Le blog de Phil

J'habite Malakoff, la plus belle ville du monde

Parlons de Bayrou (1/2) : Bayrou dans sa globalité

Ancien du Modem, je ne pouvais pas ne pas réagir à ce qui se passe en ce moment au Modem.

Je pensais faire trois notes sur le sujet, mais comme François Bayrou a démissionné, deux notes suffirons.

 

Ce n’est pas la première fois que j’aborde le sujet.

 

Mais puisque c’est l’actualité.

Je ne commenterai pas les affaires des assistants parlementaires.

Là, c’est à la justice de trancher.

 

Mais il est intéressant de revenir sur le Modem globalement. Et donc de dresser un portrait de François Bayrou, car aujourd’hui, Modem = François Bayrou.

 

Il est évident que François Bayrou a des points fort.

Et son point fort est sa vision globale.

 

Sa vision globale est très bonne, et il a eu raisons sur de nombreux points.

Dans les points où il a eu raison avant tout le monde, on peut citer la dette, la moralisation politique (qui là prend un sérieux coup au Modem), la réforme des institutions et la nécessaire recomposition politique.

 

En fait, aujourd’hui, on voit une recomposition politique qui a été théorisée par François Bayrou en 2007, soit il y a exactement 10 ans.

 

D’une certaine façon, c’est François Bayrou qui a théorisé la victoire d’Emmanuel Macron. D’une certaine façon, la victoire d’Emmanuel Macron, c’est un peu la victoire de François Bayrou.

Emmanuel Macron a mis en application la vision de François Bayrou.

 

Ce qui amène à la vraie question, pourquoi un homme, et son parti, qui a eu raison sur tout, ne se retrouve pas à toucher le jackpot lorsque ses idées sont enfin mises en application ?

 

Poser la question, c’est un peu y répondre.

 

Pour ma part, je pense qu’il y avait moyen de mieux faire. Certes, j’avais écrit que les partis centristes ne faisaient pas le Job,

Dans le désastre que traverse le Centre, l’UDI a une lourde responsabilité, c’est vrai.

Mais ça ne doit pas faire oublier que le Modem aussi a une lourde responsabilité.

 

En fait, le problème vient de Bayrou.

En regardant bien, François Bayrou, par sa vision a su, un moment donné, agréger un grand nombre de personnalité autour de lui.

Mais il finit toujours par se faire lâcher, voir haïr.

Certes, dans les personnes qui l’on lâché, il y a des gens méprisables. Je pense par exemple à Hervé Morin.

 

Mais il y a aussi des gens de valeurs.

On peut penser à Simone Veil, personnalité appréciée, qui déteste François Bayrou.

 

Déjà, commençons par le fait qu’il n’écoute pas les bonnes personnes.

Marielle de Sarnez, pour la nommer, n’est pas compétente. Les municipales à Paris en 2008 en est un exemple.

Marielle de Sarnez n’a pas la vision nécessaire, et en tactique politique, c’est une nulle.

 

Mais surtout, il a découragé les personnes de bonne volonté qui avait une vraie vision, et qui elles, apportaient vraiment une survaleur.

Il y a même une tendance malsaine à pourrir la vie des candidats et personnalités qui elles, ne doivent rien à personne.

Et il y a une tendance malsaine à aller contre les valeurs des militants.

 

Exemple non exhaustif :

  • Il a investi un candidat dans la 11ème circonscription des Hauts de Seine contre l’élue Modem de Bagneux, qui elle, faisait un excellent travail. Je l’ai déjà abordé. Aujourd’hui, l’opposition à Bagneux est pire qu’à Malakoff, ce qui est en soit un … record.
  • Il a attaqué ses propres militants en justice à Nanterre car ils se présentaient contre le candidat soutenu par le Modem officiellement, Camille Bedin. Camille Bedin qui fait partie de la droite Forte, qui n’aime pas vraiment Bayrou, mais veut bien son soutien…
  • On a lâché Blanche Mühlmann à Asnières, face à un homme de Nicolas Sarkozy, Manuel Aeschlimann, qui d’ailleurs a été condamné.
  • On a soutenu Guillaume Peltier aux régionales, qui est un bébé Sarkozy.
  • On a laissé les républicains choisir dans le 77 la conseillère régionale représentant le Modem, au détriment d’un élu Modem dans l’opposition (Voir ici).
  • Et on a soutenu Laurent Wauquiez aux régionales.

 

Du coup, des gens de valeurs qui se battent dans des combats sains, et qui apportent vraiment un plus, finissent par partir.

Je pense en particulier à Grébert.

 

Au final, à force de sacrifier des élus pour faire les ambitions de gens qui n’ont pas de visions, on recommence à zéro tous les 5 ans avec François Bayrou.

 

Or, le combat politique est long, il doit se faire sur la durée.

On ne peut pas se permettre de recommencer à zéro tous les 5 ans.

Conclusion : Aujourd’hui, on a recommencé à zéro, mais sans Bayrou en misant sur Macron.

 

De fait, aujourd’hui, vu que les gens de valeurs sont (statistiquement) partis, il ne reste au Modem :

  • Ceux qu’en ont rien à foutre.
  • Les carriéristes.
  • Et les fans-boys.

La dernière catégorie étant la pire !

24 juin 2017 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , | Laisser un commentaire

Ma réaction à la formation du gouvernement (1/2) : Édouard Philippe nommé premier ministre

J’espérais Sylvie Goulard, ça sera Edouard Philippe.

Mais la nomination me convient tout à fait.

 

Je ne connais pas Edouard Philippe (même si ce que j’ai entendu sur le droit du travail va dans le bon sens).

 

Mais son choix est politiquement pertinent. Il accélère la recomposition politique dont la France a besoin.

 

Car le problème, finalement, n’est pas tant les réformes, mais la classe politique qui est incapable de les mettre en œuvre.

 

Effectivement, on a un jour décidé que la cassure était entre la Droite et la Gauche.

Je ne dis pas que cette cassure est stupide, par contre, si elle avait un sens durant la Guerre Froide (qui s’est terminée en 1989 avec la chute du mur de Berlin, soit il y a exactement 28 ans), elle est inadaptée au mode dans lequel on vit.

 

On continue à construire la vie politique autour de la Droite (dominée par les républicains) et de la Gauche (dominée par le PS).

 

Le problème de fond, c’est que ces deux partis sont noyautés par le noyau dur et réactionnaire.

Noyau dur qui impose des politiques clientélistes, réactionnaires, contre les gens, pour une minorité, contre l’intérêt général et contre le bon sens.

 

C’est commode pour François Baroin et Laurent Wauquiez de s’appuyer sur la cassure Gauche/Droite, ça les évite de travailler, de construire un diagnostic et de réfléchir à une politique pragmatique.

 

C’est commode pour Martine Aubry et Benoît Hamon de s’appuyer sur la cassure Gauche/Droite, ça les évite de travailler, de construire un diagnostic et de réfléchir à une politique pragmatique.

 

Il est temps que les deux gros partis qui s’accaparent la vie politique française, qui depuis au moins 1981 (soit 36 ans) ont échoué, à cause de leurs noyaux durs, implosent.

 

Il est temps, comme ce fut le cas en Allemagne, de construire l’axe central, comprenant les modérés de la Gauche, les modérés de la Droite, et le Centre.

 

Il est temps de faire enfin de la politique de manière pragmatique et non plus idéologique.

15 mai 2017 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , | Laisser un commentaire