choisi par Himmler pour la mission de sa vie : mettre en  œuvre la solution finale.

Il va optimiser le processus, aussi bien pour tuer que pour se débarrasser des cadavres.

Il a un objectif, mais il fera tout pour faire mieux. Il le fera que pour obéir aux ordres.

Il ne comprendra d’ailleurs pas les états d’âmes de sa femme, ni ceux de son subordonné qui se suicidera.

A la fin, l’Allemagne est battue. Il sera arrêté et dira qu’il a juste obéît aux ordres, trouvant lâche l’attitude de son chef, Himmler, qui en se suicidant, laisse seul le héros répondre de ses actes.

Ce livre aujourd’hui (que j’ai lu il y a longtemps, il est vrai) est intéressant pour plusieurs points.

Le premier est qu’il décrit l’horreur de la shoah du point de vue des bourreaux.

 

Ensuite, le héros n’est pas décrit comme foncièrement antisémite, mais plutôt comme un médiocre ne faisant que d’obéir aux ordres sans discuter. Il faut dire qu’il a été conditionné dès le plus jeune âge par un père autoritaire.

Cet aspect préfigure la thèse d’Hannah Arendt.

Mais le point le plus important du livre est de montrer que n’importe qui peut devenir nazi.

Lorsque les gens ont faim, la démocratie n’est pas importante. Lorsque les gens ont faim, ils se retournent facilement vers les extrêmes, gauche ou droite. C’’est ce qui est montré dans ce livre par l’intermédiaire de l’histoire du personnage principal.

 

Les Allemands ne sont pas mauvais. Mais la montée du chômage, capitalisé par le diktat de Versailles, a permis une montée du nationalisme allemand et l’arrivée d’Hitler au pouvoir avec des conséquences dramatiques. Il en a été de même en Italie d’ailleurs.

 

Sur ce dernier point, le livre est malheureusement trop moderne.

Déjà en France où la situation économique, engendrée par l’irresponsabilité des partis de gouvernement, engendre la montée des extrêmes, aussi bien l’extrême gauche que l’extrême droite.

 

Mais dans le monde en général.

Exemple particulier : l’attitude de la droite Israélienne, qui a cassé les accords d’Oslo, qui continue à coloniser (voir ici et ici), n’est pas bonne.

Il est important de rappeler inlassablement que la shoah a été un crime. Mais être victime d’un crime ne donne pas le droit d’en commettre un, même s’il est de moindre gravité.

 

De plus, et le plus grave est là, cette politique donne aux palestiniens que du désespoir. Ils les poussent vers un nationalisme, en l’occurrence les islamistes radicaux. Ce n’est pas bon, aussi bien pour l’Israël que nous même, et comme ce fut le cas de la montée du nazisme, les conséquences risquent d’être fortement funestes.

22 mai 2013 Posted by | Littérature | , , , | Laisser un commentaire

Les profs au cinéma

L’éducation nationale, système horrible, que je déteste personnellement (j’ai en particulier connu le rectorat et l’IUFM de Créteil).

Pourtant, il est à signaler que les professeurs, de mon point de vue, ne sont pas responsables de ce système.

Je pense au contraire qu’ils sont eux aussi victimes de ce système fou, au même titre que les élèves.

Les professeurs sont associés à la mauvaise image de l’éducation nationale alors que le système éducation nationale est dû à la volonté d’un seul, ou plus exactement du groupement d’idéologues fou!

 

Heureusement, il existe une BD sur les professeurs, appelé les profs aux éditions Bamboo.

Cette bande dessinée, qui parle des professeurs, est très intelligente.

Elle permet de critiquer l’éducation nationale tout en rendant les profs sympathiques.

Ce n’est pas méchant, c’est juste intelligent.

Les profs présentés sont caricaturaux, mais c’est pour mieux en rires. D’ailleurs, dans le milieu enseignant, cette BD a une bonne réputation.

 

Dans les profs, on a Antoine Polochon, jeune prof d’histoire, fan de Napoléon, qui croit à son métier, et qui met des heures à corriger des interrogations faites en 10 minutes.

On a Maurice, le prof de philosophie (mon préféré), la cinquantaine, français moyen. Il a l’expérience et a survécu à tout ce qu’il se fait dans l’éducation nationale.

On a aussi Amida, la prof de français sexy, Eric, le prof d’EPS sur vitaminé…

 

D’ailleurs, je me permets de mettre quelques extraits.

Depuis peu, la série a été adaptée au cinéma.

Que dire, que dire?

Le scénario, déjà. Un lycée risque la fermeture car son taux de réussite au bac est le plus faible de France. Un inspecteur académique, malhonnête, décide de vendre l’idée suivante: aux élèves les plus nuls, les profs les plus nuls.

Or, ce film est pour moi une mauvaise adaptation de la BD.

Là où la BD prenait des caricatures de profs pour les tourner en dérision sans méchanceté pour les rendre sympathiques, ce qui faisait l’intelligence de la BD, le film compte une histoire.

Mais on est loin de l’esprit de la BD. On est loin de cette BD qui croque sans méchanceté les profs, tout en les rendant sympathique et qui permet de décrire au passage le système mammouth éducation nationale.

D’un autre côté, ça ne me surprend pas. Le réalisateur voulait une histoire cohérente et non pas un film a sketch. Or, peut-être qu’une histoire cohérente n’est pas adapté pour cette BD.

Un bon conseil: n’allez pas voir le film, découvrez ou redécouvrez la BD.

 

21 avril 2013 Posted by | Bande dessinée, Cinéma | , | Laisser un commentaire

[Kogoro Columbo] Le boucher

Shimazu Kogoro Columbo a un adversaire à sa hauteur, le tueur. Il s’agit d’un type tuant avec raffinement et subtilité. C’est l’adversaire idéal pour une fille aussi brillante que Shimazu Kogoro Columbo. Il fallait bien également un adversaire digne de ce nom pour son père, l’inspecteur Harry Columbo. Nous aurons donc le boucher.

Autrement, il s’agit toujours d’un brouillon.


 

C’était le lundi 7 Juillet 1986.

A la terrasse d’un café de Los Angeles, deux hommes prenaient une consommation.

Le premier était Lecter Dance.

Il était brun et avait un visage austère. Il portait un costume gris et une chemise blanche. Il était bien rasé et avait noué une cravate rouge.

En face de lui se tenait Barzini Marroni. Il portait un costume noir. Il était chauve et son âge était visible par les rides sur sa face.

Il était l’un des chefs des familles maffieuses de  Los Angeles.

 

C’était le Mercredi 30 Avril 1986.

Lecter Dance était dans une des rues sombre de New York. Il pleuvait. Il était face à un garage.

Il se dirigea vers le patron des lieux.

Celui-ci, bien que travaillant énormément restait souriant et prenait la vie d’un bon côté.

Il faisait un nombre d’heures incalculables afin de nourrir sa famille et de rembourser l’emprunt qu’il avait contracté pour monter son entreprise.

Lecter arriva vers le patron du garage.

–          Que puis-je pour vous, monsieur ? Demanda le garagiste.

–          C’est pour une expérience.

Lecter sorti son révolver. Il s’agissait d’un colt.

Il tira en direction du garagiste.

Une balle atteignit son cœur. Il tomba dans une mare de sang.

Lecter attendit quelques minutes.

A la suite d’un long silence, il cria :

–          Ohé, j’ai tué quelqu’un. C’était prémédité.

Il tira un coup vers le sol.

–          Je souhaite faire des aveux complets.

Une voix lointaine se fit entendre :

–          Ta gueule, on s’en fout, on veut dormir.

Lecter sourit.

C’était le Mercredi 16 Août 1984.

Le 29 boulevard Haussmann, bien qu’étant le siège de la société général, avait une faible activité en ce mois d’Août. Même une moto avait été abandonnée depuis quelques mois à quelques mètres de là.

Un camionnette arriva et se gara devant l’entrée. Six hommes masqués en sortirent.

Ils tenaient deux sacs de voyage. Seul un homme portait en plus un sac à dos.

Les hommes rentrèrent dans le siège de la société générale. Ils posèrent leur sac et en sortirent des uzis.

L’homme avec un sac à dos cria :

–          Tout le monde à terre, ceci est un hold-up.

Et il tira en direction du guichetier. Celui-ci tomba raide mort sous l’impact des balles.

–          Toi, tu ne préviens pas encore la police.

Puis il se tourna vers deux de ses acolytes.

–          Surveillez l’entrée. Que personne ne rentre ou ne sorte.

Et en se tournant vers les autres.

–          Attachez les otages.

Chaque otage était assis devant le comptoir, qu’il fut employé de la banque ou client, les mains liés derrières le dos.

Soudain, deux employés de ménages descendirent.

Ils se tournèrent vers le patron.

–          On s’est occupés des autres étages.

–          Bien.

Puis le chef se tourna vers un de ses subordonnées.

–          Toi, tu viens aux coffres avec moi.

Puis il se tourna vers les faux hommes de ménages.

–          Vous aussi. Le reste, surveillez les entrées et les otages.

Ils allèrent vers la salle des coffres. Chaque mesure de sécurité fut détournée. Un des hommes utilisait un chalumeau. Il vint à bout du coffre-fort.

–          Bien, mettez les billets dans le sac, ordonna le chef.

Le patron commença à remplir son sac à dos de billets de 500 francs.

Puis il remonta.

Les sirènes de polices se firent enfin entendre.

Les voitures de la force publique se rangèrent pour faire un mur devant la porte de la banque.

Un homme, assez jeune, bien bâtit, sorti de la voiture. Il était bien habillé, plutôt mince et portait un bon costume. Il se tourna vers un des policiers.

Celui-ci lui dit :

–          Commissaire Maigret.

–          Qu’avons-nous ?

–          Un hold-up. Selon la personne qui nous a appelés, six hommes sont sorti de cette camionnette. Ils sont rentrés dans la banque.

–          Bien, prévenez le GIGN, il doit y avoir des otages. Je vais tentez de gagner du temps.

Le commissaire prit un haut-parleur.

–          Ici le commissaire Mallet Maigret de la police judiciaire. Le bâtiment est cerné. Vous n’avez aucune chance de vous en sortir.

Le chef alla vers la fenêtre.

–          J’ai des otages. Si vous ne dégagez pas, je n’hésiterai pas à les descendre.

–          Ca ne dépend pas de moi.

–          C’est ça, téléphone à ton ministre, mais sache que je n’hésiterai pas à en tuer un.

L’un des braqueurs alla vers son patron.

–          Vous pensez qu’ils ne voudront pas risquer la vie des otages ?

–          Ne t’en fait pas, je suis sûr de mon plan.

Le braqueur tourna le dos.

Aussitôt, le chef pointa son uzi sur ses coéquipiers. Puis le plus rapidement possible, il leur tira dessus et les tua tous.

–          Mais mon plan n’a jamais été de sortir avec des valises pleines. Ce qui est dans mon sac à dos suffira.

Il rechargea rapidement son arme, puis il tua tous les otages.

Dehors, les bruits se faisaient entendre.

Le commissaire Mallet Maigret porta sa voix à l’aide du haut-parleur.

–          Que se passe-t-il ?

Le chef enleva sa cagoule. Puis il répondit :

–          Je suis Lecter Dance, et j’ai tué tout le monde. Je suis le boucher. Venez me chercher, je suis seul.

Le commissaire attendit. Puis les patrouilles du GIGN vinrent.

–          Commissaire Mallet Maigret.

–          Commandant Rama. Que puis-je pour vous ?

–          Un fou est à l’intérieur. Il dit qu’il a tué tout le monde, otages comme coéquipiers. On garde l’entrée. Il n’est pas sorti.

–          Bien, on lance l’assaut.

Aussitôt, le GIGN pris position autour du bâtiment.

Lecter sortit de sa poche de pantalon une télécommande.

Il appuya dessus.

La camionnette des braqueurs explosa. L’explosion souffla tous les membres du GIGN.

Lecter sorti, et tira en direction des voitures de polices amochés. Pendant qu’il effectuait un tir de couverture, il courrait en direction de la moto. Il détacha le cadenas de l’antivol, et démarra au quart de tour. Il roula le plus vite possible vers la gare Saint Lazare, puis se fondit dans la foule.

 

C’était le mardi 15 janvier 1985, dans une cabane perdue au fond de la France. Une voiture s’arrêta.

Trois hommes, dont Lecter Dance, en sortirent. Ils ouvrirent le coffre.  Ils traînaient une jeune femme d’environ 16 ans. C’était la fille du riche industriel, Serge Dufour, qui avait fait fortune en vendant de l’électro-ménager.

Ils l’attachèrent à une chaise à l’aide de menottes.

Puis Lecter Dance se tourna vers un de ses nouveaux hommes de main.

–          Occupe-toi de la rançon.

–          Bien.

Celui-ci sorti pour ne revenir  qu’au bout de quatre heures.

–          C’est fixé.

–          Parfait.

Lecter Dance sorti discrètement un révolver.

Puis il tira sur son premier homme de main, puis sur son second.

Il se retourna vers son otage.

–          Tu vois, mon chien a faim, et j’aime beaucoup mon chien.

Lecter fit rentrer un rottweiler.

Il le caressa.

–          Tu as faim, hein. Je vais te préparer de la pâtée pour chien.

Il prit le corps d’un de ses ancien complice, le découpa en morceau, le passa au hachoir et donna le tout au chien qui se régala.

Au bout de quelques jours, la pâtée fut finie par le chien. Lecter en refit avec son autre complice.

 

Quelques jours passèrent, Lecter appela le bureau du commissaire Mallet Maigret.

–          Commissaire Mallet Maigret, j’écoute.

–          Bonjour commissaire. Dans le courrier du jour, vous allez recevoir un plan. J’ai  enlevé la fille Dufour. J’ai la rançon, le plan vous conduira à elle.

Lecter raccrocha.

Au bout de quelques heures, la porte fut défoncée. Le commissaire Mallet Maigret entra.

Le chien mangeait sa pâtée. Au plafond, il y avait un croc de boucher qui tenait la tête de la fille Dufour.

 

Le 7 Juillet 1986, Lecter était aux États-Unis.  Il prenait un café avec  Barzini Marroni qui commença à parler de son contrat.

–          Il faut empêcher la famille Corleone de faire affaire avec la famille Kogoro. Je pense que la meilleure façon est de discrédité la famille Corleone est de s’en prendre à la fille Kogoro, et pourquoi pas en même temps à la fille Corleone. Il semblerait que Sophia et Azako soient très amies.

–          Je pense que pour moi, c’est un travail facile.

–          Deux milles dollars  si vous éliminez Azako Kogoro, quatre milles si vous éliminez en plus Sophia Corleone.

–          Ce travail me convient.

Lecter Dance sorti son révolver. Puis il tira sur Barzini Marroni.

–          Mais je l’accepte gratuitement, car j’adore tuer.

3 mars 2013 Posted by | Littérature, Shimazu Kogoro Columbo | , | Laisser un commentaire

[Kogoro Columbo]: Harry Columbo, l’homme qui défia le clan Corleone

Parlons du passé de cette chère Shimazu. Et décrivons les épisodes marquant de sa vie. Je présente donc le père, Harry Columbo. C’est un héros, un vrai de vrai. C’est le héros américain.

Et puis il y a la mère, Azoko Kogoro, fille d’un clan Yakuza. Au début, j’étais parti sur le trip homme d’affaire. Mais les Yakuzas, ça donne un aspect tragique au personnage.

La machine à remonter dans le temps remonte loin, jusqu’en 1986.

Autrement, il s’agit toujours d’un brouillon.


L’histoire de Shimazu commença le Mardi 1 Juillet 1986.
L’homme d’affaire japonais Kitano Kogoro était alors en visite à Los Angeles.
Il avait amené sa fille, Azako Kogoro.
Il avait un rendez-vous d’affaire avec Don Carmine Corleone ainsi que son fils Alberto Corleone.
Don Carmine Corleone avait amené sa fille, Sophia Corleone.

Kitano était un célèbre Yakuza. Sa mère était Oiran à Hiroshima.
Kitato n’avait jamais connu son père. Il avait été envoyé au front durant la seconde guerre mondiale.
Il avait survécu à la bataille d’Iwo Jima et avait été fait prisonnier par l’armée américaine.
Pendant ce temps, sa mère mourut lors du bombardement de Hiroshima.
Il s’évada rapidement et revint au Japon.
Fin 1945, il rencontra une femme qu’il épousa rapidement. Elle lui donna une fille au bout d’un an mais mourut quelques jours plus tard.
Kitato s’installa à Tokyo où il ouvrit un restaurant. Voulant investir sur le long terme, il travailla dur et épargna.
Il refusa de payer l’impôt féodal à une famille de Yakuza.
Son établissement fut détruit et sa fille tuée.
Il vécut à partir de ce moment en tant que vagabond.
Dans la moitié des années 50, il sauva la vie de Toshiro Ishii.
Toshiro était vieux et il savait qu’il allait mourir. Il n’avait plus de femme, celle-ci lui avait laissé une fille.
Il était peu probable qu’il aurait le temps de former un fils, sous-entendu qu’il se remarierait.
Kitato avait sauvé la vie de Toshiro lors d’une violente fusillade. Par ailleurs, Toshiro s’aperçu très vite que Toshiro avait de très bonne facultés intellectuelles.
Il le prit sous son aile et le forma.
Il lui fit épouser sa fille et il eut une petite fille qui fut baptisé Azoko.
Toshiro mourut en 1962.
Kitato repris le flambeau. Il décida d’internationalisé ses activité. Il s’implanta aux États-Unis, en Chine et partout où il le pouvait.
Il tissa des accords avec la mafia et les triades.
Son empire monta et il fut reconnu comme l’un des plus grand Yakuza de son époque.

C’est dans le cadre de ces accords qu’il rencontra Don Carmine Corleone.

Kitato était habillé simplement. Il portait un costume gris et une cravate bleue.
Il avait certes des cheveux blancs, mais ça ne l’avait pas vieilli.
Son visage semblait jeune, d’autant qu’il était très bien rasé.
Il avait emmené sa fille. Elle portait un kimono violet qui mettait en valeur sa beauté.
Sa longue chevelure brune tenait grâce à ses épingles dans les cheveux.
Elle marchait avec grâce, ce qui faisait la fierté de son père.

Kitato avait également amené son avocat. Il s’agissait de Sasuke Akuma.
Il était jeune, entretenait son apparence, et restait d’un calme olympien.
Il portait un costume gris et une cravate rouge.
Kitato l’avait rencontré alors qu’il cherchait quelqu’un pour le seconder.
Il avait été impressionné par ses ambitions et il en avait fait son homme de main.
Le choix avait été le bon, car Sasuke était la personne qui avait mis en chantier l’idéal de Kitato : l’internationalisation.

Don Carmille Corleone était lui très âgé. Il était habillé d’un costume qui le rendait encore plus strict.
La couleur de celui-ci, le noir, qui était la couleur de sa cravate, et de ses chaussures, catalysait son caractère de comptable.
Son fils, Alberto, était habillé d’une chemise à fleur. Il portait un pantalon gris clair et des chaussures blanches.
Sa fille, Sophia, portait une robe noire. Ses cheveux blonds étaient bien coiffés, et elle marchait également avec grâce, ce qui faisait la fierté de son père, également.
La salle du restaurant, située au dernier étage d’un building.
Ornée de riches décorations, de grandes tables, la nourriture était délicieuse.
Mais en plus de déguster une succulente cuisine, on pouvait admirer des couverts en or et argent.
Les lustres, contenant un nombre non estimable de diamants, éclairait la pièce.
Kitato et sa famille se dirigèrent vers le clan Corleone.
– Don Corleone, je suis heureux de vous voir. Kitato serra la main du don.
– Moi de même, monsieur Kogoro, fit Don Corleone en embrassant son invité.
– Je vous présente mon avocat, maître Akuma, et ma fille, Azoko.
– Enchanté, maître, dit-il en serrant la main. Et de même, mademoiselle Kogoro. Il lui fit le baisemain.
– Ravie de vous connaître, répondit Azoko.
– Cher ami, repris Don Corleone, je vous présente mon fils, Alberto, et ma fille Sophia.
Kitato Kogoro serra la main d’Alberto et baisa la main de Sophia.
Puis le don déclara :
– Les filles, amusez-vous bien, nous allons parler d’affaires d’homme.
Les filles furent rapidement mises à l’écart.
– Très chère, vous avez un costume étrange, dit Sophia. Un kimono en plein Los Angeles.
– Mon père insiste pour que l’on respecte la tradition, même si il modernise son activité.
– Je vois. Vous marchez avec grâce, très chère.
– Vous aussi.
– C’est mon père, je suis sa vitrine.
– Moi de même. Par ailleurs, ce kimono a une autre utilité.
– Ah oui, laquelle ?
– De me trouver un époux.
– Et cela fonctionne-t-il ?
– Fort heureusement non.
Les deux filles se regardèrent. Puis elles se mirent à rire.
– Toutes les filles rêvent d’un prince charmant.
– N’avons-nous pas dépassé cet âge ? Demanda Azoko.
– Voulons-nous le dépasser. Nous somme des vitrines et des prix. Nous servons de lot de consolidation.
– Vous marquez un point. Mais qui serait assez stupide pour nous enlever.
– Un homme à épouser, peut-être.
– Un homme qui pour notre beauté bravera tous les dangers. Que c’est romantique.
– Comme vous le dites, il faut bien rêvé.
– Pas faux.
Au loin, Don Corleone glissa à son interlocuteur :
– Nos filles semblent bien s’entendre.
On passa à table.
On allait manger une bisque de Homard en entrée.
Soudain, un plouc arriva.
Il portait un jean, un tee-shirt blanc, des baskets et un blouson.
Il était brun et portait des lunettes de soleil.
Rasé correctement, il semblait négligé sur le reste de sa tenue et ses cheveux noirs.
Il marcha en direction du Don.
– Tiens, l’inspecteur Harry Columbo. Savez-vous qu’il est persuadé que j’ai fait tuer une fille, qui ça déjà ?
Harry Columbo sorti une cigarette. Il prit de sa poche un briquet, et alluma celle-ci.
Il en tira une bouffé.
– Linda
– Ah oui, voilà, Linda.
Le Don et Alberto se mirent à rire.
– Vous avez tort de rire. J’ai aujourd’hui une preuve.
– Une preuve ?
– Oui, j’ai retrouvé un chèque que vous lui avez signé. Elle l’a déposé. Vous allez avoir du mal à nier que vous ne la connaissez pas.
Harry sorti une enveloppe de son blouson et la posa sur la table.
– Espèce d’encu…
Le Don tomba la tête dans sa soupe.
Harry s’éloigna. Alberto ouvrit l’enveloppe : elle était vide.

Harry rentra au commissariat.
Celui-ci était délabré et mal entretenu. Les bureaux densifiaient un faible espace du local.
Soudain, cri se fit entendre.
« Columbo ! »
Un des collègues se tourna vers Harry et lui dit :
– Il me semble que le chef veut te voir.
Celui-ci alla vers une pièce à l’écart qui était isolé.
Dans la pièce, se tenait un bureau bien rangé et une série d’armoires.
Le bureau était occupé par un homme habillé d’un modeste costume gris, d’une cravate bon marché.
Il était chauve. Sa forme faisait penser aux intermèdes comiques des grands films d’actions.
– Columbo, qu’avez-vous foutu en pleine réunion entre la famille Corleone et Kogoro. Avec vos conneries, j’ai le maire qui se plaint, et la famille Corleone compte porter plainte contre la municipalité. Une chance que vous ayez fait une saisie sur une cargaison de drogue il y a deux semaines, et que la semaine dernière, vous ayez stoppez des braquages, avec d’important dégâts d’ailleurs.
– Je ne fais que mon boulot.
– Et en quoi aller voir Corleone, et lui faire une crise cardiaque, fait partie de votre travail.
– Je rappelle qu’il s’agit du chef de la mafia.
– Des preuves ?
– Et qu’il a fait assassiner Linda Eve. Je voulais relancer l’affaire.
– Et alors, des preuves ?
– J’espérais avoir une réaction du Don. Ce que j’ai eu.
– Franchement, vous êtes trop bête, avancez sur une affaire sérieuse, comme le vol de l’industriel Zuckerberg Ford. Sortez de mon bureau.
Harry Columbo sorti du bâtiment.
Il sorti une cigarette, l’alluma et en tira une bouffé.
Une voix l’interpella.
« Inspecteur ».
Il se retourna en direction d’une jeune femme. Elle devait avoir environ 20 ans. Elle avait une robe sobre et une chevelure blonde.
– Elizabeth
– Vous semblez soucieux.
– Ce n’est rien.
– Je vous offre un verre.
Elizabeth emmena l’inspecteur Harry dans un bar quelconque, avec des tables disposées de façon quelconque et un comptoir quelconque.
Le miroir posé sur le mur derrière le comptoir permettait d’observer un lieu quelconque, triste et déprimant.
Le silence était de mort.
Le barman s’approcha.
– Ce sera ?
– Café bien noir pour moi.
– Bien mademoiselle, et vous ?
– Une bière.
Pendant une minute, Elizabeth savoura son café. Puis elle s’adressa à l’inspecteur.
– Je vous remercie pour tout ce que vous faite pour moi.
– Ce n’est rien.
– Vous savez, ça été dure pour moi. La drogue, la prostitution, la désintoxication, mais grâce à vous, j’ai pu changer de vie. Ça fait quatre ans maintenant. Linda n’a pas pu s’en sortir. Je sais que c’est Don Corleone qui en est responsable, mais personne ne me croie.
– Moi, je vous croie, et je sais que c’est lui. Il a sa mort sur sa conscience. Mais maintenant, le don est mort.
– Pourquoi vous donner tout ce mal.
– Car toute personne mérite justice. Et une position financière avantageuse ne doit pas être un frein à la justice.
Soudain, Elizabeth cria.
– Attention.
Et elle poussa l’inspecteur à terre.
Un coup de feu retenti. La cervelle d’Elisabeth éclata en morceau. Le sang gicla.
L’inspecteur sauta derrière le comptoir, esquivant une balle qui éclata la glace.
Il sorti de son blouson un Smith et Wesson modèle 29. Il leva la tête. Un homme tenait une arme. Il tira une nouvelle fois. L’inspecteur esquiva. Rapidement, il se leva, tira dans la main de l’homme. Il lâcha son arme.
L’homme s’enfui en sortant du bar. Harry le poursuivi. Une voiture arriva. De l’arrière, un homme sorti avec un uzi. Il tira sur l’inspecteur.
Celui-ci se mit à couvert derrière une voiture. Les éclats de verre tombaient partout.
Le second homme cria au premier.
– Monte.
Celui-ci monta à la place du mort.
La voiture démarra.
Harry sorti de son couvert.
Il tira une balle qui fit éclater la vitre arrière, puis une seconde qui éclat la tête du passager arrière qui tentait de riposter.
La suivante se logea dans le coffre. Puis la dernière éclata le pneu.
Le conducteur perdit le contrôle de son véhicule qui fonça dans un camion-citerne qui fournissait une station-service.
Le conducteur, qui avait allumé une cigarette, lâcha celle-ci et s’enfuit.
La voiture percuta le camion. Au bout de quelques minutes, un incendie se déclara. Les gens fuyaient, attendant l’arrivée des pompiers.
Le soir même, le supérieur de l’inspecteur repassa un savon à celui-ci.

Le lendemain, Sophia et Azoko se promenaient dans Los Angeles.
– Je déteste ma famille, commença à déclarer Sophia.
– Vraiment ?
– Oui, au-dessus des lois, me voyant que comme une dot. Et devant me la fermer.
– Je comprends. C’est pareil pour moi.
– J’aimerai pouvoir être libre.
– Moi de même.
– Et courageuse.
– Moi de même.
– J’envie et je jalouse l’inspecteur Harry Columbo.
– Vraiment ?
– Venir défier ma famille, c’est courageux. Tout ça pour une femme oubliée.
– Courageux et stupide. Cet homme est certes courageux, mais il est stupide.
Soudain, elles s’arrêtèrent devant un marchand de journaux.
Un titre attira l’attention de Sophia.
– L’inspecteur Columbo a encore fait parler de lui hier.
Le journal fut vite acheté.
On parla du célèbre inspecteur Harry Columbo, qui au péril de sa vie, tenta d’arrêter de vulgaires voyous qui l’avait pris pour cible, ce qui provoqua un incendie impressionnant.
A la lecture des exploits relatés par le journal, Azoko déclara :
– Effectivement, cet homme, est courageux. Il a du cran, mais il est vraiment stupide.

3 février 2013 Posted by | Littérature, Shimazu Kogoro Columbo | , | Laisser un commentaire

[Kogoro Columbo]Shimazu Kogoro Columbo et son (mal)heureux évènement

 Après une première version, très roman à l’eau de rose, j’ai décidé de réécrire ce chapitre.

Le style roman à l’eau de rose n’allait pas du tout.

Du coup, j’ai ajouté un peu d’action. J’ai essayé de décrire au mieux les mouvements.

Et pour ça, c’est incroyable le nombre de démonstration d’aïkido que j’ai regardé.

Autrement, il s’agit toujours d’un brouillon.


Cela faisait environ une semaine que Shimazu avait un caractère détestable. Elle répondait souvent de façon agressive à la moindre remarque, et se fâchait pour  le moindre propos déplacé.

Jeudi 23 février 2012, elle n’était pas venue au travail.

Le patron m’avait expliqué qu’elle était souffrante et qu’elle avait pris sa journée.

Je décidais donc de lui faire une surprise en lui rendant visite.

Elle habitait un HLM à Malakoff qu’elle avait eu grâce aux connaissances du patron.

Le quartier était mort.

Il y avait certes un bar, une librairie, un restaurant, un épicier mais l’ensemble des locaux commerciaux étaient vides.

Elle habitait le haut d’un immeuble d’une dizaine d’étage où s’était incrustée une épicerie.

Au pied de son bâtiment se tenait de jeunes voyous. Ils étaient au nombre de trois.

Ils fumaient, buvaient leurs bières et chahutaient.

Une vielle dame passa. Elle promenait son chien, un petit caniche tenu en laisse qui précédait les pas de sa maîtresse.

L’un d’eux cracha sur le chien.

–        Comment osez-vous, voyous ! Répondit la vielle dame.

Celui qui semblait être le chef de la bande descendit son pantalon, son slip et se mit dos à la dame.

–        Tu le vois mon cul, tu veux me donner une fessée, la vioque.

Il tapa ses fesses.

–        Pan pan fesse fesse.

Les voyous se mirent à rigoler. La vielle dame s’en alla.

L’un des jeunes alluma son poste de radio, écoutant un morceau de Rap dont le voisinage profitait.

Je réussis à m’introduire dans le hall de l’immeuble.

Je voulais prendre l’ascenseur, mais celui-ci était en panne.

Je montais donc par les escaliers.

J’arrivais au dixième étage devant l’appartement de Shimazu. Je sonnais. Personne ne répondait.

Je revins sur la place extérieure.

Au loin, je vis Shimazu arriver avec un sac plein de courses.

Elle passa devant les voyous.

Le chef posa sa main sur ses fesses.

Le visage de Shimazu se crispa.

–        Si tu refais ça, je te donnerai une correction que tu n’auras pas l’occasion d’oublier de sitôt.

Il reposa la main sur ses fesses et en profita pour la peloter.

–        Je suis libre, et je fais ce que je veux, fille au kimono.

–        Vraiment ?

–        Oui, et c’est un honneur pour toi d’être peloter par moi. Allez, montre tes miches.

Shimazu se dégagea et se dirigea vers une des motos.

Elle la poussa et celle-ci tomba à terre sous les yeux ébahis des racaïlles.

–        Pourquoi t’a fait ça, salope. C’est ma moto.

–        J’avais envie, et puis, je suis libre de faire ce qui me chante.

Puis elle se dirigea vers la radio. Elle donna un violent coup de pied dedans.

–        Et puis j’ai besoin de sommeille en ce moment. Ta radio m’empêche de dormir, surtout quand tu l’arrêtes vers minuit ou une heure du matin.

J’accourus vers Shimazu.

–        Arrête, t’est folle, tu vas l’exciter.

Elle me repoussa de sa main.

–        Ne te mêle pas de ça, Derrick.

Puis elle se tourna vers le chef de gang.

–        As-tu peur de moi ?

–        Je vais te donner une leçon que tu ne vas pas oublier de sitôt.

Le chef de gang donna un coup de poing à Shimazu.

Celle-ci se décala, attrapa la nuque, puis elle continua à faire prendre de la vitesse à son adversaire. Elle lui fit faire un demi-tour et le lâcha. Il tomba à terre.

Il se releva.

Il redonna un coup de poing. Celle-ci se décala puis attrapa de ses deux mains son bras.

Sa main gauche se déplaça au bas de la nuque. Puis elle poussa de bras son adversaire. Celui-ci perdit à nouveau l’équilibre et tomba.

Il se releva.

–        Je n’insisterais pas à ta place, dit Shimazu.

–        Ta gueule salope.

Puis il sortit son couteau.

–        On va moins faire la maline.

–        Je crois que tu n’as pas compris, le combat est déjà fini.

–        Ne vend pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

Le voyou s’élança.

Shimazu se décala. Elle posa sa main gauche sur le bras droit de son adversaire.

Elle poussa de sa main gauche le bras de son adversaire vers le bas.

De l’autre main, elle attrapa la main droite qui tenait le couteau.

Puis elle fit glisser la main de son adversaire.

Le couteau se retrouva face à sa gorge.

Puis elle continua à pousser son bras et refit perdre l’équilibre à son adversaire. Celui-ci retomba ventre à terre, le bras tenant le couteau levé vers le ciel.

Shimazu s’empara de son couteau de la main droite.

Puis elle posa son pied gauche sur son dos.

Tout en maintenant le bras droit de son adversaire de sa main gauche, elle lui déclara d’un ton menaçant :

–        Écoute-moi bien, je suis ceinture noire d’Aïkido, de karaté et de judo.

Puis elle se retourna vers les deux acolytes. Et d’un ton intimidant, elle lança :

–        Est-ce clair, la démonstration suffit-elle ?

Certain riverain de passage, voyant la scène, se mirent à applaudir.

Les deux voyous hochèrent la tête.

Puis Shimazu lança le couteau en direction de la moto.

Celui-ci éclata le pneu.

–        Et que je ne vous revoie plus.

Les trois compères s’enfuirent.

Nous arrivâmes à l’appartement de Shimazu.

Nous rentrâmes.

L’entrée donnait sur une petite pièce.

Sur la droite se trouvait la salle d’eau. Devant se trouvait la cuisine.

Elle était classique. Elle avait sur sa droite une table de travail. Au fond à gauche se tenait le lave-linge et le lave-vaisselle. Sur le haut de la table de travail se trouvait une armoire.

Shimazu rangea ses courses.

Puis elle se dirigea vers la pièce de vie qui se trouvait à la gauche de l’entrée.

Elle contenait sur son fond une commode où était posé un téléviseur.

Au milieu se tenait une table basse. Près du mur se tenait un canapé.

Dessus dormait un chat.

A l’arrivée de Shimazu, il ouvrit les yeux, s’étira et alla vers elle.

Il se frotta à la jambe de celle-ci.

Shimazu l’attrapa et le tenait dans ses bras.

Elle le caressa.

–        Comment va mon bébé.

Puis elle le reposa à terre.

–        Viens, je vais te donner à manger.

Elle se dirigea vers la cuisine.

Elle prit les gamelles et versa eau et croquettes.

Le chat sauta sur le poste de travail.

Puis il miaula, réclamant à sa maîtresse de se dépêcher.

Une fois fini, Shimazu posa les gamelles à terre.

Le chat se précipita vers celle-ci pour entamer son repas, ronronnant à chaque bouchée.

Shimazu revint vers la pièce de vie.

Elle s’assit à côté de moi sur le canapé.

Je commençais à bouger ma main vers mon épaule.

–        Je ne ferais pas ça, à ta place.

Je m’étirais et posa les deux mains sur mes genoux.

–        Tu sais, je t’aime Shimazu.

–        Vaste programme, mais moi, je ne t’aime que pour tes performances sexuelles.

–        Seulement.

–        Oui, seulement. Pour aimer un homme, j’ai besoin qu’il soit mon égal.

–        Je te rappelle que c’est toi qui as commencé.

–        Oui, histoire de faire une bêtise.

–        Seulement histoire de faire une bêtise ?

–        Oui.

–        Mais qui aimes-tu ?

–        Le tueur. Au moins, il est mon égal. Il est le seul à avoir trompé ma vigilance. A son contact, j’apprends.

–        Je rappelle qu’il a essayé de te tuer.

–        Oui, mais quelle belle tentative d’assassinat. Tu vois mon cher, avec toi, ce n’est que sexuel. Avec le tueur, que j’ai plaisir à affronter, c’est intellectuel. Je suis ravie que tu me reconnaisses comme la meilleure au lit. Mais je préfère être reconnue pour mon intelligence. Et seul le tueur est à mon niveau.

–        Si tu l’avais arrêté, il n’aurait pas tué tous ces avocats.

–        Qu’importe, j’espère l’affronter encore et encore.

–        Pourquoi ?

–        Ses meurtres sont tellement raffinés et tellement préparé, planifié. Non, ce n’est pas un simple voyou. Le tueur est un artiste. Moi de même. Il me complète. Je le complète.

Il y eu un silence.

Puis, je décidais de rentrer dans son jeu.

–        Tu sais, je ne suis peut-être pas aussi intelligent que toi où ton idole, mais je suis le seul capable de d’honorer sexuellement.

–        C’est vrai.

–        On recouchera ensemble.

–        Je ne pense pas.

–        Mais pourquoi ?

–        Je pense qu’il est temps que j’arrête les bêtises. Derrick,  je suis enceinte de toi.

–        Quoi ?

–        Eh oui, je suis enceinte de toi.

–        Et que vas-tu faire ?

–        Je ne sais pas. Je ne tiens pas à avorter. Une de mes amies l’a fait. Elle s’est suicidée. Je pense que je vais le garder.

–        Félicitation.

–        Mais serais-je une bonne mère ? Ma mère n’a pas été une très bonne mère pour moi.

–        Mais je suis là.

–        Pour mieux m’agripper.

–        Je t’aime.

–        Mais tu ne sais rien de moi.

–        Alors raconte-moi ton histoire.

–        Pourquoi pas.

Shimazu Kogoro Columbo me raconta son histoire.

13 janvier 2013 Posted by | Littérature, Shimazu Kogoro Columbo | , | Laisser un commentaire

Le retour de Kogoro Columbo, bientôt

Il y avait une série policière sur ce blog, dont le premier chapitre est ici et le dernier , que j’avais laissé en veille.

Cette série sert de brouillon à un futur (et très lointain) roman.

J’y tiens beaucoup, pour diverses raisons variées.

J’aime beaucoup certains chapitres comme le second, ayant pour thème l’imbécile n’est pas celui que l’on croit, d’autres moins, comme le septième.

 

Pourquoi tant d’absence. J’ai eu un petit (?) moment de flemme.

Mais aussi car j’ai repris de fond en comble la nouvelle (enfin dans ma tête).

J’ai aussi remarqué que le style « roman à l’eau de rose », comme ça te barbera, ce n’est pas franchement mon truc.

 

Du coup, après une longue pose, j’ai enfin un nombre suffisant de chapitres suivants (4 en ce moment).

Je peux donc mettre la suite.

Changement de style pour ces nouveaux chapitres.

Dans les premiers, on présentait l’héroïne, Shimazu Kogoro Columbo, fille très intelligente et très bizarre.

Dans la seconde partie, on commençait la lutte entre Shimazu Kogoro Columbo et son équivalent, le tueur.

La prochaine partie décrira le passé de l’héroïne. J’essaierai de décrire ses faiblesses.

 

Comme du coup je m’intéresse plus au personnage dans sa diversité qu’à ses amours et ses amants, j’ai aussi décidé de rebaptiser la nouvelle.

Je l’appelle Kogoro Columbo simplement, du nom du personnage principal.

 

7 janvier 2013 Posted by | Littérature, Shimazu Kogoro Columbo | | Laisser un commentaire

Durango revient

Durango 001

Le western a d’abord commencé comme un genre caricatural et patriotique. C’est le gentil américain contre le méchant bandit ou le vilain sauvage amérindien.

Pour ma part, l’un des premiers grands westerns est le train sifflera 3 fois de Fred Zinneman avec Gary Coper dans le rôle d’un shérif seul face à son destin et son devoir, abandonné par tout le monde.

Dans les années 1960, le western est un genre en déclin.

Il est repris en main par les italiens comme Sergio Leone (pour une poignée de dollars en 1964, le bon la brute et le truand en 1970), Sergio Corbucci  (Django en 1966, Le Grand Silence en 1968) ou Sergio Sollima.

On aura ce que l’on appelle le western spaghetti.

Dans les westerns spaghetti, les héros sont plus humains et plus gris, les méchants sont des sadiques, des tueurs d’enfants et des violeurs et les femmes ont des sorts peu enviables.

Notons que le héros est mal rasé (comme les méchants) et qu’il traine de la poussière. Bref, un western plus réaliste.

Que dire côté BD et BD franco-belge?

Il y a Blueberry en 1963, mais ma préférée reste Durango d’Yves Swolfs.

En 1980, le western est un genre sur le déclin. Yves Swolfs fait un choix: celui de garder tous les codes du western spaghetti.

Le premier tome, les chiens meurent en hiver, paru en 1981 est fortement inspiré du Grand Silence.
On a un héro sombre qui parle peu, et des méchants sadiques, mauvais prêt à tout.

Notons que la population en général s’en fout et laisse son prochain se faire massacrer sans rien dire. C’est le thème du train sifflera 3 fois.

Durango, nommé le pacificateur, perd l’usage de sa main droite au premier tome. Il devient habile de la main gauche et achète un mauser.

 

Durango n’a pas vraiment de chance. Et il ne peut pas s’arrêter. Les femmes qu’il a aimé sont mortes assassinées.

Le meurtre de sa dernière épouse est au cœur des trois derniers tomes, dont les dessins ont été repris par Thierry Girod.

Durango avait trouvé une femme avec qui partager sa vie. Il s’agissait d’une riche héritière. Il allait avoir un enfant.

Elle a été assassinée parce qu’elle ne voulait pas vendre sa mine, dans l’incendie de sa maison.

Durango repart donc pour retrouver les assassins de sa femme.

Dans Un pas vers l’enfer, il retrouve les assassins de sa femme et n’hésite pas à mettre en danger la veuve et l’orphelin pour les éliminer définitivement.

Son enquête le mène à affronter un bon tueur professionnel, Le cobra.

Dans le dernier tome qui clôture le cycle, il affronte le commanditaire.

Celui-ci veut chasser des indiens, les whashoes, de leur terre, de leur lac sacré, afin de s’approprier une mine d’or.

Il va jusqu’à faire assassiner le gouverneur et demande à d’autre indiens, les shoshones de massacrer des blancs pour faire accuser les whashoes.

Heureusement, Durango arrive et sauve du massacre une jeune indienne…

21 décembre 2012 Posted by | Bande dessinée, Littérature | , | Laisser un commentaire

James Bond revient au cinéma(1/3): James Bond, Héro de roman

Très prochainement, James Bond revient au cinéma avec Daniel Craig.

Le moment d’y revenir, d’autant que l’on fête les cinquante ans du personnage au cinéma.

 

James Bond est d’abord un héros de roman.

Le premier roman, Casino Royal, sort en 1952.

James Bond est imaginé par Ian Fleming, ancien espion qui a projeté ce qu’il aurait voulu être idéalement.

 

Les romans de James Bond, c’est tout une époque: la guerre froide.

Souvent, James Bond est contre le KGB.

 

D’ailleurs, sur une fiche du KGB, il est noté:

« Cet homme est un dangereux tueur professionnel et un espion. Il travaille pour le service secret britannique depuis 1938 et porte maintenant le matricule 007. Le premier 0 indique qu’il est autorisé à tuer en service actif, et le second qu’il l’a déjà fait.  »

 

Ce qui frappe en lisant les romans, c’est qu’il est très humain.

Les femmes qu’il a réellement aimées: ça c’est toujours mal fini.

Wysper Lynd le trahit, et la Comtesse di Vincenzo meurt assassiné par Blofeld.

 

Dans les romans, il lui arrive d’être dépassé par les intrigues.

En particulier, la lutte contre le SPECTRE, qui ne s’étale que sur trois romans (Opération Tonnerre, Au service secret de sa majesté, On ne vit que deux fois) est extrêmement féroce.

Dans le second roman, le chef du SPECTRE, Blofeld, s’enfuit. James Bond tombe amoureux, se marie mais sa femme est tuée le jour du mariage.

James Bond devient dépressif dans le roman suivant.
Mais la lutte reprend au japon.

James Bond gagne, mais devient amnésique et est attrapé par le KGB.

Il subit un lavage de cerveau et retourne en Angleterre où il tente d’assassiner son patron.

Celui-ci l’envoie en mission suicide éliminer l’homme au pistolet d’or.

 

L’ensemble des romans peut être qualifiés de bonne littérature de gare.

Néanmoins, trois sortent du lot: Casino Royale, Bon baisers de Russie (meilleur que le film, et dans le top 10 des romans préférés de Kennedy) et Motel 007 (que l’auteur n’aimait pas trop).

A noter que pour le dernier, on se place du point de vue d’une de ses conquêtes.

21 octobre 2012 Posted by | Cinéma, Littérature | , , , | Laisser un commentaire

[Kogoro Columbo]Shimazu Kogoro Columbo démasquée

Ce chapitre (je les pré-publie sur le forum d’un ami) a été suivi d’une polémique. Derrick Palmer, considéré comme un con (au moins par moi) démasque la grande Shimazu Kogoro Columbo (voir chapitre précédent).

On m’a reproché de faire déduire à Derrick (le con notoire) trop de chose. J’ai depuis retravaillé certaine tournure de phrase, pour laisser plus une idée d’intuition. Effectivement, c’est le détail qui tue qui va mettre Derrick sur la piste. En général, Shimazu fume un kiseru. Or, au dernier épisode, elle fumait une cigarette. Ce détail va la trahir. C’est d’ailleurs souvent le cas dans ma série policière préférée: Lieutenant Columbo.

Dans le dernier épisode, Columbo trouve un cadavre caché sous le fond d’un aquarium. Il base son intuition sur le compte des poissons. Un des aquariums a un poisson de moins. Or à concentration de dioxygène égale, si il y a moins de dioxygène, c’est que le volume est plus petit (car on y a caché un cadavre par exemple).

Je ne fais pas le compte des détails insignifiants qui mettent le Lieutenant Columbo sur la piste.

Autrement, ce qui est présenté ici est toujours un brouillon.

Comme j’ai pris énormément de retard, la suite sera à la rentrée.


Lundi 23 janvier 2012, j’arrivais vers 11H au travail. Je passais par le bureau de Shimazu.

Classant ses dossiers, elle ne fit pas attention à moi.

Elle était concentrée sur ses affaires, fumant son kiseru.

En continuant vers mon bureau, je croisais Rosa.

–        Encore en retard, Derrick.

–        Je faisais un travail de terrain.

–        Et dire que le patron autorise un branquignol comme toi.

Sur ces mots, la coincée s’en alla.

Je me retrouvais à mon bureau, classant les diverses photos de maris ou de femmes volages.

Puis je me dis que j’aimerai bien me refaire Shimazu.

Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu une relation sexuelle intense avec quelqu’un.

Seule Shimazu a un vrai talent dans le domaine.

Puis, je me rappelais que ça faisait depuis Juillet dernier que je n’avais pas fait l’amour à Shimazu.

Certes, je me suis fait depuis d’autres filles, mais aucune n’arrivait au niveau de Shimazu.

Puis je continuais à penser à elle, son kimono qui finalement faisait son charme, son kiseru qu’elle fumait lorsqu’elle voulait réfléchir, ou qu’elle se mettait en colère, et sa cigarette qu’elle fumait mercredi.

Sa cigarette ?

Elle n’a pas osée quand même.

Aussitôt, je me levais et je me dirigeais vers le bureau de Rosa.

Je frappais.

–        Entrez.

J’entrais.

–        Que veux-tu, Derrick ?

–        Es-tu très amie avec Shimazu ?

–        Qu’est-ce que ça peut te faire. Oui, je m’entends bien avec elle. Elle est très intelligente, perspicace, et elle me donne souvent des conseils sur mes propres affaires. Elle a souvent une vision originale des choses. Pourquoi cette question. Si c’est pour arranger un coup, c’est non. D’ailleurs, elle a bien compris ton manège, et elle sait très bien à quoi s’en tenir avec toi. Je n’ai pas eu besoin de la prévenir.

–        Non, ma question est la suivante, que fume-t-elle ?

–        Te fous-tu de moi ?

–        Non, je suis sérieux. J’ai le sentiment qu’elle a laissé le tueur s’échapper.

–        Elle, laisser s’échapper le tueur ?

–        Oui, dit moi, l’a tu vu fumer autre chose que sa pipe japonaise ? Une cigarette par exemple.

–        Non, elle ne fume que son kiseru, c’est-à-dire sa pipe japonaise.

–        Alors je commence à croire qu’elle a laissé le tueur filé.

–        Mais pourquoi ?

–        Car elle a plaisir à l’affronter.

–        Qu’est-ce qui te fait dire ça ?

–        Mercredi, elle a fumé une cigarette. Elle a pris une poignée de cigarette à maître Gesver. Celui-ci en offrait une à maitre Sinclair.

–        Mais c’est horrible ce que tu dis. Tous ces avocats ont été tués entre jeudi et dimanche.

–        Oui, ça veut dire qu’elle a laissé le tueur s’échapper mercredi alors qu’elle l’avait repéré. Mais il me faut plus d’éléments. Peux-tu manger avec elle ce midi, il faut que je puisse continuer l’enquête.

–        Bien.

Ainsi, vers 12H30, Rosa accompagna Shimazu au restaurant.

Elle lui expliqua que c’était mieux d’être entre fille.

Je m’introduisais dans son bureau.

Je fouillais dans ses papiers et je retrouvais ce message :

« 252258132481 25622528962514144 441576169576324576 255765291446259576,

25’81256196 196576144361576144324256 144676 4845291289256289324 49’112112132457619681324 10057619632481 28967619681529529289169816762581 256144484813242898114432481, 928981676 40014481 52981256 49813246762898132481256 121576289256, 36181 100576289256 1289 19632457614410081 144676 48481144 4981484125625681.

361’814848132481 816762557632481 1100289324 529’57625251256289576676 4981 100576144256 112112132457667619681324.

36181 100576144256 48432457648457625681 4981 676576144256 3248119632457614410081324 1 5291 196576144324 49’132416981676196, BF 4001441361 4981 5291 1965761443246768152952981, HF AAF 4841324289256.

32449100 52981 BJ/BC/CABC 1 CA225

36181 256144289256 4848132425614414981 40014481 100576144256 132432428910081324814 1 4981255764981324 2581 62581256256116981. »

Je me dirigeais vers le bureau de Patrick.

–        Peux-tu me rendre un service ?

–        Que puis-je pour toi Derrick ?

–        J’aimerai que tu me déchiffre ce message.

Je lui montrais la feuille.

–        Qu’en penses-tu ?

–        devant les apostrophes, c’est des lettres. On a donc 25, 49, 361.

–        Oui et ?

–        Mais attend, je trouve que c’est tordu, mais 25 = 52, 49 = 72 et 361=192. Donc si je recherche par carré, que vais-je obtenir ?

Au bout d’une demi-heure, il isola le texte comme il suit :

« 5/15/9/18/9 16/15/17/25/1/2/12 21/24/13/24/18/24 5/24/23/12/25/3/24,

5’9/16/14 14/24/12/19/24/12/18/16 12/26 22/23/1/17/16/17/18 7’1/11/11/18/24/14/9/18 10/24/14/18/9 17/26/14/9/23/23/17/13/9/26/5/9 16/12/22/9/18/17/9/12/18/9, 3/17/9/26 20/12/9 23/9/16 7/9/18/26/17/9/18/9/16 11/24/17/16, 19/9 10/24/17/16 1/17 14/18/24/12/10/9 12/26 22/9/12 7/9/22/1/12/16/9.

19’9/22/9/18/9 9/26/5/24/18/9 1/10/17/18 23’24/5/5/1/16/17/24/26 7/9 10/24/12/16 1/11/11/18/24/26/14/9/18.

19/9 10/24/15/16 22/18/24/22/24/16/9 7/9 26/24/12/16 18/9/14/18/24/12/10/9/18 1 23/1 14/24/12/18 7’1/18/13/9/26/14, BF 20/1/21/19 7/9 23/1 14/24/12/18/26/9/23/23/9, HF AAF 484/1/324/289/256.

18/7/10 23/9 BJ/BC/CABC 1 CA/15

19/9 16/12/17/16 22/9/18/16/12/1/7/9 20/12/9 10/24/12/16 1/18/18/17/10/9/18/9/2 1 7/9/5/24/7/9/18 5/9 25/9/16/16/1/13/9.

23/9 14/12/9/12/18. »

–        Bon, continua Patrick, si on prend le premier mot, on a EOIRI, mais ça ne veut rien dire.

–        Selon Shimazu, il faut trouver le E, car c’est la lettre qui se répète le plus souvent.

–        Ça, c’est du Shimazu tout craché, alors, la lettre qui se répète, c’est le…

Patrick parcourut le document.

–        Le 9 est donc le E, il se répète une 50aine de fois.

Puis il continua.

–        Si les lettres sont des chiffres, en l’occurrence car HFAAF semble un code postal, le CA peut correspondre à une heure. 15 est donc le H. On a donc 5HE18E, comme chère, soit 5 pour le C, 18 pour le E. Où as-tu trouvé cette lettre ?

–        Dans le tiroir de Shimazu, elle lui est destinée.

–        Bien, le second mot est Shimazu, avec 16 pour le S, 17 pour le I, 25 pour le M, 1 pour le A, 2 pour le Z, 12 pour le U. Attends, on a un compte de haut, bas, haut bas …

–        C’est-à-dire ?

–        Si A = 1, Z = 2, on a dans cette hypothèse B = 3, Y = 4, C = 5, vérifié, …. On arrive donc à :

« Chère Shimazu Kogoro Columbo,

C’est toujours un plaisir d’affronter votre intelligence supérieure, bien que les dernières fois, je vous ai trouvé un peu dépassé.

J’espère encore avoir l’occasion de vous affronter.

Je vous propose de nous retrouver à la tour d’argent, BF Quai de la Tournelle, HF AAF Paris.

RDV le BJ/BC/CABC à CAH.

Je suis persuadé que vous arriverez à décoder ce message.

Le tueur. »

–        Mais la tour d’argent est 15 Quai de la Tournelle dans le cinquième déclarais-je.

–        Ce qui veut dire que B = 1, F = 5, A = 0 et H=7. Au final, on a :

« Chère Shimazu Kogoro Columbo,

C’est toujours un plaisir d’affronter votre intelligence supérieure, bien que les dernières fois, je vous ai trouvé un peu dépassé.

J’espère encore avoir l’occasion de vous affronter.

Je vous propose de nous retrouver à la tour d’argent, 15 Quai de la Tournelle, 75 005 Paris.

RDV le 19/12/2012 à 20H.

Je suis persuadé que vous arriverez à décoder ce message.

Le tueur. »

Je téléphonais à la tour d’argent. La réservation me fut confirmée.

–        Que vas-tu faire, Derrick ?

–        Surtout, pas un mot.

–        Pourquoi ?

–        Car je vais me la sauter.

–        Hein ? Mais c’est une fille avec un kimono ridicule.

–        Sauf qu’elle est bonne et au lit, elle est super top.

–        Si tu le dis.

–        Tu promets de ne rien dire.

–        Pas de problème. Et surtout, fait la jouir cette salope.

En retournant dans mon bureau, je croisais Rosa.

–        Alors ?

–        Fausse alerte.

–        Bien, si tu le dis.

Je rentrais dans le bureau de Shimazu.

Elle étudiait des dossiers, fumant son kiseru.

Je fermais la porte.

–        Je travaille, Derrick.

–        Et tu fumes.

–        Oui, et alors, laisse moi, j’ai un travail à terminer.

–        Le kiseru.

–        Oui, je fume le kiseru, et je porte le kimono, et alors, s’énerva-t-elle ?

–        Depuis quand fumes-tu la cigarette ?

–        Hein ?

–        Mercredi, tu fumais des cigarettes ?

Shimazu se leva.

–        Qu’en déduis-tu ?

–        Que tu as deviné que maître Gesver était le tueur, et tu l’as laissé s’échapper.

–        Parce que j’ai pris une cigarette ?

–        Oui, et que j’ai décodé ça, fis-je en montrant le message codé.

–        Bien vu. Le tueur a les yeux noirs. Il ne pouvait donc pas prendre la place de maître Sinclair qui a les yeux bleus. Il ne pouvait prendre que la place de maître Veyrac ou maître Gesver qui ont les yeux noirs. Par ailleurs, maître Sinclair fume trop. Quand j’ai vu maître Gesver tendre un paquet de cigarette, j’ai tout de suite compris.

–        Mais pourquoi l’as-tu laissé fuir. Il suffisait d’analyser la cigarette.

–        Pour l’affronter à nouveau.

–        Tu sais, je peux te dénoncer.

–        Fais comme tu veux.

–        Mais je ne vais pas le faire. Mais à une seule condition.

–        Laquelle ?

–        Une nuit avec toi, la seule fille qui sache procurer un plaisir intense au lit. Et puis, comme je t’ai démasqué, tu me dois bien ça.

–        Très bien.

–        Et je vais même faire preuve de bonne foi. Peux-tu me passer une allumette.

Shimazu me passa une allumette. Je brulais le message codé.

Puis j’embrassais Shimazu.

–        A ce soir chez moi.

La nuit du 23 au 24 janvier, j’eu une merveilleuse relation sexuelle avec Shimazu.

8 juillet 2012 Posted by | Littérature, Shimazu Kogoro Columbo | , , | Laisser un commentaire

[Kogoro Columbo]Le tueur ne vient pas

Avertissement: Le narrateur, Derrick Palmer, pense que le tueur ne vient pas.

Mais qu’en pense le lecteur?

Et si le tueur vient, de qui prend-t-il la place?

Autrement, il s’agit toujours d’un brouillon.

 


Nous avions encore été appelés, le mercredi 18 Janvier 2012, par Jack Lestrade.

Arrivés sur place avec Shimazu vers 11H, il nous sorti encore un message fabriqué avec des lettres découpés dans divers journaux.

On pouvait lire :

« Je tuerai entre 14H et 18H maitre Sainclair. Seule Shimazu Kogoro Columbo peut l’empêcher.

Le tueur».

Maitre Sinclair était un avocat célèbre. Il n’avait rien à prouver. Cela faisait des années qu’il exerçait la profession.

Il était aujourd’hui sur une affaire difficile et médiatisé.

Il attaquait Brinvilliers Bâtiments.

Tout commença lors d’un accident laissant un ouvrier handicapé à vie.

La société Brinvilliers Bâtiments attaqua en justice l’ouvrier pour négligence, refusant de payer des dommages et intérêts.

Mais le canard enchaîné révéla que l’acier utilisé dans les bâtiments venait de Chine.

Le  canard enchaîné fut d’ailleurs attaqué pour diffamation.

Quant à la veuve de l’ouvrier handicapé, elle alla voir maître Sinclair, qui accepta de la défendre gratuitement.

L’enquête révéla que l’acier venant de Chine était de moins bonne qualité, alors que les factures mentionnaient un acier venant d’Europe. La différence était empochée comme pot de vin.

Par la voie de son avocat, maître Bleuville, Borgia de Brinvilliers jura qu’il n’était pas au courant de tous ces agissements.

Lorsque nous arrivâmes à son cabinet sur les champs Élysées, maitre Sinclair nous serra la main. Il était habillé d’un costume élégant, avait les cheveux blancs et les yeux bleus.

Il sortit un paquet de cigarette, en pris une et l’alluma. Il en tira une bouffée.

–        Que puis-je pour vous ?

–        Je suis l’inspecteur Jack Lestrade. Je vous présente mon ami Derrick Palmer et mademoiselle Kogoro Columbo.

–        Enchanté dit-il en me serrant la main de manière ferme.

–        Moi de même répondis-je.

–        Mademoiselle, dit-il en lui baisant la main. Drôle d’idée de porter un kimono en plein Paris.

–        Ne jamais aborder cette question, répondit-elle.

–        Que me vaut l’honneur de votre visite ? Demanda maître Sinclair.

Jack sorti une pochette transparente contenant le message.

–        Le célèbre assassin, le tueur, vous prendra pour cible.

–        Je commence à avoir des adversaires de taille.

–        Nous allons assurer votre protection.

–        Pas de problème. J’ai une réunion avec des collègues.

Maître Sinclair nous conduisit dans la salle de réunion.

Donnant sur l’avenue des champs Elysées, la décoration était ancienne. Au milieu trainait une table du second empire. Il nous fit assoir devant la cheminé. Il s’assied derrière la fenêtre.

Il alluma une cigarette.

–        Les autres vont arriver.

Le premier invité fut maître Veyrac.

De grande taille, yeux noirs, habillé d’un costume noir, portant une cravate rouge, cheveux bruns, il devait avoir environ 30 ans.

Maître Sinclair se leva et marcha dans sa direction.

–        Maître Veyrac, dit-il en lui serrant la main.

–        Maître Sinclair.

–        Je vous présente l’inspecteur Lestrade

–        Enchanté, dit Jack en lui serrant la main.

–        Monsieur Palmer.

–        Enchanté, fis-je en lui serrant la main.

–        Et mademoiselle Kogoro Columbo.

–        Enchantée, répondit-elle en serrant la main.

Maître Sinclair alluma une cigarette.

Puis il déclara :

–        Manque plus que maître Gesver et maître Richemond.

Cinq minutes plus tard arriva maître Gesver. Il était d’un âge avancé, 40 ans, cheveux bruns, yeux noirs, portait un costume gris, cravate jaune.

Il serra la main de tout le monde, et complimenta Kogoro Columbo sur sa beauté.

–        Manque plus que maître Richemond, déclara maître Sinclair en allumant une cigarette.

Maître Richemond arriva au bout d’une demi-heure.

Il paraissait peut sérieux, était gros, âgé d’environ 60 ans, yeux verts, cheveux blanc.

Il portait de façon débraillé un costume bon marché.

–        Toutes mes excuses pour le retard.

–        Ce n’est pas grave, fit maître Sinclair en allumant une cigarette.

Tout le monde s’installa autour de la table.

Maître Sinclair alluma une nouvelle cigarette.

Il commença à prendre la parole.

–        Bien, si je vous ai réuni aujourd’hui, c’est pour que l’on coordonne les actions de la partie civile. Je rappelle que le procès a lieu dans deux semaines.

Ainsi commença la réunion. Chaque pièce à conviction était débattue.

On nota divers anomalies, comme le fait que Borgia de Brinvilliers avait vendu des actions avant que celle-ci ne chutent, que pour la préparation de marchés publics, Brinvilliers Bâtiments avait eu le détail de l’appel d’offre avant ses concurrents,  que l’entreprise employait au noir une part non négligeable de son personnel …

–        Avec tous les éléments, déclara maître Sinclair, il est impossible que Borgia de Brinvilliers ne soit pas au courant des agissements de sa société. Je propose de demander des compléments d’enquêtes.

Puis maître Sinclair attrapa sa boite de cigarette.

–        Tiens, elle est vide.

–        Laissez-moi vous en offrir une, fit maître Gesver en tenant un paquet où une cigarette dépassait.

–        Merci bien.

–        Moi aussi, je souhaiterais fumer, déclara Shimazu.

–        Mais avec plaisir sourit maitre Gesver. Les dames d’abord.

–        Je me permets de refaire mon stock.

Shimazu pris plusieurs cigarettes.

Maître Sinclair prit une cigarette, ainsi que maître Gesver.

Maître Sinclair alluma la sienne. Maître Gesver fit de même et par politesse, alluma celle de Shimazu.

La réunion continua jusqu’à 20H.

Content de leur travail, les avocats se séparèrent.

Le tueur ne vint pas.

Le lendemain, maître Sinclair mourut dans un accident de voiture. Maître Gesver fut retrouvé Vendredi mort d’une balle dans la tête. L’appartement de maître Veyrac brûla Samedi. On retrouva son corps calciné. Dimanche, Maître Richemond mourut d’un arrêt cardiaque.

4 juin 2012 Posted by | Littérature, Shimazu Kogoro Columbo | , | Laisser un commentaire