Le blog de Phil

J'habite Malakoff, la plus belle ville du monde

C’est donc Wauquiez

Sans surprise, Laurent Wauquiez est élu président des républicains.

 

Au fond, c’est une conséquence de l’élection d’Emmanuel Macron.

C’est la droite qui veut être fier d’être de droite et empêcher la recomposition politique, portée par Emmanuel Macron, et pour résister, a voté identitaire, c’est-à-dire Laurent Wauquiez.

 

Mais je préfère avoir un président qui fait le job, et que je critique sur le fond, comme Emmanuel Macron, plutôt qu’un président qui fait une politique débile et idéologue, que je critique sur le fait qu’il fasse une politique débile et idéologue.

Dans cette catégorie, on a Nicolas Sarkozy, et François Hollande.

 

Pour moi, Laurent Wauquiez, c’est Nicolas Sarkozy, en pire.

Pour moi, Laurent Wauquiez est aux républicains ce que Benoît Hamon est au PS.

 

C’est un dinosaure d’une autre époque, dinosaure qui empêche la France de se réformer et d’avancer.

 

Laurent Wauquiez veut faire de sa région un laboratoire de sa France d’après.

Quand je vois ce qu’il s’y passe, ça fait froid dans le dos (voir ici, ici et ici).

A mon humble niveau, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour empêcher la France d’après de Laurent Wauquiez, en ne votant pas pour lui, par exemple…

 

Mais au-delà de l’élection de Laurent Wauquiez, c’est le problème du grand parti de droite, les républicains, et de son incapacité à se réformer, et à se remettre en cause.

 

Déjà, commençons par la base.

La défaite de Nicolas Sarkozy était méritée.

Certes, François Hollande a été un président médiocre, mais ça ne doit pas faire oublier le bilan catastrophique de Nicolas Sarkozy entre 2007 et 2012.

 

Il y avait tout un tas de raisons pour lesquelles il fallait congédier Nicolas Sarkozy.

Elles sont très bien expliquées d’un point de vue économique dans le Livre de Peyrelevade, mais il y avait aussi une gouvernance à sanctionner, très bien décrit dans le livre de François Bayrou.

 

Pour faire rapide, il a augmenté la dette, enrichi une oligarchie, fait des affaires la norme, rendu inefficace le service public…

 

Ce qui amène au second problème avec la droite, problème qui existe d’ailleurs au PS, et dont la désignation de Benoît Hamon est une conséquence.

 

Pour la droite, être de droite est plus important que de faire une bonne politique.

 

Soyons clair, je n’ai rien contre la droite, et j’estime que c’est normal que la droite soit de droite.

 

Le problème, c’est la stratégie que la droite (et donc de l’autre côté la Gauche) applique pour faire accepter une politique de droite.

 

En gros, à droite, ils pensent qu’ils sont beaux, magnifiques et intelligents, et que la droite a la vérité absolue.

 

De fait, ils ont les solutions, idéologiques, avant d’avoir analysé et fait un diagnostic de la situation.

 

Or, pour ma part, je suis pour une approche cartésienne.

 

On fait une analyse de la situation, on fait un diagnostic et à partir de ce diagnostic, on construit un plan d’action.

 

La droite a élu le pire président possible.

Elle doit faire un diagnostic sur ses échecs et la situation de la France pour pouvoir se reconstruire.

 

Au lieu de ça elle va rester dans sa vérité, ce qui n’est pas une bonne chose pour un parti sensé être capable d’appliqué le pouvoir.

 

Pour moi, c’est parce qu’elle a refusé de faire le bilan des années Sarkozy et qu’elle a essayé d’imposer son point de vue par la Force que la droite a perdu une élection imperdable.

Elle aurait pu choisir Alain Juppé et être là, en train de faire les réformes dont la France a besoin.

Elle aurait pu rentrer dans l’Histoire.

 

Au lieu de ça, elle a préféré imposer par la Force sa vision. Elle a préféré sens commun aux modérés et aux gens.

 

Pour moi, c’est la Droite, qui en préférant François Fillon à Alain Juppé, a choisi la défaite.

Pour moi, si François Fillon avait été élu, il n’aurait pas été en capacité de réformer la France.

 

Avec l’élection de Wauquiez, la droite persiste dans son erreur.

 

La seule chose à espérer aujourd’hui, c’est que l’élection de Wauquiez accélère l’implosion de la Droite et la recomposition politique dont la France a besoin.

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11 décembre 2017 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , | Laisser un commentaire

Ma réponse sur les propos de Laurent Wauquiez sur le Pôle emploi

Laurent Wauquiez a déclaré que les conseillers du Pôle emploi conseillaient aux chômeurs de profiter de la vie.

 

Ayant été très longtemps au chômage, voir ce que l’on appelle « une merde au chômage », je me suis senti humilié et insulté par les propos de Laurent Wauquiez.

 

D’autant que ce personnage, détestable, ose dire qu’Emmanuel Macron est un désert de l’âme et explique qu’il monte les parisiens contre les provinciaux, bref, qu’il monte les français les uns contre les autres.

 

Mais bon, Laurent Wauquiez ose tout. C’est même à ça qu’on le reconnait.

 

Mais en réalité, c’est Laurent Wauquiez qui monte les français les uns contre les autres, et pire, il s’attaque aux catégories les plus faibles, en l’occurrence les chômeurs.

 

Je vais donc répondre sur deux points, notamment sur le fait qu’il sous entends que les chômeurs soient des branleurs et des profiteurs du système de solidarité.

 

Certes, il y a toujours des profiteurs, mais il y a aussi juste des gens qui essayent de s’en sortir et qui n’ont pas les moyens de s’en sortir.

 

Je vais donc d’abord répondre sur « Chômeur = branleur et profiteur ».

 

Pour ma part, je n’ai pas choisi d’être chômeur et branleur.

Au contraire, mon rêve est de pouvoir vivre libre, m’assumer pleinement et avoir mon chez moi.

Sauf que ça m’a pris des années car j’ai été au chômage entre 2002 et 2009, soit pratiquement 7 ans.

Je n’ai pas vraiment été 7 années, 7 jours sur 7 et 24H/24 chômeur. J’ai été professeur de Science Physique (2 ans stagiaire et un peu vacataire), voir à l’IUFM (année 2004-2005) pour préparer le CAPES.

Mais le reste du temps, j’étais chômeur.

Ma seule vie sociale étant… le club de bridge les mercredi et vendredi après-midi.

 

Pour ma part, j’ai un DEA de physique des plasmas, obtenue en 2002.

J’ai fait de la physique par choix.

J’ai aussi le CAPES de Sciences Physiques (année 2005).

Et même si j’ai merdé à l’IUFM en 2001 (Je n’ai pas été admissible, et je n’avais pas fait de chimie pendant longtemps car j’ai fait physique pure), même si j’ai eu ma licence et maîtrise au rattrapage, j’ai eu mes diplômes du premier coup.

 

Pour mon DEA, j’ai même eu 11,83. Je m’en rappelle très bien car avec 12, j’aurais fait une thèse. Pas sûr que ça m’aurait évité le chômage d’ailleurs.

 

On ne peut pas dire que je profite. Au contraire, je joue le jeu.

Par ailleurs, je suis des cours au CNAM, pour consolider mes connaissances en informatique, le soir, et j’ai eu mes modules avec une moyenne de 15,11 (Bon, j’ai dû en passer un unique au rattrapage mais je l’ai eu finalement avec 19 et je suis les cours en parallèle de mon travail).

CNAM que pour l’instant, je finance de ma poche.

 

Mais bon, j’ai souvent été au chômage dès 2002. Car j’ai eu un DEA sans rien. Et du coup, je ne savais rien faire de concrets.

 

Je veux insister, je n’ai pas choisi cette situation, ou pas en connaissance de cause.

Si j’avais su, si je pouvais recommencer, je ferais des études directement en informatique.

Mais c’est comme ça.

 

Au début, je ne pensais pas être professeur (j’avais mon échec de 2001 en tête).

Faute de mieux, j’ai fait des vacations.

Puis en 2004, j’ai été admissible. Admissible au CAPES de sciences physique, mais aussi (et ça m’avait surpris) à l’agrégation de Physique (ou j’ai été admissible également en 2005 et 2006).

J’ai donc décider de retenter le CAPES en 2005 pour pouvoir enfin avoir un travail.

Je l’ai eu en 2005.

Par ailleurs, entre temps, j’ai repris seul la chimie qui était mon point faible. J’ai repris la Chimie de faculté seul à zéro, aussi bien la chimie générale (Thermochimie, Chimie quantique) que minérale et organique, chimie compliquée pour les physiciens car très intuitives (les réactions, il faut les sentir).

 

J’ai fait mes 2 ans de stages sous la tyrannie de l’IUFM, et je n’ai pas été titularisé, car l’autorité, ce n’est pas mon truc.

J’ai donc revécu mon pire cauchemar, le chômage.

J’ai donc décidé de me reformer en informatique car là, il y a des emplois.

J’ai fait une formation courte sur 8 mois (4 pratiques, 4 théoriques) pour être opérationnel.

Formation dont j’ai payé environ la moitié ou les trois quarts de ma poche, soit dit au passage.

Et après une très longue période, car inexpérimenté en informatique, j’ai par miracle enfin pu avoir mon premier CDD.

 

Mais la période a été dure. Tout le monde me regardait de travers, car j’étais chômeur. Y compris mes proches. Personne ne m’aidait. J’en ai même des blessures profondes que je n’espère même pas cicatriser.

Je fais avec.

Pire, si tu es au chômage, on t’en veut car tu y es. C’est le cas d’un certain Wauquiez.

Mais si tu es prêt à tout pour t’en sortir, on t’en veut car tu oses vouloir changer ta situation.

 

En fait, on est juste méprisé car on est juste chômeur.

On veut son emploi pour son indépendance, mais on ne sait rien faire.

Wauquiez sait-il que l’un de mes conseillers (non Pôle emploi car Pôle emploi délègue à des prestataires) me critiquait car j’étais prêt à faire la plonge ?

Mais ce n’est pas normal car j’étais trop diplômé pour faire la plonge. Sauf que j’étais en fin de droit, et de toute façon, il fallait que je travail. Mais ça, ce simple concept est incompréhensible.

Heureusement que j’ai eu un jour un coup de chance, j’ai trouvé mon premier CDD. Je crois que ça restera le plus beau jour de ma vie.

 

Aujourd’hui, si je cherche un emploi, je le trouve en 1 mois. Facile quand on a 3 entretiens par jours. On reste confiant.

 

Mais quand on accumule les échecs, quand on n’est pas aidé, et que tout le monde te chie dessus, juste parce que t’es un chômeur, c’est la logique négative.

C’est l’engrenage infernale.

 

Soit on devient fou, soit on laisse une forme de haine montée en soi.

Souvent, il m’arrivait de sentir cette haine, de la palper.

 

Ce qui m’amène à la seconde remarque : les conseillers du pôle emploi.

 

Très franchement, c’est vrai qu’ils sont nuls, sauf qu’en fait, ce n’est pas de leur faute.

Comme le signalait le patron de l’APEC, le Pôle emploi cumule deux records, celui d’être en sureffectif et celui d’être en sous-effectif.

 

Même avec une bonne volonté, le conseiller Pôle-emploi ne peut simplement pas réussir.

Il n’en a ni les moyens, et ni le temps.

 

Mieux, aujourd’hui, c’est les chômeurs (qui rappelons le sont dans une véritable galère) qui ont pitié d’eux.

 

Il m’est arrivé d’avoir un conseiller Pôle emploi qui m’a déprimé et que sur le moment, je voulais étranger.

Mais seulement un seul. Le reste (c’est-à-dire la majorité), c’était juste des pauvres gars qui faisaient ce qu’ils pouvaient, avec les moyens du bord.

 

Pour bien faire comprendre qu’au Pôle Emploi, c’est des pauvres gars, je vais raconter une anecdote qui résume le problème du Pôle Emploi.

 

Lors de l’époque de l’ANPE (l’ancêtre du Pôle Emploi), lorsque l’on était au chômage dans l’informatique, on allait à l’ANPE du Saint Augustin.

Effectivement, cette agence était spécialisée dans les métiers de l’informatique.

 

Ils connaissaient les métiers, mais aussi les patrons. Ils avaient un carnet d’adresse de patrons travaillant dans le domaine, et pouvant donc embaucher.

 

Maintenant, c’est le pôle emploi, et le pôle emploi est généraliste.

Que se passe-t-il pour l’agence de Saint Augustin ?

C’est les mêmes fonctionnaires. Ils connaissent donc toujours les métiers de l’informatique, et ils ont toujours le carnet d’adresse de patrons.

Mais ils ne peuvent plus poser le CV, car ils sont généralistes.

 

Or, le réseau étant important pour trouver un emploi, une agence de l’emploi doit se substituer au réseau.

 

Je pense que l’on touche là le problème de fond du Pôle Emploi.

Le Pôle Emploi n’a pas été penser pour faciliter le retour à l’emploi des chômeurs.

 

Il a été penser par des gens qui ne connaissent rien au chômage, mais qui pensent qu’ils sont beaux, magnifiques et intelligents et qui sans étudier le mécanisme du chômage, ont imposer un fonctionnement du pôle emploi débile et de fait inefficace.

 

C’est criminel car souvent, le Pôle emploi est une nécessité pour des gens éloignés de l’emploi.

 

Le pôle emploi est organisé de tel façon que les fonctionnaires ne peuvent pas réussir.

Ce n’est pas une question de moyens, c’est une question d’organisation.

 

Je veux bien que l’on contrôle les chômeurs. Je n’y suis pas opposé. Mais souvent, un chômeur, c’est juste une personne qui a besoin d’être accompagné.

 

Et le Pôle Emploi est incapable d’accompagner les chômeurs, car il a juste été conçu de manière débile. Encore une fois, les fautifs, ce n’est pas les agents du Pôle Emploi, mais ceux qui ont conçu le Pôle Emploi.

 

Quand j’explique qu’il faut retravailler l’accompagnement des chômeurs, je ne plaisante pas.

L’accompagnement des chômeurs, ça devrait être le pôle emploi, mais ce n’est pas le cas.

 

Le problème, c’est que le Pôle Emploi a été pensé par des idéologues fous, parmi lesquels un certains Nicolas Sarkozy, dont son fils spirituel est Laurent Wauquiez.

 

Au lieu de s’en prendre aux fonctionnaires du pôle emploi, et aux chômeurs, Laurent Wauquiez devrait se demander pourquoi la Droite a perdu une élection imperdable et pourquoi certaines personnes de Droite comme Edouard Philippe et Bruno Lemaire préfèrent travailler avec Emmanuel Macron.

29 octobre 2017 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , , , | Laisser un commentaire

Wauquiez, l’homme qui symbolise les travers de la Droite

Il y a une élection pour désigner le président du grand parti de la Droite, en l’occurrence les républicains.

 

Et le favori est Laurent Wauquiez.

Il a la sympathie des militants et le soutien des élus.

Selon toutes les probabilités, il devrait être élu président des républicains.

 

Je me suis exprimé à maintes reprises sur le personnage.

En particulier, si j’avais été habitant dans sa région, j’aurais voté contre lui en votant directement la liste PS aux régionales.

 

Pour moi, le personnage m’est antipathique.

Il représente une droite dure, qui déteste et méprise les centristes et les modérés.

C’est même pour moi le fils spirituel de Nicolas Sarkozy. C’est son héritier.

 

Et c’est le type de droite dure qui se plait à rouler les centristes dans la farines et à les faire frire.

 

Savez-vous qu’il m’est arrivé de voir des militants de Droite m’expliquer que Juppé est « un Gauchiste » ?

Ça tombe bien, Laurent Wauquiez est leur boussole.

 

J’ai une forte antipathie pour le personnage.

 

Et par ailleurs, je pense que Laurent Wauquiez symbolise les travers de la droite.

 

Il est en phase avec les militants.

 

Mais la droite doit faire ce qu’elle n’a pas fait en 2007, revenir sur ses (nombreuses) erreurs, les affronter, en tirer les leçons et avancer pour être le cas échéant prête à revenir au pouvoir.

 

Le problème, c’est que depuis 2007, la Droite, mené par Nicolas Sarkozy vis dans le déni de réalité et qu’avec Laurent Wauquiez, la Droite va continuer à vivre dans le déni de réalité.

 

Laurent Wauquiez, c’est ce que veut les militants de Droite, mais sincèrement, il leur faut autre chose.

 

Pour comprendre la plaie qu’est Laurent Wauquiez, il faut revenir en arrière.

 

Il faut revenir à Nicolas Sarkozy.

 

Il faut d’abord rappeler que sa défaite était méritée.

Déjà sur le plan comptable, Nicolas Sarkozy a fait exploser le déficit public.

Selon Thierry Breton, ancien ministre des finances de Jacques Chirac, François Mitterrand a fait 555 Milliards d’euros de dettes entre 1981 et 1995 (soit en 14 ans), dont 150 (soit 27%) imputable à la seconde cohabitation (mené par Edouard Balladur avec comme ministre des finances un certain … Nicolas Sarkozy).

Nicolas Sarkozy a fait 600 Milliards d’euros de dette entre 2007 et 2012 (soit 5 ans) dont 200 Milliards imputable à la crise (soit 33%).

En résumé, François Mitterrand faisait environ 27 Milliard d’euros de dette / ans (imputable à lui-même) là où Nikola Sarkozy en faisait 80 Milliard d’euro par ans (imputable seulement à lui-même).

 

Bref, le bilan comptable de Nicolas Sarkozy est pire que celui de François Mitterrand.

 

De plus, avec Nicolas Sarkozy, on a eu une politique économique visant à soutenir le demande (ce qui a empiré le problème de déficit), et qui économiquement a été une catastrophe, très bien expliqué dans le livre de Jean Peyrelevade.

Pire, cette politique est injuste, et s’est fait au détriment des classes populaires et moyennes.

 

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a enrichi une oligarchie (exemple ici et ici) et il avait un rapport au pouvoir malsain (sur ce sujet, le livre de François Bayrou est pertinent).

 

Bref, la défaite de Nicolas Sarkozy était simplement méritée.

 

Pourtant, Nicolas Sarkozy n’a pas fait qu’une présidence médiocre.

 

Il a aussi réformé la droite, et malheureusement, pas dans le bon sens.

 

Il a rendu poreuse la frontière entre la droite et l’extrême droite, comme le dit si bien le blog du Centrisme.

Pire, excepté à la présidentielle 2017 où il a soutenu Emmanuel Macron (qui lui n’est pas PS, pour être exact), il a mis au même niveau le FN et le PS.

Quant à Laurent Wauquiez, il a en plus mis au même niveau Emmanuel Macron et le FN !

 

Le problème, c’est qu’en se droitisant, la droite fait des politiques clientélistes, contre les gens, contre le bon sens, et qui empire la situation du pays et ses problèmes.

 

Les affaires de François Fillon ne sont pas, pour moi, la principale cause de la défaite de la droite en 2017. Ce n’est que le catalyseur.

 

La véritable cause de la défaite de la droite est d’abord sa droitisation excessive.

Il est normal que la droite soit de droite. Mais elle peut être de droite et s’adapter aux problèmes.
Le problème (qui d’ailleurs existe au PS), c’est qu’il est plus important d’être de droite, et que pour prouver que l’on est de droite, on est prêt à faire des politiques stupides et contre les gens et le bon sens.

 

Le centre a sa responsabilité car entre 2012 et 2017, le Centre n’a pas vraiment combattu la droite dure.

Pire, on l’a même soutenu pour des places, notamment en Rhône-Alpes où l’on a soutenu Laurent Wauquiez aux régionales.

 

Mais les premiers responsables, c’est d’abord les militants de droite.

Ils avaient la chance de pouvoir construire quelque chose avec un homme de droite modérée, ils ont préféré être fièrement de droite en élisant Fillon lors de la primaire.

 

Si Laurent Wauquiez gagne, ce n’est pas qu’un homme qui sera élu, c’est aussi une ligne politique.

Et au plus profond de moi-même, je pense que cette ligne politique n’est pas bonne.

Pire, elle ne permet pas de faire évoluer les républicains dans le bon sens.

 

Ce qui veut dire que pour moi, on ne peut pas donner aux républicains les clés de la maison France.

 

Ce n’est pas une question idéologique. C’est que tout comme le PS, j’estime que les républicains ne sont pas aptes à diriger la France. Je pense qu’ils la mettraient dans le mur.

 

On pourrait penser que je m’en réjouis. Que ça sera plus de voix pour le Centre ou pour Emmanuel Macron.

 

Au contraire, je m’en inquiète.

 

Si Emmanuel Macron échoue (ce que je ne souhaite pas), il n’y aura pas d’alternative à droite.

 

Ou pire, si l’alternative à Emmanuel Macron est Laurent Wauquiez, ça veut dire que l’on va perdre encore 5 ans, après les 5 ans de François Hollande et 5 ans de Nicolas Sarkozy.

2 octobre 2017 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , | Laisser un commentaire

Présidentielles 2017 : La défaite de la Droite est méritée

Je voulais écrire ce message, puis j’ai changé d’avis, puis j’ai rechangé d’avis.

Je vais donc l’écrire maintenant.

Quand je vois les militants UMP (et certains élus) mettre à égalité Macron et Le Pen, donc me mettre à égalité avec le Pen, ça m’a encouragé à l’écrire.

 

La défaite de la droite lors de la présidentielle 2017 est méritée.

 

Par ailleurs, même si je trouve le bilan de François Hollande médiocre, la défaite de Nicolas Sarkozy était, elle-aussi méritée.

 

Ce n’est pas la première fois que j’écris ce que je vais écrire.

J’avais entre autre écrit que l’UMP et le PS déplaçaient leurs centres de gravité vers le noyau dur, que Copé menait l’UMP dans le mur, et que l’UMP se construisait sur un vote sanction (comme le PS d’ailleurs).

 

Il y a des différences entre Nicolas Sarkozy et François Fillon.

 

Nicolas Sarkozy défendait un bilan médiocre (comme c’est très bien expliqué ici).

En particulier, Nicolas Sarkozy a fait plus de dette en 5 ans que François Mitterrand en 14 ans, là où François Bayrou a fait une campagne contre la dette en 2007.

Et il s’agit d’une dette de fonctionnement.

 

Pour François Fillon, c’est vrai que c’est le Pénélope Gate qui a plombé.

Mais là, il faut replacer dans le contexte.

 

François Fillon nous dit que la France est en Faillite. Sur ce point, je suis entièrement d’accord.

Il nous dit qu’il va falloir faire des efforts.

Pourquoi pas.

 

Seulement, lui, il s’est enrichi sur le dos du contribuable d’un pays en faillite.

Pour demander des efforts, il faut être irréprochable.

Une phrase de Margaret Thatcher résume parfaitement François Fillon (précision, je n’aime pas vraiment Margaret Thatcher) : « Il n’y a pas d’argent public, il n’y a que l’argent du contribuable ».

 

Ça ne me gêne pas de payer des impôts.

Mais si je paye des impôts, c’est pour un service public de qualité. C’est pour aider les gens à s’en sortir. Je sais ce que c’est que d’avoir un service public pourri. J’ai été longtemps au chômage et à l’époque, je vous garantis que j’aurais voulu avoir un vrai service public de l’emploi.

 

Par ailleurs, je paye aussi des impôts pour avoir des infrastructures de qualités.

Faire des voies ferrées, des métros…, ce n’est pas gratuit.

Il est normal que l’Etat s’en occupe, les infrastructures profitent à tout le monde.

 

Par contre, je ne paye pas des impôts pour permettre à François Fillon de vivre à mes crochets, ou pour enrichir une oligarchie, point qui était particulièrement vrai sous Nicolas Sarkozy.

 

Par ailleurs, j’attends également que la collectivité (en l’occurrence ici l’Etat) gère l’argent que je lui donne avec sagesse, et efficacement.

 

Par contre, 2012 et 2017 ont un point commun : Une droitisation de la droite excessive.

Là, il y a un vrai travail de fond à faire pour les républicains.

Alain Juppé a entièrement raison : il faut changer de ligne politique !

 

Soyons clair, il est normal que la Droite soit… la Droite.

Il est normal que la Droite lutte pour son idéal.

 

Mais il y a plusieurs façons d’être de Droite.

 

La première est de partir sur un diagnostic, et de faire une politique à partir de ce diagnostic, allant subtilement vers la droite et faisant accepter subtilement une politique de Droite.

C’était la philosophie prise par Alain Juppé.

 

Et puis, il y a ceux qui pensent qu’ils sont de Droite, donc, ils sont obligatoirement Beau, Magnifique et Intelligent, et ce qu’ils font, c’est toujours bien, même si ce n’est que des conneries (surtout si c’est des conneries), car comme ils sont de Droite, ils ont la vérité absolue.

Le problème, c’est qu’ils imposent des politiques contre les gens.

Ils imposent des politiques clientélistes, qui se fait au détriment des gens, de l’intérêt général et contre le bon sens.

 

Le choix à la primaire de la Droite était entre ces deux droites. Et c’est la droite dure qui a gagné.

De fait, les militants des républicains ont choisi une droite dure, et ils ont donc choisi la défaite.

A minima, si François Fillon avait été élu, il n’aurait pas réformé la France dans l’intérêt de tous.

 

Une phrase de François Fillon est symbolique (et pour une fois honnête) :

« On peut augmenter la TVA car les pauvres peuvent moduler leur consommation »

Soyons clair, s’il faut augmenter la TVA, je peux l’entendre.

Mais pas avec cet argument.

Pour remettre en route la France, tout le monde doit faire un effort.

L’effort doit être demandé à tous les français.

Ça sous-entend le pauvre, mais aussi le riche.

Et ça doit être à hauteur de ces moyens.

Les efforts seront acceptés s’ils sont justes.

 

Par ailleurs, François Fillon a laissé la Manifs pour Tous imposer une vision rétrograde de la société.

 

Donc si la droite a perdu (encore une fois), c’est parce qu’elle a estimé qu’être de Droite est plus important que de faire une politique pragmatique et dans l’intérêt général, dans l’intérêt de la majorité des français.

Il faut bien comprendre qu’il faut que tout le monde soit perdant un petit peu pour que l’on soit gagnant collectivement.

Il faut arrêter les politiques clientélistes où seul 10% des gens sont gagnant au détriment des 90% restants.

 

Notons également que la défaite du PS de Benoît Hamon est également méritée. Les travers du PS, qui ne cesse de se gauchiser, est symétrique aux problèmes des républicains.

1 mai 2017 Posted by | Politique, Politique nationale, Présidentielles 2017 | , , , , , , | Laisser un commentaire

Le Pénélope Gate sur quelques aspects (3/4) : En France, on a un problème avec la Droite républicaine

Finalement, François Fillon, ce n’est rien.

 

Le vrai problème, c’est que l’on a un problème avec la droite républicaine.

Sur ce point, cracher sur Bayrou, qui le dit à chaque présidentielle ne sert à rien.

Sur ce point, François Bayrou a raison.

 

Mon seul reproche est qu’il ne le dit pas sur la durée. Il ne faut pas se contenter de le dire en 2012 (en votant après Hollande contre Sarkozy) et en 2017 avec un François Fillon qui pose problème.

 

Il faut aussi le dire sur la durée, notamment en évitant de soutenir des Peltier, des Wauquiez et en lâchant Blanche Mühlmann, candidate Modem qui se battait contre un maire dur de l’UMP.

 

Le problème avec la droite républicaine, les républicains, tiens en deux points.

 

Le premier est sa capacité à confondre argent public avec argent privé, et donc à s’enrichir sur le dos du contribuable.

Pire, en plus de confondre argent public (d’un pays en faillite, je tiens à le rappeler) avec argent privé, et donc de s’enrichir sur le dos du contribuable, il est mal vu de voir la justice enquêter et demander des comptes.

 

Dans tous les membres qui s’enrichissent ou ont été condamné ou ont des noms associés à des affaires politico-judiciaire, on a Alain Juppé (certes, il a payé pour d’autres, mais il a été condamné), Patrick Balkany, Charles et Joëlle Ceccaldi-Raynaud, Manuel Aeschlimann, Charles Pasqua, Philippe Pemezec, et si je cherchais vraiment, je pourrais allonger la liste.

 

Je pense que le problème s’est accentué avec Jacques Chirac, qui a utilisé la présidence de la république pour ne pas rendre des comptes sur les affaires d’emplois fictifs à la mairie de Paris.

 

Certes, ça existait avant, sous Georges Pompidou, on a eu l’affaire des plombiers.

 

Mais avec Jacques Chirac, un pas a été franchi. Il a utilisé le poste de président comme immunité à vie, lui évitant de rendre des comptes et justifiant que finalement, il est normal de piocher dans la caisse mais il est anormal de rendre des comptes, aux électeurs et surtout aux juges.

Le fait que la droite fasse Dimanche une manifestation contre la Justice, bafouant la séparation des pouvoir, n’est pas si anodins.

 

Mais le deuxième problème, que l’on doit à Nicolas Sarkozy est pire.

La droite de gouvernement c’est droitisé, et a rendu la frontière poreuse entre la droite républicaine et le centre.

Elle a mis sur un pied d’égalité le PS et le FN, si ce n’est que pire, elle considère le FN plus fréquentable que le PS.

 

Le fait que ce soit la Manif pour Tous qui organise la manifestation de soutien à François Fillon n’est pas si étranger.

 

Pire, la droite réactionnaire, qui donc inspire les Républicains, veut diriger seule au détriment de l’ensemble des français.

Pire, elle est sur un modèle sociétal dépassé.

Savez-vous que beaucoup de familles sont recomposées ?

 

Évidemment, le fait que le centre soit faible et lâche, et que le scrutin électoral français soit stupide et débile n’aide pas.

 

Que la Droite soit de Droite, c’est normal, c’est la Droite.

Mais lors de la primaire ouverte, elle avait le choix entre être moins de Droite, mais de fédérer les français sur un projet de réformes audacieux où tout le monde s’y retrouve, et d’être dans une démarche de coalition, ou d’avoir une stratégie agressive et d’imposer à une majorité une vision très conservatrice et réactionnaire où seuls quelques individus sont gagnant.

 

Elle a choisi la seconde option, et très clairement.

 

C’est même une question tactique, elle avait le choix de construire un projet de droite de façon plus souple et consensuel, elle a choisi d’imposer par la force.

 

Finalement, François Fillon est dans la continuité de Nicolas Sarkozy.

4 mars 2017 Posted by | Election présidentielle 2017, Elections présidentielles 2017, Politique, Politique nationale | , , , , , , | Laisser un commentaire

Le Pénélope Gate sur quelques aspects (2/4) : Changer le candidat de la Droite, une question délicate…

Certes, cette fois-ci, François Fillon sera candidat, et il sera candidat jusqu’au bout.

 

Mais un moment, lorsque j’ai pensé cette série d’article, la question s’est posé.

C’est juste que je suis peu réactif et que je suis un peu lent.

 

Donc, un moment, la question de changer le candidat de la Droite, le plan B, s’est posée.

 

Or, je pense que changer le candidat de la Droite aurait été une question difficile.

 

Effectivement, il y a un point important : le candidat de la Droite a été légitimé par la primaire de la Droite.

 

François Fillon n’a pas été seulement autorisé à personnifier et représenter la Droite, il a aussi porté une ligne politique et c’est sa ligne politique qui a été choisie.

 

Et vu les scores, elle a été choisie clairement.

 

Remplacer François Fillon par Alain Juppé n’aurait pas été normal (même si je pense qu’Alain Juppé aurait été meilleur président, plus rassembleur et plus ouvert).

Alain Juppé a été sèchement battu à la primaire.

 

Dans le meilleur des mondes, la meilleure solution aurait été de refaire une primaire. Sauf que ce n’est pas possible, dans la pratique, dans le temps imparti.

 

Une autre solution aurait pu être de remplacer François Fillon par un membre de son équipe de campagne (comme Gérard Larcher), mais ça n’aurait pas régler les problèmes de fond de la droite, problèmes sur lequel je reviendrais.

 

Finalement, la solution la plus pragmatique, celle qui a été choisi, c’est de continuer avec François Fillon, prier pour un miracle, et régler les comptes après la présidentielle si (ce qui semble être le cas selon l’état « sondagier » du moment) la Droite perd la présidentielle, voir n’est pas qualifié pour le second tour.

 

En espérant que ce règlement de compte permettra de faire un Etat des lieux de la Droite et un bilan, et en particulier, un bilan du sarkozysme et un bilan des cinq années dans l’opposition.

27 février 2017 Posted by | Politique, Politique nationale, Présidentielles 2017 | , , , , , , , | Laisser un commentaire

Le premier tour de l’élection présidentielle 2017 (6/8) : 7 raisons pour lesquelles je ne voterai pas François Fillon

Après avoir parlé du PS, c’est au tour des républicains.

Pour ma part, il y a, aujourd’hui, 7 raisons qui font que je ne voterai pas pour François Fillon au premier tour de la présidentielle 2017.

 

Au soir de la primaire de la droite, il y en avait trois.

Durant la campagne, diverses raisons se sont ajoutés.

 

Aujourd’hui, les différences entre François Fillon et moi-même sont trop nombreuses. Elles doivent s’exprimer.

Ça tombe bien, le premier tour de l’élection présidentielle, ça sert à ça !

 

Je me permets de rappeler les raisons précédentes.

La première, fondamentale, c’est que je ne suis pas d’accord avec la philosophie du programme de François Fillon, inspiré de Margaret Thatcher.

Je reconnais qu’il faut flexibiliser le système, le libéralisé un peu.

Je l’avais écrit précédemment.

Néanmoins, François Fillon est dans une logique de « La loi du plus fort ».

En ce qui me concerne, je pense qu’il faut accompagner les gens derrières.

En fait, je pense qu’une libéralisation du système doit se faire avec une réflexion globale sur l’accompagnement des gens.

Comment donne-t-on aux gens les moyens de s’en sortir ?

C’est une vraie question et elle doit être posée.

 

La seconde raison est que je trouve que François Fillon est sur les questions de société franchement rétrograde et réactionnaire.

C’est d’ailleurs la grande contradiction de François Fillon.

Sur les question sociétales, François Fillon, c’est l’inverse du libéralisme.

Comment peut-on être aussi libéral et sans règles au niveau économique et si conservateur au niveau sociétal ?

Les gens font ce qu’ils veulent, du moment que ça ne gêne personne, que ce n’est pas contre l’intérêt général et que ça ne met pas en danger le vivre ensemble.

Par ailleurs, l’épisode du mariage pour tous devrait servir de leçon de ce qu’il ne faut pas faire pour François Fillon.

Ce n’est pas que je sois contre le mariage pour tous. C’est juste que le tempo n’était pas le bon.

Les problèmes économiques sont sérieux. C’est là-dessus qu’il faut se concentrer. En non pas mettre le feu aux poudres. Je l’avais d’ailleurs écrit.

Je ne veux pas voir François Fillon remettre le feu aux poudres en revenant sur le mariage pour tous.

 

Enfin, la dernière raison, c’est que je pense que pour réussir les réformes, comme c’est le cas en Allemagne, il faut de larges coalitions pour construire les réformes dans l’intérêt de tous et arrêter toutes ces politiques clientélistes.

Il faut dire que sur ce point, la stupidité des centristes n’aide pas.

Néanmoins, l’Etat UMP a échoué sous Jacques Chirac (2002-2007) et Nicolas Sarkozy (2007-2012).

L’Etat PS a échoué de 2012 à 2017.

Pourquoi l’Etat Républicain, noyauté par François Fillon, réussirait ?

En fait, les coalitions, comme celle du RPR/UDF sous Alain Juppé entre 1995 et 1998, et la coalition PS/PCF sous Lionel Jospin de 1998 à 2002, ont mieux réussi et même si ce n’était pas parfait et qu’il y avait des choses à dire, ont moins fait de conneries.

Le problème, c’est que François Fillon veut repartir dans un Etat Républicain et diriger seul.

Pour moi, ce n’est pas comme ça que l’on va réformer la France.

 

Reste que depuis, il y a les quatre raisons suivantes :

 

La première est que François Fillon est revenu, sous la pression, sur son programme (voir sur le site du Canard Enchainé ce qui a disparu).

Or, ça pose de nombreuses questions.

Pensait-il ce qu’il écrivait et l’a-t-il supprimé pour le cacher aux français ?

Ou a-t-il menti pour gagner la primaire face à une droite dure ?

Mais ça pose une autre question fondamentale.

Que fera-t-il lorsque Philippe Martinez descendra dans la rue ?

Car il ne faut pas se mentir, quand François Fillon réformera, indépendamment de la qualité de la réforme, qu’elle soit bonne ou mauvaise, Philippe Martinez descendra dans la rue.

Et il ira jusqu’au bout !

 

Deuxième raison, je n’aime pas voir François Fillon regorger d’astuce pour faire perdre l’axe central et l’empêcher de s’exprimer lors du premier tour de l’élection présidentielle (comme ici).

 

Troisième raison, depuis aujourd’hui, François Fillon veut supprimer 500 000 postes de fonctionnaires.

Or, il est mal placé pour faire la leçon, car selon le Canard Enchaîné d’aujourd’hui, sa femme aurait gagné 600 000 euros sur le dos du contribuable !

Je n’aime d’ailleurs pas la réponse de François Fillon.

Pour moi, ça fait partie du débat, surtout lorsque l’on claironne que l’on va supprimer 500 000 postes de fonctionnaires et que finalement, on vit sur l’argent des contribuables.

Par ailleurs, dans ce genre de cas, l’élu doit être exemplaire.

Et puis, ça pose encore de nombreuses questions.

 

Plus sincèrement, il est vrai qu’il faut réduire le nombre de fonctionnaire.

Mais il faut penser global.

Une infirmière est-elle inutile ? Un professeur est-il inutile ? Un policier est-il inutile ?

La coupe à la hache, comme elle a été faite par Nicolas Sarkozy, ne marche pas.

En fait, la réduction du nombre de fonctionnaire doit se faire avec une réflexion globale sur le rôle du service public, son fonctionnement et ses méthodes de management.

Sur ce point, je partage l’avis de Pierre Gattaz.

Dans certains domaines (sécurité, éducation…), il faut plus de fonctionnaires.

En fait, il faut sans doute plus de fonctionnaires sur le terrain.

Par contre, je pense que l’on peut vraiment réduire les fonctionnaires dans l’administratif.

En fait, l’informatisation des systèmes peut permettre de réduire drastiquement les fonctionnaires dans l’administratif.

Je l’avais écrit pour Malakoff.

 

Enfin, je trouve François Fillon trop russophone et trop pro-Poutine.

On ne choisit pas ses voisins, mais on choisit les relations que l’on a avec ses voisins.

 

Il est vrai que Bachar El Assad, c’est moins pire que l’Etat Islamique.

Mais ça reste un dictateur sanguinaire quand même.

 

Je comprends qu’il faille être intelligent et dialoguer.

Mais dialoguer ne veut pas dire être ami !

Le cas de Vladimir Poutine est flagrant.

Je suis pour être en bonne intelligence avec Vladimir Poutine, je suis pour un dialogue avec Vladimir Poutine, mais je ne veux pas être son ami !

Pour moi, ça reste un dictateur et un tyran !

Pire, je n’apprécie pas qu’il finance les partis de droite en Europe (notamment les partis d’extrême droite) et je n’apprécie pas qu’il pirate les USA pour faire gagner Donald Trump.

Je trouve François Fillon trop ambigu vis-à-vis de Poutine, voir trop proche.

 

Pour toutes ces raisons, je ne voterai pas François Fillon au premier tour de la présidentielle 2017.

 

25 janvier 2017 Posted by | Election présidentielle 2017, Politique, Politique nationale, Présidentielles 2017 | , , , , , , | Laisser un commentaire

Bayrou va-t-il faire perdre le Centre et l’axe central ?

bayrou_fillon

En lisant le canard enchaîné de cette semaine, j’ai appris qu’il pourrait (conditionnel) y avoir un accord entre François Fillon et François Bayrou.

  • Soit François Bayrou rallie les députés contre un groupe à l’assemblé nationale.
  • Soit François Bayrou va vers une quatrième candidature, rallie François Fillon au soir du premier tour, et reçoit un groupe à l’assemblée nationale.

Bon, François Bayrou a démenti, mais plusieurs remarques doivent être faites.

 

Déjà, il faut parler du contexte politique de cette élection.

On devrait avoir un remake du 21 Avril 2002.

Selon les derniers sondages,  on a :

  • François Fillon 26-29%
  • Marine Le Pen 24-25%
  • Emmanuel Macron 13-18%
  • Jean Luc Mélenchon 13-14%
  • Le PS à 6-7 ou 11-12% selon que ce soit Arnaud Montebourg ou Manuel Valls.
  • François Bayrou à 6-7%

On devrait avoir un second tour François Fillon-Marine Le Pen.

Or, je ne garde vraiment pas un bon souvenir du 21 Avril 2002.

 

Le 21 Avril 2002 était une surprise, même si très vite après, les raisons sont très vite apparues.

Mais le problème, au fond, n’a pas été le 21 Avril 2002, mais l’après 21 Avril 2002.

 

Jacques Chirac avait fait une politique catastrophique et clientéliste qui avait coulé la France.

Il avait tué les centristes en les étouffants dans l’UMP.

Seul Bayrou a pu résister un peu. Une bonne chose d’ailleurs.

On était en plein Etat UMP…

En particulier, Jacques Chirac avait diminué les impôts, surtout sur les plus riches, ce qui avait aggravé le problème de déficit.

 

Il avait été sanctionné en 2004 lors des régionales où 20 régions sur 22 étaient passés au PS.

D’ailleurs, François Fillon avait parlé d’un 21 Avril à l’envers…

 

On ne me fera pas croire qu’à cette époque le PS a gagné sur son mérite et son programme les régionales. C’est d’abord Jacques Chirac, et son premier ministre Jean Pierre Raffarin, qui ont été sanctionnés.

 

Mais il avait gardé Raffarin envoyant un message subliminal malsain : pour changer les choses, il ne faut pas aller voter. Il faut tout aller casser dans la rue.

Indirectement, il a cautionné les actions d’un Philippe Martinez. Personnellement, je lui en veux vraiment.

Je crois en l’importance de la démocratie, et je pense que l’on ne le répètera jamais assez : Le premier tour d’une élection sert à ce que les gens s’expriment.

 

J’ai en tête cette excellente caricature des guignols à l’époque.

Chirac était en Louis XIV et Jean Louis Debré en monsieur Loyal.

  • (Debré) Le roi va vous dire merde.
  • (Chirac) <Rot>

 

Mais on ne peut pas parler du 21 Avril sans parler du PS.

Celui-ci n’a jamais réfléchi sur les raisons de son échec, et n’a jamais eu une réflexion pour avoir un diagnostic pour construire un projet et avoir un retour au pouvoir gagnant du PS.

Au contraire, sous l’impulsion de son premier secrétaire, un certain François Hollande, il a construit le PS sur la nullité de la droite.

Ça tombe bien, François Hollande, que je considère plus responsable du 21 Avril 2002 que Lionel Jospin, est devenu président de la république et va nous refaire revenir le Pen…

 

Par ailleurs, il convient de rappeler que là, on s’y attend et que les européennes 2014 et les régionales 2015 plaident en faveur d’un nouvel 21 Avril.

 

Le deuxième point est que dans la nouvelle assemblée les centristes ne pèseront rien.

Bon, vu le système électoral, il est difficile de faire des plans sur la comète.

Mais pour mémoire, on a 577 députés. La majorité absolue est de 289 députés.

Les républicains laissent 40 députés à l’UDI et un groupe au Modem (soit 15 députés).

Rappelons qu’il faudra d’abord gagner les élections, qui je le rappelle sont par circonscription.

L’élection étant très locale, ça va être compliqué pour les centristes qui n’ont pas bossés sur la durée…

Par ailleurs, les républicains laissent 55 circonscriptions. Il en reste donc 522. Pour gagner, il faudra donc, pour avoir la majorité absolue, gagner 289 circonscriptions sur 522, soit 55,3% des circonscriptions où le candidat sera républicain.

Je pense que c’est du domaine du faisable.

Ainsi, les républicains dirigeront encore seuls…

Mais bon, rappelons que le vrai problème, c’est que le centre n’a rien fait entre 2012 et 2017, et qu’ils sont en plein le Chat, la Belette et le petit Lapin.

Et surtout, les places des centristes dépendront… des républicains et de François Fillon.

 

Enfin, j’ai un espoir secret et fou.

J’ai l’espoir de voir finalement le 21 Avril ne pas se produire, et avoir un second tour entre l’axe central et François Fillon.

Je pense qu’il y a un espoir, maigre, certes, mais un espoir quand même.

Certes, ce n’est peut-être que 10%, mais on peut tenter le coup.

Et le mieux placé, c’est, pour l’instant Emmanuel Macron.

Le problème, c’est que François Fillon l’a compris.

Et il préfère être face à Marine Le Pen qu’Emmanuel Macron.

Ce qui de mon point de vue est irresponsable.

Pire, il aimerait que François Bayrou se présente pour handicaper Emmanuel Macron.
D’où la question : François Bayrou acceptera-t-il de faire perdre l’axe central ?

 

A lire : La même chose sur le Blog du Centrisme.

29 décembre 2016 Posted by | Politique, Politique nationale, Présidentielles 2017 | , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Alain Juppé meilleur président que François Fillon

Ça y est, la primaire de la droite se termine dimanche.

On a face à face Ali Juppé contre Vladimir Fillon qui laissera rentrer les chars russes dans Paris.

 

Trouvant les arguments stupides, et pas à la hauteur de l’enjeu, j’aimerais donner des vrais arguments et espérer convaincre, à mon niveau, en quoi Alain Juppé est, contrairement à François Fillon, la personne adaptée à la situation particulière de la France.

 

Je rappelle qu’en période normale, je n’aurais pas été voté à la primaire.

Seulement, la situation de la France est telle que l’on doit réfléchir en amont pour avoir le meilleur président, et le centre s’est vraiment foutu de la gueule du monde.

 

Par ailleurs, rappelons que le pire a été évité. Nicolas Sarkozy a été éliminé !

 

Je respecte François Fillon. Ça a été un premier ministre sérieux et lucide.

Par ailleurs, il a fait une campagne sur l’économique, sujet vraiment important pour la France.

 

Néanmoins, il y a des désaccords sérieux entre moi-même et François Fillon.

Au final, François Fillon est un parfait candidat de la droite.

Mais Alain Juppé est un meilleur président de la république.

 

Et il y a trois raisons pour moi qui font qu’il vaut mieux Alain Juppé à François Fillon.

 

La première est économique.

Je suis entièrement d’accord sur le fait qu’il faut libéraliser l’économie et qu’il faille plus de flexibilité.

Je l’ai d’ailleurs écrit lors du débat sur la loi travail.

Néanmoins, la flexibilité et le libéralisme induisent de la précarité.

 

J’ai moi-même été longtemps au chômage (pas loin de 2 ans) et je sais ce que c’est.

Je pense qu’il faut ajouter de la flexibilité, car contrairement à ce que l’on croit, surprotéger le travail joue contre l’emploi, surtout l’emploi des catégories fragilisées.

Mais ajouter de la flexibilité va augmenter les licenciements.

Il est donc vrai que l’on arrive à une contradiction.

Pour lever la contradiction, il faut, de mon point de vue, travailler sur la probabilité à trouver ou retrouver un emploi.

Si le dynamisme économique est là, il est évident que la probabilité de trouver ou retrouver vite un emploi est grande. Sur ce point, je suis entièrement d’accord avec François Fillon.

J’ai connu une époque (époque ou comme un con je faisais de la physique) où en informatique, on recrutait n’importe qui.

Faute de candidats, on formait n’importe qui sur 3 semaines et on embauchait directement.

C’était dans les années 2000.

J’ai le frère d’un ami qui est devenu développeur COBOL comme ça.

 

Néanmoins, miser sur le dynamisme économique est pour moi nécessaire, mais insuffisant.

Beaucoup de paramètres sont à prendre en compte dans la fonction probabilité pour retrouver un emploi.

On a certes le dynamisme économique, mais aussi l’état du marché, l’offre et la demande, la formation, l’expérience et j’en oublie certainement.

Souvent, beaucoup de gens reste au chômage non pas parce qu’ils veulent profiter du système, mais simplement parce qu’ils n’ont aucune chance de trouver un emploi.

 

Personnellement, après des études de physiques, je ne savais strictement rien faire, et je n’intéressais personne. De fait, je ne pouvais que rester au chômage.

Je n’avais aucune chance de trouver un emploi.

En fait, c’est là que l’on a un système criminel.

J’ai joué le jeu, j’ai fait des études de physiques, très longues, pour être une merde.

 

Et je suis arrivé à un choix très simple, soit je continuais dans la physique (matière que j’adore soi-dit au passage) et je restais à vie à l’ANPE, soit je changeais de voie.

J’ai évidemment opté pour la seconde solution.

Mais je dois insister sur le fait que ça a été très dur, et je me suis senti souvent bien seul.

Maintenant, c’est passé, j’ai un emploi stable et je retrouve relativement facilement un emploi.

En fait, je retrouve l’emploi avant le premier entretien avec le Pôle emploi.

Je prends ça avec philosophie.

 

Mais à l’époque, c’était vraiment un enfer.

 

Si je raconte tout ça, c’est parce que je veux insister sur un point important, point qui fait que je me suis également opposé à la loi travail : les gens ont besoins d’être accompagné.

 

Effectivement, par mon expérience, ayant d’abord travaillé en TPE/PME, j’ai vu l’envers du décor.

Je sais qu’il faut plus de flexibilité car le manque de flexibilité, contrairement à ce que l’on croit, joue contre l’emploi. Notons que le manque de flexibilité n’est pas le seul argument à jouer contre l’emploi. Les charges patronales, c’est pire.

 

Néanmoins, surtout lorsque l’on commence ou que l’on est en bas de l’échelle, les gens doivent être accompagnés. L’ajout de flexibilité et de libéralisme, nécessaire pour relancer la machine économique, doit se faire avec une réflexion sur la manière d’accompagner au mieux les gens.

Si on ajoute la flexibilité sans cette réflexion, je suis persuadé que l’on va vers une catastrophe.

 

C’est vrai qu’il y a des branleurs chez les chômeurs, des gens qui veulent profiter du système.

Mais tous les chômeurs ne sont pas comme ça. Beaucoup restent au chômage car ils n’ont pas les moyens pour retrouver un emploi.

Je n’ai pas choisi de rester au chômage. Mais je n’avais pas les moyens de retrouver vite un emploi et me mettre à niveau, ça m’a pris du temps. Mais vraiment, genre pas loin de 2 ans !

Et ne pas avoir une structure qui m’accompagne, ça m’a vraiment manqué.

Par ailleurs, j’aimerais bien que l’on remette à plat le fonctionnement du Pôle emploi.

 

Enfin, toujours sur l’économique, François Fillon semble faire du libéralisme, comme Thatcher, une fin en soi.

Or, même si une société étatique est une plaie, une société sans règle est également une plaie.

En fait, la crise actuelle est due, comme celle de 1929, à une absence de règles collectives.

Je recommande d’ailleurs cette excellente BD, la ligue des économistes extraordinaire, qui l’explique de manière pédagogique avec humour.

Or, j’ai le sentiment que le libéralisme de François Fillon n’est pas pragmatique, suite à une analyse de la société, mais dogmatique et idéologique.

Comme Thatcher, quoi !

 

La seconde raison est sociétale.

Je trouve François Fillon vraiment rétrograde sur les sujets de société.

Le dernier exemple en date est ici, où il a le soutien de sens commun.

Or, pour réformer la société, il faut être capable de suivre l’évolution des mœurs.

Les gens font ce qu’ils veulent, du moment que ça reste dans la sphère privée et que ça ne gêne pas la vie en collectivité.

Je n’apprécie pas que les intégristes, aussi bien catholique que musulmans, me disent ce que je dois penser.

Sur ce point, je suis entièrement d’accord avec Michael J !

Par ailleurs, comment imposer des mesures économiques dures si on impose des mesures sociétales inadaptés ?

En ce sens, François Hollande est un exemple de ce qu’il ne faut pas faire.

Pour montrer qu’il est de gauche, il a fait le mariage pour tous, mettant le feu aux poudres.

Au contraire, il aurait dû, comme je l’avais dit à l’époque, se concentrer sur les problèmes économiques.

 

Je n’ai pas envie que François Fillon fasse un anti-mariage pour tous, mettant encore le feu aux poudres, et incitant à des comportement anti-démocratique comme ici.

D’autant que les mesures économiques de François Fillon sont dures…

Je pense que pour l’instant, il faut laisser les réformes sociétales, et se concentrer sur l’économique.

 

Enfin, et c’est la dernière raison, il faut une large coalition.

Une large coalition est le seul moyen de faire accepter les réformes nécessaires.

Alors certes, le système électoral français n’aide pas.

Certes, on ne doit pas oublier la bêtise des centristes.

 

Mais à minima, il faut une coalition gauche-modérée/centre ou droite modérée/centre pour faire les réformes.

Il faut l’axe central.

Effectivement, comme en Allemagne, seule une large coalition où tout le monde peut s’exprimer et peser est la condition nécessaire aux réformes.

Au fond, il faut peut-être un programme moins ambitieux où l’on fait 90% qu’un programme très ambitieux où l’on ne fait que 10%.

 

Une large coalition, permettant de prendre les inspirations de chacun, est, à mon sens, nécessaire pour réformer la France.

Pour mémoire, on rate car Jacques Chirac a dirigé seul de 2002 à 2007, Nicolas Sarkozy a dirigé seul de 2007 à 2012, et François Hollande a dirigé seul de 2012 à 2017.

 

Or, François Fillon a un soutien clair de la droite. Seul Alain Juppé est dans une logique de coalition (même si ça n’a pas toujours été le cas) et il a les faveurs du centre.

Si François Fillon est élu, ce qui me semble est le scénario le plus probable, je crains que largement porté par la machine républicaine/ex-UMP/ex-RPR, il se passe des centristes qui risquent de n’être, au mieux, que des faire-valoir.

Je ne pense pas que François Fillon sera dans une démarche de coalition.

Et je pense que le centre ne fera pas parti des premiers rôles.

 

Certes, le Centre, comme je l’ai dit/écrit ces 5 dernières années le mérite.

Mais ne pas être dans une logique de coalition et plutôt d’affrontement, de réanimer la stupide cassure Gauche/Droite, ça ne marche pas depuis 2002, je ne vois pas pourquoi ça marcherait après 2017.

 

Je pense que ça risque de pousser à l’échec.

 

Pour toutes ces raisons, je voterai donc Alain Juppé Dimanche prochain.

23 novembre 2016 Posted by | Election présidentielle 2017, Elections présidentielles 2017, Politique, Politique nationale | , , , , , , | Laisser un commentaire

Au second tour de la primaire, je me mobiliserai et je voterai Alain Juppé

Le résultat du premier tour est parfait. Nicolas Sarkozy est éliminé et on a au second tour les candidats les plus sérieux.

 

Par ailleurs, je serai capable de m’accommoder d’une présidence Fillon.

Il a travaillé et a expliqué que le principal problème de la France, c’est l’économie.

C’est d’ailleurs l’un des rares, et c’est véritablement le point fort de François Fillon.

Il me semble qu’il soit bien parti pour gagner la primaire.

 

Mon objectif est donc atteint. Néanmoins, il y a un second tour.

Et vu l’état de la France et du Centre (état sur lequel je reviendrai), j’irai au second tour de la primaire et comme au premier, je voterai Alain Juppé.

 

Disons qu’il est vrai qu’il y a des différences entre Alain Juppé et moi-même.

Mais il y a encore plus de différence entre François Fillon et moi-même.

Après tout, c’est le jeu.

 

Il y a trois raisons qui font que je voterai Alain Juppé au détriment de François Fillon.

 

La première est qu’Alain Juppé est le candidat du centre. Ça serait un mauvais signal que le centre fasse perdre son candidat (ce qui est malheureusement le cas, comme l’explique le blog du centrisme, voir ici et ici). Ça en dirait long sur l’Etat du centre et un pays où le centre est faible est un pays où les dirigeants vont vers le noyau dur.

Jamais une bonne chose.

De plus, ça ne pousse pas vers les coalitions.

Or, c’est les larges coalitions qui font que l’on pourra faire les réformes pour le plus grand nombre, que l’on pourra faire accepter les réformes nécessaires au plus grand nombres.

En France, Jacques Chirac a dirigé seul, Nicolas Sarkozy a dirigé seul, François Hollande a dirigé seul.

On a vu où ça a mené.

 

Au contraire, en Allemagne, c’est une coalition entre le SPD (l’équivalent PS) et la CDU (l’équivalent de la droite) qui a permis les réformes.

 

Deuxième raison : je trouve François Fillon trop libéral.

Il a raison sur le fait qu’il faut libéraliser l’économie française.

Il faut plus de flexibilité et il faut permettre à l’économie de s’adapter aux contraintes extérieures.

 

Mais la libéralisation de l’économie n’est pas une fin en soi, ça doit être un moyen.

Thatcher semble un exemple pour François Fillon. Ce n’est pas le cas en ce qui me concerne, et au moins pour deux raisons.

La première est que certes, il ne faut pas que l’Etat dirige tout, mais il faut quand même des règles pour maintenir l’équité et le bon fonctionnement.

La crise de 1929 est due à un manque de règles collectifs.

Pour éviter qu’elle ne se reproduise, on a mis des règles en place.

Or, des idéologues fous, comme Milton Friedman ou Friedrich Hayek (dont Margaret Thatcher est sa disciple) ont poussé à une dérèglementation.

Or, la crise actuelle a pour cause une dérèglementation, une absence de règles collectives.

La dérèglementation pousse à l’avidité !

 

Par ailleurs, il faut aussi noter qu’une flexibilité accrue (et certes nécessaire), n’est pas forcement bien vécue par les victimes.

J’en sais quelque chose, j’ai été au chômage et je l’ai très mal vécu.

François Fillon pense, à juste titre, que si l’activité économique redémarre, la probabilité de retrouver ou trouver vite un emploi est plus grande.

Il n’a pas tout à fait tort, mais les gens ont souvent besoin d’être accompagnés.

En fait, je considère que la flexibilité doit nous pousser à la réflexion sur la façon dont on accompagne les personnes. C’est de l’humain.

Personnellement, j’ai vraiment souffert de ne pas avoir un service pour l’emploi efficace.

 

 

Enfin, dernière raison, je trouve François Fillon très rétrograde et réactionnaire sur les sujets sociétaux. En particulier, il a reçu, dès le premier tour, le soutient de la Manif pour Tous.

Certes, c’est les questions économiques qui sont primordiales, et François Fillon a eu raison de les mettre en avant, mais les questions sociétales ont une importance non négligeable malgré tout.

Pour faire passer des réformes économiques dures et importantes, il faut mieux être ouvert et être en phase avec les évolutions de la société.

 

D’une certaine façon, le quinquennat de François Hollande est une leçon de ce qu’il ne faut pas faire. Vu les problèmes économiques, ce n’est pas la peine de mettre le feu aux poudres avec des sujets sociétaux, comme le mariage pour tous par exemple…

 

De plus, les individus font ce qu’ils veulent, du moment que ça ne va pas contre l’intérêt collectif.

 

La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres.

 

Pour toutes ces raisons, je voterai donc Alain Juppé au détriment de François Fillon.

 

21 novembre 2016 Posted by | Elections présidentielles 2017, Politique, Politique nationale, Présidentielles 2017 | , , , , , | Laisser un commentaire