Le blog de Phil

J'habite Malakoff, la plus belle ville du monde

Je ne suis pas « Gilet Jaune »

Puisque le 17/11/2018 il y a une manifestation dite « Gilet Jaune », je me permets de donner mon avis.

 

Je ne suis pas favorable aux Gilets Jaunes, et je ne participerai donc pas à la manifestation.

 

Je ne suis pas favorable aux Gilets Jaunes et ceci pour plusieurs raisons.

 

Sur la forme déjà.

Emmanuel Macron a été élu. Il est légitime de 2017 à 2022.

Il applique le programme sur lequel il a été élu.

Pour le sanctionner, c’est en 2022.

 

Par ailleurs, la France ne peut plus continuer comme ça. Il faut la réformer. Emmanuel Macron a, malgré ces très nombreux défauts, la volonté de le faire.

Je l’en remercie.

D’autant qu’il essaye de faire des réformes pour tout le monde, en évitant le clientélisme et en aidant du mieux qu’il peut les gens qui travaille.

En plus, il a hérité d’une situation difficile…

 

Je n’apprécie pas la récupération politique.

Laurent Wauquiez, par exemple, au lieu de mettre un Gilet Jaune par-dessus sa Parka rouge devrait se demander pourquoi Sarkozy a perdu en 2012 et pourquoi la Droite a perdu une élection imperdable en 2017.

 

Des fois, ça devient même ridicule avec « Le Général De Gaulle aurait mis un Gillet Jaune », dixit Florian Phillipot.

 

Et puis il y a le fond.

Et franchement, ce n’est pas l’essence qui greffe le pouvoir d’achat.

Certes, l’offre de transport étant compétitive en première couronne, je n’ai pas de voiture.

 

Mais depuis, les voitures consomment moins (voir ici et ici).

 

Prenons un cas pratique.

Quand j’étais étudiant, j’étais à la faculté d’Orsay.

Entre Malakoff et Orsay, il y a un peu moins de 30 km.

Sur une semaine de 5 jours, je fais donc 150 km.

Avec un plein de 60€, on est autonome sur 632km.

 

Ce qui fait un plein toute les 2 semaines.

Soit 180€ par mois.

 

A mon époque, c’était un plein par semaine, soit 240€ par mois.

J’ai quitté Orsay en 2002…

 

Par contre, d’autres choses greffe vraiment le pouvoir d’achat, et ça, on n’en parle pas.

 

La première chose, c’est les charges salariales.

En ce qui me concerne, j’ai fait le calcul en vue de demander une augmentation, j’ai un salaire net de 3 172€/Mois mais je ne touche que 2 316,19€/Mois, soit un pourcentage de charges sociales moyenne (car le sujet est un peu plus compliqué) de 26,98%. Plus du quart de mon salaire.

 

Il va de soit que ça greffe vraiment mon pouvoir d’achat.

 

D’ailleurs, Emmanuel Macron essaye de favoriser les gens qui travaille, en diminuant les charges salariales. C’est d’ailleurs pour ça qu’il a augmenté la CSG. L’idée étant d’augmenter la base des gens qui financent le système de santé.

 

Je rappelle que dans le programme de François Fillon, il y avait la même chose, mais au lieu d’augmenter la CSG, il y avait augmentation de la TVA.

 

Je sais qu’Emmanuel Macron aurait voulu aller plus loin, mais il a un autre problème : le déficit chronique de la France.

Déficit qui a été explosé par Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande.

 

En particulier, selon Thierry Breton, ministre de droite de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy a fait plus de dette en 5 ans que François Mitterrand en 14 ans..

 

Enfin, il y a l’immobilier.

C’est 1/3 du revenu (net pour le coup).

Les prix de l’immobilier en IDF sont juste délirants, que ce soit à la location ou à l’achat.

 

Mieux, la bulle immobilière a atteint la seconde couronne.

 

Et le neuf n’est pas forcement meilleur qualité que l’ancien…

Vu le prix, c’est vraiment n’importe quoi.

 

Et avec les JO 2022, ça va s’empirer.

 

La caricature du Groland reste encore d’actualité.

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15 novembre 2018 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , | Laisser un commentaire

Le principal échec du PS, c’est de ne pas s’être adapté aux contraintes extérieures

La fondation Jaurès dresse un bilan du quinquennat de François Hollande (ici et ici).

 

Pour ma part, j’ai eu envie de donner mon ressenti.

 

Le problème du mandat de François Hollande, ça n’a pas été Jean Marc Ayrault ou Manuel Valls qui ont fait le travail de premier ministre au mieux, mais bien François Hollande, qui pour moi est responsable du déboire du Parti Socialiste.

 

En ce qui me concerne, François Hollande est un véritable escroc. Le mot étant fort, je vais l’expliciter.

 

Il s’est fait élire en tant que président réformateur, à la suite de l’empêchement de DSK, mais il a été l’inverse du président réformateur.

Ça a été le président machiavel.

 

En ce sens, il a trompé les électeurs qui attendent des réformes dans l’intérêt de tous.

 

Mais surtout, et sur ce point je rejoins la fondation Jaurès, il n’a pas fait évoluer la doctrine du PS.

En ce sens, c’est peut-être là le véritable échec de François Hollande.

 

Et cet échec est d’abord celui de son bilan en tant que premier secrétaire du PS, qui d’une certaine façon préfigure son échec en tant que président de la république.

 

Laissez moi vous raconter une histoire.

Je viens de la physique.

Et en physique, il y a une chose de certaine, on ne va pas contre les Equations de Maxwell.

On peut les détester, les haïr, peut-être nous emmerdent- elles, mais on est obligé de faire avec.

On est obligé de faire avec car elles ont fait la peau de la physique classique et en particulier de la mécanique de Newton.

Les équations de Maxwell, qui ont été un succès de la physique, qui à la base expliquent l’électromagnétisme, mais par extension la lumière, n’ont jamais pris une ride.

Pour qu’elles soient toujours de la même forme d’un référentiel à l’autre, on a débouché sur la relativité restreinte.

 

Finalement, c’est la leçon que j’ai apprise en physique. On ne va pas contre les équations de Maxwell et on fait avec. On s’adapte à elles.

On fait avec les contraintes.

 

C’est dans cet esprit que je conçois mon engagement politique.

On fait avec les contraintes extérieures.

 

Ce n’est pas un mal, pour moi, d’être de Gauche, de Droite ou du Centre.

Ce qui est pour moi un mal, c’est d’imposer une idéologie contre les contraintes extérieures et contre la réalité. Ça mène à des politiques clientélistes et destructrices pour les gens. Ça mène à des politiques injustes et contre les gens et les personnes. Ça mène à des politiques qui ne profitent pas à la majorité mais à une faible base électorale.

 

Pour en revenir au PS, je pense que le problème est là.

 

En 1989, le mur de Berlin s’est effondré.

Ça a répondu à une question.

Entre le socialisme et le capitalisme, le système économique « qui marche » est le capitalisme.

 

Ça ne veut pas dire que le capitalisme est un bon système. Ni que les défauts du capitalisme n’existent plus. C’est juste que le capitalisme marche mieux que le socialisme.

 

En particulier, le capitalisme crée toujours de la misère.

 

Mieux, la révolution internet a accéléré la mondialisation et la globalisation de notre économie.

 

Du coup, dans l’ensemble de l’Europe, les partis socialistes, c’est-à-dire de Gauche gouvernementale, se sont réformé. Ils ont épousé le capitalisme et ont essayé de donner aux gens les moyens de s’en sortir.

 

Ils ont été vers une doctrine de Centre-Gauche.

Ils se sont tournés vers la social-démocratie.

 

On a eu Tony Blair au Royaume Uni et Gerhard Schröder en Allemagne.

 

Mais là où les partis socialistes sont se sont réformés, le PS français est toujours resté le même.

 

Et sur ce point, François Hollande, qui a été sont premier secrétaire de 1997 à 2008, en porte la lourde responsabilité.

 

Pire, en 2002, le 21 Avril 2002, le PS est éliminé du premier tour de la présidentielle. On a un second tour Chirac/Le Pen.

 

Au lieu d’en tirer les conséquences, et d’avoir une réflexion de fond sur :

  • Les raisons de l’échec à la présidentielle.
  • Sur l’Etat de la France et du monde.
  • Sur la doctrine idéologique du PS.

François Hollande a ménagé la chèvre et le chou.

 

Il a construit le PS sur la médiocrité de la droite au pouvoir.

 

A court terme, ça a marché. Le PS a pris la majorité des régions, des villes et des départements.

 

Mais comme la droite était nul, surtout celle de Sarkozy, le PS a fini par prendre le pouvoir national.

Sauf que du coup, ils étaient mal préparés.

 

Ça a donné le mandat de François Hollande….

 

Notez que ce que je reproche au PS, je le reproche aussi dans les grandes lignes aux républicains.

 

9 novembre 2018 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , | Laisser un commentaire

Revenons sur quelques aspects de la politique locale (2/3) : Les impôts locaux sont injustes et inadaptés aux mécanismes économiques actuels

En réalité ce sujet est plus vaste et ne touche pas que les impôts locaux.

Je pense même que c’est l’un des vrais reproches que je fais à Emmanuel Macron, même si je pense qu’il est meilleur, sur ce point, que ses concurrents.

 

Pire, il est meilleur que François Hollande, qui se dit grand fiscaliste.

 

Tout commence en 1789. A cette époque, il faut revoir le système d’impôts, celui-ci étant particulièrement injuste (Tocqueville donnant l’exemple de la corvée dans « L’ancien régime et la révolution »).

 

C’est les physiocrates qui conçoivent le nouveau système d’impôt.

Dans l’esprit des physiocrates, il était impensable de taxer les revenus.

On taxait les biens, car les biens permettaient de s’enrichir. A noter qu’employer quelqu’un, c’est comme avoir un bien.

 

Effectivement, si on possède un champ (car en 1789, la France est rurale), on va s’enrichir car on va le labourer ou le faire labourer. On taxe donc, dans la logique physiocrate, le fait de posséder un champ.

 

Sur ce principe, on a inventé 4 impôts, les 4 vielles :

  • La taxe d’habitation.
  • La taxe foncière sur le bâti.
  • La taxe foncière sur le non-bâti.
  • La patente, qui deviendra la taxe professionnelle puis la CET.

Notez qu’à l’époque, c’est l’Etat qui bénéficiait de ces 4 impôts.

 

Dans les années 1840, l’Etat se retrouvait à dépenser des fortunes dans le développement économique, mais à avoir, à cause de la logique physiocrate, un faible retour sur investissement.

 

Effectivement, selon la logique physiocrate, si on a peu de bien immobilier, on paye peu d’impôts.

 

L’Etat a passé les 4 vielles aux communes et a inventé de nouveaux impôts.

 

La logique physiocrate, que ce soit au niveau local ou au niveau national est une catastrophe.

 

Déjà, pour commencer, l’impôt est injuste.

Il est injuste car décorrélé des revenus.

Si on reprend l’exemple du champ, si on a la grêle, on fait moins, voir pas de récoltes.

On génère moins de revenus, mais on a autant d’impôt, car on possède, toujours de la même façon, le champ.

 

L’impôt physiocrate a une logique punitive.

Dans le cas la taxe d’habitation, on vous punit car vous habitez un logement. Ce qui est contraire au droit au logement.

 

Le pire étant les charges patronales. On punit le patron car il embauche et on punit le patron car il augmente les salaires. Le tout indépendamment du chiffre d’affaire généré par l’entreprise. Ça devrait juste être l’inverse.

 

C’est un impôt contre le développement économique, qui crée de la misère sociale.

Les charges patronales découragent d’embaucher, surtout les gens éloignés de l’emploi, en particulier les jeunes et les séniors.

 

C’est un impôt qui crée une inégalité territoriale.

Pour rappel, pour la taxe d’habitation, on a :

V = T * BV est la valeur de l’impôt perçu, T le taux (fixé en conseil municipal) et B les bases.

Les villes où les bases sont élevées auront toujours plus de facilités. De base, elles toucheront plus de revenu.

Par ailleurs, elles feront fuir les pauvres, car de fait, les impôts locaux seront plus élevés.

Par ailleurs, ça crée des villes avec plus de pauvre, qui cumuleront les problèmes, mais qui n’auront pas les moyens d’y faire face.

 

De fait, c’est aussi un impôt qui est contre la mixité sociale.

 

Enfin, c’est un impôt non transparent. Si les taux sont fixés par le conseil municipal démocratiquement élu, ce n’est pas le cas des bases fixées dans d’obscurs couloirs du trésor public, à l’abri des regards indiscrets.

 

Notons qu’à l’époque des députés-maires, le maire expliquait que c’était un bon maire car il n’augmentait pas les impôts locaux. Il n’augmentait pas les taux.

Mais à l’assemblée nationale, il augmentait les bases.

Ça a un nom, ça s’appelle l’hypocrisie.

De fait, les impôts locaux ont augmenté plus vite que l’inflation.

 

Sur le fond, quand Emmanuel Macron explique qu’il faut supprimer la Taxe d’Habitation, je suis d’accord avec lui. C’est un impôt physiocrate, et je suis contre les impôts physiocrates.

 

Néanmoins, je ne suis pas d’accord sur la façon dont cette suppression est mise en place.

  • Il faut maintenir l’autonomie fiscale.
  • Il faut donc un impôt (non physiocrate) pour remplacer la Taxe d’Habitation.
  • Il faut élargir la réflexion à l’ensemble du système fiscal français car les impôts physiocrates sont légions (Taxe d’habitation, Taxe foncière sur le bâti et le non-bâti, ISF, redevance télé, taxe professionnelle…).

3 novembre 2018 Posted by | Politique, politique locale, Politique nationale | , , , , | Laisser un commentaire

Pour moi, il faut supprimer le statut du fonctionnaire

Puisqu’il y a un débat sur la réforme de l’Etat, je souhaite donner mon avis sur un point particulier : le statut du fonctionnaire.

 

Et en ce qui me concerne, je suis pour sa suppression. Comme l’avait déclaré Emmanuel Macron lorsqu’il était ministre de l’économie.

 

Excepté des métiers vraiment particuliers, comme le juge qui enquête sur Nicolas Sarkozy, car lui, il a un métier particulier, je suis contre le statut du fonctionnaire.

 

Et il est aujourd’hui remis en cause, de façon hypocrite d’ailleurs.

 

Pour commencer, je tiens à rappeler que je suis pour et que je suis attaché au service public.

 

Le service public permet l’égalité. Si l’école était privée, il n’y aurait pas d’égalité. Seuls les riches feraient des études, et le pauvre ne pourrait pas révéler son potentiel et ne pourrait pas gravir l’ascenseur social.

L’école, qui donne les bases (lire, écrire, compter), et une culture générale, permet de donner les bases pour survivre dans un monde de plus en plus difficile.

 

Toutes personnes doivent pouvoir avoir la chance de s’en sortir. Après, libre à elle de prendre le train en marche, ou pas.

 

Par ailleurs, l’Etat doit assurer sa sécurité intérieur ou extérieur, régler les différent, punir ceux qui ne jouent pas le jeu, et aider les plus fragiles et accompagner ceux qui ont un accident de vie, les accidents de vie étant de plus en plus fréquents.

 

Je suis donc, de fait, pour un service public. Je suis pour la police, l’armée, la justice, le service de santé, l’éducation nationale et l’agence pour l’emploi.

 

Mais il convient de rappeler qu’un service public doit rendre un service.

 

Contrairement à une entreprise qui est là pour faire du profit, un service public doit rendre un service.

Or, il convient de se demander si ce service est bien rendu.

C’est, dans le cas de la France, rarement le cas.

L’année dernière, lorsque j’avait des problèmes de nuisances (voir 1, 2, 3, 4, 5), la police se déplaçait rarement.

Du coup, des fois, j’hausse les épaules et je me dis : « A quoi bon perdre mon temps à téléphoner ».

Du coup, j’ai donc un service public qui, pour moi, n’est pas satisfaisant.

Pire, je me demande se qui se passerait s’il y avait de vrais problèmes d’insécurité.

 

Autre exemple, l’Ecole. Lorsque l’on perd des places dans PISA, qu’en plus on est une école inégalitaire toujours selon PISA, que les élèves sont de moins en moins bon (enquête Pirls), il est légitime de se poser la question de savoir si l’éducation nationale rend un bon service public.

 

Je pourrais prendre d’autres exemples (en ce qui me concerne, le pôle emploi est une catastrophe également).

Mais en résumé, on a un service public cher, mais le service rendu n’est pas à la hauteur des sommes investis.

 

Il convient aussi de mettre un autre point en avant.

Si le service rendu par un service public est insuffisant, ce n’est pas toujours la faute des fonctionnaires qui le font tourner.

Souvent, il a été pensé par des gens qui se disent beaux, magnifique et intelligents et qui en fait, ne connaissent rien à la vie.

De fait, le service public a été organisé de tel façon que les fonctionnaires, même avec la meilleure volonté du monde, ne peuvent tout simplement pas réussir.

Sur ce point, les réformes du service public fait par Nicolas Sarkozy sont une catastrophe.

J’ai en tête le Pôle Emploi.

Un autre exemple est l’éducation nationale, réformé par Philippe Meirieu.

J’en sais quelque chose, j’ai été à l’IUFM.

 

Pour résumer, la qualité d’un service public n’est pas qu’une question de moyens et d’embauche de personnel. C’est aussi une question d’organisation, et de bien définir ce qu’e l’on attend d’un service public.

 

Ce rappel étant fait, revenons sur la question posée, à savoir le statut des fonctionnaires.

 

Je suis contre ce statut et ceci pour plusieurs raisons.

La première est que ce statut est injuste. Vis-à-vis des gens qui travaillent dans le privé, ce statut est foncièrement injuste.

 

Pire, on va, nécessité de s’adapter à un monde de plus en plus complexe et difficile, vers plus de flexibilité.

Un emploi à vie, c’est contre la flexibilité.

 

Des génies de gauchistes, comme Jean Luc Mélenchon ou Philippe Martinez, des gens qui vivent des subventions de l’Etat (ou de cotisations) et qui n’ont jamais vraiment travaillé, des parasites, en fait, vont expliquer qu’en fait, il faut étendre le statut du public au privé. Sans doute.

Sauf qu’en réalité, comme je l’ai expliqué à maintes reprises, l’emploi est relativement « protégé ».

En résumé, c’est « relativement » difficile de licencier.

De fait, une entreprise privée, qui elle, subit une concurrence sévère, hésite à embaucher, car en cas de coup dur, elle ne pourra pas licencier, sauf si le patron fait « Le fils de pute ».

De fait, une entreprise privée cherche le « Mouton à 5 pattes ».

Elle préfère ne pas embaucher plutôt que de se tromper.

Et ça implique plein d’effets pervers comme le système de la SSII, les périodes d’essais qui s’allongent au-delà du raisonnable, les entretiens d’embauche aux questions débiles…

Le tout empiré par le coût du travail…

Et les premières victimes sont les jeunes et les seniors, les gens qui sont éloignés de l’emploi.

 

Ce qui amène à la seconde raison. Pour jouer la flexibilité, le service public a inventé des contrats précaires. Comme les vacataires à l’Education nationale.

Pire, le service public multiplie les CDD, ce qui est juste interdit dans le privé.

L’exemple le plus connu est la Poste.

 

Troisième raison : Pour jouer la flexibilité, le gouvernement fait de l’hypocrisie. Il recrute des contractuels.

 

Quatrième : l’Etat doit réduire son train de vie. Faire ce que l’on appelle un plan social est donc nécessaire. On ne peut pas se permettre de continuer avec un Etat endetté (en dette de fonctionnement, en plus), et qui produit du déficit.

Il faut vraiment réduire les dépenses et l’Etat doit pouvoir réduire les effectifs là où il est possible de les réduire.

Ce qui amène à la dernière raison : Comme l’Etat ne peut pas réduire, il n’embauche pas. Et comme il ne peut pas réduire pour récupérer des marges ne manœuvres, il ne peut pas embaucher là où il y a vraiment un besoin de fonctionnaires, c’est-à-dire dans la police, devant les élèves, devant la population…

 

La réforme du service passe certes d’abord par une redéfinition des services publics.

 

Mais dans un monde où l’on va devoir être de plus en plus flexible, l’Etat doit pouvoir s’adapter aux contraintes extérieures, comme une entreprise privée en somme.

 

Il doit pouvoir être flexible dans sa gestion du personnel, afin de pouvoir le supprimer là où il y a lieu de supprimer du personnel, et en embaucher là où il y a des besoins.

 

Le statut du fonctionnaire ne permet pas de faire ça.

1 novembre 2018 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , , | Laisser un commentaire

Revenons sur quelques aspects de la politique locale (1/3) : Pour moi, il y a des torts partagés dans la guerre État/Élus locaux

Ça fait un petit moment que l’on parle du ras-le-bol des maires et des élus locaux.

Dernièrement, un appel a été signé.

Il y aura une manifestation le 10/11/2018.

Le maire de Malakoff a signé, ainsi que celui de Bagneux, Clamart et Fontenay aux Roses.

 

C’est le nouvel épisode d’une guerre entre l’État et les collectivités locales.

Pour ma part, je pense que le problème est plus complexe est qu’il y a des fautifs dans les deux camps.

 

Commençons par les torts côté gouvernement.

 

Pour un maire, deux choses qui sont importantes.

La première est l’autonomie financière.

La question est de savoir si un maire a les moyens de sa politique et de ses missions/attributions.

La seconde est l’autonomie fiscale.

Le maire peut-il fixer les impôts comme il le souhaite.

 

Les gens n’en ont pas conscience, mais le second point est aussi, voir plus important que le premier point.

 

Effectivement, dans la capacité à fixer les impôts comme il le souhaite, le maire a la main sur sa stratégie économique.

En fixant les impôts comme il le souhaite, il peut définir sa politique économique et sa stratégie de développement urbain.

 

Par exemple, s’il veut faire venir des entreprises, il doit pouvoir diminuer les taux sur les impôts ciblant les entreprises.

 

D’ailleurs, faire venir des entreprises était financièrement rentable, grâce à la taxe professionnelle.

En faisant venir une entreprise, on augmentait les recettes de la commune, ce qui faisait que l’on pouvait rendre des services aux habitants sans demander plus d’efforts aux ménages.

 

C’est la stratégie qu’ont adopté Charles Ceccaldi-Raynaud (Maire de Puteaux de 1969 à 2004), André Santini (Maire d’Issy les Moulineaux depuis 1980) ou Jean Loup Metton (Maire de Montrouge de 1994 à 2016).

 

Sauf que depuis un petit moment, l’autonomie fiscale est remise en cause.

 

D’abord, mettons les points sur les i !

Cette remise en cause ne date pas d’Emmanuel Macron.

Elle a débuté avec Nicolas Sarkozy.

 

Elle a débuté avec la suppression de la Taxe professionnelle.

Elle a été remplacée par la CET (Contribution économique territoriale).

La CET se compose de deux impôts :

  • La CVAE (Contribution sur la valeur Ajouté des Entreprise).
  • La CFE (Contribution foncière des entreprises).

La CVAE est, pour résumé, sur les revenus de l’entreprise.

La CFE est sur les bien immobiliers que possède l’entreprise.

 

De mémoire, la CVAE représente 2/3 des recettes là où la CFE en représente 1/3.

 

Sauf que la collectivité ne peut fixer les taux que sur la CFE.

On a donc perte de l’autonomie fiscale.

 

Mais ça a continué sous François Hollande. Il a été le maître d’œuvre d’un politique territoriale stupide, qui s’est faite avec une perte de démocratie, et une accentuation de la technocratie.

 

En particulier, il a continué dans l’erreur que sont (au moins à Paris) les intercommunalités et il a fait du Grand Paris une usine à Gaz.

 

Côté Macron, il est vrai que la suppression de la Taxe d’Habitation (que j’ai commenté : 1, 2, 3, 4, 5 et synthèse) va dans le sens d’une perte d’autonomie fiscale.

 

Donc, d’après tout ce que je viens de dire, les maires sont les gentils de l’histoire et l’Etat, représenté hier par Nicolas Sarkozy, François Hollande puis aujourd’hui Emmanuel Macron les grands méchants ?

 

Pas tout à fait, car même s’il y une vraie remise en cause de l’autonomie fiscale, les maires sont loin d’être blanc comme neige. Ils ont aussi leurs parts de responsabilité.

 

Il convient de rappeler que l’on est dans une époque où l’on a de moins en moins de ressources.

Il faut donc les utiliser avec parcimonie, et même faire des économies, notamment des économies sur les dépenses de fonctionnement.

 

Or, au contraire, on a un festival. En réalité, les communes ont exactement fait l’inverse.

Ça a été notamment mis en avant par la cour des comptes et le député René Dosière.

 

C’est en particulier pour ça que je suis contre les intercommunalités. Car même si certains font des efforts (je pense à GPSO), en général, les intercommunalités, ça a été l’outil des doublons.

J’ai en mémoire Sud de Seine, souvent critiqué ici, qui regroupait Malakoff, Bagneux, Clamart et Fontenay aux Roses.

 

Par ailleurs, l’État étant surendetté, il doit réduire ses dépenses de fonctionnement. Or on a des communes qui ont décidé de vivre des dotations de l’Etat. Moralement et économiquement, c’est contestable. Ça revient à vivre de la charité publique en faisant payer … les pauvre et les clochards.

 

Dans cette catégorie, on a des communes comme Malakoff.

 

Évidement, on n’a pas que des communes de Gauche. On a aussi des communes de Droite, comme Puteaux.

 

Dans l’absolu :

  • Je trouve normal que l’État se désendette, et qu’en particulier, il réduise les dotations.
  • Je trouve anormal que les communes, statistiquement, n’aient fait aucun effort pour réduire et rationnaliser les dépenses de fonctionnement.
  • Je trouve qu’il est anormal que certaines communes décident de vivre de la charité publique, surtout s’il s’agit de l’Etat qui est surendetté.
  • Par contre, je trouve anormal que l’on ne donne pas les moyens aux maires de définir leurs politiques économiques afin d’enrichir leurs communes et se prendre en main. Je trouve anormal que l’on réduise l’autonomie fiscale.

28 octobre 2018 Posted by | Malakoff, Politique, politique locale, Politique nationale | , , , , , | Laisser un commentaire

Mon avis sur le remaniement : Les gens qui ne veulent pas que la France se réforme sont (trop) nombreux

Je n’ai pas commenté le remaniement, mais je vais le faire d’une façon (malheureusement) original.

 

Je suis très triste. Je ne vais pas essayer de trouver un coupable, un bouc émissaire ou mettre en avant que Gérard Colomb était incompétent (comme ce qui est sous-entendu ici), mais je suis vraiment dans un sentiment qui oscille entre tristesse, colère et inquiétude.

 

Et finalement, j’en veux à Gérard Collomb sur sa façon d’avoir géré sont départ, car il va rendre les réformes beaucoup plus compliquées.

 

Avec l’affaire Bellana hier, avec l’affaire du remaniement aujourd’hui, j’ai pris conscience d’une chose : Les gens qui veulent faire capoter les réformes dont la France a besoin sont nombreux.

 

Et là où je suis en colère, c’est que l’on donne des munitions à ces gens-là.

On donne des munitions aux Mélenchon, on donne des munitions aux Le Pen, mais également aux Hamon, aux Faure, aux Wauquiez…

 

On donne des munitions aux gens qui sont au mieux des personnes qui sont dans un schéma archaïque qui ne correspond pas à la France d’aujourd’hui (Laurent Wauquiez, Olivier Faure, Benoît Hamon), ou pire aux démagos populistes (Jean-Luc Mélenchon, Marine le Pen).

 

C’est d’autant plus dommage qu’Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont fait des choses (baisses des charges, patronales et salariales, réforme du marché du travail, réforme de la SNCF…).

 

C’est aussi accentué par le manque de culture politique d’En Marche. Ils votent des choses bien, mais ils ne le savent pas encore. Du coup, ils n’arrivent pas à défendre Emmanuel Macron, y compris quand il fait des choses bien.

 

Reprenons.

 

Emmanuel Macron a des défauts. Peut-être a-t-il plus de défaut que de qualité.

Mais il a deux qualités que les autres n’ont pas.

 

La première, c’est l’un des rares politiques à avoir compris que les problèmes de la France sont d’abord liés à l’économie.

 

Des Le Pen, pire, des Wauquiez aussi, expliquent que l’on a des problèmes d’immigrations et d’intégrations, et par conséquent, ça implique des problèmes économiques.

 

Ça tombe bien, moi, je pense exactement l’inverse.

C’est parce que notre économie ne tourne pas que l’on a des problèmes d’intégration.

L’économie, ce n’est pas qu’une histoire de pognon, c’est aussi une façon d’organiser la société.

Et si l’économie ne tourne pas assez, on n’est pas en mesure d’intégrer les gens.

 

Et le problème de la France, c’est que l’on est dans une économie ouverte, et que l’on n’est pas capable de tirer notre épingle du jeu dans la concurrence mondiale.

 

Ça fait plaisir de voir enfin un président qui l’a compris, et qui essaye de changer les patterns qui aujourd’hui sont inadapté à la situation de la France d’aujourd’hui.

 

Enfin, Emmanuel Macron a une seconde qualité, c’est de vouloir faire des réformes pour que l’on gagne collectivement.

 

Avant, les réforme, c’était pour privilégier une faible base électorale. Ça a un nom. Ça s’appelle du clientélisme.

 

Alors ceux qui ne veulent pas se remettre en cause, qui défendent des privilèges d’un autre temp, qui vivent avec une vision faussée du monde, ils veulent la fin de Macron.

 

Ils ne veulent pas de réformes, car les réformes vont contre leurs intérêts clientélistes et leurs privilèges.

 

Dans ces gens, on a les Wauquiez, les Faure, les Hamon, ainsi que les extrêmes comme Mélenchon.

 

Et aujourd’hui, par la bêtise de l’exécutif, et en particulier de Gérard Collomb, ils viennent de marquer des points, ce qui va rendre la suite des réformes difficiles.

 

On ne le répètera jamais assez, ces gens-là, ils ne veulent pas des réformes et feront tout ce qui est en leur pouvoir pour les faire capoter.

 

Ces gens-là sont égoïste.

 

J’en sais quelque chose, j’ai commencé ma vie au chômage. Et pas qu’un peu !

14 octobre 2018 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , , , | Laisser un commentaire

Un pipoteur nommé Wauquiez

Je ne veux pas de Wauquiez comme président de la république.

 

Je pense que maintenant, ça doit être connu.

 

C’est Nicolas Sarkozy, mais en pire.

 

Il droitise (encore) la droite et rend encore (plus) poreuse la frontière entre la droite et l’extrême droite.

 

Au lieu de faire un réel bilan de la droite, qui a perdu en 2012, pour des raisons justifiées, et en 2017, pour des raisons justifiées, une élection imperdable à la suite du quinquennat d’un des pires présidents, en l’occurrence François Hollande, Wauquiez laisse LR persister dans l’erreur.

 

Mais Wauquiez est également président de région.

Et sa région est sensé être le laboratoire de la France Wauquiez.

 

Quand je vois ce qui s’y passe, je n’en veux surtout pas pour la France.

Et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour empêcher Wauquiez d’être président de la république.

 

D’ailleurs, un dernier article sur la gestion Wauquiez est édifiant.

Entre mensonge, coupe dans le service public…

A lire sur Libération ici.

10 octobre 2018 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , | Laisser un commentaire

Manuel Valls, une personne intéressante

Comme j’en ai marre de la France insoumise, parasites notoires, j’ai décidé de prendre la défense de Manuel Valls.

 

Sérieusement, j’ai vraiment de la sympathie pour Manuel Valls.

 

Son bilan à Matignon n’est certes pas exceptionnel. Mais je pense que c’est plus parce que le problème est François Hollande, président machiavel.

 

En fait, le problème de Manuel Valls, c’est que ça a été le premier ministre du président François Hollande.

 

Mais en sortant cet aspect, Manuel Valls a des qualités.

 

La première est d’avoir voulu faire évoluer le PS et le faire rentrer dans le 21ème siècle.

 

Il faut rappeler que l’ensemble des PS en Europe ont évolué vers le Centre Gauche, que ce soit au Royaume Uni avec Tony Blair ou en Allemagne avec Gerard Schröder.

 

L’ensemble des grands partis de Gauche en Europe ont compris qu’en 1989, une page d’Histoire a été marquée avec la chute du mur de Berlin.

 

Le capitalisme a gagné. C’est le système de base pour bâtir une économie.

Cela ne veut pas dire que c’est un bon système, c’est juste que l’on n’en a pas trouvé de meilleur.

En particulier, le capitalisme crée toujours de la misère.

 

C’est pour ça que l’ensemble des partis socialistes en Europe ont été vers le centre gauche.

Ils ont accepté le capitalisme, l’ont épousé et ont fait les réformes pour jouer le jeu de la mondialisation, et rendre leurs économies compétitives.

 

Pour combattre les effets pervers du capitalisme, ils ont changé de philosophie.

Ils ont investi dans l’humain. Ils ont donné les moyens aux gens de survivre dans un système capitaliste. Ça passe par l’éducation, la formation au long de la vie…

Bref, ils ont été vers ce que l’on appelle le Centre Gauche.

 

Et même si aujourd’hui il y a un retour en arrière avec les travaillistes au Royaume Uni, dû à Jeremy Corbyn, qui d’ailleurs invite Mélenchon, l’ensemble des partis socialistes ont été vers le Centre Gauche.

En Allemagne, ils dirigent même avec la droite, la CDU d’Angela Merkel.

D’ailleurs, par la Gauche dure et donc par Mélenchon, le Centre Gauche est appelé les Sociaux-traitres. Tout est dit.

 

Donc, les partis socialistes en Europe ont été vers le Centre Gauche pour épouser le Capitalisme, l’accepter, et corriger les effets pervers en donnant aux gens les moyens de s’en sortir.

 

Tous les partis socialistes ?

Non, en France, il y a un parti socialiste qui résiste et a décidé de rester de Gauche pure : Le PS français.

 

Celui-ci, noyauté par des gauchistes comme Martine Aubry, Arnaud Montebourg, Benoit Hamon (qui a quitté le PS depuis), Aurélie Filippetti, Anne Hidalgo…

 

Beaucoup ont d’ailleurs fait partie des frondeurs.

A noter que Nathalie Chabanne, qui a battu François Bayrou aux législatives de 2007, a rejoint les frondeurs. Tout un symbole. D’autant que pour elle, l’homme à abattre était François Bayrou.

 

Vous savez, tout ces gens qui n’ont que des aprioris, qui t’expliquent pleins de choses, mais qui n’ont jamais vu un vrai chômeur, et n’ont jamais vu une vraie entreprise…

 

C’est là qu’intervient Manuel Valls.

Manuel Valls a un vrai mérite. C’est celui d’avoir voulu faire évoluer le PS français comme dans les autres pays européens.

 

Pour commencer, s’il y a un point ou je suis d’accord avec Manuel Valls, c’est qu’en économie, le logiciel PS est vieux, usé et fatigué.

Le PS résonne sur des patterns d’un autre temps, inadapté à l’économie que traverse la France des années 2000-2010.

 

J’ai vraiment de la sympathie pour Manuel Valls. Car il a vraiment essayé de changer ça.

Il a essayé de faire du PS un parti capable de gouverné dans le contexte particulier du 21ème siècle.

 

Néanmoins, il faut reconnaître que Manuel Valls a fait des erreurs.

Autant je suis en accord avec le constat, autant, tactiquement, il aurait du tout faire pour faire évoluer le PS et faire changer le logiciel du PS en ne se concentrant que sur l’économie.

 

En particulier, le débat sur la déchéance de nationalité française était une erreur.

Moi, en tant que centriste, je dois reconnaître que ça m’a un peu choqué.

Donc imaginez pour tous ces gauchistes du PS.

Du coup, il a brouillé son message et il est passé pour un homme de droite.

 

Mais au final, Manuel Valls m’est quelqu’un de sympathique, et que j’admire, car il a essayé de changer le logiciel du PS et de faire rentrer le PS dans le 21ème siècle.

Il a certes échoué, mais au moins, il a essayé.

 

Ce n’est pas étonnant qu’il soit détesté par tous les gauchistes du PS et par la France Insoumise et Jean Luc Mélenchon.

Manuel Valls les renvoie à leur médiocrité, leur système de pensée archaïque et quelque part leur égoïsme.

 

Un peu comme François Bayrou…

6 octobre 2018 Posted by | Politique nationale | , , , , | Laisser un commentaire

Trois raisons pourquoi je suis pour un Brexit dur

L’heure de vérité est enfin arrivée pour le Brexit. Je me dis que le moment de donner mon avis est venu.

 

En ce qui me concerne, je suis clairement pour un Brexit dur, et je félicite Emmanuel Macron de défendre un idéal européen. Idéal européen nécessaire.

 

Pour commencer, je tiens à rappeler que je suis profondément européen. Je suis pour une Europe fédérale, Europe fédérale qui prendra le pas sur les Etats.

 

Pour commencer, l’Europe est avant tout un bien précieux. C’est un facteur de paix (et par extension de prospérité).

 

Pour mémoire, entre 1870 et 1945, il y a eu 3 guerres Franco-Allemandes, celle entre 1870 et 1871, celle entre 1914 et 1918, et celle entre 1939 et 1945, qui fut d’ailleurs la pire.

Celle de 1939-1945 a d’ailleurs permis de déboucher sur le régime Nazi, et a permis certaines horreurs, comme le génocide des juifs.

 

Aujourd’hui, pour ma génération, faire la guerre aux allemands me paraît insensé.

Mais pour la génération de mes grands-parents, ce n’est pas vraiment le cas. Ils ont subi entre 1914 et 1945 deux guerres, deux guerres avec les allemands. Pas sur que la génération de mes grands-parents appréciait les allemands.

On a eu trois guerres en 75 ans, et deux guerres en 31 ans.

 

Je prétends que l’Europe a, quelque part, mit fin à 75 ans de conflits Franco-Allemand.

Déjà en favorisant le commerce entre nos deux nations, mais aussi en favorisant la coopération et à long terme, l’amitié.

 

Rien que pour ça, l’Europe est déjà un bien précieux et une réussite.

 

En parlant de paix, d’ailleurs, le Brexit met à mal le conflit en Irlande du Nord.

 

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que les extrémistes, poujadistes et populistes, qui prônent des politiques de fermetures, haïssent l’Europe et veulent la démolir.

 

Mais l’Europe est aussi une nécessité, aussi bien économique que politique.

Les menaces qui planent sur la France sont des menaces mondiales.

On a le Terrorisme Islamique, la concurrence économique déloyale de la Chine, le protectionnisme et les inepties géopolitiques de Donald Trump…

La France est incapable de répondre seule à ces menaces, menaces qui touchent les autres pays européens.

 

C’est pour ça que les pays qui ont une envie de faire bouger les choses doivent s’unir.

 

Cela implique que l’Europe doit être plus qu’un marché, ça doit être un projet politique, projet politique pour défendre les valeurs, l’économie et le territoire européen.

 

Néanmoins, je ne suis pas un européen béat.

Je sais qu’il y a un long chemin pour faire émerger une vraie Europe fédérale, notamment en termes de communication, l’Europe communique mal sur ses actions, mais aussi en termes de démocratie.

 

Si l’Europe doit prendre plus de pouvoir, ce qui pour ma part est souhaitable, ça se fait au détriment des Etats membres.

 

Il faut donc que le patron de l’Union Européenne soit clairement identifié.

Ce n’est pas encore le cas. C’est d’ailleurs pour ses raisons que j’avais voté contre le traité constitutionnel.

 

Au fond, l’Europe, c’est comme le Grand Paris, ça doit se faire, et ça va se faire. Il y a tellement de problèmes qui se posent pour ces territoires, et que l’on peut résoudre que en créant une structure politique clairement établie.

 

Néanmoins, pour que cette structure fonctionne, il faut que le patron soit clairement identifié et légitime à diriger la structure.

Commencer par l’institutionnel, comme l’a fait Philippe Dallier, était une bonne chose.

Il est à noter qu’à cause de François Hollande, le Grand Paris a perdu beaucoup de temps et est parti sur des mauvaises bases, tellement qu’il a construit une structure technocratique et antidémocratique.

 

Pour en revenir au Brexit, il y a trois raisons qui fait que je veux un Brexit dur.

 

La première est que les pro-Brexit n’ont pas arrêté de déverser des mensonges sur l’Europe. Le plus connu étant celui sur la santé. Mieux, ils ont expliqué que l’Europe, c’était le mal, et en ont profité pour chier sur l’Europe, lui cracher dessus et lui vomir dessus.

 

Question : Vu comment l’Europe a été malmenée par le camp du Brexit, pourquoi devrait-elle faire des efforts ?

L’Europe a des devoir, des devoirs envers ses citoyens. Elle n’a aucun devoir envers les citoyens non européens (Maintenant, le Royaume-Uni ne fait plus parti de l’Union Européenne). Et l’Europe n’a plus à favoriser le Royaume Uni, surtout si c’est contre sa survie et/ou contre les citoyens européens, citoyens européens dont je fais partie.

 

Car soyons clair, c’est le Royaume-Uni qui a choisi de sortir de l’Europe, peut-être pas en connaissance de cause, mais ils l’ont choisi démocratiquement.

 

Ce qui amène à la seconde raison : les anglais ont tout fait pour détruire l’Europe de l’intérieur.

Ils ont favorisé le marché unique, mais ont tout fait pour bloquer une Europe politique.

Pire, ils ont été dans l’Europe avec un mauvais état d’esprit pour la saborder de l’intérieur.

En résumé, ils ont voulu le beurre, l’argent du beurre, et le cul de la crémière.

Ils ont voulu avoir les avantages de l’Europe sans en faire les sacrifices nécessaires pour faire fonctionner ce projet.

En résumé, ils étaient sur leurs droits, mais surtout pas sur leurs devoirs.

La phrase de Margaret Thatcher, « I want my money back », illustre cet Etat d’esprit.

Autant que la Grande Bretagne avais une ristourne, donc elle a profité de l’Europe.

Question : Pourquoi l’Europe devrait faire des efforts pour un ancien pays qui a profité de l’Europe (Et pas qu’économiquement car il y a le problème de l’Irlande du Nord), et l’a détruit de l’intérieur ?

D’autant que les anglais ont eu une ristourne en 1983 car Thatcher menaçait de quitter l’Europe.

Ce que les anglais feront finalement 36 ans plus tard.

 

Ce qui amène à la dernière raison, qui je l’admet est égoïste, mauvaise foi, voir dégueulasse.

Cette raison est franco-française.

En France, j’ai un véritable problème.

J’ai un problème car mes hommes politiques sont, souvent, incompétents.

Ils prennent des décisions stupides, qui sont des non-sens économiques qui nous mettent dans une merde, mais une vraie merde.

 

J’accepte l’erreur, mais pas à la suite d’une décision qui est tellement stupide que ça se voit des kilomètres à la ronde, ce qui est malheureusement trop souvent le cas.

 

Mais en plus d’être incompétents (et donc stupides), mes hommes politiques sont démagogiques et surtout lâches.

 

Et au lieu d’être honnête et de reconnaître leurs erreurs, et donc de progresser, ils ont trouvé un bouc-émissaire : L’Europe, l’union européenne.

 

Comme je l’ai dit, je ne suis pas un européen béat, je sais que l’Europe (ou plus exactement l’union européenne) a des défauts.

 

Mais j’en ai vraiment marre que l’union européenne serve de bouc émissaire à tous les problèmes franco-français, alors que les difficultés de la France, notamment économiques, sont liées aux politiques lâches et démagogiques faites en France depuis 1974, soit 44 ans.

 

L’Europe a des défauts, mais c’est les gouvernements français qui ont signé les chèques de déficit de fonctionnement, qui ont créé les conditions d’une économie peu compétitive, donc d’une économie qui n’intègre pas sa population et d’un chômage de masse.

Pire, nos gouvernements, jusqu’à l’élection d’Emmanuel Macron, ont continué dans l’erreur…

 

Et à chaque fois, ils avaient l’excuse trouvée :

« C’est la faute à l’Europe ».

 

Un exemple parmi tant d’autre…

Jacques Chirac a promis la baisse de la TVA dans la restauration (mesure clientéliste qui sera mise en œuvre par Nicolas Sarkozy).

Jacques Chirac n’a pas fait cette mesure.

Devinez son excuse…

« C’est la faute à l’Europe ».

Franchement, c’est prendre les gens pour des cons, mais pire, c’est discréditer l’Europe, alors que Jacques Chirac le savait depuis… le début.

Mais le pire, c’est sur le déficit.

Pour faire du déficit de fonctionnement, qui est aujourd’hui une vraie plaie sur l’économie française, les différents présidents ont été voir l’Europe pour expliquer qu’ils ne feront aucun effort pour réduire la dette et le déficit.

 

Je reproche à l’Europe de ne pas avoir tapé sur les doigts de la France.

Mais cette politique, qui a été une catastrophe pour la France, n’est pas la cause de l’Europe, mais de la France. C’est la France qui a choisi de faire des déficits excessifs.

 

« Ouin, si on ne peut pas faire de déficits excessifs, c’est de la faute à l’Europe ».

J’ai envie de dire : mais heureusement, vu le résultat.

 

Je ne vous dis pas comment ça m’a énervé de voir Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande aller voir l’Europe pour expliquer comment ils allaient augmenter le déficit, déficit qui en plus est de fonctionnement.

 

Ça m’a vraiment rendu malade, d’autant que je suis dans les classes moyennes et que l’on parle de mon pognon, là.

Je ne roule pas sur l’or.

 

Mais grâce au Brexit, ça va changer.

Je nourris l’espoir secret de voir l’économie anglaise s’effondrer.

Ça a d’ailleurs déjà commencé.

 

Voir l’économie anglaise s’effondrer me ferait réellement plaisir.

Je sais, c’est égoïste.

Ça ne règlerait pas mes problèmes de politiques lâches et incompétents.

Mais au moins, ils arrêteraient avec « C’est la faute à l’Europe » et ils seraient obligés de trouver une autre excuse, chose trop dure pour eux.

 

Par ailleurs, on verrait enfin la nécessité de l’Europe et son importance pour le développement économique, malgré ses défauts.

 

D’ailleurs, ça tombe bien, Marine le Pen est moins anti-européen dernièrement.

 

A lire sur le blog du centrisme :

23 septembre 2018 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , , , | Laisser un commentaire

Parlons mode de scrutin (2/2) : 5 raisons pour lesquelles il faut en finir avec le mode de scrutin actuel des législatives

Ça fait un petit moment que je veux répondre à Gérard Larcher sur ce point.

 

En fait, j’en ai marre de LR (les républicains) qui bloque toutes évolutions constitutionnelles.

Il y a des tas et des tas d’articles à écrire sur ce que LR veut bloquer comme réforme institutionnelle.

 

En vrac, on a le non cumul des mandats, en nombre (Nicolas Sarkozy a essayé de revenir dessus, pas de bol, il a perdu la primaire), dans le temps…

 

Il y a aussi la réduction du nombre de parlementaire, auquel Gérard Larcher s’oppose, alors que le candidat qu’il soutenait, dès la primaire, un certain François Fillon, s’était prononcé pour une réduction du nombre de parlementaires.

 

La mauvaise foi de LR est d’ailleurs très bien résumé ici.

 

Mais je pense qu’il y a une réforme qu’il faut aborder, la seule réforme qu’il faut faire, qui est plus importante que les autres : l’introduction de la proportionnelle dans le scrutin législatif.

 

Sur ce point, je suis en accord avec François Bayrou. Mieux, je vais plus loin que François Bayrou.

 

Je suis pour la suppression de l’élection du président de la république, pour moi celui-ci devant être élu par l’assemblée nationale.

 

La suppression de l’élection du président au scrutin direct devant se faire avec une élection de l’assemblée nationale au scrutin proportionnel intégral.

 

Scrutin calqué sur les municipales ou sur les régionales.

 

Au premier tour, si une liste obtient 50% des voix, celle-ci est élue. Elle a la moitié des sièges, l’autre moitié étant distribué à la proportionnelle.

 

Si aucune liste ne fait plus de 50% des voix, alors on fait un second tour.

Les liste ayant fait plus de 10% pouvant se maintenir, et les listes peuvent fusionner si on fait plus de 5% des voix.

Au second tour, la liste en tête gagne la moitié des sièges, le reste est distribué à la proportionnelle.

 

Pour aller plus loin, je pense que le principal problème de la France n’est pas économique.

Il est institutionnel.

 

En général, l’ensemble des pays européens ont fait les réformes pour s’adapter au monde, à la mondialisation et au contexte économique.

Pas la France.

 

Je pense que mes concitoyens sont prêts à accepter les réformes qui vont dans le bon sens.

Seulement, depuis presque 10-15ans, ces réformes se font attendre.

 

En fait, le problème de la France, ce n’est pas les réformes économiques qui n’ont jamais été faite avant l’élection d’Emmanuel Macron.

 

Le problème, c’est que le système électoral ne permet pas d’envoyer, contrairement à l’Allemagne, des coalitions qui vont permettre les réformes dont le pays a besoin.

 

C’est pour ça qu’il faut changer le mode de scrutin, et voici le moment de donner les raisons qui font que notre mode de scrutin pour les législatives, c’est vraiment une plaie.

 

Raison 1 : Le mode de scrutin est injuste et non représentatif de la diversité d’opinion des français.

Si on fait 18% des voix, il est normal que l’on n’ait pas 18% des sièges. L’expérience montre qu’il faut pouvoir dégager une majorité pour faire passer les lois.

 

Néanmoins, si on fait 18% des voix, il est totalement anormal d’avoir moins de députés que quelqu’un qui ne fait que 6% des voix, voire 1%.

 

Le nombre de siège doit être une fonction croissante du nombre de voix.

 

Or, ce n’est pas le cas. C’est même dans la pratique, l’inverse qui se passe.

Et dans le principe plus j’ai des voix, moins j’ai de sièges, on est en plein festival.

 

Je tiens à préciser que je combats les idées du FN (Front National) et de la France Insoumise.

Néanmoins, si ces deux formations font un score, il est normal qu’ils aient des sièges.

C’est souvent le contraire qui se passe.

 

Morceaux choisis :

  • En 2002, Jean Marie Le Pen a été au second tour avec 16,86% des voix. Il a eu 0 sièges.
  • Toujours en 2002, Le PCF a fait 3,37%. Ils ont eu 21 sièges, soit un groupe. Ils ont bénéficié de bastions, notamment de la 11ème circonscription des Hauts de Seine regroupant Malakoff et Bagneux.
  • En 2007, François Bayrou fait 18,57%. Il se retrouvera avec 3 députés.
  • En 2007, Jean Marie Le Pen fait 10,44% des voix, toujours 0 députés.
  • En 2007, le PCF fait 1,93% des voix, et ils ont toujours 15 sièges (soit toujours un groupe).
  • En 2012, le FN fait 17,9% des voix. Le FN a enfin 2 députés…
  • En 2012, avec Mélenchon, le PCF fait 11,1% des voix, mais perdent encore des députés.

Par ailleurs, sur un calcul basé sur un scrutin proportionnel (voir ici et ici), j’avais montré que en 2007, le Modem aurait pu avoir 37 députés sur une base de 400, à comparer aux 23 députés (sur une base de 577) que le Nouveau Centre a eu grâce au bon vouloir de Nicolas Sarkozy.

 

De plus, j’avais également montré que Ségolène Royale aurait gagné si François Bayrou et Jean Maire Le Pen s’étaient maintenu.

 

Raison 2 : Le mode de scrutin est territorial

On a donc deux assemblées, le Sénat et l’Assemblée nationale.

On applique le Bicamérisme.

A partir de là, il est intéressant de parler de Tocqueville et de son livre, De la démocratie en Amérique.

Car Tocqueville décrit très bien le Bicamérisme dans la démocratie américaine.

 

Aux Etats Unis, il y a donc deux chambres : la chambre des représentants et le Sénat.

 

La chambre des représentants représente le peuple. Chaque Etat envoi un nombre de représentants proportionnel à sa population. Les Etats avantagés sont donc les Etats les plus peuplés.

 

La seconde chambre est le Sénat. Chaque Etat y est à égalité. Et chaque Etat envoie 2 sénateurs.

Le Sénat Américain représente les territoires.

 

Si on transpose ça à la France, l’Assemblée nationale représente la population et le Sénat représente les territoires.

 

Or, ce n’est pas le cas, l’Assemblée nationale ne représente pas la population.

Déjà, à cause de la raison 1.

Mais aussi parce que le système par circonscription lie trop le député au territoire.

 

Ce qui fait qu’aux législatives, on ne débat plus vraiment de la politique nationale. On fait plutôt un tour de chauffe pour les municipales.

 

Pire, on a le député maire. Heureusement, il est en train de disparaître, mais ses votes posent question.

Lorsqu’il vote contre la baisse des dotations de l’Etat (sujet très connu à Malakoff d’ailleurs), le fait-il comme député de la nation ou comme maire qui se bat pour sa propre chapelle et pour avoir plus d’argent dans les caisses de sa commune.

 

Toujours dans le député maire (qui n’existe plus car François Hollande a institué le non-cumul des mandats), on a souvent dédoublement de la personnalité.

On a le maire qui maintient les taux dans sa commune, claironnant qu’il n’augmente pas les impôts.

Mais on a le député qui augmente les bases, ce qui fait du coup mécaniquement augmenter les impôts locaux.

 

Avec cette tactique, on a des impôts locaux qui ont augmenté plus vite que l’inflation.

 

Le problème, c’est que le député vote sur la politique de la nation. Il défend l’intérêt de la nation (dans cet intérêt, en particulier, on a la lutte contre le déficit public).

 

Il vote certes le cadre dans lequel doit se faire une politique municipale, mais il agit d’abord dans l’intérêt de la France une et indivisible, pas d’une ville ou un territoire donné.

Celui qui conduit la politique d’une ville, c’est le maire.

 

Raison 3 : Le mode de scrutin force au Bipartisme et empêche toute concurrence entre le PS et LR

Là, on touche un problème particulièrement grave. Notre système électoral ne permet pas la diversité et la concurrence.

 

Il a, au moins dans la pratique, poussé à un bipartisme. Il a partagé la vie politique entre la Gauche représenté dans ce modèle par le PS, et le RPR/UMP/LR.

 

Mais le pire n’est pas là. C’est qu’il est extrêmement compliqué de monter une alternative entre le PS et LR.

Ça devient vite problématique si LR et le PS deviennent incapable de diriger (ce qui est le cas), et du coup, il est très difficile de monter une alternative au PS et à LR.

 

En dehors des erreurs qu’a pu faire François Bayrou, surtout entre 2012 et 2017, la principale raison si le Modem n’a pas percé est que le mode de scrutin actuel ne permet pas de construire sur la durée une alternative au PS et à l’UMP.

 

Pour garder leurs sièges, les députés UDF qui avaient suivi François Bayrou de 2002 à 2007 ont eu peur face au chantage de Nicolas Sarkozy. Ils ont donc lâché Bayrou.

 

Avec un mode de scrutin plus juste, François Bayrou aurait gardé un groupe de député en 2007.

 

Il aussi assez intéressant à signaler que la victoire d’Emmanuel Macron et l’émergence de l’axe central a été théorisé par François Bayrou en 2007.

Il a donc fallu 10 ans pour concrétiser ça.

Pire, ce n’est pas François Bayrou qui a touché le Jackpot. Le fait qu’il ait fait des erreurs (notamment entre 2012 et 2017) n’aidant pas.

 

Néanmoins, Macron a gagné sur une sorte de miracle et l’affaire Fillon, ainsi qu’un ras le bol de l’incompétence du PS et de LR.

 

Mais si on avait un système qui permet la concurrence, l’axe central aurait gagné sur un travail sur la durée, pas sur un miracle.

 

Je pense même que le Modem aurait plus pesé dans cette victoire, et il aurait plus pesé avant.

 

De plus, ce manque de concurrence induit un effet de bord.

 

Comme le système tue toute concurrence entre le PS et LR, et que les deux sont incompétents, on arrive à un point où les gens ne votent plus (le vote blanc n’étant pas comptabilisé, ça n’arrange pas les chose), ou pire, vote pour les extrêmes comme le FN ou Mélenchon.

 

Raison 4 : Le système actuel maintien le PS et LR dans la médiocrité

En plus d’organiser la vie politique entre le PS et LR, le système actuel les maintiens et les laisse se complaire dans la médiocrité.

 

Surtout quand ils subissent une défaite.

 

Ils estiment que comme le monde est bipolaire, et que l’on doit choisir entre la Gauche et la Droite, il suffit d’attendre que la majorité actuelle perde suite à ses conneries.

 

En résumé, on se construit sur la nullité du concurrent.

 

C’est par exemple le cas de François Hollande et du PS.

Celui-ci a subi une défaite sévère en 2002. Il a été éliminé par Jean Marie Le Pen.

Au lieu de faire un bilan des années Jospin et un diagnostic de la France pour être en capacité de gouverner, François Hollande a construit le PS sur la nullité de la Droite entre 2002 et 2012.

 

Il a gagné les élections intermédiaires, car l’UMP était assez nulle, mais arrivé au pouvoir en 2012, ça a donné le mandat catastrophique de François Hollande.

 

Le problème, c’est que LR fait pareil depuis 2012.

Ils ont d’ailleurs élu Laurent Wauquiez à leur tête.

 

Par ailleurs, le système électoral pousse le PS et LR vers leurs extrêmes.

 

Montebourg parlait de démondialisation, LR est noyauté par la manif pour tous…

 

Le problème, c’est que diriger demande une forme de pragmatisme, et de prendre en compte les contraintes.

 

Au lieu de se remettre en cause, LR et le PS préfère penser qu’il faut être le plus à gauche possible (ça, c’est pour le PS) ou le plus à droite possible (ça, c’est pour LR).

 

Le problème, c’est qu’il faut faire preuve de pragmatisme.

 

Si on prend le privé, on évite d’être idéologue. On fait un diagnostic, et à partir de ce diagnostic, on construit une stratégie d’entreprise.

 

Les entreprises avec à la tête un PDG idéologue, ça ne marche pas, comme c’est le cas de Canal Plus.

 

Raison 5 : Le système électoral ne permet pas les réformes dont la France a besoin

Un jour, François Bayrou a expliqué que le SPD (parti socialiste allemand) savait qu’ils allaient perdre.

Effectivement, le chancelier allemand, Gerhard Schröder avait commencé les réformes dont l’Allemagne avait besoin.

 

Mais le SPD avait néanmoins suivi Gerhard Schröder car malgré tout, ils savaient que les têtes de liste seraient élues malgré la future défaite annoncé.

 

Par ailleurs, le SPD a presque toujours pu faire partie des coalitions avec Angela Merkel.

 

En France, c’est l’inverse.

Comme on est élu par le fait du prince, on ne prend pas de risque.

 

Comme l’élection est par circonscription, et que l’on pourrait tomber sur des électeurs, on ne prend pas de risque.

 

Or, réformer demande certes de la pédagogie, mais aussi du courage.

 

Or le système électoral fait que le député évitera d’être courageux, et qu’il deviendra un godillot.

 

Au fond, c’est peut-être pour ça que Macron a choisi de réformer par ordonnance.

 

Conclusion

Par miracle et à cause de l’impasse dans lequel le système politique était, Emmanuel Macron a pu être élu et faire enfin les réformes dont la France a besoin.

 

Néanmoins, on ne peut pas permettre que les réformes se fasse par miracle.

 

Il faut donc s’attaquer à ce qui a fait que les réformes n’ont jamais été faites en France alors qu’on les a faites dans les autres pays européens.

 

C’est pour ça que pour pérenniser la bonne gouvernance, permettre la concurrence qui forcera les partis politique à s’améliorer, et permettre de construire des coalitions qui permettront de mettre en œuvre les réformes, de les faire accepter et de les réussir, il faut absolument changer le mode de scrutin pour les législatives.

 

Il faut un mode de scrutin proportionnel à deux tour, calqué sur celui des municipales ou des régionales.

7 mars 2018 Posted by | Politique, Politique nationale | , , | 2 commentaires