Le blog de Phil

J'habite Malakoff, la plus belle ville du monde

Mon opinion sur la question du chômage (2/10) : La contradiction démocratique

Le travail est un droit.

Dans la société démocratique, toute personne a le droit à un travail.

 

C’est le travail qui permet de vivre décemment, d’apporter sa pierre à l’édifice, d’appartenir à la société, d’y être intégré.

 

C’est le travail qui permet d’acquérir son indépendance.

Au fond, un jeune ne peut acquérir son indépendance qu’à partir du moment où il a un travail qui peut le faire vivre.

 

Ce point est important dans la démocratie sociétale décrite par Tocqueville dans « De la démocratie en Amérique ».

A la différence de la société aristocratique, dans la société démocratique, tout le monde peut progresser socialement. Ça ne dépend que de son mérite.

Cette progression se fait par son travail.

Le travail est donc le facteur dominant de l’égalisation des conditions.

 

Pourquoi empêcherait-on une personne de s’intégrer dans la société, de pouvoir progresser socialement dans la société ?

Le travail, l’emploi donc, est donc de fait un droit.

 

Seulement, nous sommes dans une société capitaliste.

Et une entreprise n’est pas là pour faire une œuvre social.

Une entreprise est là pour faire du profil et créer de la richesse.

L’emploi, dans une entreprise, dépend d’un besoin.

L’emploi, dans une entreprise, dépend du carnet de commande.

Plus le carnet de commande sera élevé, plus l’entreprise sera obligée d’embaucher pour y faire face.

 

Notons également que la question de l’emploi public doit suivre la même logique.

 

L’embauche de personnel dans un service public doit dépendre d’un besoin, besoin de rendre un meilleur service public.

 

Nous sommes donc face à une contradiction à gérer.

31 décembre 2014 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , , , | Laisser un commentaire

PISA 2012 (4/4): PISA 2012 pointe l’inégalité du système français, faut-il en finir avec les ZEP ?

PISA 2012 ne fait pas que de pointer l’inefficacité (par rapport aux autres pays) du système scolaire français.

Il pointe aussi le fait que celui-ci est inégalitaire.

En résumé, le fils de riche n’est pas plus intelligent que le fils de pauvre. Il est juste mieux informé.

 

 

Je me permets d’ailleurs de faire un aparté.

Pour les gens qui aiment les sciences et qui sont plutôt expérimentateurs, il existe une filière pour eux : STL (Science et technique de laboratoire).

La filière STL a un avantage énorme : elle a échappé aux pédagogols et leurs philosophies malsaines aux alentours de 2000 (les programmes de cette filière n’ont pas changé) et je crois même qu’il en a été de même en 1995.

Il faut dire qu’à cette époque, les entreprises étaient parties prenantes dans cette filière.

Le niveau dans cette filière, ça ne rigolait pas.

En STL physique, il y avait de la mécanique des fluides, des systèmes optiques avec lentilles épaisses ou de l’asservissement.

En STL Chimie, c’était le programme de DEUG mais on s’arrêtait quand il y avait trop d’équation.

On trouvait donc des mécanismes de réaction (chimie organique), des stratégies de synthèse (chimie organique), de la loi de Nernst…

En résumé, en STL, on était un peu moins fort qu’un S en mathématique (ce qui reste à prouver) mais on était plus fort qu’un S en physique/chimie.

 

Pour préparer STL, il existait une option en seconde : science et technique de laboratoire.

Or, un jour, mon formateur IUFM expliquait que l’on pouvait aiguillonner un élève vers un bon lycée. Pour cela, il suffisait de vouloir prendre l’option science et technique de laboratoire. Ensuite, on continuait vers S.

Ce discours, en ce qui me concerne, me choque.

Si quelqu’un prend cette option en seconde pour faire S par la suite, il prend la place de quelqu’un qui pourrait réussir en STL et s’épanouir en STL. Tout ça pour avoir le privilège d’être dans un meilleur Lycée.

 

Pointer une inégalité du système français fait vraiment tache.

L’égalité, l’égalisation des conditions, comme elle est théorisée par Tocqueville dans de la démocratie en Amérique se fait par l’école.

C’est l’école qui permet de donner sa chance à tout le monde.

C’est l’école qui donne les bases pour que l’on puisse progresser dans la société.

 

Ce n’est pas le cas.

L’efficacité de l’école dépend du lieu d’habitation et l’inefficacité de l’école n’est, cette fois-ci, que comblé par le milieu social dans lequel on évolue.

 

Pire, on a inventé les ZEP.

Sur un ghetto social, on a en plus construit un ghetto scolaire.

De plus, on est ZEP au petit bonheur la chance.

Soit on est un collège où tout va bien, et où l’on demande à être une ZEP pour avoir des moyens (des fois ça marche).

 

Ou alors, on est un vrai collège difficile mais on fait tout pour ne pas être une ZEP, question d’image.

 

Pire, pour les gens du 93, on a inventé une classe préparatoire pour préparer aux classes préparatoires aux grandes écoles.

Pour ma part, je pense que c’est un scandale !

Le bac, qui est censé être équivalent sur l’ensemble du territoire  doit être un examen suffisant afin de sanctionner si on est capable de suivre en faculté ou en classe préparatoire.

 

Au fond qu’il y ait une inégalité entre collèges ou lycée, pourquoi pas.

Qu’un 15 dans le 93 vaille un 14 au Lycée Henri IV, ce n’est pas dramatique car pas déterminant.

 

Mais qu’un 18 dans le 93 vaille en réalité un 2 à Henri IV, là, c’est scandaleux.

Le bac doit être équivalent sur l’ensemble du territoire, ou au pire, les différences ne doivent pas être significatives.

 

Que faire ?

De mon point de vue, je pense qu’il faut en finir avec les ZEP.

Sur des ghettos sociaux, on a construit des ghettos scolaires.

 

Ce n’est pas d’une politique de ZEP dont on a besoin, mais d’une politique d’égalité du territoire.

En résumé, l’ensemble du territoire français doit être le même.

La mixité sociale doit être un objectif.

Toutes les couches de la société doivent se croiser.

Et une ville doit tout faire pour qu’il y ait égalité sur son territoire.

Le taux d’HLM, qui doit être en 20 et 40%, est un outil d’égalisation du territoire.

 

C’est aussi pour ça qu’il faut, de mon point de vue, sanctionner les villes qui choisissent délibérément de ne pas avoir d’HLM. Je pense à Saint-Maur-des fossés.

 

Mais je pense qu’il faut aussi fortement sanctionner les villes qui font exprès de faire trop d’HLM. Je pense en particulier à Bagneux.

26 décembre 2013 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

La connaissance ne se met pas au niveau des élèves

Lors du conseil de quartier centre du 21/01/2013, certains arguments durant un débat sur l’école m’avaient chagriné.

La première chose était le fait que l’on n’a pas abordé la connaissance elle-même.

J’en ai parlé pour le théorème de Pythagore, la physique, et les mathématiques en général.

 

Le second aspect qui m’a chagriné, c’est cette ambiance contre l’élitisme et le fait que l’enfant, l’élève (pardon, l’apprenant), doit prendre plaisir à apprendre.

 

On est en plein dans l’Émile de Rousseau qui je le rappelle a mis ses enfants à l’assistance public.

Mieux, dans les confessions, il a tartiné des pages pour s’excuser du fait qu’il a pris plaisir à une fessé mais il y a tout d’un coup moins de page pour expliquer qu’il a mis ses enfants à l’assistance public.

 

Plus sérieusement, que l’enfant s’épanouisse, c’est mieux, mais le plus important, comme le décrit le contre modèle Rousseau, en particulier dans De la démocratie en Amérique de Tocqueville, c’est d’abord qu’il soit préparé à jouer son rôle dans la société et à tirer son épingle du jeu.

 

Or, il y a un point certain, l’atome d’hydrogène, il est ce qu’il est. Il est même quantique. Il ne se mettra pas au niveau des élèves. C’est aux élèves de se mettre à son niveau.

Faire croire l’inverse, c’est dangereux et démagogique, c’est un mensonge.

 

Certes, on va me répliquer que ce n’est que de la physique, et que tout le monde ne fera pas de la physique.

Erreur, c’est pareil pour un futur caissier. Il aura des règles à appliquer (comme être à l’heure, sourire aux clients…).

Il sera jugé sur ça.

Durant ma période de chômage (qui je le rappelle a été pénible), j’ai essayé d’être gérant de restaurant à Roissy (les restaurants sont gérés par une chaîne).

Ce qui m’avait frappé, dans les problèmes du recruteur, c’est d’avoir des jeunes de 18-25 ans qui viennent quand ils veulent, ou ne viennent pas du jour au lendemain, et qui en plus veulent être payés.

 

En fait, on est dans le problème de l’enfant tyran.

Pour mémoire, un enfant tyran est un enfant intolérant à la frustration. C’est tout tout de suite!

C’est vrai que c’est surtout le rôle des parents d’apprendre à l’enfant la frustration.

Mais c’est un chemin dangereux, de la part de l’éducation nationale, d’aller dans le sens du plaisir immédiat.

 

Quand un jeune de 18 ans n’accepte pas la frustration, je garantis que ça coûte cher à la société, socialement comme humainement.

31 janvier 2013 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , , , , | Laisser un commentaire

Atelier Habiter du PLU (3/6): La mixité générationnelle

La mixité est quelque chose de primordiale.

Il est important de favoriser une vraie société et le vivre ensemble.

Or les gens sont différents. Cette différence n’est pas une pauvreté, au contraire, c’est une richesse, y compris économique.

Certaines personnes sont douées pour bricoler, d’autres pour manager, d’autres pour réfléchir …

Selon l’hexagone TRICAM ou RIASEC, un individu a une tendance à exceller dans un type de démarche mais à être mauvais dans un autre type.

Par exemple, les gens qui aiment réfléchir (R du TRICAM) n’aiment pas agir (A du TRICAM).

Heureusement, pour ce que l’on ne sait pas faire, il y aura toujours des personnes qui seront le faire.

 

C’est pour ça qu’il faut empêcher les individus de s’isoler. Il faut éviter la communautarisation de la société. Il faut permettre pour cela aux gens de se voir, de se parler, de savoir que chaque personne est différente.

Il faut lutter contre l’isolement de l’individu, présent dans une démocratie.

Les réunions et les conseils de quartiers en font parties. On est face à l’isolement dans une démocratie, décrite par Tocqueville dans de La démocratie en Amérique.

La mixité sociale doit donc être un objectif, et non l’isolement.

 

Il est rappelé qu’à Malakoff, où le taux d’HLM est limité à 40%, on est un exemple.

Ce n’est pas le cas de Bagneux qui a un taux d’HLM de 70%.

L’atelier a mis en avant l’aspect de l’HLM, et j’ai décrit la problématique en long, large et travers.

 

Mais l’atelier a été plus loin. On a aussi parlé de la mixité générationnelle.

Effectivement, en plus de la mixité sociale, l’atelier a insisté sur l’importance de la mixité générationnelle.

Une tranche d’âge ne doit pas être favorisée par rapport à une autre.

 

Côté personnes âgés, il a un nombre suffisant de structures.

 

Côté étudiant, c’est un peu plus faible.

Il y a une résidence étudiante (rue Etienne Dolet, vidéo ici).

Il est bien que cette question ait été mise sur la table.

26 janvier 2013 Posted by | Malakoff, PLU, Politique, politique locale | , , , , , , | Laisser un commentaire

Quelles conditions sont nécéssaires pour réaliser l’égalisation des conditions?(2/2): Le développement économique

L’égalisation des conditions. Le principe qui définit une démocratie au même titre que la liberté.

Dans « De la démocratie en Amérique » de Tocqueville, un passage sur ce sujet m’a marqué.

Il explique que dans une société aristocratique (La France avant la révolution, par exemple), les positions sont figées.

Si on est noble et riche, son fils est noble et riche ainsi que son petit-fils et son-arrière petit-fils et toute sa descendance.

Si on est un pauvre paysan, son fils sera un pauvre paysan ainsi que son petit-fils, son arrière-petit-fils et toute sa descendance.

 

Ce n’est pas le cas de la société démocratique.

Toute personne a la possibilité de monter l’échelle sociale, ça ne dépend que de son mérite.

Le vecteur de cette ascension est le travail. C’est par son travail que l’on gagne de quoi vivre ainsi qu’un véritable statut.

 

Seulement voilà, nous sommes dans une économie capitaliste, et le capitalisme ne l’entend pas de cette oreille.

Une entreprise crée des emplois que s’il y a des besoins.

 

On est donc face à une véritable contradiction.

D’un côté le travail est un droit pour l’individu afin qu’il puisse s’intégrer dans la société et monter l’échelle sociale.

De l’autre, le travail est, aux yeux de l’entreprise, dépendant du carnet de commande.

 

Dans la pratique, trouver un emploi est une question de chance.

Tout ce que l’on peut faire, c’est d’optimiser la fonction probabilité.

Le but est d’arriver d’une situation ou pour un emploi, il y a plusieurs salariés potentiels, à une situation ou pour un salarié potentiel il y a plusieurs emplois.

Pour cela, il faut être dans une économie qui tourne.

 

Le développement économique est donc la condition nécessaire pour permettre l’égalisation des conditions.

 

En cas de besoin, l’entreprise est prête à prendre n’importe qui et à former si nécessaire.

C’était le cas du secteur informatique dans les années 2000.

1 août 2012 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , | Laisser un commentaire

Modernisation et moralisation de la vie politique (1/6): Pour une refonte totale des législatives

Lionel Jospin va prendre la tête d’une commission de réflexion sur la modernisation et la rénovation de la vie politique.

Sur la forme, il n’est pas inintéressant de noter que François Hollande, après avoir laissé le PS envoyer François Bayrou  jouer avec sa pelle et son seaux nous refait et nous reprend encore des idées dans le programme de François Bayrou.

Mais puisque l’on y est, autant parler du sujet.

Et commençons par le sujet tabou qui fait honte à la démocratie française, qui fait que la vie politique nationale est de plus en plus médiocre: l’assemblée nationale et son mode de désignation idiot.

D’abord, que représente l’assemblée nationale et pourquoi deux chambres législatives (sénat et assemblée nationale).

Cette question est analysée par Tocqueville dans « De la démocratie en Amérique« .

Tocqueville décrit le système législatif américain.

La chambre des représentants représente le peuple américain. Chaque état envoie un nombre de représentants proportionnel à sa population.

Le sénat représente le territoire. Chaque état y envoie deux sénateurs. Au sénat, les états y sont à égalité.

Si l’on fait le parallèle en France, l’assemblée nationale est l’équivalent de la chambre des représentants, et le sénat français est l’équivalent du sénat américain.

L’assemblée nationale représente donc le peuple français, et doit prendre en compte la diversité d’opinion.

 

Mais que dire du mode de scrutin?

Pour commencer, je souhaiterais rappeler qu’il s’agit d’un scrutin par circonscription.

Le territoire joue donc un rôle déterminant. Or comme l’assemblée nationale est sensé ne pas représenter le territoire (c’est le sénat qui en a le rôle), il y a déjà quelque chose qui ne va pas.

Quant à l’opinion des concitoyens, là aussi, l’assemblée nationale, n’est absolument pas représentative.

Le Modem, par exemple, qui a fait 18% des voix en 2007 (et environ 8% aux législatives) et qui a fait 9% en 2012 (et environ 3% aux législatives) a presque autant de députés (3 en 2007 et 2 en 2008).

Citons le PCF/Front de gauche qui a perdu des députés entre 2007 et 2012 alors qu’il a gagné des voix à la présidentielle. Rappelons qu’en 2007 le PCF avait environ 20 siège (de mémoire) en 2007 avec environs 1% des voix à la présidentielle là où le Modem avait 3 députés avec 18% des voix à la présidentielle.

 

Mais le mode de scrutin n’est pas catastrophique que sur la désignation des députés. Il est aussi catastrophique sur l’efficacité de la vie politique nationale.

Pour commencer, ce mode de désignation favorise le bipartisme et la stérilité du débat public.

Les centristes ont été obligés de perdre leur identité en allant avec la droite (NC, Borloo) ou de disparaître (Bayrou).

Il encourage également la lâcheté. Pensant à sa réélection, le député sera peu enclin à prendre des positions courageuses.

Avec un système proportionnel, au moins, les têtes de liste peuvent retrouver leur place.

 

Il est donc urgent de changer fondamentalement le mode de désignation des députés, afin que l’assemblée nationale soit représentative des diverses sensibilités et de permettre une forme de courage de nos députés.

Comme il faut maintenir deux impératifs contradictoires, à savoir dégager une majorité et que les opinions soient représentées au mieux, il faut donc un scrutin proportionnel à deux tours.

Au second tour (ou au premier si une liste fait plus de 50%), la liste en tête a la majorité des sièges +1, le reste est distribué à la proportionnelle.

Ce système marche pour les régions, pour les mairies, je ne vois pas pourquoi il ne fonctionnerait pas pour l’assemblée nationale.

D’autant qu’il sera possible de réduire le nombre de député (à 400 par exemple) ce qui est souhaitable.

Remarques:

  • Je n’ai pas abordé les indemnités des députés. Plus de transparence serait un plus. Il est mauvais signe que la proposition de Charles de Courson n’ai pas été approuvée.
  • Je n’ai pas abordé le problème de présence des députés. Faire la chasse aux députés abstentionnistes serait bien aussi, en leur coupant les indemnités, par exemple.

18 juillet 2012 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , , , | Laisser un commentaire

Petit tour des scrutins débiles (1/2) : Les législatives

Lorsque l’on lit « de la démocratie en Amérique » de Tocqueville, on a le droit à une description complète du Bicamérisme au États unis d’Amérique.

 

Tocqueville explique que les américains ont choisi deux assemblés, l’une représentant le peuple, la chambre des représentants, l’autre le territoire, le sénat.

Pour la chambre des représentants, chaque état envoie un nombre de parlementaires proportionnel à sa population.

Par contre, au sénat, chaque état y est à égalité, puisque chaque état envoie deux sénateurs.

 

Si on regarde la France, nous avons aussi deux chambres parlementaires: le sénat et l’assemblée nationale.

Le sénat représente donc les territoires. Son mode d’élection est donc normal.

L’assemblée nationale représente le peuple, et là, le mode électorale est totalement débile.

Effectivement, l’élection des députés se fait par circonscription, or ce n’est pas normal, car du coup, le député est lié au territoire.

Cela permet une pratique d’un autre temps: le parachutage. On peut citer François Fillon à Paris, Claude Guéant à Boulogne, et même celle de Jean-Marc Germain dans la 12ème circonscription des Hauts de Seine, décrédibilisant le travail de Martine Gouriet, opposante PS à la municipalité UMP de Châtillon.

 

Par ailleurs, ce système permet à des courants de pensées forts de ne pas être représenté à l’assemblée nationale. On peut penser au FN.

Ou alors, il faut se prosterner devant l’UMPS. On peut citer les verts ou le nouveau centre.

Du coup, nos députés, pensant à leur réélection, sont enclins à être moins courageux quand ils votent les lois. Ils deviennent des godillots.

Que faudrait-il faire?

Il faut un scrutin qui permette d’avoir des représentants lorsque le score est honorable, et qui soit détaché du territoire.

Il faut donc un système proportionnel à deux tours comme c’est le cas aux municipales et aux régionales.

Au premier tour, les listes qui font 10% peuvent se maintenir. Pour fusionner, il faut 5% des voix.

Au second tour (ou dès le premier si une des listes fait plus de 50% des voix), la liste en tête a la moitié des sièges +1, le reste étant distribué à la proportionnelle.

Ce système, qui a fait ses preuves, permet d’être représenté avec un bon score, et de dégager une majorité.

On peut aussi penser à un scrutin avec une liste par région, où chaque région envoie un nombre de député proportionnel à sa population.

Enfin, les législatives aujourd’hui suivent les présidentielles, et dans la pratique, les gens votent moins aux législatives.

Pire, en peu de semaines, on ne peut pas faire une campagne législative correcte.

On pourrait imaginer supprimer l’élection directe du président de la république.

A l’assemblée nationale, élue à la proportionnelle, d’élire le président de la république (en général, la tête de liste).

 

14 juin 2012 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , | Laisser un commentaire

Sarkozy reçoit une première baffe: Bayrou votera à titre personnel François Hollande

Contrairement à ce qu’a prédit un grand analyste politique (attaque gratuite de ma part), François Bayrou n’a donné aucune consigne de vote, et a dit qu’il voterait personnellement François Hollande.

 

C’est déjà une première baffe méritée.

Sarkozy, avec son sale état d’esprit, a toujours pensé que l’on reviendrait ventre à terre le soutenir pour les places.

Sarkozy n’a jamais compris que les convictions peuvent être plus importantes que la place en elle-même et que si l’on traverse le désert, c’est que l’on estime l’idéal plus important que la place.

Sachant qu’il a passé son temps à tuer toute opposition (dont le Modem) au lieu de s’atteler aux problèmes des français, qu’il a empêché une candidature concurrente à droite, cette leçon est méritée.

L’UMP peut critiquer, mais ils étaient bien contents quand Kouchner, Jouyet, Besson … rejoignaient le gouvernement Sarkozy.

 

Bayrou entend critiquer le style présidentiel, le risque social que fait courir Sarkozy, le communautarisme, sa course derrière le FN, et les affaires qui empoisonnent la vie politique française (dont le financement des campagnes Sarkozy).

De toute façon, il y a un problème entre Sarkozy et la droite modérée/ le centre droit.

Les membres de droite du Modem (en tout cas, ceux qui viennent de l’UDF) finissent par voter Hollande (comme l’Hérétique).

Les gens de droites qui ont rejoint Bayrou annonce en masse qu’ils ne voteront pas Sarkozy.

On peut citer Alain Lambert, Dominique Versini ou Douste Blazy.

En fait, Bayrou a dit tout haut ce que l’ancienne UDF, la droite modérée et le centre droit pensent tout bas.

 

Et personnellement, je n’aurai jamais voté Sarkozy au second tour.

 

J’approuve les raisons de François Bayrou et je partage son analyse.

Néanmoins, en ce qui me concerne, je maintiens mon vote de second tour, et je voterai blanc.

Même si je m’accommode du vote personnel de François Bayrou, je pense qu’il rend la recomposition du centre, qui se serait fait par le centre droit, difficile pour longtemps.

Par ailleurs, j’entends personnellement aussi contester le programme économique de François Hollande qui est intenable.

D’ailleurs, François Bayrou l’a rappelé hier à juste titre.

Je considère que la question économique est aussi importante que la question sociale. Pas plus, pas moins.

Dans de la démocratie en Amérique (de Tocqueville), un passage m’a marqué.

Dans une société démocratique, tout le monde peut progresser. Ça se fait par son travail. La société démocratique décrite par Tocqueville s’oppose à la société aristocratique où les positions sont figées.

Or, pour que la société démocratique puisse exister, je suis persuadé que l’économique, derrière, doit suivre.

Sans une économie compétitive, il n’y a pas assez de travail et l’égalisation des conditions ne se fait pas.

L’économie ne doit pas être une fin en soi, juste un moyen pour atteindre des objectifs plus nobles.
Sans économie, il n’y a pas de social. D’ailleurs, je pense que la réciproque est vraie.

 

Je voterai donc blanc, afin de sanctionner Sarkozy, dont les raisons invoqués par François Bayrou sont les bonnes, mais également parce que je pense que la question économique est importante et que le programme de François Hollande est intenable.

 

Peut-être que François Hollande sera un excellent président sur le plan économique mais ce n’est pas visible à la lecture de son programme.

Évidemment, je reste au Modem car j’y suis bien.

4 mai 2012 Posted by | Election présidentielle 2012, Politique, Politique nationale | , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Retour sur le CDD du 19/04/2012

La politique locale (qui est souvent plus constructive que l’ignoble farce électorale actuelle) continue.

 

Hier, j’étais au CDD.

La réunion a été très intéressante et les débats ont été passionnants.

 

Le premier thème abordé a été le PLU. Il devrait enfin remplacer le POS (car Malakoff fonctionne avec un POS).

La première étape du PLU (Plan locale d’urbanisme) est une concertation (le sens de ce mot dépendant des élus de la commune).

Le PLU devrait être lancé officiellement vers le 20 juin.

On a donc débattu sur la façon dont la CDD(Commission de développement durable) allait participer aux concertations du PLU.

Par ailleurs, j’ai proposé, contrairement à ce qui s’est passé pour la place du 11 novembre, que l’ensemble du PLU soit présent sur le site de la ville, et qu’il puisse également y avoir un forum pour que les habitants puissent y débattre.

 

Enfin, on a parlé de la façon d’être dans la co-construction d’un projet de ville avec la municipalité.

Le débat, très technique et philosophique, a aussi été l’occasion d’aborder le rôle des conseils de quartier, du CDD…

 

Pour ma part, j’ai insisté sur la nécessité de former les habitants.  J’ai par ailleurs rappelé que les élus avaient le droit à une formation et qu’il pouvait être intéressant de voir si on pouvait regarder du côté des organismes de formation des élus (pour le Modem, c’est l’IFED).

J’ai aussi insisté sur l’importance de la responsabilisation du citoyen.

J’ai émis le point de vue que comme le décrit Tocqueville dans « De la démocratie en Amérique« , le conseil de quartier sert à lutter contre la tyrannie de la majorité, et de lutter contre l’isolement des citoyens dans une démocratie.

Enfin, j’ai rappelé qu’il fallait concevoir  la démocratie comme un système de compétition (cf Schumpeter) afin de faire valoir nos arguments au mieux.

20 avril 2012 Posted by | Comission de développement durable (Malakoff), Malakoff, Politique, politique locale | , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Capitalisme, socialisme et démocratie (3/3):Le socialisme selon Schumpeter

Dans la troisième partie de son livre (Capitalisme, socialisme et démocratie), Schumpeter décrit l’économie socialiste.

 

Il définit une économie socialiste comme une économie où l’état centralise tout et dirige tout.

Il prend comme exemple de gestion pour l’état les grands groupes capitalistiques.

 

Schumpeter va démontrer qu’une économie socialiste, avec un ministère de la production, peut à priori fonctionner.

Mais il va montrer que pour fonctionner, une économie socialiste va devoir prendre des mécanismes du capitalisme.

Effectivement, si l’état (et son ministère de la production) veut investir, il va devoir s’enrichir, et seul le capitalisme a des mécanismes d’enrichissement.

Le système socialiste va donc utiliser les mécanismes capitalistes pour s’enrichir (feuille de paye…).

Évidemment, Schumpeter donne d’autres arguments pour insister sur le fait que le socialisme va utiliser des mécanismes du capitalisme.

 

Par la suite, Schumpeter va démontrer qu’en plus, le socialisme sera inégalitaire. En particulier, une bourgeoisie se crée en régime socialiste.

 

Sur l’ensemble des conclusions, on finit par regarder la Chine différemment.

 

Par la suite, Schumpeter va analyser la démocratie car la démocratie est souvent mise en avant par les défenseurs d’une économie socialiste.

Après une brillante analyse de la démocratie institutionnelle, Schumpeter en déduit qu’à priori, le socialisme peut-être démocratique.

Or, je pense que c’est justement là que l’analyse de Schumpeter est insuffisante.

Prenons la démocratie non pas institutionnelle, mais sociétale décrite par Tocqueville dans « De la démocratie en Amérique« .

Si on définit la démocratie en tant que modèle de société, on a une société avec la liberté et l’égalisation des conditions.

Chacun peut monter l’échelle sociale, c’est selon son mérite.

Si l’égalisation des conditions ne fonctionne pas, la liberté est en danger.

Et c’est la fin de tous régimes.

Selon Tocqueville, la révolution française a été enclenchée car il n’y avait pas égalisation des conditions.

Or, le socialisme, comme le dit si bien Schumpeter est inégalitaire.

Il ne peut donc pas être démocratique au sens de Tocqueville.

Un régime socialiste est donc voué à l’échec…

6 avril 2012 Posted by | Mes réflexions, Politique, Politique nationale | , , , , , , , | Laisser un commentaire