Le blog de Phil

J'habite Malakoff, la plus belle ville du monde

Les profs au cinéma

L’éducation nationale, système horrible, que je déteste personnellement (j’ai en particulier connu le rectorat et l’IUFM de Créteil).

Pourtant, il est à signaler que les professeurs, de mon point de vue, ne sont pas responsables de ce système.

Je pense au contraire qu’ils sont eux aussi victimes de ce système fou, au même titre que les élèves.

Les professeurs sont associés à la mauvaise image de l’éducation nationale alors que le système éducation nationale est dû à la volonté d’un seul, ou plus exactement du groupement d’idéologues fou!

 

Heureusement, il existe une BD sur les professeurs, appelé les profs aux éditions Bamboo.

Cette bande dessinée, qui parle des professeurs, est très intelligente.

Elle permet de critiquer l’éducation nationale tout en rendant les profs sympathiques.

Ce n’est pas méchant, c’est juste intelligent.

Les profs présentés sont caricaturaux, mais c’est pour mieux en rires. D’ailleurs, dans le milieu enseignant, cette BD a une bonne réputation.

 

Dans les profs, on a Antoine Polochon, jeune prof d’histoire, fan de Napoléon, qui croit à son métier, et qui met des heures à corriger des interrogations faites en 10 minutes.

On a Maurice, le prof de philosophie (mon préféré), la cinquantaine, français moyen. Il a l’expérience et a survécu à tout ce qu’il se fait dans l’éducation nationale.

On a aussi Amida, la prof de français sexy, Eric, le prof d’EPS sur vitaminé…

 

D’ailleurs, je me permets de mettre quelques extraits.

Depuis peu, la série a été adaptée au cinéma.

Que dire, que dire?

Le scénario, déjà. Un lycée risque la fermeture car son taux de réussite au bac est le plus faible de France. Un inspecteur académique, malhonnête, décide de vendre l’idée suivante: aux élèves les plus nuls, les profs les plus nuls.

Or, ce film est pour moi une mauvaise adaptation de la BD.

Là où la BD prenait des caricatures de profs pour les tourner en dérision sans méchanceté pour les rendre sympathiques, ce qui faisait l’intelligence de la BD, le film compte une histoire.

Mais on est loin de l’esprit de la BD. On est loin de cette BD qui croque sans méchanceté les profs, tout en les rendant sympathique et qui permet de décrire au passage le système mammouth éducation nationale.

D’un autre côté, ça ne me surprend pas. Le réalisateur voulait une histoire cohérente et non pas un film a sketch. Or, peut-être qu’une histoire cohérente n’est pas adapté pour cette BD.

Un bon conseil: n’allez pas voir le film, découvrez ou redécouvrez la BD.

 

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21 avril 2013 Posted by | Bande dessinée, Cinéma | , | Laisser un commentaire

Durango revient

Durango 001

Le western a d’abord commencé comme un genre caricatural et patriotique. C’est le gentil américain contre le méchant bandit ou le vilain sauvage amérindien.

Pour ma part, l’un des premiers grands westerns est le train sifflera 3 fois de Fred Zinneman avec Gary Coper dans le rôle d’un shérif seul face à son destin et son devoir, abandonné par tout le monde.

Dans les années 1960, le western est un genre en déclin.

Il est repris en main par les italiens comme Sergio Leone (pour une poignée de dollars en 1964, le bon la brute et le truand en 1970), Sergio Corbucci  (Django en 1966, Le Grand Silence en 1968) ou Sergio Sollima.

On aura ce que l’on appelle le western spaghetti.

Dans les westerns spaghetti, les héros sont plus humains et plus gris, les méchants sont des sadiques, des tueurs d’enfants et des violeurs et les femmes ont des sorts peu enviables.

Notons que le héros est mal rasé (comme les méchants) et qu’il traine de la poussière. Bref, un western plus réaliste.

Que dire côté BD et BD franco-belge?

Il y a Blueberry en 1963, mais ma préférée reste Durango d’Yves Swolfs.

En 1980, le western est un genre sur le déclin. Yves Swolfs fait un choix: celui de garder tous les codes du western spaghetti.

Le premier tome, les chiens meurent en hiver, paru en 1981 est fortement inspiré du Grand Silence.
On a un héro sombre qui parle peu, et des méchants sadiques, mauvais prêt à tout.

Notons que la population en général s’en fout et laisse son prochain se faire massacrer sans rien dire. C’est le thème du train sifflera 3 fois.

Durango, nommé le pacificateur, perd l’usage de sa main droite au premier tome. Il devient habile de la main gauche et achète un mauser.

 

Durango n’a pas vraiment de chance. Et il ne peut pas s’arrêter. Les femmes qu’il a aimé sont mortes assassinées.

Le meurtre de sa dernière épouse est au cœur des trois derniers tomes, dont les dessins ont été repris par Thierry Girod.

Durango avait trouvé une femme avec qui partager sa vie. Il s’agissait d’une riche héritière. Il allait avoir un enfant.

Elle a été assassinée parce qu’elle ne voulait pas vendre sa mine, dans l’incendie de sa maison.

Durango repart donc pour retrouver les assassins de sa femme.

Dans Un pas vers l’enfer, il retrouve les assassins de sa femme et n’hésite pas à mettre en danger la veuve et l’orphelin pour les éliminer définitivement.

Son enquête le mène à affronter un bon tueur professionnel, Le cobra.

Dans le dernier tome qui clôture le cycle, il affronte le commanditaire.

Celui-ci veut chasser des indiens, les whashoes, de leur terre, de leur lac sacré, afin de s’approprier une mine d’or.

Il va jusqu’à faire assassiner le gouverneur et demande à d’autre indiens, les shoshones de massacrer des blancs pour faire accuser les whashoes.

Heureusement, Durango arrive et sauve du massacre une jeune indienne…

21 décembre 2012 Posted by | Bande dessinée, Littérature | , | Laisser un commentaire

Les choix moraux expliqués dans « The Dark knight » de Frank Miller

Une note du blog de Ginisty m’a fait penser à l’excellente bande dessinée de Frank Miller, « The dark knight« .

Dans cette bande dessinée, Frank Miller décrit la fin de Batman.
Gotham city est une ville où l’insécurité règne, et où le gang des mutants terrorise la population.

Le commissaire Gordon fait ce qu’il peut. Mais il doit partir à la retraite.

Bruce Wayne, hanté par ses démons (ça fait 10 ans qu’il a arrêté) reprend du service.

Dans cette BD, Batman est présenté comme un fou. Mieux il est sadique. Il se crée une relation malsaine entre lui et les criminels d’envergure (double face, le Joker), par contre, il se lâche sur un petit voyou.

Batman, dans cette BD a des méthodes expéditives.

Le phénomène est complexe. Il est condamné  par une partie de la population (pour ses méthodes expéditives) mais une autre partie, souvent les victimes, le soutient activement.

Quant au maire de Gotham city, surtout, il ne prend pas de décision. Il ne veut pas fâcher qui que ce soit.

Enfin si, il prend comme nouveau commissaire une personne sur deux critères:

  • C’est une femme.
  • Elle est contre Batman.

Le ton de la BD est clairement noir afin de retranscrire la personnalité complexe de Batman.

Pourquoi je parle de cette BD.

Une scène est pour moi exceptionnelle. C’est celle où le successeur de Gordon demande pourquoi celui-ci soutien Batman.
Il explique, avec l’exemple de Pearl Harbour, que la situation de Gotham est catastrophique, et que finalement, Batman est un mal nécessaire.

Les choses ne sont pas si évidente que ça, et que peut-être que Gotham serait pire sans Batman.

Si je parle de cette BD, c’est que Christophe Ginisty fustige les hommes politiques qui méprisent leurs militants en mettant François Bayrou dans le tas.

Les choses ne sont malheureusement pas aussi faciles.
Bayrou est le seul homme politique à avoir une vision de ce qui se passe dans ce pays.

Son but est de la mettre en application, car seul sa vision, sur le long terme, permettra de redresser la France qui est dans un état critique.

Seulement, face à lui, il a une machine UMPS qui tourne à plein régime. Il ne peut pas se permettre de faire le bisounours. Il est en plein dans le système de compétition décrit par Schumpeter.

Il est obligé de faire preuve d’efficacité, et de faire le plus de voix possibles pour peser, ou mieux, être au second tour et être élu.

Car rappelons-le, l’enjeu reste la France, et il est temps de commencer son redressement.

20 mars 2012 Posted by | Bande dessinée | , , , , | Laisser un commentaire