Le blog de Phil

J'habite Malakoff, la plus belle ville du monde

Présidentielle 2017 et Éducation nationale (3/4) : L’École doit être plus sélective !

Je sais que ce que je vais écrire est contraire à une élévation des connaissances du plus grand nombre.

 

Mais la pratique me laisse penser qu’il faut une Ecole qui soit plus sélective, notamment en multipliant les examens d’entrées (6ème, 4ème, 2nd, première et faculté).

 

Ça va à l’encontre du Collège unique mais je pense que ceux qui sous couvert d’expliquer que le collège unique allait apporter une meilleure culture au plus grand nombre, avec le temps, je pense qu’il n’était pas si honnête que ça. Pire, la pratique a, pour moi, montré que le niveau culturel de la société a plutôt tendance à diminuer.

 

Pour ma part, je pense qu’il faut être plus sélectif pour plusieurs raisons.

 

La première, c’est que c’est resacraliser l’Ecole.

La seconde, c’est que c’est un moyen de dire aux élèves que l’on n’est pas là pour rigoler.

C’est recrédibiliser l’école aux yeux des élèves.

Et en ce moment, les professeurs, qui passent plus de temps à être des gendarmes (et des éducateurs ou des assistantes sociales) en ont bien besoin.

 

Par ailleurs, ça ne sert à rien de suivre un cours si on n’a pas les bases.

En ce qui concerne la physique (domaine que je connais bien), on ne peut pas suivre un cours de mécanique sérieux si on n’a pas de bonnes connaissances en calcul infinitésimal.

 

Enfin, la sélection est aussi un rite de passage à l’âge adulte.  Dans une société où l’on explique que tout est acquis (ce qui est un danger), avoir un lieu où l’on explique le contraire est une nécessité.

 

De plus, la concurrence, lié à une économie ouverte, est un fait, auquel il faut être confronté.

La frustration fait partie de la vie et il faut que les jeunes en fassent l’apprentissage. Une école sélective le permet.

 

Enfin, ça crédibiliserait le diplôme. Il est honteux que la personne qui a joué le jeu et qui a cherché à progresser par les études ait un diplôme qui ne vaille rien, ou qui soit au même niveau que celui qui n’a rien glandé…

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8 avril 2017 Posted by | Election présidentielle 2017, Elections présidentielles 2017, Politique, Politique nationale | , , , , | Laisser un commentaire

Présidentielle 2017 et Éducation nationale (2/4) : La connaissance ne se met pas au niveau des élèves

Encore un point que j’avais écrit.

 

Pour réformer, il convient de répéter en boucle que la connaissance ne se met pas au niveau des élèves, c’est au élèves de se mettre au niveau.

 

Si on prend l’atome d’hydrogène, par exemple, histoire de prendre un sujet que je connais bien, c’est un objet quantique. Il est décrit par la mécanique quantique.

Il ne va pas décider d’arrêter d’être quantique pour faire plaisir aux élèves.

 

C’est aux élèves d’accepter qu’un atome d’hydrogène est quantique.

Et faire croire l’inverse, c’est démagogique et c’est mentir aux élèves. Ce n’est pas leur rendre service.

 

Évidemment, on va me dire que c’est de la Physique, que tout le monde s’en fout (à mon grand regret) et que les débouchés en Physique c’est le Pôle Emploi.

 

Ok, c’est vrai, il n’y a pas d’emplois en Physique, j’en sais quelque chose.

Mais ce que je raconte, ce n’est pas vrai qu’en Physique. C’est toujours vrai !

 

Si on prend un caissier, il sera jugé sur diverses attitudes comme sourire aux clients, arriver à l’heure, rendre la monnaie…

 

Le problème, c’est que l’on fait croire que la vie s’adaptera à l’élève. Le mensonge, c’est que l’on fait croire que la vie s’adapte aux élèves.

Ce n’est pas vrai. C’est même le contraire.

 

C’est aux élèves de s’adapter au le monde dans lequel ils vivent.

 

D’une certaine façon, avoir une exigence va dans le sens de ce que j’écris.

Avoir une exigence, c’est préparer l’élève à un monde qui sera de plus en plus difficile.

23 octobre 2016 Posted by | Elections présidentielles 2017, Politique, Politique nationale | , , , , | Laisser un commentaire

Présidentielle 2017 et Éducation nationale (1/4) : Le premier tabou, c’est la philosophie sur laquelle on construit notre éducation

J’ai lu avec attention l’article du blog centriloque sur l’école, repris par mon collègue du Front Démocrate.

 

Ayant été professeur de sciences physique dans une autre vie (et en gardant un très mauvais souvenir), j’ai évidemment une opinion sur la question.

 

Pour ma part, je pense que c’est d’abord l’État d’esprit qui prime.

Je l’avais d’ailleurs écrit lors de la dernière campagne présidentielle.

 

Effectivement, la réforme de l’Education nationale est d’abord une question de philosophie.

Avant de réformer l’Education nationale, il faut d’abord assumer la bonne philosophie.

 

Car il existe deux philosophie, une qui marche, c’est celle de Tocqueville/Jules Ferry, et celle qui ne marche pas, c’est-à-dire celle de Rousseau/Meirieu.

 

Le problème, c’est que l’on applique celle qui ne marche pas !

 

La première est celle de Tocqueville/Jules Ferry.

Effectivement, Jules Ferry s’est inspiré de Tocqueville pour faire sa réforme de l’Ecole.

Dans son livre « De la Démocratie en Amérique », Alexis de Tocqueville (qui décrit l’Amérique en 1840) explique que l’école s’assure de donner les bases pour que le citoyen soit formé à jouer son rôle dans la société démocratique.

 

On a donc un système sélectif, qui se contente d’apporter les bases à l’individu (Lire/Ecrire principalement) et qui permet à une minorité sélectionnée de poursuivre des études.

Car il faut rappeler qu’à l’époque de Jules Ferry (et du coup à l’époque du brevet des collèges), ce n’est pas tout le monde qui faisait des études.  De plus, l’instituteur ne présentait aux brevets des collèges (ou sans doute plus exactement au brevet élémentaire) que les meilleurs élèves.

Et puis, il y a la philosophie Rousseau/Meirieu, l’éducation nouvelle.

 

Il est important de comprendre que l’école Tocqueville/Jules Ferry fixe un objectif. Aux enseignants de s’adapter au contexte pour arriver aux objectif.

 

Au contraire, l’École de Rousseau/Meirieu impose la méthode.

 

Mais dans la pratique, elle ne fonctionne pas.

 

Par exemple, les américains ont mis en place l’école de Rousseau/Meirieu.

En 1957, ça été le drame car en pleine guerre froide, les russes ont lancé les satellites avant les américains.

 

Par ailleurs, si on se base sur Pisa (pour 2012, c’est ici), c’est les pays asiatiques qui sont en tête. Des pays qui ont un système scolaire sélectifs plus basé sur le modèle Tocqueville/Jules Ferry que le modèle Rousseau/Meirieu.

 

Et puis, les penseurs de l’Education nouvelles sont souvent moralement contestables.

 

Si on prend Rousseau, il a écrit l’Emile.

Mais il a mis ses enfants à l’assistance publique.

Voltaire (son rival) l’a dénoncé.

Vexé, Rousseau a écrit un livre (prétentieux d’ailleurs) pour se confesser : Les confessions (rigolez pas, c’est chiant, plein de pages et je l’ai eu au bac !)

Dans ce pavé (2 tomes d’environ 500 pages), il a écrit des pages et des pages pour expliquer qu’il a pris plaisir à une fessé.

Par contre, il y a eu moins de pages pour expliquer pourquoi il a mis ses enfants à l’assistance publique.

 

A partir de là, on se dit qu’il y a quelque chose qui ne va pas.

 

Quant à Meirieu, il a mis ses enfants dans le privé.

En gros, les réformes de Philippe Meirieu sont bien pour tout le monde, sauf ses enfants.

En ce qui me concerne, j’appelle ça de la malhonnêteté !

12 septembre 2016 Posted by | Elections présidentielles 2017, Politique, Politique nationale | , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Devrait-on introduire la programmation dans les cursus scolaires ?

Je me permets de donner mon avis sur le message posté sur le forum de developpez.com.

 

Selon un sondage, 87% des personnes interrogé sont favorable pour intégrer des cours de programmation dans le cursus scolaire.

Ils sont 4% favorable dès la maternelle, 24% dès le primaire, 41% au collège et 18% dès le lycée.

 

Le Royaume-Uni avait franchi le pas avec l’argument suivant :

« Au lieu d’avoir des enfants qui s’ennuient à apprendre à utiliser Word ou Excel avec des professeurs qui s’ennuient eux-aussi, nous pourrions avoir des enfants qui dès 11 ans sont capables d’écrire des petites animations 2D en utilisant un outil du MIT nommé Scratch, avance le Ministère dans sa déclaration. À 16 ans, ils auront une compréhension des logiques que l’on n’apprend aujourd’hui qu’à partir de l’université et ils pourront écrire leurs propres applications pour Smartphones »

 

Il faut dire qu’aujourd’hui, sur le sujet, on amuse la galerie avec le B2I.

Or, l’informatique étant présente dans la vie de tous les jours, étant donné que l’informatique de gestion a pris le pas, je suis pour des cours sérieux d’informatique.

 

D’ailleurs, l’informatique est présente dans d’autres domaines.

En physique, par exemple, les mesures sont informatisées (avec Labview par exemple) et on résout les équations numériquement (on parle de simulation numérique) avec Runge-Kutta.

Le langage utilisé est le Fortran.

 

Notons que d’autres concepts, comme la base de données, utilisant le langage SQL, sont tout aussi importants (en informatique de gestion).

 

Je suis donc de fait pour l’introduction de cours d’informatique.

Le collège me paraît le mieux.

Ça remplacerait l’ignoble B2I.

 

On pourrait imaginer commencer sur un langage procédural simple (comme le Pascal) et introduire des notions simple en algorithmique.

 

Au lycée, on pourrait introduire la programmation orienté objet. Le langage pourrait être le Java.

Ça tombe bien, le Java est un langage très utilisé.

 

Par ailleurs, il est à noter que dans un pays comme la France où l’économie est très dégradée, l’informatique est un secteur moins sinistré ou on trouve plus facilement un emploi…

10 juin 2014 Posted by | Informatique, Politique | , , , , | Laisser un commentaire

PISA 2012 (4/4): PISA 2012 pointe l’inégalité du système français, faut-il en finir avec les ZEP ?

PISA 2012 ne fait pas que de pointer l’inefficacité (par rapport aux autres pays) du système scolaire français.

Il pointe aussi le fait que celui-ci est inégalitaire.

En résumé, le fils de riche n’est pas plus intelligent que le fils de pauvre. Il est juste mieux informé.

 

 

Je me permets d’ailleurs de faire un aparté.

Pour les gens qui aiment les sciences et qui sont plutôt expérimentateurs, il existe une filière pour eux : STL (Science et technique de laboratoire).

La filière STL a un avantage énorme : elle a échappé aux pédagogols et leurs philosophies malsaines aux alentours de 2000 (les programmes de cette filière n’ont pas changé) et je crois même qu’il en a été de même en 1995.

Il faut dire qu’à cette époque, les entreprises étaient parties prenantes dans cette filière.

Le niveau dans cette filière, ça ne rigolait pas.

En STL physique, il y avait de la mécanique des fluides, des systèmes optiques avec lentilles épaisses ou de l’asservissement.

En STL Chimie, c’était le programme de DEUG mais on s’arrêtait quand il y avait trop d’équation.

On trouvait donc des mécanismes de réaction (chimie organique), des stratégies de synthèse (chimie organique), de la loi de Nernst…

En résumé, en STL, on était un peu moins fort qu’un S en mathématique (ce qui reste à prouver) mais on était plus fort qu’un S en physique/chimie.

 

Pour préparer STL, il existait une option en seconde : science et technique de laboratoire.

Or, un jour, mon formateur IUFM expliquait que l’on pouvait aiguillonner un élève vers un bon lycée. Pour cela, il suffisait de vouloir prendre l’option science et technique de laboratoire. Ensuite, on continuait vers S.

Ce discours, en ce qui me concerne, me choque.

Si quelqu’un prend cette option en seconde pour faire S par la suite, il prend la place de quelqu’un qui pourrait réussir en STL et s’épanouir en STL. Tout ça pour avoir le privilège d’être dans un meilleur Lycée.

 

Pointer une inégalité du système français fait vraiment tache.

L’égalité, l’égalisation des conditions, comme elle est théorisée par Tocqueville dans de la démocratie en Amérique se fait par l’école.

C’est l’école qui permet de donner sa chance à tout le monde.

C’est l’école qui donne les bases pour que l’on puisse progresser dans la société.

 

Ce n’est pas le cas.

L’efficacité de l’école dépend du lieu d’habitation et l’inefficacité de l’école n’est, cette fois-ci, que comblé par le milieu social dans lequel on évolue.

 

Pire, on a inventé les ZEP.

Sur un ghetto social, on a en plus construit un ghetto scolaire.

De plus, on est ZEP au petit bonheur la chance.

Soit on est un collège où tout va bien, et où l’on demande à être une ZEP pour avoir des moyens (des fois ça marche).

 

Ou alors, on est un vrai collège difficile mais on fait tout pour ne pas être une ZEP, question d’image.

 

Pire, pour les gens du 93, on a inventé une classe préparatoire pour préparer aux classes préparatoires aux grandes écoles.

Pour ma part, je pense que c’est un scandale !

Le bac, qui est censé être équivalent sur l’ensemble du territoire  doit être un examen suffisant afin de sanctionner si on est capable de suivre en faculté ou en classe préparatoire.

 

Au fond qu’il y ait une inégalité entre collèges ou lycée, pourquoi pas.

Qu’un 15 dans le 93 vaille un 14 au Lycée Henri IV, ce n’est pas dramatique car pas déterminant.

 

Mais qu’un 18 dans le 93 vaille en réalité un 2 à Henri IV, là, c’est scandaleux.

Le bac doit être équivalent sur l’ensemble du territoire, ou au pire, les différences ne doivent pas être significatives.

 

Que faire ?

De mon point de vue, je pense qu’il faut en finir avec les ZEP.

Sur des ghettos sociaux, on a construit des ghettos scolaires.

 

Ce n’est pas d’une politique de ZEP dont on a besoin, mais d’une politique d’égalité du territoire.

En résumé, l’ensemble du territoire français doit être le même.

La mixité sociale doit être un objectif.

Toutes les couches de la société doivent se croiser.

Et une ville doit tout faire pour qu’il y ait égalité sur son territoire.

Le taux d’HLM, qui doit être en 20 et 40%, est un outil d’égalisation du territoire.

 

C’est aussi pour ça qu’il faut, de mon point de vue, sanctionner les villes qui choisissent délibérément de ne pas avoir d’HLM. Je pense à Saint-Maur-des fossés.

 

Mais je pense qu’il faut aussi fortement sanctionner les villes qui font exprès de faire trop d’HLM. Je pense en particulier à Bagneux.

26 décembre 2013 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

PISA 2012 (3/4): PISA 2012 sanctionne la haine du savoir par le système éducation nationale

Si pour moi il y a une chose que PISA 2012 sanctionne, c’est que le système éducation nationale déteste le savoir, déteste les matières et de fait, méprise par extension les élèves.

 

Il est d’ailleurs temps de se demander pourquoi en cinquième on enseignait les atomes et molécules (ainsi que les formules chimiques) à mon époque et que les élèves ne savent plus le faire aujourd’hui en cinquième.

Les élèves d’aujourd’hui sont-ils plus idiots que ceux de ma génération ?

 

Dans le même ordre d’idée, la seule équation bilan (pardon, équation chimique) à connaître en quatrième était :

CH4 + 2 O2 -> CO2 + 2 H2O

Impensable de demander en exercice l’équation bilan de l’éthane (2 C2H6 + 7 O2 -> 4 CO2 + 6 H2O).

 

Or, apprendre une équation bilan n’a évidemment pas de sens. Ce qui compte, c’est d’en comprendre les mécanismes pour pouvoir comprendre comment en équilibrer une le cas échéant.

 

Dans le cas du méthane, il est important de comprendre que pour une molécule de méthane, il faut 2 molécules de dioxygène. Les produits formés sont- une molécule de dioxygène et 2 molécules d’eau.

 

Si mon système est composé au départ de 2 molécules de méthane et de 2 molécules de dioxygène, une seule molécule de méthane sera consommée.

C’est le principe du réactif limitant.

 

Application concrète : pour stopper une combustion, il suffit de couper l’arrivée de dioxygène.

 

Je vais appuyer mon propos en racontant une histoire.

Mon professeur de physique (qui était extraordinaire) avait, à mon époque, participé à une convention sur les programmes de 1ère S.

Et les pontes étaient partis sur le thème de l’énergie.

On allait en bouffer de l’énergie.

Or, conceptuellement, l’énergie est un thème compliqué.

Mon professeur de physique n’a pas hésité à dire que le thème étant compliqué, que l’élève de 1ère S n’étant pas forcement mature pour le comprendre dans sa globalité, elle proposa de le repousser à la TS.

On lui a répondu : surtout pas, ça peut tomber le jour du bac.

 

Dans le même ordre d’idée, en seconde, on fait de la spectroscopie, thème compliqué, non pas pour ce que ça apporte, mais parce que c’est jolie et qu’il y a des couleurs.

 

Savoir mépriser, élève méprisé, il est temps que ça change.

 

Et je me réjouis de voir PISA mettre les points sur les i.

 

D’autant que j’avais abordé la question avec Pythagore.

18 décembre 2013 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , | Un commentaire

PISA 2012 (2/4): La France est officiellement un pays pauvre

La première richesse d’un pays, c’est le savoir. La première richesse d’un pays, c’est l’éducation.

 

Ce n’est pas pour rien que durant la campagne de François Bayrou, l’école (le instruire) était l’un des marqueurs forts du projet centriste.

 

L’école est la première richesse d’un pays pour deux raisons.

La première est économique.

Le capitalisme, selon Schumpeter, est la destruction créatrice.

Des pans entiers de notre économie sont voués à disparaître, disparaître car on produira nos biens différemment, ou que l’on produira de nouveau bien qui remplaceront les anciens.

 

La phase de destruction est synonyme de perte d’emplois. Mais la phase de création (création de nouveaux biens) est synonyme de nouveaux emplois, de nouveaux marchés.

 

Or, être en capacité de créer dépend de notre capacité d’investissement.

Et notre capacité d’investissement dépend de notre capacité à concevoir le monde, bref, de notre instruction.

Et c’est l’école qui instruit.

 

Je vais résumer le passage d’un livre que j’ai lu.

L’Arabie Saoudite est un pays pauvre. Ça peut sembler idiot de dire ça, il y a du pétrole là-bas, mais c’est pourtant la réalité.

Un jour, on arrêtera d’utiliser du pétrole.

A partir de là, l’économie de l’Arabie Saoudite s’effondrera.

Effectivement, l’Arabie Saoudite n’a pas formé de cadres dirigeants et le pays a laissé les Ayatollah former les jeunes.

 

A la différence, on peut penser que le Japon est un pays pauvre.

Effectivement, il n’y a pas de ressources là-bas.

Pourtant, le Japon, qui a perdu la guerre de 39-45, a été l’une des trois premières puissances économiques mondiales.

La raison en est simple. Le japon a su former, par son système éducatif, des cadres d’un bon niveau.

 

Mais l’école est aussi une nécessité sociale et démocratique.

Effectivement, c’est par l’école que l’on peut révéler le potentiel des gens d’un milieu défavorisé, et c’est l’école qui permet de faire monter l’échelle sociale.

 

Or, les résultats de PISA sont sans appel.

Nous avons un système éducatif dont le niveau est de plus en plus bas, faisant de nous officiellement un pays de plus en plus pauvre, et en plus notre système éducatif est inégalitaire.

 

Comme le disait Brighelli, le riche n’est pas plus intelligent que le pauvre, il est juste mieux informé.

11 décembre 2013 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , , , | Laisser un commentaire

PISA 2012 (1/4): Les résultats

L’enquête PISA (Program for International Student Assessment) est parue.

Avant d’en donner mon avis, je vais rappeler l’ensemble des résultats.

Le programme PISA est une évaluation qui évalue les connaissances de bases des élèves (aux alentours de 15 ans) dans trois domaines : maîtrise de la langue maternelle, maîtrise des mathématiques (exemple ici) et la culture scientifique.

L’enquête PISA est intéressante pour plusieurs raisons.

La première est que l’on peut se comparer au reste du monde.

De plus, c’est les savoirs fondamentaux, utiles pour la vraie vie, qui sont évalués.

Par ailleurs, le travail statistique est réel.

Pour PISA 2012, en Mathématique, on a :

  1. Shanghai avec 613pts
  2. Singapour avec 573pts
  3. Hong Kong avec 561pts
  4. Taïwan avec 560pts
  5. Corée du Sud avec 554 pts.

La France est 25ème avec 495pts.

En 2009, on avait :

  1. Shanghai avec 600pts
  2. Singapour avec 562pts
  3. Hong Kong avec 555pts
  4. La Corée du Sud avec 546pts
  5. Taïwan avec 543pts.

La France était 22ème avec 497pts.

Côté compréhension de l’écrit, on a :

  1. Shanghai avec 570pts
  2. Hong Kong avec 545pts
  3. Singapour avec 542pts
  4. Japon avec 538pts
  5. Corée du Sud avec 536pts

La France est 21ème avec 505pts.

En 2009, on avait :

  1. Shanghai avec 556pts
  2. La Corée du Sud avec 539pts
  3. La Finlande avec 536pts
  4. Hong Kong avec 533pts
  5. Singapour avec 529pts

La France était 22ème avec 496pts.

Enfin, en culture scientifique, on a :

  1. Shanghai avec 580pts
  2. Hong Kong avec 555pts
  3. Singapour avec 551pts
  4. Japon avec 547pts
  5. Finlande avec 545pts

La France est 26ème avec 499pts.

La dernière fois, on avait :

  1. Shanghai avec 575pts
  2. Finlande avec 554pts
  3. Hong Kong avec 549pts
  4. Singapour avec 542pts
  5. Japon avec 539pts

La France était 27ème avec 498pts.

Par ailleurs, l’étude PISA va plus loin.

Elle démontre que notre école est inégalitaire, que nos élèves sont plus stressés et que nos filles sont moins performantes que nos garçons.

Sur un point, notre ministre a raison : on continue à décrocher et ça ne peut plus continuer comme ça.

D’autant que pour moi, ces résultats ne sont pas une surprise, je m’y attendais.

7 décembre 2013 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , , | Laisser un commentaire

Manque de place en Lycée ?

J’ai lu avec attention l’article de Jean Didier Berger, prenant la suite d’une interview de Valérie Pécresse, sur le manque de place en Lycée.

 

Dans l’ensemble, je pense que c’est plutôt vrai.

J’ai un ami qui a une fille, qui n’avait pas de place au lycée Michelet (ce lycée est pointé par Valérie Pécresse) alors que ce lycée est son lycée de secteur.

 

Mais j’aimerais donner un contre argument à cela.

Je pense que si la sélection se faisait sérieusement, il y aurait des places en lycée pour ceux qui méritent d’y aller.

 

Effectivement, à mon époque, il y avait une sélection minimale sérieuse.

Ce n’était pas n’importe qui qui allait en classe de seconde.

Beaucoup de personnes demandant, fin de troisième, la classe de seconde redoublaient. En générale, elles redoublaient par la suite la classe de seconde.

 

Du coup, j’avais eu une place à Mono (Clamart) qui n’était pas mon lycée de secteur.

 

Par ailleurs, toujours à mon époque, sur 12 classes de secondes, on pouvait estimer qu’il y avait en nombres  d’élèves qui redoublaient la classe de seconde l’équivalent de 2 classes.

 

Par ailleurs, on n’envoyait pas n’importe qui en série S (4 classes dans mon lycée), ES (2 classes) et L (1 Classe). Beaucoup étaient orienté en STT, y compris si ils avaient redoublé la seconde.

 

Aujourd’hui, ce n’est clairement plus le cas. On arrive beaucoup plus facilement en seconde. Si un élève de seconde demande S avec 8/20 dans les matières scientifiques, il finit par passer grâce à la commission d’appel. Par ailleurs, on a fini par plus être dans un système de quota plutôt que de miser sur la qualité.

 

On a le bac plus facilement (80% d’une classe d’âge au bac).

Le problème, c’est que les difficultés s’accumulent.

Comme le disait un de mes professeurs universitaire de chimie, quand on a 9.9, on n’a pas 10, d’autant que les difficultés se sont accumulés sur la durée.

 

On donne des diplômes, aujourd’hui, par plaisir et pour remplir des filières sans débouchés.

Par exemple, j’ai entendu parler d’un DESS (sensé être pratique) de 30 élèves, et ne trouvant un débouché que pour moins de 5 élèves.

 

Comme me disait le frère d’un ami, on n’est pas regardant sur la quantité.

Si on a un besoin de 20 physiciens, on en forme 30, ce n’est pas grave.

Mais on n’en forme pas 250.

Dans le premier cas, on en laisse 10 sur le carreau.

Mais dans le second cas, on en laisse 230 sur le carreau, avec un vrai gâchis humain et économique.

 

Dans l’absolu, je pense qu’en réalité, il y a assez de place à Mono (Clamart) ou Michelet (Vanves).

Je pense qu’il faut juste sélectionner plus sérieusement et envoyer en seconde des gens capable de suivre.

 

Pour cela, il faut :

  1. Investir dans les filières alternatives. Là-dessus, la région a un rôle à jouer.
  2. Revaloriser ces filières, qui ne doivent pas être présentés comme un dépotoir.

Mieux vaut former un bon plombier qu’un mauvais intellectuel.

 

Le bac S ne donne pas une idée sur la valeur d’une personne. On peut avoir le bac S et être un gros con, ou inversement, ne pas avoir le bac S (ou tout autre bac général) mais être une personne très bien.

 

Par contre, un bac, surtout si il est général, se doit de sanctionner des connaissances.

Il est scandaleux d’avoir le bac S, et de ne pas savoir dériver une fonction simple, surtout lorsque l’on a le formulaire sous les yeux…

4 septembre 2013 Posted by | Politique, Politique nationale | , , | Laisser un commentaire

La sélection en France (5/6) : Au minimum, il faut un examen d’entrée en 6ème

Lorsque j’étais professeur en collège (dans une autre vie, ça va de soi), j’étais frappé du cynisme qui régnait.

On envoyait des élèves n’ayant pas les bases en 6ème. Puis ils passaient, sans problème en 5ème, toujours sans les bases, puis en 4ème et enfin en 3ème où ils étaient réorienté sans comprendre vraiment trop pourquoi.

 

Du coup, sensé suivre un cours où ils n’avaient pas les notions pour le suivre, ils perdaient leur temps et s’occupaient en faisant le bazar.

 

On pourrait, comme je l’ai entendu (lors d’une visite d’une école primaire) obliger le collège à se mettre au niveau des élèves, mais ce n’est pas une bonne chose.

La vie ne s’adaptera pas aux élèves. C’est aux élèves de s’adapter.

Comme je l’avais dit, la connaissance ne se met pas au niveau des élèves.

 

C’est aussi une question de vision de l’éducation.

 

Pour ma part, je pense qu’il faut vérifier que les élèves puissent être en mesure de suivre s’ils sont envoyés en 6ème.

Le mode de sélection le plus sain étant l’examen et le concours, je pense qu’il faut un examen d’entrée en 6ème.

 

En affinant, je pense qu’il y a deux raisons pour lesquelles il faut un examen d’entrée en 6ème.

La première est donc que je trouve criminel d’envoyer en 6ème des enfants qui n’ont pas les bases.

 

La seconde raison est que c’est un rite initiatique, comme l’est le brevet, le bac ou l’était le service militaire.

Aujourd’hui, on est dans une société de l’immédiateté qui induit un phénomène dangereux : l’enfant tyran.

Normalement, l’éducation devrait se faire dans les familles. Ce n’est plus le cas. De toute façon, l’école n’a pas à être dans l’immédiateté et la culture du zapping.

 

Ajouter un examen d’entrée en 6ème, c’est donner une expérience de frustration et lutter contre l’immédiateté de la société.

Aujourd’hui, c’est devenu important, et pas que chez les enfants.

 

Pour ma part, je suis pour multiplier ce type d’examen, à chaque fois que la façon d’aborder la connaissance évolue (ou est sensé évoluer).

Je suis donc pour un examen d’entrée en 6ème, en 4ème, en seconde (c’est sensé s’appeler le brevet), en 1ère et en faculté (c’est sensé s’appeler le bac).

 

Cela veut dire en finir avec le collège unique et proposer un ensemble de filières adaptés et alternatives.

 

Il est aussi à rappeler que il faut de tout pour faire un monde, et que le bac ou n’importe quel examen juge des connaissances, pas une personnalité qui peut toujours apporter un plus dans la société.

 

Le collège unique a été pensé pour permettre d’augmenter le niveau de connaissance de notre société.

Ce n’est pas le cas.

Il ne faut pas renoncer à l’objectif. Il faut juste changer de stratégie.

 

Je pense qu’il faut mieux une sélection plus sévère mais permettre de revenir plus facilement.

 

Si à 18ans la probabilité de réussir le bac est négligeable, ça ne sert à rien de le tenter.

Par contre, si à 35 ou 40 ans la probabilité de réussir le bac est grande (parce que l’on gagne en maturité, par exemple), alors on devrait facilité la possibilité d’obtention du diplôme.

Pourquoi, par exemple, ne pas mettre en place des cours du soir.

 

Enfin, si on reste dans cette démarche et cette vision, il est évident que le diplôme doit vraiment sanctionner quelque chose. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

12 juillet 2013 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , , , | Laisser un commentaire