Le blog de Phil

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Préférons la responsabilité de l’individu à la peur du gendarme

Lors d’un article précédent, j’expliquais (ou essayait d’expliquer) que sans responsabilité de l’individu, la liberté est dangereuse.

 

Le problème se pose donc de savoir quoi faire lorsque l’individu est irresponsable.

Pour ma part, soit on le responsabilise, soit on le prive de liberté.

 

Prenons un automobiliste.

A priori, il a le droit de rouler (du moment qu’il a le permis, ça va de soi).

Problème, s’il roule trop vite, il cause un accident.

Certes, s’il fait le choix de rouler trop vite, c’est un peu bien fait pour lui.

Il meurt et dans ce cas, il assume la responsabilité de ses actes en connaissance de cause ou pas.

 

Le problème, c’est que l’accident qu’il provoque peut provoquer d’autres accidents et tuer du coup d’autres personnes qui elles, n’ont rien demandées.

Il est inadmissible de mourir parce que quelqu’un s’est amusé à mépriser les règles de sécurité.

 

Que faire face au chauffard?

A priori, cette personne est dangereuse et irresponsable.

Lui laisser une liberté est dangereux, car il prendra des décisions qui mettront en péril d’autres personnes.

 

Première solution: le priver de liberté.

Dans ce cas, on lui interdit de rouler trop vite.

Comme notre chauffard ne comprend pas pourquoi, il faut mettre en application l’interdiction.

En l’occurrence, le gendarme se chargera de le faire.

Le gendarme, ici,  a pour rôle de le priver de liberté, en l’occurrence celle de rouler vite.

Seulement voilà, notre chauffard qui ne sait pas pourquoi il ne faut pas rouler vite, aura la philosophie suivante: pas vu, pas pris.

Je fais ce que je veux du moment que je ne suis pas attrapé, ce n’est pas grave.

Du coup, pour être sûr que notre chauffard respecte enfin la règle, à savoir rouler normalement, il faudra multiplier les contrôles.

Ce qui a pour effet de multiplier le nombre de gendarme, d’en embaucher plus ce qui a un réel coût pour la collectivité.

 

Deuxième solution: responsabiliser le chauffard. Lui expliquer en quoi c’est dangereux de rouler vite. Du coup, une fois compris, le chauffard deviendra un conducteur responsable qui appliquera de lui-même les règles de conduite élémentaires.

Il n’y aura plus besoin de le surveiller, car il se surveillera lui-même. Et on fera des économies, car il y aura moins besoin de gendarmes.

 

Seulement, dans la pratique, je ne sais pas comment faire.

Je pense que c’est d’abord une question d’éducation, de volonté de vouloir vivre en collectivité et d’avoir à cœur un destin commun.

Pire, certains me répondraient qu’on ne donne pas à boire à un âne qui n’a pas soif.

 

Ce qui est certain, c’est que dans notre société, nous ne responsabilisons pas les individus. On les déresponsabilise et on les infantilise.

Les politiques ont pour moi une lourde responsabilité, sortant les tranches à 75% ou les histoires de pains au chocolat, et évitant un message de vérité.

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17 janvier 2013 Posted by | Politique | , , , , , | Laisser un commentaire

La liberté est-elle dangereuse(2/2): La question des règles

Dans un article précédent, j’ai essayé de dire que sans responsabilité individuelle et collective, la liberté est dangereuse.

Ce point de vue me tient certes beaucoup à cœur. Nous sommes dans une société qui déresponsabilise les individus et qui les infantilise.

Le dernier exemple en date est la campagne présidentielle où Nicolas Sarkozy a promis un référendum sur les chômeurs ou les immigrés, et où François Hollande a promis une tranche à 75%.

Seul François Bayrou a tenté, par un langage de vérité, de responsabiliser l’électeur. Il n’a fait que 9%.

 

Pire, ça continue. François Hollande persiste dans la tranche à 75%, et Jean François Copé continue avec le pain au chocolat.

 

Si les individus sont irresponsables, on peut avoir une force coercitive pour faire respecter les contrats (commentaire de l’Hérétique).

Mais on se mord la queue. Si tout le monde est irresponsable, l’importance de la force coercitive, dans la pratique la force de l’ordre, devient plus important. Il y a donc, de fait, une privation de la liberté.

C’est pour ça que je préfère responsabiliser les individus.

C’est l’autorégulation qui devrait être préférée. C’est réduire les coûts (en force de l’ordre) et permettre aux individus de jouir d’une réelle liberté.

En physique, on appelle ça l’asservissement.

Mais là aussi, dans la pratique, je ne sais pas comment faire.

 

J’avais l’intention initialement d’en rester là, mais on ne peut pas aborder ce sujet sans parler des règles.

Donc je vais essayer de développer ce point.

 

Comme je le l’écrivais précédemment, j’ai la liberté d’écouter de la musique.

Mais si j’allume ma sono à fond, je fais potentiellement trop de bruit et j’empêche mon voisin de dormir.

J’empiète donc sur la liberté de mon voisin, sa liberté de dormir.

Du coup, on va créer une règle, à savoir que j’ai le droit d’écouter de la musique, mais sans la mettre à fond.

 

Les règles servent donc à garantir la liberté de chacun.

Je pense aussi, mais ça dépasse le sujet de cet article, que les règles servent à garantir l’égalité de chacun, à garantir que les chances sont les mêmes pour tout le monde.

 

Certaines règles sont évidentes. Ne pas tuer, par exemple, car j’empiète sur la liberté du prochain, la liberté de vivre. Ne pas rouler comme un chauffard également.

 

Les règles sont aussi utiles. Celle d’interdire à quelqu’un d’emprunter alors qu’il ne sera pas en capacité de rembourser sa dette en fait partie. Déjà l’emprunteur sera en surendettement, et de fait sera privé de liberté (le banquier mènera la vie de l’emprunteur comme il l’entend), mais si tout le monde emprunte sans avoir la capacité de rembourser, on va droit à une catastrophe collective dont la personne qui joue le jeu sera victime.

Le cas concret est la crise des subprimes.

Sur ce point, les libéraux ont une responsabilité particulière.

Après la crise de 1929, certains aspects de la vie économique ont été règlementés.

Mais les libéraux, à partir de Reagan, ont commencé à dérèglementer.

On arrive aujourd’hui à une crise importante du système, lié à la cupidité.

 

Néanmoins, trop de règles n’est pas bon aussi.

Trop de règles brident l’individu.

Qui a envie qu’on lui dise quoi faire à quel moment?

Personne, je le pense.

 

Pire, trop de règles tuent la liberté d’entreprendre, l’envie de prendre des risques, donc d’investir, donc d’être dans le processus de destruction/Création cher à Schumpeter.

C’est en particulier le cas de la tranche à 75%, règle totalement stupide, qui fait fuir les entrepreneurs, y compris ceux qui ne sont pas concernés.

 

Au final, il faut des règles car sans règles, il n’y a pas de vie en collectivité. Il faut des règles pour garantir le bon fonctionnement de la collectivité. Il faut des règles pour garantir la liberté et l’égalité.

Mais il ne faut pas de règles car sinon on bride l’individu et on crée une société qui ne peut plus fonctionner.

 

Au final, on est dans une contradiction et un paradoxe.

Tout est une question d’équilibre.

 

11 janvier 2013 Posted by | Mes réflexions, Politique, Politique nationale | , , , , , , , | Un commentaire

La liberté est-elle dangereuse?(1/2): La liberté ne peut fonctionner qu’avec la responsabilité

L’hérétique vient de poster un article pour expliquer que le libéralisme est la meilleure société possible, mais qu’il n’y a pas de libéralisme sans fair-play, sans liberté réelle, sans transparence, sans honnêteté, sans vertu en un mot.

 

J’ai eu envie d’aborder la question sous un angle plus philosophique, sous la question suivante: la liberté est-elle dangereuse?

Soyez indulgents, les dissertations philosophiques, ce n’est pas forcément mon fort.

 

Pour commencer, tout le monde souhaite la liberté. C’est un sentiment sain, et ce sentiment doit être encouragé.

Tout le monde souhaite vivre sa vie, malheureusement trop courte, comme il l’entend, et c’est une très bonne chose.

Notons que la liberté d’entreprendre, chère au libéralisme, fait partie de la liberté. Les libéraux ont sur ce point raison de signaler que le libéralisme, qui va avec la liberté d’entreprendre, va aussi avec la liberté de l’individu.

Seulement, sans parler de règles (qui feront l’objet d’un prochain article), je prétends que la liberté peut être dangereuse si l’individu n’est pas responsable ou s’il est égoïste.

Par exemple, rien ne m’empêche d’écouter de la musique à fond la caisse.
Le problème, c’est que si quelqu’un veut dormir, il va avoir du mal, et j’empiète sur sa liberté, c’est à dire celle de vouloir dormir.

 

Cela peut-être plus grave, comme lorsque je fabrique une dette, de manière irresponsable, pour mon propre usage, et que je laisse les enfants la payer.

Eux n’en profiteront pas.

C’est aussi égoïste.

 

Malheureusement, c’est ce que fait l’état français.

 

J’aime particulièrement un proverbe amérindien: La Terre n’est pas un don de nos parents. Ce sont nos enfants qui nous la prêtent.

 

Pour ma part, je pense que c’est surtout une question d’éducation.

C’est après une bonne éducation que les enfants deviennent par la suite responsable et qu’ils jouent collectifs.

C’est après une bonne éducation que nos enfants ont le sens de la vie en collectivité.

Un passage dans « la Démocratie en Amérique » va dans ce sens.

 

Du coup la question qui se pose est: que faire lorsque les individus sont irresponsables et égoïstes.

Effectivement, dans ce cas-là, la liberté est dangereuse. De tels individus prendront des décisions qui mettront en péril la société, le collectif, et à terme plomberont la liberté des autres.

 

Je pense qu’il y a pour ma part deux solutions: Soit on les prive de liberté, soit on essaie de responsabiliser les individus.

Il va de soi que je suis pour la seconde solution.

Malheureusement, je ne sais pas comment faire dans la pratique.

10 janvier 2013 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , | 2 commentaires