Le blog de Phil

J'habite Malakoff, la plus belle ville du monde

Trois raisons pourquoi je suis pour un Brexit dur

L’heure de vérité est enfin arrivée pour le Brexit. Je me dis que le moment de donner mon avis est venu.

 

En ce qui me concerne, je suis clairement pour un Brexit dur, et je félicite Emmanuel Macron de défendre un idéal européen. Idéal européen nécessaire.

 

Pour commencer, je tiens à rappeler que je suis profondément européen. Je suis pour une Europe fédérale, Europe fédérale qui prendra le pas sur les Etats.

 

Pour commencer, l’Europe est avant tout un bien précieux. C’est un facteur de paix (et par extension de prospérité).

 

Pour mémoire, entre 1870 et 1945, il y a eu 3 guerres Franco-Allemandes, celle entre 1870 et 1871, celle entre 1914 et 1918, et celle entre 1939 et 1945, qui fut d’ailleurs la pire.

Celle de 1939-1945 a d’ailleurs permis de déboucher sur le régime Nazi, et a permis certaines horreurs, comme le génocide des juifs.

 

Aujourd’hui, pour ma génération, faire la guerre aux allemands me paraît insensé.

Mais pour la génération de mes grands-parents, ce n’est pas vraiment le cas. Ils ont subi entre 1914 et 1945 deux guerres, deux guerres avec les allemands. Pas sur que la génération de mes grands-parents appréciait les allemands.

On a eu trois guerres en 75 ans, et deux guerres en 31 ans.

 

Je prétends que l’Europe a, quelque part, mit fin à 75 ans de conflits Franco-Allemand.

Déjà en favorisant le commerce entre nos deux nations, mais aussi en favorisant la coopération et à long terme, l’amitié.

 

Rien que pour ça, l’Europe est déjà un bien précieux et une réussite.

 

En parlant de paix, d’ailleurs, le Brexit met à mal le conflit en Irlande du Nord.

 

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que les extrémistes, poujadistes et populistes, qui prônent des politiques de fermetures, haïssent l’Europe et veulent la démolir.

 

Mais l’Europe est aussi une nécessité, aussi bien économique que politique.

Les menaces qui planent sur la France sont des menaces mondiales.

On a le Terrorisme Islamique, la concurrence économique déloyale de la Chine, le protectionnisme et les inepties géopolitiques de Donald Trump…

La France est incapable de répondre seule à ces menaces, menaces qui touchent les autres pays européens.

 

C’est pour ça que les pays qui ont une envie de faire bouger les choses doivent s’unir.

 

Cela implique que l’Europe doit être plus qu’un marché, ça doit être un projet politique, projet politique pour défendre les valeurs, l’économie et le territoire européen.

 

Néanmoins, je ne suis pas un européen béat.

Je sais qu’il y a un long chemin pour faire émerger une vraie Europe fédérale, notamment en termes de communication, l’Europe communique mal sur ses actions, mais aussi en termes de démocratie.

 

Si l’Europe doit prendre plus de pouvoir, ce qui pour ma part est souhaitable, ça se fait au détriment des Etats membres.

 

Il faut donc que le patron de l’Union Européenne soit clairement identifié.

Ce n’est pas encore le cas. C’est d’ailleurs pour ses raisons que j’avais voté contre le traité constitutionnel.

 

Au fond, l’Europe, c’est comme le Grand Paris, ça doit se faire, et ça va se faire. Il y a tellement de problèmes qui se posent pour ces territoires, et que l’on peut résoudre que en créant une structure politique clairement établie.

 

Néanmoins, pour que cette structure fonctionne, il faut que le patron soit clairement identifié et légitime à diriger la structure.

Commencer par l’institutionnel, comme l’a fait Philippe Dallier, était une bonne chose.

Il est à noter qu’à cause de François Hollande, le Grand Paris a perdu beaucoup de temps et est parti sur des mauvaises bases, tellement qu’il a construit une structure technocratique et antidémocratique.

 

Pour en revenir au Brexit, il y a trois raisons qui fait que je veux un Brexit dur.

 

La première est que les pro-Brexit n’ont pas arrêté de déverser des mensonges sur l’Europe. Le plus connu étant celui sur la santé. Mieux, ils ont expliqué que l’Europe, c’était le mal, et en ont profité pour chier sur l’Europe, lui cracher dessus et lui vomir dessus.

 

Question : Vu comment l’Europe a été malmenée par le camp du Brexit, pourquoi devrait-elle faire des efforts ?

L’Europe a des devoir, des devoirs envers ses citoyens. Elle n’a aucun devoir envers les citoyens non européens (Maintenant, le Royaume-Uni ne fait plus parti de l’Union Européenne). Et l’Europe n’a plus à favoriser le Royaume Uni, surtout si c’est contre sa survie et/ou contre les citoyens européens, citoyens européens dont je fais partie.

 

Car soyons clair, c’est le Royaume-Uni qui a choisi de sortir de l’Europe, peut-être pas en connaissance de cause, mais ils l’ont choisi démocratiquement.

 

Ce qui amène à la seconde raison : les anglais ont tout fait pour détruire l’Europe de l’intérieur.

Ils ont favorisé le marché unique, mais ont tout fait pour bloquer une Europe politique.

Pire, ils ont été dans l’Europe avec un mauvais état d’esprit pour la saborder de l’intérieur.

En résumé, ils ont voulu le beurre, l’argent du beurre, et le cul de la crémière.

Ils ont voulu avoir les avantages de l’Europe sans en faire les sacrifices nécessaires pour faire fonctionner ce projet.

En résumé, ils étaient sur leurs droits, mais surtout pas sur leurs devoirs.

La phrase de Margaret Thatcher, « I want my money back », illustre cet Etat d’esprit.

Autant que la Grande Bretagne avais une ristourne, donc elle a profité de l’Europe.

Question : Pourquoi l’Europe devrait faire des efforts pour un ancien pays qui a profité de l’Europe (Et pas qu’économiquement car il y a le problème de l’Irlande du Nord), et l’a détruit de l’intérieur ?

D’autant que les anglais ont eu une ristourne en 1983 car Thatcher menaçait de quitter l’Europe.

Ce que les anglais feront finalement 36 ans plus tard.

 

Ce qui amène à la dernière raison, qui je l’admet est égoïste, mauvaise foi, voir dégueulasse.

Cette raison est franco-française.

En France, j’ai un véritable problème.

J’ai un problème car mes hommes politiques sont, souvent, incompétents.

Ils prennent des décisions stupides, qui sont des non-sens économiques qui nous mettent dans une merde, mais une vraie merde.

 

J’accepte l’erreur, mais pas à la suite d’une décision qui est tellement stupide que ça se voit des kilomètres à la ronde, ce qui est malheureusement trop souvent le cas.

 

Mais en plus d’être incompétents (et donc stupides), mes hommes politiques sont démagogiques et surtout lâches.

 

Et au lieu d’être honnête et de reconnaître leurs erreurs, et donc de progresser, ils ont trouvé un bouc-émissaire : L’Europe, l’union européenne.

 

Comme je l’ai dit, je ne suis pas un européen béat, je sais que l’Europe (ou plus exactement l’union européenne) a des défauts.

 

Mais j’en ai vraiment marre que l’union européenne serve de bouc émissaire à tous les problèmes franco-français, alors que les difficultés de la France, notamment économiques, sont liées aux politiques lâches et démagogiques faites en France depuis 1974, soit 44 ans.

 

L’Europe a des défauts, mais c’est les gouvernements français qui ont signé les chèques de déficit de fonctionnement, qui ont créé les conditions d’une économie peu compétitive, donc d’une économie qui n’intègre pas sa population et d’un chômage de masse.

Pire, nos gouvernements, jusqu’à l’élection d’Emmanuel Macron, ont continué dans l’erreur…

 

Et à chaque fois, ils avaient l’excuse trouvée :

« C’est la faute à l’Europe ».

 

Un exemple parmi tant d’autre…

Jacques Chirac a promis la baisse de la TVA dans la restauration (mesure clientéliste qui sera mise en œuvre par Nicolas Sarkozy).

Jacques Chirac n’a pas fait cette mesure.

Devinez son excuse…

« C’est la faute à l’Europe ».

Franchement, c’est prendre les gens pour des cons, mais pire, c’est discréditer l’Europe, alors que Jacques Chirac le savait depuis… le début.

Mais le pire, c’est sur le déficit.

Pour faire du déficit de fonctionnement, qui est aujourd’hui une vraie plaie sur l’économie française, les différents présidents ont été voir l’Europe pour expliquer qu’ils ne feront aucun effort pour réduire la dette et le déficit.

 

Je reproche à l’Europe de ne pas avoir tapé sur les doigts de la France.

Mais cette politique, qui a été une catastrophe pour la France, n’est pas la cause de l’Europe, mais de la France. C’est la France qui a choisi de faire des déficits excessifs.

 

« Ouin, si on ne peut pas faire de déficits excessifs, c’est de la faute à l’Europe ».

J’ai envie de dire : mais heureusement, vu le résultat.

 

Je ne vous dis pas comment ça m’a énervé de voir Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande aller voir l’Europe pour expliquer comment ils allaient augmenter le déficit, déficit qui en plus est de fonctionnement.

 

Ça m’a vraiment rendu malade, d’autant que je suis dans les classes moyennes et que l’on parle de mon pognon, là.

Je ne roule pas sur l’or.

 

Mais grâce au Brexit, ça va changer.

Je nourris l’espoir secret de voir l’économie anglaise s’effondrer.

Ça a d’ailleurs déjà commencé.

 

Voir l’économie anglaise s’effondrer me ferait réellement plaisir.

Je sais, c’est égoïste.

Ça ne règlerait pas mes problèmes de politiques lâches et incompétents.

Mais au moins, ils arrêteraient avec « C’est la faute à l’Europe » et ils seraient obligés de trouver une autre excuse, chose trop dure pour eux.

 

Par ailleurs, on verrait enfin la nécessité de l’Europe et son importance pour le développement économique, malgré ses défauts.

 

D’ailleurs, ça tombe bien, Marine le Pen est moins anti-européen dernièrement.

 

A lire sur le blog du centrisme :

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23 septembre 2018 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , , , | Laisser un commentaire

Parlons mode de scrutin (2/2) : 5 raisons pour lesquelles il faut en finir avec le mode de scrutin actuel des législatives

Ça fait un petit moment que je veux répondre à Gérard Larcher sur ce point.

 

En fait, j’en ai marre de LR (les républicains) qui bloque toutes évolutions constitutionnelles.

Il y a des tas et des tas d’articles à écrire sur ce que LR veut bloquer comme réforme institutionnelle.

 

En vrac, on a le non cumul des mandats, en nombre (Nicolas Sarkozy a essayé de revenir dessus, pas de bol, il a perdu la primaire), dans le temps…

 

Il y a aussi la réduction du nombre de parlementaire, auquel Gérard Larcher s’oppose, alors que le candidat qu’il soutenait, dès la primaire, un certain François Fillon, s’était prononcé pour une réduction du nombre de parlementaires.

 

La mauvaise foi de LR est d’ailleurs très bien résumé ici.

 

Mais je pense qu’il y a une réforme qu’il faut aborder, la seule réforme qu’il faut faire, qui est plus importante que les autres : l’introduction de la proportionnelle dans le scrutin législatif.

 

Sur ce point, je suis en accord avec François Bayrou. Mieux, je vais plus loin que François Bayrou.

 

Je suis pour la suppression de l’élection du président de la république, pour moi celui-ci devant être élu par l’assemblée nationale.

 

La suppression de l’élection du président au scrutin direct devant se faire avec une élection de l’assemblée nationale au scrutin proportionnel intégral.

 

Scrutin calqué sur les municipales ou sur les régionales.

 

Au premier tour, si une liste obtient 50% des voix, celle-ci est élue. Elle a la moitié des sièges, l’autre moitié étant distribué à la proportionnelle.

 

Si aucune liste ne fait plus de 50% des voix, alors on fait un second tour.

Les liste ayant fait plus de 10% pouvant se maintenir, et les listes peuvent fusionner si on fait plus de 5% des voix.

Au second tour, la liste en tête gagne la moitié des sièges, le reste est distribué à la proportionnelle.

 

Pour aller plus loin, je pense que le principal problème de la France n’est pas économique.

Il est institutionnel.

 

En général, l’ensemble des pays européens ont fait les réformes pour s’adapter au monde, à la mondialisation et au contexte économique.

Pas la France.

 

Je pense que mes concitoyens sont prêts à accepter les réformes qui vont dans le bon sens.

Seulement, depuis presque 10-15ans, ces réformes se font attendre.

 

En fait, le problème de la France, ce n’est pas les réformes économiques qui n’ont jamais été faite avant l’élection d’Emmanuel Macron.

 

Le problème, c’est que le système électoral ne permet pas d’envoyer, contrairement à l’Allemagne, des coalitions qui vont permettre les réformes dont le pays a besoin.

 

C’est pour ça qu’il faut changer le mode de scrutin, et voici le moment de donner les raisons qui font que notre mode de scrutin pour les législatives, c’est vraiment une plaie.

 

Raison 1 : Le mode de scrutin est injuste et non représentatif de la diversité d’opinion des français.

Si on fait 18% des voix, il est normal que l’on n’ait pas 18% des sièges. L’expérience montre qu’il faut pouvoir dégager une majorité pour faire passer les lois.

 

Néanmoins, si on fait 18% des voix, il est totalement anormal d’avoir moins de députés que quelqu’un qui ne fait que 6% des voix, voire 1%.

 

Le nombre de siège doit être une fonction croissante du nombre de voix.

 

Or, ce n’est pas le cas. C’est même dans la pratique, l’inverse qui se passe.

Et dans le principe plus j’ai des voix, moins j’ai de sièges, on est en plein festival.

 

Je tiens à préciser que je combats les idées du FN (Front National) et de la France Insoumise.

Néanmoins, si ces deux formations font un score, il est normal qu’ils aient des sièges.

C’est souvent le contraire qui se passe.

 

Morceaux choisis :

  • En 2002, Jean Marie Le Pen a été au second tour avec 16,86% des voix. Il a eu 0 sièges.
  • Toujours en 2002, Le PCF a fait 3,37%. Ils ont eu 21 sièges, soit un groupe. Ils ont bénéficié de bastions, notamment de la 11ème circonscription des Hauts de Seine regroupant Malakoff et Bagneux.
  • En 2007, François Bayrou fait 18,57%. Il se retrouvera avec 3 députés.
  • En 2007, Jean Marie Le Pen fait 10,44% des voix, toujours 0 députés.
  • En 2007, le PCF fait 1,93% des voix, et ils ont toujours 15 sièges (soit toujours un groupe).
  • En 2012, le FN fait 17,9% des voix. Le FN a enfin 2 députés…
  • En 2012, avec Mélenchon, le PCF fait 11,1% des voix, mais perdent encore des députés.

Par ailleurs, sur un calcul basé sur un scrutin proportionnel (voir ici et ici), j’avais montré que en 2007, le Modem aurait pu avoir 37 députés sur une base de 400, à comparer aux 23 députés (sur une base de 577) que le Nouveau Centre a eu grâce au bon vouloir de Nicolas Sarkozy.

 

De plus, j’avais également montré que Ségolène Royale aurait gagné si François Bayrou et Jean Maire Le Pen s’étaient maintenu.

 

Raison 2 : Le mode de scrutin est territorial

On a donc deux assemblées, le Sénat et l’Assemblée nationale.

On applique le Bicamérisme.

A partir de là, il est intéressant de parler de Tocqueville et de son livre, De la démocratie en Amérique.

Car Tocqueville décrit très bien le Bicamérisme dans la démocratie américaine.

 

Aux Etats Unis, il y a donc deux chambres : la chambre des représentants et le Sénat.

 

La chambre des représentants représente le peuple. Chaque Etat envoi un nombre de représentants proportionnel à sa population. Les Etats avantagés sont donc les Etats les plus peuplés.

 

La seconde chambre est le Sénat. Chaque Etat y est à égalité. Et chaque Etat envoie 2 sénateurs.

Le Sénat Américain représente les territoires.

 

Si on transpose ça à la France, l’Assemblée nationale représente la population et le Sénat représente les territoires.

 

Or, ce n’est pas le cas, l’Assemblée nationale ne représente pas la population.

Déjà, à cause de la raison 1.

Mais aussi parce que le système par circonscription lie trop le député au territoire.

 

Ce qui fait qu’aux législatives, on ne débat plus vraiment de la politique nationale. On fait plutôt un tour de chauffe pour les municipales.

 

Pire, on a le député maire. Heureusement, il est en train de disparaître, mais ses votes posent question.

Lorsqu’il vote contre la baisse des dotations de l’Etat (sujet très connu à Malakoff d’ailleurs), le fait-il comme député de la nation ou comme maire qui se bat pour sa propre chapelle et pour avoir plus d’argent dans les caisses de sa commune.

 

Toujours dans le député maire (qui n’existe plus car François Hollande a institué le non-cumul des mandats), on a souvent dédoublement de la personnalité.

On a le maire qui maintient les taux dans sa commune, claironnant qu’il n’augmente pas les impôts.

Mais on a le député qui augmente les bases, ce qui fait du coup mécaniquement augmenter les impôts locaux.

 

Avec cette tactique, on a des impôts locaux qui ont augmenté plus vite que l’inflation.

 

Le problème, c’est que le député vote sur la politique de la nation. Il défend l’intérêt de la nation (dans cet intérêt, en particulier, on a la lutte contre le déficit public).

 

Il vote certes le cadre dans lequel doit se faire une politique municipale, mais il agit d’abord dans l’intérêt de la France une et indivisible, pas d’une ville ou un territoire donné.

Celui qui conduit la politique d’une ville, c’est le maire.

 

Raison 3 : Le mode de scrutin force au Bipartisme et empêche toute concurrence entre le PS et LR

Là, on touche un problème particulièrement grave. Notre système électoral ne permet pas la diversité et la concurrence.

 

Il a, au moins dans la pratique, poussé à un bipartisme. Il a partagé la vie politique entre la Gauche représenté dans ce modèle par le PS, et le RPR/UMP/LR.

 

Mais le pire n’est pas là. C’est qu’il est extrêmement compliqué de monter une alternative entre le PS et LR.

Ça devient vite problématique si LR et le PS deviennent incapable de diriger (ce qui est le cas), et du coup, il est très difficile de monter une alternative au PS et à LR.

 

En dehors des erreurs qu’a pu faire François Bayrou, surtout entre 2012 et 2017, la principale raison si le Modem n’a pas percé est que le mode de scrutin actuel ne permet pas de construire sur la durée une alternative au PS et à l’UMP.

 

Pour garder leurs sièges, les députés UDF qui avaient suivi François Bayrou de 2002 à 2007 ont eu peur face au chantage de Nicolas Sarkozy. Ils ont donc lâché Bayrou.

 

Avec un mode de scrutin plus juste, François Bayrou aurait gardé un groupe de député en 2007.

 

Il aussi assez intéressant à signaler que la victoire d’Emmanuel Macron et l’émergence de l’axe central a été théorisé par François Bayrou en 2007.

Il a donc fallu 10 ans pour concrétiser ça.

Pire, ce n’est pas François Bayrou qui a touché le Jackpot. Le fait qu’il ait fait des erreurs (notamment entre 2012 et 2017) n’aidant pas.

 

Néanmoins, Macron a gagné sur une sorte de miracle et l’affaire Fillon, ainsi qu’un ras le bol de l’incompétence du PS et de LR.

 

Mais si on avait un système qui permet la concurrence, l’axe central aurait gagné sur un travail sur la durée, pas sur un miracle.

 

Je pense même que le Modem aurait plus pesé dans cette victoire, et il aurait plus pesé avant.

 

De plus, ce manque de concurrence induit un effet de bord.

 

Comme le système tue toute concurrence entre le PS et LR, et que les deux sont incompétents, on arrive à un point où les gens ne votent plus (le vote blanc n’étant pas comptabilisé, ça n’arrange pas les chose), ou pire, vote pour les extrêmes comme le FN ou Mélenchon.

 

Raison 4 : Le système actuel maintien le PS et LR dans la médiocrité

En plus d’organiser la vie politique entre le PS et LR, le système actuel les maintiens et les laisse se complaire dans la médiocrité.

 

Surtout quand ils subissent une défaite.

 

Ils estiment que comme le monde est bipolaire, et que l’on doit choisir entre la Gauche et la Droite, il suffit d’attendre que la majorité actuelle perde suite à ses conneries.

 

En résumé, on se construit sur la nullité du concurrent.

 

C’est par exemple le cas de François Hollande et du PS.

Celui-ci a subi une défaite sévère en 2002. Il a été éliminé par Jean Marie Le Pen.

Au lieu de faire un bilan des années Jospin et un diagnostic de la France pour être en capacité de gouverner, François Hollande a construit le PS sur la nullité de la Droite entre 2002 et 2012.

 

Il a gagné les élections intermédiaires, car l’UMP était assez nulle, mais arrivé au pouvoir en 2012, ça a donné le mandat catastrophique de François Hollande.

 

Le problème, c’est que LR fait pareil depuis 2012.

Ils ont d’ailleurs élu Laurent Wauquiez à leur tête.

 

Par ailleurs, le système électoral pousse le PS et LR vers leurs extrêmes.

 

Montebourg parlait de démondialisation, LR est noyauté par la manif pour tous…

 

Le problème, c’est que diriger demande une forme de pragmatisme, et de prendre en compte les contraintes.

 

Au lieu de se remettre en cause, LR et le PS préfère penser qu’il faut être le plus à gauche possible (ça, c’est pour le PS) ou le plus à droite possible (ça, c’est pour LR).

 

Le problème, c’est qu’il faut faire preuve de pragmatisme.

 

Si on prend le privé, on évite d’être idéologue. On fait un diagnostic, et à partir de ce diagnostic, on construit une stratégie d’entreprise.

 

Les entreprises avec à la tête un PDG idéologue, ça ne marche pas, comme c’est le cas de Canal Plus.

 

Raison 5 : Le système électoral ne permet pas les réformes dont la France a besoin

Un jour, François Bayrou a expliqué que le SPD (parti socialiste allemand) savait qu’ils allaient perdre.

Effectivement, le chancelier allemand, Gerhard Schröder avait commencé les réformes dont l’Allemagne avait besoin.

 

Mais le SPD avait néanmoins suivi Gerhard Schröder car malgré tout, ils savaient que les têtes de liste seraient élues malgré la future défaite annoncé.

 

Par ailleurs, le SPD a presque toujours pu faire partie des coalitions avec Angela Merkel.

 

En France, c’est l’inverse.

Comme on est élu par le fait du prince, on ne prend pas de risque.

 

Comme l’élection est par circonscription, et que l’on pourrait tomber sur des électeurs, on ne prend pas de risque.

 

Or, réformer demande certes de la pédagogie, mais aussi du courage.

 

Or le système électoral fait que le député évitera d’être courageux, et qu’il deviendra un godillot.

 

Au fond, c’est peut-être pour ça que Macron a choisi de réformer par ordonnance.

 

Conclusion

Par miracle et à cause de l’impasse dans lequel le système politique était, Emmanuel Macron a pu être élu et faire enfin les réformes dont la France a besoin.

 

Néanmoins, on ne peut pas permettre que les réformes se fasse par miracle.

 

Il faut donc s’attaquer à ce qui a fait que les réformes n’ont jamais été faites en France alors qu’on les a faites dans les autres pays européens.

 

C’est pour ça que pour pérenniser la bonne gouvernance, permettre la concurrence qui forcera les partis politique à s’améliorer, et permettre de construire des coalitions qui permettront de mettre en œuvre les réformes, de les faire accepter et de les réussir, il faut absolument changer le mode de scrutin pour les législatives.

 

Il faut un mode de scrutin proportionnel à deux tour, calqué sur celui des municipales ou des régionales.

7 mars 2018 Posted by | Politique, Politique nationale | , , | 2 commentaires

Le problème Wauquiez (2/3) : Macron L’addition, entre mauvaise foi et fake news

Face à Emmanuel Macron, LR a lancé l’opération « Macron l’addition » afin de prouver qu’il y a une baisse du pouvoir d’achat.

 

Seulement, les arguments sont au mieux de la mauvaise foi, au pire des « fake news ».

 

Bon, d’un autre côté, ça a été éclipsé par la brillante intervention de Laurent Wauquiez en tant que prof…

 

Mais je me permets de répondre, car je pense que sur ce point, Macron fait beaucoup.

Mieux, il n’est pas, comme Nicolas Sarkozy, dans l’optique de baisser le pouvoir d’achat, seulement en favorisant les riches. Donc de favoriser le pouvoir d’achat exclusivement des hauts revenus.

 

Pour commencer, je tiens à préciser, car j’ai depuis regardé ma feuille de paye, que j’ai bien gagné environ 50€, ce qui était d’ailleurs annoncé par divers simulateurs.

 

Et ça, grâce à Macron.

Je vais y revenir.

 

Plus sérieusement, Macron part de très loin (je rappelle que depuis 2002, on a eu successivement Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande), mais je sais qu’il fait de son mieux.

 

Selon une étude plus sérieuse sur le site des décodeurs, sur 24 mesures, 12 sont bénéfiques pour le pouvoir d’achat, 9 sont négatives pour le pouvoir d’achat et 3 sont neutres.

 

On arrive donc à :

  • 50% de mesures positives pour le pouvoir d’achat.
  • 37,5% sont négatives pour le pouvoir d’achat.
  • 12,5% sont neutres.

Le bilan est loin d’être la catastrophe annoncée par LR. Au contraire, on a un bilan plus nuancé, voir plutôt bon.

 

Par ailleurs, je me permets de revenir sur la hausse de la CSG, car là, il y a vraiment mauvaise foi.

Comme je l’avais écrit récemment ici et ici, il faut diminuer les charges.

Je ne vais pas réexpliquer pourquoi en détail, mais la baisse des charges, élevées, est une nécessité.

 

Il est nécessaire de réduire les charges patronales car elles empêchent le développement des entreprises, surtout les TPE/PME, sont un frein à notre économie, et fabriquent du chômage, aussi bien à court terme que à long terme.

 

Quant aux charges salariales, elles sont trop élevées et plombent le pouvoir d’achat des gens qui travaillent. En fait, faire supporter la solidarité que sur les gens qui travaillent est un peu injuste.

Ce n’est pas très malin et ça ne récompense pas les gens qui jouent le jeu et apportent à la société par leur travail.

 

L’idée est donc de financer la baisse des charges (patronales et salariales) en augmentant un impôt qui a une assiette plus large. L’idée est de financer la baisse des charges en augmentant un impôt payé par plus de monde.

 

Dans le cadre du programme Macron, c’est la CSG.

 

Mais je tiens à rappeler que François Fillon, candidat de la Droite, donc de LR, faisait le même constat. Par contre, il proposait d’augmenter la TVA.

 

Donc, si François Fillon avait été élu président, il aurait également diminué les charges, en augmentant la TVA.

 

Pour ma part, l’importance, pour moi, n’est pas de savoir si on augmente la TVA ou la CSG, mais d’enfin diminuer les charges, aussi bien patronales que salariales.

 

Et Emmanuel Macron le fait enfin.

 

Il est d’ailleurs à noter que lors de la primaire 2012, Manuel Valls s’était prononcé pour une augmentation de la TVA et une diminution des charges.

 

Par contre, la Droite, principalement la Droite dure, incarnée respectivement par Nicolas Sarkozy et aujourd’hui par Laurent Wauquiez, n’a rien à dire. Qu’ils longent les murs et qu’ils se fassent discrets. Sur le sujet, ils n’ont rien fait, contrairement à Macron.

 

L’un des premiers à avoir parlé de TVA sociale (hausse de la TVA pour diminuer les charges, en général patronales), c’est Jean Louis Borloo. C’était en 2007.

Seulement, cette intervention pertinente de Jean Louis Borloo a fait perdre des sièges à la Droite.

Conclusion, Nicolas Sarkozy a transféré Jean Louis Borloo au ministère de l’écologie, et il s’est empressé d’enterrer la TVA sociale.

 

Idée qu’il a néanmoins reprise en 2012 histoire de faire un piège à cons de centristes.

 

Enfin, je me permets de signaler que les chiffres annoncés sont délirants.

Selon un autre article du site des décodeurs, les différentes hausses ne sont pas aussi élevées qu’essaye de faire croire la Droite.

 

Pire, beaucoup de ces hausses ne sont pas imputable au gouvernement.

En fait, on est dans de vrais chiffres fantaisistes, de vrais fakes news.

 

Mais quand on n’a pas de projet et de vision, comme Laurent Wauquiez, il ne reste… que les Fakes News…

22 février 2018 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , , , | Laisser un commentaire

Le problème Wauquiez (1/3) : Wauquiez, l’homme qui empêche LR d’évoluer

Puisque que l’on est en plein Wauquiez Gate, je me permets de donner mon avis sur certains points.

 

A commencer par un sur lequel j’ai insisté, c’est que Wauquiez, il est l’inverse de ce dont la Droite a besoin.

 

Il faut déjà commencer par un point important : c’est que les défaites de 2012 et 2017 étaient méritées.

 

Il est plus que temps à LR de l’accepter pour pouvoir vraiment passer à autre chose.

 

La défaite de Nicolas Sarkozy était méritée.

Attention, je ne dis pas que François Hollande était un bon président. C’était même un président médiocre.

Et personnellement, au second tour de la présidentielle 2012, j’avais voté blanc.

 

Mais il convient de rappeler que François Hollande est arrivé sur le vote sanction, vote sanction envers Nicolas Sarkozy, et à juste titre.

 

Sans entrer dans les détails, Nicolas Sarkozy a augmenter la dette de la France (2/3 est à son dû, 1/3 à cause de la crise selon la cour des comptes), il a d’ailleurs fait plus de dette en 5 ans que François Mitterrand en 14 ans, et encore, François Mitterrand a eu deux cohabitations, dont une catastrophique avec Edouard Balladur qui avait comme ministre du budget un certain Nicolas Sarkozy.

 

Toujours dans les griefs, sa politique économique a été une catastrophe. Il a fait une politique centrée sur la demande, augmentant la dette d’ailleurs, en aidant financièrement les riches.

Politique désastreuse car elle n’a pas permis d’augmenter la productivité et l’appareil productif.

 

Il a rendu le service public inefficace par des réformes débiles qui sont contre le bon sens. Je pense au pôle emploi, que j’ai subis, mais on peut penser à la police, aux services secrets (qui du coup sont moins bons pour déjouer les attentats…) …

 

Il a enrichi une oligarchie sur les deniers publics (je pense à Tapie ou au pentagone à la français), sans parler de son style de gouvernance.

 

Quant à 2017, la défaite était aussi méritée.

Au lieu de réfléchir aux causes de la défaite de 2012, LR a préféré se construire sur la nullité de la Gauche et de François Hollande.

 

En fait, j’ai un exemple d’un gars qui a fait ça : François Hollande lui-même.

 

En 2002, le PS a subi un échec terrible : Lionel Jospin est éliminé au premier tour face à Jean Marie Le Pen.

 

Au lieu de se remettre en cause, le PS a préféré, sous l’impulsion de François Hollande, alors premier secrétaire, construire le PS sur l’échec de la Droite, mené d’abord par Chirac puis Sarkozy.

 

Ça a marché, car la Droite était particulièrement mauvaise, et ça a permis au PS de gagner toutes les élections intermédiaires (régionales, municipales…).

 

Seulement, ça a permis au PS d’arriver au pouvoir en 2017. Sauf que là, ils étaient vraiment mal préparés, ce qui a donné le mandat catastrophique de François Hollande.

 

Mais le vrai problème de LR n’est pas là.

Le vrai problème de LR est sa droitisation excessive.

 

Ça a commencé avec Sarkozy, qui a mis le FN et le PS au même niveau, et Laurent Wauquiez est dans la continuité.

 

Je ne reproche pas à LR d’être de droite, je reproche à LR sa stratégie pour faire accepter une politique de droite.

 

Ils pensent qu’être de droite est plus important que de faire une politique labélisée de Droite plutôt que de faire une politique de Droite pragmatique, donc moins de Droite, mais qui marche.

 

Du coup, une fois élu, LR fait des politiques contre les gens, clientélistes, contre le bon sens, qui empire la situation des gens et du pays.

C’est Sarkozy qui est responsable de la droitisation excessive de LR, et Wauquiez est dans la continuité.

 

Cette situation m’attriste pour deux raisons.

La première est qu’elle appauvri le débat démocratique.

 

La seconde raison est que s’il faut une alternative à Macron, elle ne s’appelle pas LR. Et comme elle ne s’appelle pas PS…

20 février 2018 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , , , | Laisser un commentaire

C’est donc Wauquiez

Sans surprise, Laurent Wauquiez est élu président des républicains.

 

Au fond, c’est une conséquence de l’élection d’Emmanuel Macron.

C’est la droite qui veut être fier d’être de droite et empêcher la recomposition politique, portée par Emmanuel Macron, et pour résister, a voté identitaire, c’est-à-dire Laurent Wauquiez.

 

Mais je préfère avoir un président qui fait le job, et que je critique sur le fond, comme Emmanuel Macron, plutôt qu’un président qui fait une politique débile et idéologue, que je critique sur le fait qu’il fasse une politique débile et idéologue.

Dans cette catégorie, on a Nicolas Sarkozy, et François Hollande.

 

Pour moi, Laurent Wauquiez, c’est Nicolas Sarkozy, en pire.

Pour moi, Laurent Wauquiez est aux républicains ce que Benoît Hamon est au PS.

 

C’est un dinosaure d’une autre époque, dinosaure qui empêche la France de se réformer et d’avancer.

 

Laurent Wauquiez veut faire de sa région un laboratoire de sa France d’après.

Quand je vois ce qu’il s’y passe, ça fait froid dans le dos (voir ici, ici et ici).

A mon humble niveau, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour empêcher la France d’après de Laurent Wauquiez, en ne votant pas pour lui, par exemple…

 

Mais au-delà de l’élection de Laurent Wauquiez, c’est le problème du grand parti de droite, les républicains, et de son incapacité à se réformer, et à se remettre en cause.

 

Déjà, commençons par la base.

La défaite de Nicolas Sarkozy était méritée.

Certes, François Hollande a été un président médiocre, mais ça ne doit pas faire oublier le bilan catastrophique de Nicolas Sarkozy entre 2007 et 2012.

 

Il y avait tout un tas de raisons pour lesquelles il fallait congédier Nicolas Sarkozy.

Elles sont très bien expliquées d’un point de vue économique dans le Livre de Peyrelevade, mais il y avait aussi une gouvernance à sanctionner, très bien décrit dans le livre de François Bayrou.

 

Pour faire rapide, il a augmenté la dette, enrichi une oligarchie, fait des affaires la norme, rendu inefficace le service public…

 

Ce qui amène au second problème avec la droite, problème qui existe d’ailleurs au PS, et dont la désignation de Benoît Hamon est une conséquence.

 

Pour la droite, être de droite est plus important que de faire une bonne politique.

 

Soyons clair, je n’ai rien contre la droite, et j’estime que c’est normal que la droite soit de droite.

 

Le problème, c’est la stratégie que la droite (et donc de l’autre côté la Gauche) applique pour faire accepter une politique de droite.

 

En gros, à droite, ils pensent qu’ils sont beaux, magnifiques et intelligents, et que la droite a la vérité absolue.

 

De fait, ils ont les solutions, idéologiques, avant d’avoir analysé et fait un diagnostic de la situation.

 

Or, pour ma part, je suis pour une approche cartésienne.

 

On fait une analyse de la situation, on fait un diagnostic et à partir de ce diagnostic, on construit un plan d’action.

 

La droite a élu le pire président possible.

Elle doit faire un diagnostic sur ses échecs et la situation de la France pour pouvoir se reconstruire.

 

Au lieu de ça elle va rester dans sa vérité, ce qui n’est pas une bonne chose pour un parti sensé être capable d’appliqué le pouvoir.

 

Pour moi, c’est parce qu’elle a refusé de faire le bilan des années Sarkozy et qu’elle a essayé d’imposer son point de vue par la Force que la droite a perdu une élection imperdable.

Elle aurait pu choisir Alain Juppé et être là, en train de faire les réformes dont la France a besoin.

Elle aurait pu rentrer dans l’Histoire.

 

Au lieu de ça, elle a préféré imposer par la Force sa vision. Elle a préféré sens commun aux modérés et aux gens.

 

Pour moi, c’est la Droite, qui en préférant François Fillon à Alain Juppé, a choisi la défaite.

Pour moi, si François Fillon avait été élu, il n’aurait pas été en capacité de réformer la France.

 

Avec l’élection de Wauquiez, la droite persiste dans son erreur.

 

La seule chose à espérer aujourd’hui, c’est que l’élection de Wauquiez accélère l’implosion de la Droite et la recomposition politique dont la France a besoin.

11 décembre 2017 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , | Laisser un commentaire

Il est fondamental de réduire les charges (Patronales et Salariales)

Comme j’en ai assez (depuis un moment) des critiques de mauvaise foi, venant aussi bien de la Droite comme de la Gauche, sur la hausse de la CSG, je vais me permettre de défendre notre président de la république.

 

D’autant que je trouve que les députés de LREM, ils dorment un peu trop.

Sur ce sujet, majeur, il faut rentrer dans le lard.

 

La droite est hypocrite, elle n’a rien fait au pouvoir.

Seule la gauche semble plus cohérente, mais c’est en réalité de l’idéologie malsaine.

 

Pire, il est critiqué comme président des riches.

Rappelons que grâce à la baisse des charges salariales (je suis dans la classe moyenne, je rappelle), mon salaire net, donc mon pouvoir d’achat, va augmenter.

Chose que j’attends depuis un bon moment (genre 10 ans, voir plus).

 

Donc en résumé, Emmanuel Macron, qui fait une mesure profitant au plus grand nombre (que ce soit la baisse des charges patronales ou salariales) est le président des riches.

De plus, la baisse des charges patronales profite plus aux TPE/PME qu’aux grands groupes, qui eux ont les moyens de faire de l’optimisation fiscale.

 

Macron président des riches… Mais franchement, de qui se moque-t-on ?

 

Le moment de reprendre le sujet à la base.

 

Le principe est de diminuer les charges, aussi bien salariales que patronales.

Le problème est de maintenir les dépenses de solidarité (notamment de santé).

 

Pour le faire, on augmente un impôt, TVA dans le programme de Fillon, CSG dans celui de Macron.

Avec l’augmentation d’un impôt, on finance la baisse des charges patronales et salariales.

 

En ce qui me concerne, l’importance n’est pas de savoir si on augmente la TVA ou la CSG, mais une bonne fois pour toute de réduire les charges qui sont une plaie sur notre économie, surtout les charges patronales.

 

D’ailleurs, les charges patronales sont surtout une plaie sur les TPE et les PME.

 

Le débat ne date pas d’hier.

 

En 2007, François Bayrou avait une excellente mesure dans son programme, la création de 2 emplois sans charges.

L’intéressé expliquait, à juste titre que ça allait débloquer la situation. Et je pense qu’il avait (voir a encore) raison.

Dans un grand groupe, 2 emplois, ce n’est rien.

Mais dans une PME, et surtout dans une TPE, c’est énorme.

De plus, dans la logique de François Bayrou, on aurait montré que les charges sont un frein à la création d’emploi dans une TPE/PME.

Ayant commencé dans une TPE, je confirme que les charges sont un frein à l’embauche.

 

Même si lors de la primaire socialiste en 2012, Manuels Valls s’est prononcé pour une hausse de la TVA, en général, pour le PS, pour raison idéologique, le PS ne veut pas entendre parler de la baisse des charges.

 

Quant à la droite, c’est Tartuffe.

Jean Louis Borloo avait évoqué la hausse de la TVA (la TVA sociale) en 2007, ce qui avait fait perdre des sièges à la Droite.

 

Sarkozy s’était empressé de ne pas appliquer la mesure, jusqu’en 2012, histoire de faire un piège à con de centrisme.

 

 

Mais rentrons dans le vif du sujet.

 

Pourquoi faut-il diminuer les charges ?

 

Les charges patronales d’abord.

Comme pour la Taxe d’Habitation, ou l’ISF, je pourrais expliquer que les charges patronales est un impôt physiocrate, dont par définition, il est injuste et débile, et doit être supprimé à long terme.

 

Mais je vais me placer sur le court terme.

A savoir qu’il fait un vrai dégât sur l’économie française, et qu’il fait en plus un dégât social.

 

En fait, les charges patronales, c’est juste le pire impôt physiocrate.

Pour rappel, on paye cet impôt parce que l’on embauche un salarié.

C’est un peu punitif.

En fait, on punit un patron parce qu’il embauche.

Ça devrait être juste… l’inverse.

 

Mais le pire, c’est que c’est un impôt qui a une valeur élevée.

Pour mémoire, si on embauche un salarié avec un salaire de x, on paye en charge patronale x.

Ce qui fait qu’un salarié coûte 2 x à un employeur.

 

Par exemple, si vous embauchez un salarié à 2000€ net, vous payez 2000€ de charges patronales, il vous coûte au total 4000€.

 

Ça fait donc un coût élevé pour le travail. Et pas que dans le privé. C’est aussi vrai pour le public (cas de Malakoff).

C’est surtout les TPE et PME qui morflent, car les revenus générés sont moindres.

Ça dissuade d’embaucher.

Ce qui est criminel car les emplois pour les gens qui y sont éloignés (principalement les jeunes et les séniors), c’est dans la TPE/PME.

 

De fait, en maintenant les charges patronales à niveau élevé, on éloigne les catégories les plus fragiles de l’emploi.

C’est là qu’il y a quelque chose de vraiment criminel et dégueulasse.

 

En résumé, si un patron paye 2000€ un salarié, il paye également 2000€ pour qu’un autre salarié soit « Une merde au chômage ».

On est en plein dans un roman de Kafka.

 

Vu le coût économique, humain et social que représente le chômage, au lieu de payer 2000€ un salarié et 2000€ (via les charges) à être « Une merde au chômage », autant embaucher 2 salariés.

 

Ce n’est vraiment pas pour rien que je qualifie les charges patronales de « Pire impôt physiocrate ».

En plus d’être un impôt physiocrate (ce qui est déjà un crime en soi), c’est un impôt avec une haute valeur.

 

De plus, cet impôt est contre la logique Schumpeter.

 

Effectivement, selon Schumpeter, le capitalisme, c’est la destruction créatrice.

A un instant t, on fabrique un bien (ou un service). Mais celui-ci va disparaître car il va être remplacé par autre chose.

La disparition du produit est destruction d’emploi, mais la création d’un nouveau produit est créatrice d’emploi.

C’est pour ça que Schumpeter parle de destruction-créatrice.

 

Pour créer de nouveaux produits, qui dans la logique de Schumpeter représentent les emplois de demain, il faut investir, notamment dans la recherche.

 

Or, pour investir, il faut faire de la marge, du profit. Le profit est par la suite réinvesti.

Or, les charges patronales jouent contre le profit, contre la marge, et empêche donc de réinvestir pour innover, et créer des emplois à long terme.

 

Ce n’est pas pour rien qu’en France, on est dans la « Destruction Pas création ».

 

Passons aux charges salariales.

Là, l’impôt est juste, car c’est un pourcentage sur le salaire brut.

Sauf que le problème, c’est que les charges salariales sont élevées, presque 25% du salaire brut.

 

Or, aujourd’hui, on est dans une stagnation des salaires.

Pour diverses raisons, malheureusement compréhensibles, les entreprises rechignent à augmenter les salaires. Les charges patronales et le contexte économique n’aidant pas.

 

Or, le pouvoir d’achat des gens qui travaillent diminue, notamment à cause de l’inflation.

Ce qui laisse le sentiment, malsain, que si on joue le jeu (par son travail), et bien, on se fait vachement couillonner.

 

Il faut combattre ce sentiment. Il est dangereux que ceux qui jouent le jeu soient les couillons.

Il faut encourager les gens qui jouent le jeu, et de fait, aider les gens qui travaille.

Le travail doit être la norme.

Le travail doit être récompensé.

 

C’est pour ça qu’il faut revaloriser le pouvoir d’achat des gens qui travaillent.

 

Comme le contexte économique des entreprises est difficile, le seul moyen est de diminuer les charges salariales.

La diminution des charges salariales augmentera le pouvoir des salariés (les gens qui travaillent) sans que l’entreprise augmente les salaires.

 

Pour conclure, diminuer les charges patronales, c’est diminuer le coût du travail, et c’est permettre aux entreprises de faire plus de marges pour réinvestir derrière.

C’est une mesure en faveur des entreprises.

 

Diminuer les charges salariales, c’est augmenter le salaire net des salariés et donc leurs pouvoirs d’achat. C’est une mesure en faveur des salariés.

 

Je pense que les deux diminutions sont à faire.

 

C’est pour ça que sur ce point, je suis sur la même longueur d’onde qu’Emmanuel Macron.

7 novembre 2017 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , | 5 commentaires

Sur l’ISF, Macron a raison, mais…

Je souhaite rebondir sur l’article de l’Hérétique, qui du coup va compléter mon article sur la Taxe d’Habitation.

 

En ce qui me concerne, je considère qu’Emmanuel Macron a raison de vouloir supprimer l’ISF, ou de le réformer.

C’est un impôt physiocrate, donc par définition, il est injuste.

 

Savez-vous que feu Liliane Bettencourt, femme la plus riche du monde, ne payait pas l’ISF.

 

Si on habite l’Île de Ré, on paye l’ISF indépendamment de son revenu ?

Même si on est retraité ou SMICARD ?

 

Allez, un dernier pour la route, auquel on ne pense pas forcement.

Si on habite en première couronne (possession d’une résidence principale) et que l’on possède un appartement en première couronne (que l’on loue), on paye aussi l’ISF.

Ce qui fait que l’on doit rentabiliser l’appartement à louer (en plus, il faut des fois y faire des travaux).

On paye aussi la taxe foncière (un autre impôt physiocrate…).

Bref, ça encourage à augmenter les prix de location.

 

Le problème, c’est qu’il y a une bulle immobilière à Paris et en petite couronne.

Les gens qui travaillent, et gagne au-dessus du salaire moyen ne peuvent pas se loger décemment.

 

Certes, l’ISF n’est pas la cause de la bulle immobilière. Ce n’est peut-être même pas une cause de la bulle immobilière, mais ça n’aide pas à faire exploser la bulle immobilière.

 

Le problème de l’ISF, c’est que c’est un impôt symbolique.

Il a été créé par le PS pour punir les riches, et expliquer que le PS est toujours de gauche.

 

Or, je ne vois pas en quoi un impôt, payé par les SMICARDS de l’Île de Ré, auquel ont échappé des riches, dont Liliane Bettencourt, est un impôt sur les riches.

 

Pour moi, c’est normal de payer des impôts.

Le problème, c’est qu’un impôt doit avoir une logique économique.

Or, l’ISF a une logique politique (voir politicienne), idéologique, clientéliste et punitive.

 

C’est juste un impôt débile.

 

Par ailleurs, même si sur ce sujet Emmanuel Macron a raison, je pense qu’il ne va pas assez loin.

En fait, je pense que la fiscalité est l’un des points faibles d’Emmanuel Macron, même s’il est largement au-dessus de François Hollande, qui lui osait se prétendre grand fiscaliste.

 

Le problème, c’est que notre système d’impôt a été pensé par les physiocrates, en 1789, soit il y a 228 ans, il y a plus de 2 siècles !

 

Selon les physiocrates, il est inconcevable de payer des impôts sur les revenus.

On paye des impôts sur son outil de travail.

 

Par exemple, si on a un champ, on paye des impôts pour la possession de son champ, car on va le labourer, et donc obtenir un bénéfice sur ses récoltes.

 

Le problème, c’est que si on a une inondation, une sécheresse et/ou une invasion de sauterelle, on a moins (voir pas) de récoltes.

Par contre on a les impôts.

 

Sur ce principe, on a inventé 4 impôts, les 4 vielles, la taxe d’habitation, la taxe foncière sur le bâti, la taxe foncière sur le non-bâti et la patente (devenue taxe professionnelle puis CET).

 

A l’époque, ces impôts étaient touchés par l’Etat.

 

Vers les années 1870, il arrivait que l’Etat investissait beaucoup dans l’économie.

Seulement, le retour en investissement était faible.

Effectivement, selon le principe physiocrate, si on gagne beaucoup d’argent, mais que l’on a peu de bien, on paye peu d’impôt.

L’Etat a donc créé de nouveaux impôts et a passé les 4 vielles aux communes.

 

Le problème, c’est que l’on a un nombre important d’impôts physiocrates.

 

Certains font sourire, comme la redevance télévision.

Notez aussi la débilité de cet impôt.

Si on a un écran de télévision mais que l’on ne la regarde jamais (ou presque jamais en ce qui me concerne), on paye la redevance télé.

En ce qui me concerne, ma télévision me sert surtout d’écran d’ordinateur.

Mais si on ne possède qu’un écran d’ordinateur et que l’on regarde souvent la télévision sur son écran d’ordinateur, on ne paye pas la redevance télé.

Bonjour la logique.

 

Mais d’autres impôts physiocrates font des dégâts économiques (et par extension sociaux).

Je pense principalement aux charges patronales.

 

Par ailleurs, les impôts physiocrates peuvent créer des inégalités territoriales.

Dans le cas de la taxe d’habitation et de la taxe foncière, il y a une base, base définie par un obscur fonctionnaire du trésor public, dans un obscur couloir, loin des regards.

 

Effectivement :

Taxe = Base * Taux voté en conseil municipal (Pour la taxe d’habitation ou taxe foncière).

 

De fait des villes comme Neuilly (fortes bases) sont plus avantagé que des villes avec bases plus faibles (genre Malakoff).

 

En résumé, un mauvais maire de Neuilly fera toujours mieux qu’un bon maire de Malakoff.

 

Conclusion :

Pour moi, c’est normal de payer des impôts.

Tout le monde se doit de participer à la solidarité et à l’investissement collectif.

 

Le problème, c’est que tout le monde doit participer à la vie en collectivité à hauteur de ses moyens.

 

Et c’est là le problème de fond.

 

L’impôt doit se définir sur sa capacité à le payer, sur ses revenus.

Plus les revenus sont élevés, plus il est normal de payer des impôts.

Les impôts doivent être dépendant seulement des revenus.

Plus les revenus sont élevés, plus on paye des impôts.

 

C’est le principe du « A hauteur de ses moyens ».

 

Or, avec un système physiocrate, ce n’est pas le cas.

 

Dans l’absolu, même si sur la Taxe d’Habitation ou sur l’ISF a raison sur le fond, il est insuffisant.

 

C’est d’abord une refonte complète du système fiscal qu’il faut, et en finir avec la logique physiocrate.

5 novembre 2017 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , | Laisser un commentaire

Présidentielle 2017 et Éducation nationale (4/4) : Il faut pouvoir reprendre les études plus facilement

Dernièrement, j’écrivais que l’école devait être plus sélective.

Néanmoins, je considère que ça ne doit pas être à vie et définitif.

 

De mon point de vue, si les probabilités d’avoir le Bac à 18 ans sont faibles, autant ne pas le passer.

 

Mais si à 30 ou 40 ans tu as les capacités de l’avoir, je pense qu’il est sain de le passer.

 

Mieux, la société doit y encourager.

Ce qui compte, ce n’est pas le niveau actuel, mais les progrès que tu vas effectuer.

 

Le problème, c’est que c’est l’inverse qui se passe.

 

Si on n’a pas le Bac, on est un déchet. Pire, c’est à vie.

Et le pire, c’est que le Bac est dévalué année après année.

 

Au contraire, il faut faire un véritable travail sur le fait que ne pas avoir un diplôme, ce n’est pas un jugement de valeur, ce n’est pas un jugement de personnalité.

 

Par contre, un diplôme doit sérieusement sanctionner des connaissances, aussi bien théorique et/ou pratique.

Et il doit sanctionner sérieusement.

 

De fait, si on a les capacités, quel que soit l’âge de la vie, de pouvoir repasser un diplôme, pour diverses raisons, ça doit toujours être possible.

 

Il faut en particulier concevoir qu’à un moment donné, on peut ne pas être en situation d’obtenir un diplôme, mais ce n’est pas définitif. Plus tard, on peut gagner en maturité et dont évoluer et être capable de décrocher le diplôme.

 

Pouvoir reprendre les études doit être une nécessité, et ceci pour plusieurs raisons.

 

La première, c’est que la progression dans la société se fait pas les connaissances et le diplôme.

Si on a la capacité de progresser, on doit pouvoir le faire.

Si c’est par les études, on doit donc pouvoir les reprendre.

 

Par ailleurs, les connaissances doivent s’acquérir au long de la vie.

Certaines connaissances ne sont pas figées.

Au contraire, elles évoluent vite.

C’est en particulier vrai en Informatique.

 

Par ailleurs, c’est très rare que l’on exerce un métier dans son domaine d’étude initial.

 

Pour toutes ces raisons, reprendre ses études doit toujours être possible.

 

En ce sens, pour moi, le CNAM est un exemple.

1 novembre 2017 Posted by | Election présidentielle 2017, Elections présidentielles 2017, Politique, Politique nationale | , , | Laisser un commentaire

Ma réponse sur les propos de Laurent Wauquiez sur le Pôle emploi

Laurent Wauquiez a déclaré que les conseillers du Pôle emploi conseillaient aux chômeurs de profiter de la vie.

 

Ayant été très longtemps au chômage, voir ce que l’on appelle « une merde au chômage », je me suis senti humilié et insulté par les propos de Laurent Wauquiez.

 

D’autant que ce personnage, détestable, ose dire qu’Emmanuel Macron est un désert de l’âme et explique qu’il monte les parisiens contre les provinciaux, bref, qu’il monte les français les uns contre les autres.

 

Mais bon, Laurent Wauquiez ose tout. C’est même à ça qu’on le reconnait.

 

Mais en réalité, c’est Laurent Wauquiez qui monte les français les uns contre les autres, et pire, il s’attaque aux catégories les plus faibles, en l’occurrence les chômeurs.

 

Je vais donc répondre sur deux points, notamment sur le fait qu’il sous entends que les chômeurs soient des branleurs et des profiteurs du système de solidarité.

 

Certes, il y a toujours des profiteurs, mais il y a aussi juste des gens qui essayent de s’en sortir et qui n’ont pas les moyens de s’en sortir.

 

Je vais donc d’abord répondre sur « Chômeur = branleur et profiteur ».

 

Pour ma part, je n’ai pas choisi d’être chômeur et branleur.

Au contraire, mon rêve est de pouvoir vivre libre, m’assumer pleinement et avoir mon chez moi.

Sauf que ça m’a pris des années car j’ai été au chômage entre 2002 et 2009, soit pratiquement 7 ans.

Je n’ai pas vraiment été 7 années, 7 jours sur 7 et 24H/24 chômeur. J’ai été professeur de Science Physique (2 ans stagiaire et un peu vacataire), voir à l’IUFM (année 2004-2005) pour préparer le CAPES.

Mais le reste du temps, j’étais chômeur.

Ma seule vie sociale étant… le club de bridge les mercredi et vendredi après-midi.

 

Pour ma part, j’ai un DEA de physique des plasmas, obtenue en 2002.

J’ai fait de la physique par choix.

J’ai aussi le CAPES de Sciences Physiques (année 2005).

Et même si j’ai merdé à l’IUFM en 2001 (Je n’ai pas été admissible, et je n’avais pas fait de chimie pendant longtemps car j’ai fait physique pure), même si j’ai eu ma licence et maîtrise au rattrapage, j’ai eu mes diplômes du premier coup.

 

Pour mon DEA, j’ai même eu 11,83. Je m’en rappelle très bien car avec 12, j’aurais fait une thèse. Pas sûr que ça m’aurait évité le chômage d’ailleurs.

 

On ne peut pas dire que je profite. Au contraire, je joue le jeu.

Par ailleurs, je suis des cours au CNAM, pour consolider mes connaissances en informatique, le soir, et j’ai eu mes modules avec une moyenne de 15,11 (Bon, j’ai dû en passer un unique au rattrapage mais je l’ai eu finalement avec 19 et je suis les cours en parallèle de mon travail).

CNAM que pour l’instant, je finance de ma poche.

 

Mais bon, j’ai souvent été au chômage dès 2002. Car j’ai eu un DEA sans rien. Et du coup, je ne savais rien faire de concrets.

 

Je veux insister, je n’ai pas choisi cette situation, ou pas en connaissance de cause.

Si j’avais su, si je pouvais recommencer, je ferais des études directement en informatique.

Mais c’est comme ça.

 

Au début, je ne pensais pas être professeur (j’avais mon échec de 2001 en tête).

Faute de mieux, j’ai fait des vacations.

Puis en 2004, j’ai été admissible. Admissible au CAPES de sciences physique, mais aussi (et ça m’avait surpris) à l’agrégation de Physique (ou j’ai été admissible également en 2005 et 2006).

J’ai donc décider de retenter le CAPES en 2005 pour pouvoir enfin avoir un travail.

Je l’ai eu en 2005.

Par ailleurs, entre temps, j’ai repris seul la chimie qui était mon point faible. J’ai repris la Chimie de faculté seul à zéro, aussi bien la chimie générale (Thermochimie, Chimie quantique) que minérale et organique, chimie compliquée pour les physiciens car très intuitives (les réactions, il faut les sentir).

 

J’ai fait mes 2 ans de stages sous la tyrannie de l’IUFM, et je n’ai pas été titularisé, car l’autorité, ce n’est pas mon truc.

J’ai donc revécu mon pire cauchemar, le chômage.

J’ai donc décidé de me reformer en informatique car là, il y a des emplois.

J’ai fait une formation courte sur 8 mois (4 pratiques, 4 théoriques) pour être opérationnel.

Formation dont j’ai payé environ la moitié ou les trois quarts de ma poche, soit dit au passage.

Et après une très longue période, car inexpérimenté en informatique, j’ai par miracle enfin pu avoir mon premier CDD.

 

Mais la période a été dure. Tout le monde me regardait de travers, car j’étais chômeur. Y compris mes proches. Personne ne m’aidait. J’en ai même des blessures profondes que je n’espère même pas cicatriser.

Je fais avec.

Pire, si tu es au chômage, on t’en veut car tu y es. C’est le cas d’un certain Wauquiez.

Mais si tu es prêt à tout pour t’en sortir, on t’en veut car tu oses vouloir changer ta situation.

 

En fait, on est juste méprisé car on est juste chômeur.

On veut son emploi pour son indépendance, mais on ne sait rien faire.

Wauquiez sait-il que l’un de mes conseillers (non Pôle emploi car Pôle emploi délègue à des prestataires) me critiquait car j’étais prêt à faire la plonge ?

Mais ce n’est pas normal car j’étais trop diplômé pour faire la plonge. Sauf que j’étais en fin de droit, et de toute façon, il fallait que je travail. Mais ça, ce simple concept est incompréhensible.

Heureusement que j’ai eu un jour un coup de chance, j’ai trouvé mon premier CDD. Je crois que ça restera le plus beau jour de ma vie.

 

Aujourd’hui, si je cherche un emploi, je le trouve en 1 mois. Facile quand on a 3 entretiens par jours. On reste confiant.

 

Mais quand on accumule les échecs, quand on n’est pas aidé, et que tout le monde te chie dessus, juste parce que t’es un chômeur, c’est la logique négative.

C’est l’engrenage infernale.

 

Soit on devient fou, soit on laisse une forme de haine montée en soi.

Souvent, il m’arrivait de sentir cette haine, de la palper.

 

Ce qui m’amène à la seconde remarque : les conseillers du pôle emploi.

 

Très franchement, c’est vrai qu’ils sont nuls, sauf qu’en fait, ce n’est pas de leur faute.

Comme le signalait le patron de l’APEC, le Pôle emploi cumule deux records, celui d’être en sureffectif et celui d’être en sous-effectif.

 

Même avec une bonne volonté, le conseiller Pôle-emploi ne peut simplement pas réussir.

Il n’en a ni les moyens, et ni le temps.

 

Mieux, aujourd’hui, c’est les chômeurs (qui rappelons le sont dans une véritable galère) qui ont pitié d’eux.

 

Il m’est arrivé d’avoir un conseiller Pôle emploi qui m’a déprimé et que sur le moment, je voulais étranger.

Mais seulement un seul. Le reste (c’est-à-dire la majorité), c’était juste des pauvres gars qui faisaient ce qu’ils pouvaient, avec les moyens du bord.

 

Pour bien faire comprendre qu’au Pôle Emploi, c’est des pauvres gars, je vais raconter une anecdote qui résume le problème du Pôle Emploi.

 

Lors de l’époque de l’ANPE (l’ancêtre du Pôle Emploi), lorsque l’on était au chômage dans l’informatique, on allait à l’ANPE du Saint Augustin.

Effectivement, cette agence était spécialisée dans les métiers de l’informatique.

 

Ils connaissaient les métiers, mais aussi les patrons. Ils avaient un carnet d’adresse de patrons travaillant dans le domaine, et pouvant donc embaucher.

 

Maintenant, c’est le pôle emploi, et le pôle emploi est généraliste.

Que se passe-t-il pour l’agence de Saint Augustin ?

C’est les mêmes fonctionnaires. Ils connaissent donc toujours les métiers de l’informatique, et ils ont toujours le carnet d’adresse de patrons.

Mais ils ne peuvent plus poser le CV, car ils sont généralistes.

 

Or, le réseau étant important pour trouver un emploi, une agence de l’emploi doit se substituer au réseau.

 

Je pense que l’on touche là le problème de fond du Pôle Emploi.

Le Pôle Emploi n’a pas été penser pour faciliter le retour à l’emploi des chômeurs.

 

Il a été penser par des gens qui ne connaissent rien au chômage, mais qui pensent qu’ils sont beaux, magnifiques et intelligents et qui sans étudier le mécanisme du chômage, ont imposer un fonctionnement du pôle emploi débile et de fait inefficace.

 

C’est criminel car souvent, le Pôle emploi est une nécessité pour des gens éloignés de l’emploi.

 

Le pôle emploi est organisé de tel façon que les fonctionnaires ne peuvent pas réussir.

Ce n’est pas une question de moyens, c’est une question d’organisation.

 

Je veux bien que l’on contrôle les chômeurs. Je n’y suis pas opposé. Mais souvent, un chômeur, c’est juste une personne qui a besoin d’être accompagné.

 

Et le Pôle Emploi est incapable d’accompagner les chômeurs, car il a juste été conçu de manière débile. Encore une fois, les fautifs, ce n’est pas les agents du Pôle Emploi, mais ceux qui ont conçu le Pôle Emploi.

 

Quand j’explique qu’il faut retravailler l’accompagnement des chômeurs, je ne plaisante pas.

L’accompagnement des chômeurs, ça devrait être le pôle emploi, mais ce n’est pas le cas.

 

Le problème, c’est que le Pôle Emploi a été pensé par des idéologues fous, parmi lesquels un certains Nicolas Sarkozy, dont son fils spirituel est Laurent Wauquiez.

 

Au lieu de s’en prendre aux fonctionnaires du pôle emploi, et aux chômeurs, Laurent Wauquiez devrait se demander pourquoi la Droite a perdu une élection imperdable et pourquoi certaines personnes de Droite comme Edouard Philippe et Bruno Lemaire préfèrent travailler avec Emmanuel Macron.

29 octobre 2017 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , , , | Laisser un commentaire

Les sénatoriales, un avertissement pour Macron, n’importe quoi !

Laurent Wauquiez n’a décidemment honte de rien.

Il ose tout, c’est même à ça qu’on le reconnait.

 

Dernièrement, il a expliqué que la victoire de la droite aux sénatoriales était un avertissement pour notre président, Emmanuel Macron.

 

Comme c’est faux, je me permets de répondre.

D’autant que l’humanité parle également d’une sanction, ce qui là aussi, c’est n’importe quoi.

Je vais me concentrer sur la droite, mais la réponse vaut pour le reste.

 

D’abord, la victoire de la droite n’est pas si éclatante que ça. Elle pouvait faire mieux, et elle aurait dû faire mieux.

 

Comme l’explique très bien Christophe Grébert pour le 92, ainsi que le Parisien, la droite pouvait espérer gagner deux sièges.

Ce n’a pas été le cas. Au contraire, c’est sa division et ses ambitions personnelles qui ont été étalées.

Mieux, Isabelle Debré, sénatrice LR (Les républicain) de Vanves a perdu son siège.

De plus, cette division a permis à LREM (La république en Marche) de gagner un siège et au PS (Parti Socialiste) de sauver le sien, alors que ce dernier partait avec un très lourd handicap.

 

De plus, il convient de rappeler que les sénatoriales sont une élection indirecte.

C’est les conseillers municipaux qui votent pour élire les sénateurs. Ce sont les grands électeurs.

 

Or, le collège électoral s’est fait lors des municipales 2014, à l’époque où LREM n’existait pas.

 

Les municipales 2014 ont été gagné par LR, c’est donc LR qui avait la majorité des grands électeurs.

 

Or, en y regardant de plus près, LR avait gagné les élections grâce au vote sanction.

 

En fait, LR a gagné toutes les élections intermédiaires entre 2012 et 2017 grâce à François Hollande, qui était un président médiocre, et au vote sanction.

LR n’a jamais gagné une élection entre 2012 et 2017 sur son mérite propre (globalement).

Au contraire, aux régionales 2015, LR a gagné 9 régions sur 18 (1 région a été gagnée par les nationalistes corses) là où le PS (et apparenté) en 2010 a gagné 21 régions sur 26, toujours sur le vote sanction, précisons-le.

 

Ce qui fait qu’en fait, la vraie question est comment LR, en 2017, a pu perdre une élection imperdable alors que le mandat 2012-2017 était celui de François Hollande, un président médiocre ?

Poser la question, c’est un peu y répondre.

3 octobre 2017 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , | Laisser un commentaire