Le blog de Phil

J'habite Malakoff, la plus belle ville du monde

Le premier tour de l’élection présidentielle 2017 (4/8) : L’avenir de la France est dans l’Europe

Aujourd’hui, l’ensemble des problèmes que traversent la France sont mondiaux.

 

On a les problèmes de concurrence faussé, notamment avec la Chine, le terrorisme Islamiste, les envie de grandeur de la Russie de Vladimir Poutine, les USA de Donald Trump, la crise des migrants…

 

Et j’en oublie certainement.

 

Aujourd’hui, la France est incapable de régler ce genre de problèmes elle-même, elle est incapable de régler ce genre de problèmes seule.

 

Il faut un ensemble plus grand et plus fort pour imposer des solutions à tous ces défis mondiaux.

 

Cet ensemble existe. C’est l’Europe.

Mais pour que ça marche, l’Europe doit être accepté par les peuples.

Par ailleurs, régler ces problèmes implique un transfert de compétences des Etats membres vers l’Europe.

 

C’est pour cela qu’une étape importante doit être faite : plus de démocratie.

En particulier, il faut donner plus de poids au parlement européen, seul organe élu directement par le peuple européen pour mener la politique européenne.

Par ailleurs, le débat sur la politique européenne doit avoir lieu lors des élections européennes.

 

De plus, la France sera enfin prise au sérieux par ses partenaires européens, notamment l’Allemagne, quand elle fera enfin des réformes de structure chez elle.

 

Un parallèle est intéressant, d’ailleurs, avec le Grand Paris.

Beaucoup de problèmes comme le logement, la mixité du territoire, la mixité sociale se posent pour Paris et les départements de la petite couronne.

Il faut donc une entité qui mène une politique cohérente à l’échelon de Paris et de la petite couronne, ce que l’on appelle le Grand Paris.

 

Cela implique que les villes constituant le Grand Paris transfèrent des compétences au Grand Paris.

Ça ne peut être accepté que si les représentants du Grand Paris sont élus directement lors d’une élection où l’on débat de la politique du Grand Paris. A partir de là, les dirigeants du Grand Paris sont identifiés et légitimes à diriger le Grand Paris.

 

Exactement l’inverse de ce qu’a fait François Hollande.

20 janvier 2017 Posted by | Election présidentielle 2017, Elections présidentielles 2017, International, Politique, Politique nationale, Présidentielles 2017 | , , , | 2 commentaires

Le premier tour de l’élection présidentielle 2017 (3/8) : Baisser les charges, une étape importante…

Si les buts de François Fillon et d’Emmanuel Macron sont différents, il y a un point sur lequel ils se retrouvent, c’est la baisse des charges.

Certes, techniquement, ça reste différents, puisque François Fillon la finance par une hausse de la TVA, et Emmanuel Macron par une hausse de la CSG.

 

Mais sur le fond, vu que ce n’est pas la première fois que je m’exprime sur le sujet, je partage le diagnostic.

 

Je ne suis pas forcement contre un principe de charges. Je tiens au service public et il faut bien le financer.

 

Néanmoins, on arrive à un point où les charges, par ce que l’on doit payer, sont plus un frein au développement de notre économie qu’autre chose.

 

J’avais même montré, dans le cas de Malakoff, que les charges patronales étaient un frein à l’embauche dans la fonction publique territoriale.

 

Il convient de rappeler qu’il y a les charges patronales et les charges salariales.

 

D’abord, pourquoi il faut baisser les charges patronales ?

Pour plusieurs raisons.

D’abord, c’est un montant élevé. Pour mémoire, si un salarié gagne 2000€ net, il coûte 4000€ à son employeur, soit 2000€ de charges patronales.

Pour la World Compagny, ce n’est rien. Mais pour une TPE/PME, là où en réalité on commence à travailler, là où l’on a le plus de chance de trouver un emploi lorsque l’on en est éloigné, c’est beaucoup.

Par ailleurs, il convient de rappeler que les charges patronales sont un impôt physiocrate.

On paye indépendamment de la santé financière de l’entreprise.

 

Pire, si on augmente le salaire, on paye plus…

Les charges patronales jouent contre l’emploi et empêche aussi les entreprises de faire de la marge, marge qui sert à réinvestir, donc à consolider la position de l’entreprise et à long terme… créer de l’emploi.

Baisser les charges patronales, c’est permettre d’embaucher à court terme, mais c’est aussi permettre aux entreprises de consolider leurs marges et de réinvestir, ce qui est aussi un plus pour l’emploi à long terme.

 

Puis il y a les charges salariales.

Là, l’impôt est honnête. C’est un pourcentage fixe sur le revenu du salarié.

22% du salaire brut en moyenne.

Néanmoins, je suis pour une baisse des charges salariales.

C’est le seul moyen aujourd’hui de redonner du pouvoir d’achat.

 

Effectivement, aujourd’hui, pour plusieurs raisons, souvent très bonnes (malheureusement), les salaires sont gelés.

Or, les prix augmentent.

C’est l’inflation…
Mathématiquement, le pouvoir d’achat diminue donc.

 

Prenons un salaire net de 2100€ par mois.

Le salaire brut est donc de 2692€ brut.

Si on passe les charges salariales à 17% (-5%), on arrive à un salaire net de 2234,36€, soit un gain de 134,36€.

 

Baisser les charges salariales, c’est redonner du pouvoir d’achat et faire un geste vis-à-vis des gens qui travaillent et apportent une pierre à l’édifice, par leur travail.

C’est récompenser les gens qui jouent le jeu.

 

Après, diminuer les charges (patronales et salariales), c’est pour moi une solution à court terme.

A long terme, il faudrait revoir les bases de l’imposition.

Sur ce point, le mandat de François hollande a été une catastrophe.

18 janvier 2017 Posted by | Election présidentielle 2017, Elections présidentielles 2017, Politique, Politique nationale | , , , | Laisser un commentaire

Le premier tour de l’élection présidentielle 2017 (2/8) : Libéralisation et flexibilité du marché du travail, oui, mais…

La France vit sur un mensonge, qu’il convient de répéter.

 

En France, il est coutume de penser que en surprotégeant le travail, on lutte efficacement contre le chômage.

Il est théoriquement assez difficile de licencier quelqu’un en CDI.

 

C’est évidemment totalement faux.

 

C’est faux pour deux raisons.

 

La première, c’est que si l’entreprise traverse une mauvaise passe, elle licenciera.

C’est même une question de survie.

 

La seconde, c’est que si votre patron n’aime pas votre tête, il vous licenciera aussi. Il fera même le fils de pute pour y arriver.

 

Il existe même une technique pour licencier une personne. Il suffit d’attendre une faute grave, voir même y pousser.

 

Du coup, un patron, surtout dans une PME (vous savez, là où est l’emploi pour les gens qui y sont éloignés) hésitera à embaucher (les charges patronales sur lequel je reviendrai n’aidant pas non plus).

Il hésitera à embaucher car en cas d’erreur de casting ou de coup dur, il n’arrivera pas à débaucher. Ça sera compliqué.

 

Du coup, ça induit plein de travers, comme les questions stupides aux entretiens d’embauche, des périodes d’essais renouvelés et allongés, des employeurs qui cherchent le mouton à 5 pattes…

 

Il convient d’abord de signaler que les premières victimes de cette rigidité sont les gens qui sont éloignés de l’emploi. Particulièrement les jeunes et les seniors.

Sur ce point, il convient de félicité Nicolas Sarkozy pour la rupture conventionnelle, qui est une bonne chose.

 

On arrive donc à un point où il faut changer de stratégie.

La stratégie actuelle est de rendre difficile le licenciement.

 

Je pense qu’il faut rendre plus facile le licenciement, mais en échange travailler sur la probabilité de retrouver facilement un emploi. Ça passe évidement par pleins de facteur, comme une réflexion sur l’offre et la demande, la formation ainsi que l’accompagnement.

 

Finalement, être au chômage, ça fait partie du jeu, c’est la période entre deux emplois. Le problème, et le scandale, c’est que l’on y reste.

 

On peut également aussi voir la chose sous l’angle suivant.

La flexibilité induit de la précarité. Tout le monde n’est pas armé face à la précarité. Et les gens doivent être accompagnés.

 

Et le oui… mais est là.

Je conçois qu’il faille plus de flexibilité sur le marché de l’emploi, mais en échange, il faut mieux accompagner les gens. Ça passe :

  • Par une meilleure prise en charge. Combien de gens trouvent un travail grâce au pôle emploi ?
  • Et aussi par une meilleure formation au long de la vie, notamment pour évoluer sur les métiers porteurs.

Augmenter la flexibilité du marché du travail ne doit pas se faire seul. Ça doit se faire avec une vraie réflexion sur le fonctionnement du pôle emploi, sur la façon d’accompagner les gens et sur la formation au long de la vie.

 

C’est la raison pour laquelle je n’étais pas favorable à la loi travail, et c’est l’un des principaux désaccords que j’ai avec François Fillon.

Plus de flexibilité doit se faire avec une vraie réflexion sur l’accompagnement des chômeurs, ainsi que la formation tout au long de la vie.

11 janvier 2017 Posted by | Election présidentielle 2017, Elections présidentielles 2017, Politique, Politique nationale | , , , | Laisser un commentaire

Le premier tour de l’élection présidentielle 2017 (1/8) : La mondialisation, une question clé

Mon choix pour le premier tour de l’élection présidentielle est fait.

Je vais donc m’exprimer, pour apporter ma petite pierre à l’édifice.

 

Les premiers arguments sont du ressort de l’économie.

Les suivants sont purement politiques.

 

Et le moment d’aborder la première question clé de cette élection : la mondialisation.

 

Effectivement, nous sommes dans une économie ouverte.

Nous sommes entrés de plein pied dans la mondialisation.

 

C’est d’ailleurs là que l’on voit que notre classe politique est incompétente. Ce n’est pas vraiment la première fois que je l’écris, et Jean Peyrelevade avait écrit un excellent livre sur le sujet.

 

Donc, la mondialisation est là. Et Internet a accéléré le mouvement.

 

La mondialisation offre plusieurs avantages.

Liberté de choix, facilité d’accès à l’information, surtout contradictoire, et accès facilité à la culture.

 

Néanmoins, il y a un revers de la médaille. La concurrence entre pays est plus sévère.

 

Et le problème de fond, c’est que la France n’est pas compétitive.

Par compétitivité, je parle de compétitivité coût et qualité. Sommes-nous les moins chers et/ou sommes-nous les meilleurs ?

 

En général, si on est les meilleurs, il y a de fortes chances que l’on soit un peu plus cher, car la qualité a un prix.

 

La France n’est pas au top, que ce soit en compétitivité qualité (j’en donnais encore un exemple hier) ou en compétitivité coût.

Là où la mondialisation peut enrichir (Allemagne, Corée du Sud, Japon, USA, Chine …), en France, elle nous appauvrit.

 

 

Pour être plus précis, si la France a une faible compétitivité coût, c’est qu’elle a un système de solidarité.

Très franchement, ce n’est pas un mal. Je tiens à le rappeler.

De fait, pour que la France soit compétitive dans la mondialisation, tout en maintenant un système de solidarité, il faut investir dans la compétitivité qualité.

Or, c’est long, et en France, on part avec un lourd handicap : le système scolaire s’est fortement dégradé.

 

De plus, améliorer la compétitivité qualité, c’est du long terme.

A court terme, il faudra améliorer la compétitivité coût.

 

A partir de là, on peut classer les politiques en trois grandes familles.

 

Les premiers sont ceux qui n’ont rien compris aux enjeux de la France.

Dans cette famille, on a aussi bien Arnaud Montebourg que Nicolas Sarkozy.

 

Par ignorance et/ou démagogie et/ou fuite en avant, ils font une politique soutenant les ménages.

En gros, on donne des sous aux ménages, par déduction d’impôts sur (et surtout) les plus riches (sauce Sarkozy) on en dépensant de l’argent sur les ménages les plus pauvres.

Pour commencer, cette politique est injuste et clientéliste.

Dans les fait, ce n’est pas tout le monde qui en profite.

Et en particulier, elle se fait contre les classes moyennes.

Elle est criminelle, car elle aggrave le problème de déficit public, problème qui a fait que la Grèce est en faillite.

Il convient également d’insister sur le fait que le déficit, c’est la fin du service public.

Mais surtout, c’est une politique suicidaire.

Effectivement, notre appareil productif est dégradé. On n’est pas les meilleurs en compétitivité coût ou qualité.

Avec les sous que l’on donne aux ménages, ceux-ci achètent chez nos concurrents, car ils sont généralement meilleurs.

En fait, on se ruine en créant du déficit pour faire gagner nos concurrents.

 

A partir de là, on a deux autres cas.

On a les politiques qui veulent fermer les frontières.

Dans ce cas, on a Marine le Pen et Jean Luc Mélenchon.

A la limite pourquoi pas. Ça fonctionne, j’ai un exemple. C’est la Corée du Nord.

Mais je ne suis pas sûr qu’ils soient très heureux là-bas.

 

Et puis il y a ceux qui pensent qu’il faut jouer la carte de la mondialisation pour nous enrichir collectivement.

On peut citer François Bayrou, Emmanuel Macron, François Fillon….

Nous enrichir collectivement, ça implique d’améliorer notre appareil productif.

Ça implique d’appauvrir un peu les ménages sur le court-terme.

Comme ce fut le cas en Allemagne, par exemple.

 

Mais à long terme, si notre appareil productif fonctionne, il nous enrichira collectivement, et il permettra de maintenir un service public de qualité.

Au pire, on sera plus apte à traverser les crises.

9 janvier 2017 Posted by | Election présidentielle 2017, Elections présidentielles 2017, Politique, Politique nationale, Présidentielles 2017 | , , , , , | Laisser un commentaire

C’est grâce à François Fillon qu’Internet est arrivé : n’importe quoi !

François Fillon a déclaré, je cite, « Qu’est-ce qu’a fait M. Macron en matière de technologie ? Il a fait des choses ? Qu’est-ce que j’ai fait moi ? J’ai ouvert les télécommunications à la concurrence. Vous pensez qu’il y aurait de l’Internet en France si on avait toujours France Telecom avec des fonctionnaires ? Et qui s’opposait à cette réforme ? La gauche »

 

Franchement, on est dans un vrai n’importe quoi et dans un pur délire mégalomaniaque.

 

Etant développeur Java (si, si) et travaillant donc dans le domaine, je vais donc me permettre de répondre à François Fillon.

 

D’abord, je rappelle que l’ouverture du capital de France Télécom a été faite sous … Lionel Jospin.

C’était entre 1997 et 2000… selon Wikipédia.

 

Par ailleurs, Internet a commencé, toujours selon Wikipédia, au MIT, organisme public.

 

Par ailleurs, il existe aussi des organismes de normalisation, notamment le W3C.

Heureusement d’ailleurs.

Ça se voit que François Fillon n’a jamais fait des lignes de code en JavaScript, langage ignoble d’ailleurs, et malheureusement incontournable côté client.

Il fallait que ça marche sur Internet Explorer, une daube.

Oh combien c’était vexant de voir son code marcher sur tous les navigateurs … sauf Internet Explorer !

 

Mais l’importance de mon propos n’est pas là.

Il tient en deux points.

 

Le premier est qu’Internet serait arrivé sans François Fillon.

Effectivement, Internet est une nouvelle étape dans les cycles économiques, comme le fut la révolution industrielle.

Internet a changé notre façon de travailler, d’échanger…

Internet a changé le monde de la culture, celui-ci étant plus facilement accessible.

Par ailleurs, et c’est un point important à évoquer, Internet a accéléré la mondialisation.

 

Pour comprendre cette révolution, il faut se placer dans la définition du capitalisme selon Schumpeter.

Selon Schumpeter, le capitalisme est la destruction/création.

A un temps t, je fabrique des biens ou des services.

Mais ces biens sont voués à disparaître, créant de la destruction d’emploi, principalement.

Ils vont disparaître car ils ne seront plus utilisés (qui utilise encore le cheval pour se déplacer de nos jours) où qu’ils seront fabriqués différemment.

C’est le progrès technique.

On parle de destruction.

 

Mas ces biens seront remplacé par d’autres biens, ou seront fabriqués différemment.

Ça va amener de nouveaux marchés, et donc de nouveaux emplois.

On parle de création.

 

Internet en 2000, c’était la création au sens de Schumpeter.

 

Et on arrive à un second problème que François Fillon n’évoque pas, et pourtant qui est si important.

La France a loupé le coche de la révolution Internet, je l’avais d’ailleurs écrit.

Internet est certes arrivé en France, mais nous n’en sommes pas parmi les artisans.

 

Déjà, les entreprises dans ce business, comme Oracle, Microsoft, Google, IBM, Red Hart sont principalement américaines.

 

Dans les langages de programmation, on a :

  • PHP, créé en 1995 par Rasmus Lerdorf, un Canadien/Groenlandais.
  • Java, crée en 1995 par Sun, entreprise américaine, racheté par Oracle, entreprise américaine.
  • C#, crée en 2002 par Microsoft, entreprise américaine.

Evidemment, comme c’est l’informatique de gestion qui est porteuse d’emplois, il convient de rappeler l’importance des bases de données SQL (ça évolue, il est vrai), dont les principales sont Oracle (Américain), DB2 d’IBM (Américain), SQL Server de Microsoft (Américain), PostgreSQL (Américain), MySQL (Appartenant à Oracle).

 

On a même loupé la révolution du Mobile, car on a Apple (Américain), Androïd de Google et Windows Phone de Microsoft.

 

En fait, le problème est plus vaste et sort du cadre de l’informatique.

Dans un premier lieu, on se contente des emplois de service.

Or, ils ne sont pas durables et demandent une forte valeur ajoutée.

Pourquoi pas, mais notre système éducatif n’est pas à la hauteur.

 

Mais il convient de signaler un autre point, qui lui est crucial et critique.

Le capitalisme est basé sur la destruction/création.

On a la destruction. C’est normal, ça fait partie du jeu.

Et on a donc le chômage qui va avec.

 

Mais on n’a pas la création.

En fait, la création vient de ce que l’on appelle l’innovation. Or, l’innovation, la France n’a rien fait de marquant depuis bien longtemps.

Là aussi, avoir une bonne capacité d’innovation passe par une bonne instruction, et donc un bon système éducatif, qui, contrairement au notre, soit d’un niveau élevé, et soit exigent.

 

La question de la destruction/création, et surtout de l’innovation, est une question clé.

La question de l’innovation, c’est se poser la question des emplois de demain, car un nombre important d’emplois aujourd’hui sont voués à disparaître.

 

Au lieu de faire le kéké en se vantant et en disant des conneries plus grosses que lui, François Fillon ferait mieux de réfléchir à la question centrale de l’innovation.

Il serait très préjudiciable que l’on rate la prochaine révolution industrielle, comme le développement durable, par exemple…

8 janvier 2017 Posted by | Election présidentielle 2017, Elections présidentielles 2017, Informatique, Politique, Politique nationale | , , , , | Laisser un commentaire

Le premier problème de la France est institutionnel

Après avoir participé (honteusement) à la primaire de la droite qui a vu l’élimination de la droite modérée d’Alain Juppé face à une droite thatchérienne menée par François Fillon, je suis arrivé à une conclusion : le problème de la France n’est pas, comme on pourrait le croire, économique.

Il est d’abord institutionnel.

 

Voir l’axe central et le centre en particulier perdre avant même le premier tour de l’élection présidentielle me fais vraiment mal au cœur.

 

Certes, ça n’excuse pas la bêtise du centre, mais il est particulièrement vrai que contrairement à l’Allemagne, le système électoral français ne permet pas l’avènement d’un axe central permettant les réformes.

 

Ce n’est pas la première fois que je râle après le système électoral français (voir ici et ici).

 

Pour ma part, je trouve le système électoral français débile, injuste, criminel, stupide et antidémocratique.

Evidemment, j’en oublie certainement…

 

Il est donc grand temps de raller sur le truc qui nous sert de système électoral. D’autant qu’il ose se dire bon. Or il est mauvais, et il est vrai que l’inversion du calendrier électoral n’a pas arrangé les choses.

 

D’abord, il convient de rappeler que la France marche selon le bicamérisme.

L’une des meilleures présentations du bicamérisme est faite par Alexis de Tocqueville, dans De la démocratie en Amérique.

Effectivement, les USA ont deux chambres : La chambre des représentants et le Sénat.

 

La chambre des représentants représente le peuple. Chaque Etat envoie un nombre de représentants proportionnel à sa population.

Plus un Etat est peuplé, plus il envoie un nombre important de représentants.

 

Par contre, le sénat représente les territoires. Chaque Etat est à égalité au sénat américain. Chaque Etat envoie deux sénateurs au Sénat.

 

Si on suit cette logique en France, le Sénat représente les territoires, et l’assemblée nationale la population.

Dans les fait, le Sénat représente bien les territoires français.

Le sénat est élu indirectement par un scrutin de liste. Les grands électeurs sont des conseillers municipaux, et les villes importantes ont un surplus de grands électeurs.

 

Par contre, l’assemblée nationale représente la population.

On arrive donc à un point important : ce n’est pas le cas.

Je me permets de faire un tour rapide d’exemple prouvant que l’assemblée nationale ne représente pas la population.

Car pour représenter la population, il faudrait que tous les courants importants soient à l’Assemblée Nationale.

Or, ce n’est pas le cas.

Petit récapitulatif :

  • En 2007, le PCF a fait 1,97% des voix et il a eu 15 sièges (1 groupe)
  • En 2012, le PCF avec Mélenchon a fait 11,1% et il a perdu des sièges en passant à 7 députés. Pour être plus précis, le groupe Gauche démocrate et républicaine (contenant le Parti de Gauche et les communistes) passe de 21 à 15 députés alors que le score du candidat à la présidentielle est augmenté de +463,45%….
  • Le centre de François Bayrou fait 18,57% des voix en 2007 pour n’avoir que … 3 députés. Un centre subsiste par la volonté du souverain Sarkozy 1er avec 22 députés qui serviront de godillots à Nicolas Sarkozy et de caution centriste pour une politique qui est à l’opposé du centre.
  • Evidemment, même si je suis farouchement opposé au FN, il doit être évoqué ici. En 2002, Le Pen arrive au second tour, il a 0 députés. En 2007, il fait 10,44%, 0 députés. En 2012, sa fille fait 17,9%, 2 députés.

C’est d’ailleurs pour ça que Pierre Laurent n’était pas motivé pour soutenir Jean Luc Mélenchon malgré son bon score en 2012. Il a en mémoire le fait qu’il a perdu des députés.

 

Ce qui amène un second problème, c’est que l’élection législative n’est pas nationale. Elle est locale.

Elle est locale car elle est par circonscription.

Dans la pratique, on ne vote pas sur des enjeux nationaux, ce qui devrait être le cas, mais sur des enjeux locaux.

Aux législatives, on présente des candidats en vue de crédibiliser une candidature pour les prochaines municipales (comme c’est le cas des cantonales d’ailleurs).

Pour ma part, je n’ai pas dû voter sur un programme national aux législatives depuis 2002. Un comble pour une élection où l’on envoie des députés qui doivent voter sur des lois s’appliquant au niveau national.

 

De fait, le mode de scrutin induits des effets vraiment préoccupants.

Le premier est que l’assemblée nationale n’est pas représentative de la diversité des opinions des français.

 

Le second est que l’on arrive vers un bipartisme malsain, avec deux partis malsains, le RPR/UMP/républicains d’un côté, le PS de l’autre, qui ne sont pas construits sur une doctrine claire et identifiable, mais sur une machine servant à faire les carrières politiques. Les républicains et le PS sont des machines à « Plan de carrières ».

Il n’y a rien en commun avec d’un côté Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, et de l’autre entre Martine Aubry et Manuel Valls, excepté le fait qu’ils font une carrière politique, les deux premiers chez les républicains, les seconds au PS.

Pire, du coup, c’est le noyau dur qui fait l’identité du mouvement, comme le disait François Bayrou.

Leçon qu’il aurait dû s’appliquer à lui-même d’ailleurs.

 

Le troisième point, c’est que pour avoir des députés (facilement), il faut cirer les bottes d’un des deux grands partis (Républicains ou PS), au détriment du projet et de ce que l’on représente.

 

Le dernier point, c’est que ce système permet à deux grands partis de diriger seuls, alors que chacun d’eux ne représente que maximum 30% de la population.

En 2007, l’UMP représente 31,18% (si on se fie au premier tour de l’élection présidentielle, et qu’au premier tour, on exprime son idéal, enfin, normalement).

L’UMP avait 320 députés sur 577, soit 55,45%.

En 2012, le PS représente 28,63% des voix.

Le PS avait 297 députés, soit 51,47%.

 

De fait, notre système ne permet pas les coalitions. Il permet à deux grands partis, construits pour les plans de carrières, de diriger seuls et pire, de faire des politiques clientélistes.

Les réformes se font contre les gens, et contre ceux qui n’ont pas voté pour la majorité actuelle.

On est en plein dans la tyrannie de la majorité.

On ne fait pas une réforme en partant d’un diagnostic partagé, mais au contraire, sur des principes idéologiques, souvent d’un autre temps.

 

Au contraire, pour faire des réformes qui marchent, dans l’intérêt général, il faut partir d’un diagnostic partagé.

Je pense qu’une large coalition est une des conditions nécessaires à la réussite des réformes, comme c’est le cas en Allemagne. Car chacun apporte sa pierre à l’édifice, et chacun peut mieux faire accepter les réformes à son électorat.

 

C’est d’ailleurs l’un des problèmes avec François Fillon qui veut encore diriger seul avec une majorité fortement républicaine.

Problème accentué par un centre stupide qui ne peut pas proposer une alternative crédible et est obligé d’être ridicule.

 

Que faudrait-il faire ?

Pour moi, il faut un scrutin législatif calqué sur les municipales.

Un scrutin de liste.

Si au premier tour, une liste fait 50% des voix elle est élue et a la moitié des sièges, le reste étant distribué à la proportionnelle.

 

Sinon, on fait un second tour.

Au second tour, on peut se maintenir avec 10% des voix.

On peut fusionner avec 5% des voix.

En dessous de 5%, on est éliminé.

Au second tour, la liste en tête a la moitié des sièges.  Le reste est distribué à la proportionnelle.

 

On va me répondre qu’avec 30%, si on est en tête, on peut avoir plus de siège.

C’est vrai, mais dans la pratique, pour être sûr de gagner, il faut fusionner.

Il faut donc faire une coalition (une fusion de liste) et donc de mettre de l’eau dans son vin (enfin !).

Par la suite, je pense que l’on peut supprimer l’élection présidentielle et laisser l’assemblée nationale élire celui-ci.

 

Ce système a plusieurs avantages. Il permet de répondre à deux principes opposés et pourtant nécessaires :

  • Permettre une représentativité de tous les courants idéologiques français.
  • Dégager une majorité claire.

Il favorise les coalitions, condition nécessaire pour faire les réformes acceptées par tous.

 

Mieux, j’ai l’espoir à très long terme de voir les républicains et le PS enfin implosé, ce qui serait une bonne chose.

7 janvier 2017 Posted by | Législatives 2017, Politique, Politique nationale, Présidentielles 2017 | , , , , , , | Laisser un commentaire

Bayrou va-t-il faire perdre le Centre et l’axe central ?

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En lisant le canard enchaîné de cette semaine, j’ai appris qu’il pourrait (conditionnel) y avoir un accord entre François Fillon et François Bayrou.

  • Soit François Bayrou rallie les députés contre un groupe à l’assemblé nationale.
  • Soit François Bayrou va vers une quatrième candidature, rallie François Fillon au soir du premier tour, et reçoit un groupe à l’assemblée nationale.

Bon, François Bayrou a démenti, mais plusieurs remarques doivent être faites.

 

Déjà, il faut parler du contexte politique de cette élection.

On devrait avoir un remake du 21 Avril 2002.

Selon les derniers sondages,  on a :

  • François Fillon 26-29%
  • Marine Le Pen 24-25%
  • Emmanuel Macron 13-18%
  • Jean Luc Mélenchon 13-14%
  • Le PS à 6-7 ou 11-12% selon que ce soit Arnaud Montebourg ou Manuel Valls.
  • François Bayrou à 6-7%

On devrait avoir un second tour François Fillon-Marine Le Pen.

Or, je ne garde vraiment pas un bon souvenir du 21 Avril 2002.

 

Le 21 Avril 2002 était une surprise, même si très vite après, les raisons sont très vite apparues.

Mais le problème, au fond, n’a pas été le 21 Avril 2002, mais l’après 21 Avril 2002.

 

Jacques Chirac avait fait une politique catastrophique et clientéliste qui avait coulé la France.

Il avait tué les centristes en les étouffants dans l’UMP.

Seul Bayrou a pu résister un peu. Une bonne chose d’ailleurs.

On était en plein Etat UMP…

En particulier, Jacques Chirac avait diminué les impôts, surtout sur les plus riches, ce qui avait aggravé le problème de déficit.

 

Il avait été sanctionné en 2004 lors des régionales où 20 régions sur 22 étaient passés au PS.

D’ailleurs, François Fillon avait parlé d’un 21 Avril à l’envers…

 

On ne me fera pas croire qu’à cette époque le PS a gagné sur son mérite et son programme les régionales. C’est d’abord Jacques Chirac, et son premier ministre Jean Pierre Raffarin, qui ont été sanctionnés.

 

Mais il avait gardé Raffarin envoyant un message subliminal malsain : pour changer les choses, il ne faut pas aller voter. Il faut tout aller casser dans la rue.

Indirectement, il a cautionné les actions d’un Philippe Martinez. Personnellement, je lui en veux vraiment.

Je crois en l’importance de la démocratie, et je pense que l’on ne le répètera jamais assez : Le premier tour d’une élection sert à ce que les gens s’expriment.

 

J’ai en tête cette excellente caricature des guignols à l’époque.

Chirac était en Louis XIV et Jean Louis Debré en monsieur Loyal.

  • (Debré) Le roi va vous dire merde.
  • (Chirac) <Rot>

 

Mais on ne peut pas parler du 21 Avril sans parler du PS.

Celui-ci n’a jamais réfléchi sur les raisons de son échec, et n’a jamais eu une réflexion pour avoir un diagnostic pour construire un projet et avoir un retour au pouvoir gagnant du PS.

Au contraire, sous l’impulsion de son premier secrétaire, un certain François Hollande, il a construit le PS sur la nullité de la droite.

Ça tombe bien, François Hollande, que je considère plus responsable du 21 Avril 2002 que Lionel Jospin, est devenu président de la république et va nous refaire revenir le Pen…

 

Par ailleurs, il convient de rappeler que là, on s’y attend et que les européennes 2014 et les régionales 2015 plaident en faveur d’un nouvel 21 Avril.

 

Le deuxième point est que dans la nouvelle assemblée les centristes ne pèseront rien.

Bon, vu le système électoral, il est difficile de faire des plans sur la comète.

Mais pour mémoire, on a 577 députés. La majorité absolue est de 289 députés.

Les républicains laissent 40 députés à l’UDI et un groupe au Modem (soit 15 députés).

Rappelons qu’il faudra d’abord gagner les élections, qui je le rappelle sont par circonscription.

L’élection étant très locale, ça va être compliqué pour les centristes qui n’ont pas bossés sur la durée…

Par ailleurs, les républicains laissent 55 circonscriptions. Il en reste donc 522. Pour gagner, il faudra donc, pour avoir la majorité absolue, gagner 289 circonscriptions sur 522, soit 55,3% des circonscriptions où le candidat sera républicain.

Je pense que c’est du domaine du faisable.

Ainsi, les républicains dirigeront encore seuls…

Mais bon, rappelons que le vrai problème, c’est que le centre n’a rien fait entre 2012 et 2017, et qu’ils sont en plein le Chat, la Belette et le petit Lapin.

Et surtout, les places des centristes dépendront… des républicains et de François Fillon.

 

Enfin, j’ai un espoir secret et fou.

J’ai l’espoir de voir finalement le 21 Avril ne pas se produire, et avoir un second tour entre l’axe central et François Fillon.

Je pense qu’il y a un espoir, maigre, certes, mais un espoir quand même.

Certes, ce n’est peut-être que 10%, mais on peut tenter le coup.

Et le mieux placé, c’est, pour l’instant Emmanuel Macron.

Le problème, c’est que François Fillon l’a compris.

Et il préfère être face à Marine Le Pen qu’Emmanuel Macron.

Ce qui de mon point de vue est irresponsable.

Pire, il aimerait que François Bayrou se présente pour handicaper Emmanuel Macron.
D’où la question : François Bayrou acceptera-t-il de faire perdre l’axe central ?

 

A lire : La même chose sur le Blog du Centrisme.

29 décembre 2016 Posted by | Politique, Politique nationale, Présidentielles 2017 | , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Conseil de quartier, il faut faire un effort sur la communication

Il y a peu, j’avais expliqué que pour les conseils de quartiers, il y avait vraiment un effort à faire sur la communication.

 

J’ai un exemple concret.

 

D’abord, je vais me permettre d’énumérer certains éléments à décharge vis-à-vis de la municipalité.

 

Je suis moins présent, moins impliqué sur les conseils de quartier. Plus souvent au CNAM, et je dors certes à Malakoff, mais je travaille hors de Malakoff.

 

Passons aux éléments à charges.

Ce soir, il y a le conseil de quartier centre (20H, salle des conférences, 22 Bis rue Béranger).

Je le savais car je suis dans les échanges de mails.

 

Mais, il se trouve que j’ai eu un trou de mémoire.

De plus, je n’ai pas retrouvé le flyer.

J’ai donc recherché la date, pour confirmation.

 

Problème, elle était nulle part.

Elle n’était pas dans le Malakoff info de ce mois, même écrite en tout petit.

Elle n’était pas dans la newsletter.

Elle n’était pas sur internet, ni dans l’agenda, ni sur la partie « conseil de quartier » du site de la ville.

C’est d’ailleurs le cas aujourd’hui même à 10H.

 

Je suis allé voir à la mairie.

A l’accueil, ils ne savaient pas.

Il faut dire qu’ils consultent le site de la ville pour savoir…

Pourquoi pas.

 

Heureusement, la chef de service a été cherché l’information et me l’a communiqué par mail et téléphone.

Je la remercie pour son travail.

 

Au final :

Les conseils de quartier ont très bien marché lors au départ.

 

Je partage le constat qu’aujourd’hui, ça marche en sous régime et qu’il faut engager une réflexion pour les relancer.

 

D’autant que les conseils de quartier ont une importance vitale : créer du lien.

Il est intéressant de signaler qu’Alexis de Tocqueville, dans de La démocratie en Amérique, insiste sur le fait que les citoyens dans une démocratie sont isolés.

Pour lutter contre ce fléau, il recommande aux citoyens d’investir les associations locales, association locale comme… les conseils de quartier.

 

Il y a plein de raisons qui font que les conseils de quartiers marchent en sous-régime.

Le manque d’information en fait partie.

 

Comment peut-on se rendre à un conseil de quartier si on ignore que celui-ci a lieu ?

16 décembre 2016 Posted by | Conseil de quartier, Malakoff, Politique, politique locale | , , , , | Laisser un commentaire

Macron occupe la place laissée vide par les centristes (Blog du Centrisme)

Emmanuel Macron est-il légitime à occuper l’espace centriste ?

Personnellement, je ne sais pas.

Par contre, les principaux leaders centristes eux, sont illégitimes.

Ils nous ont vendu pour un plan de carrière.

Et aujourd’hui, les partis centristes sont dans le mur, incapable de présenter un candidat capable de faire bonne figure à l’élection présidentielle.

 

C’est pour ça que j’ai trouvé intéressant l’article sur le Blog du Centrisme.

Et je me permets de le recopier honteusement.

 

Le succès du meeting d’Emmanuel Macron ce samedi à la Porte de Versailles à Paris a définitivement lancé sa campagne et, sans doute, installé dans le long terme sa présence dans la politique française.

A l’inverse d’Alain Juppé, autre représentant de l’axe central, qui a eu le tort de se présenter à la primaire de la Droite, y perdant à la fois la présidentielle et son statut politique, le fondateur d’En marche avait bien compris qu’il n’avait rien à attendre d’une primaire de la Gauche et qu’il devait y aller seul, comme Bayrou l’avait suggéré à Juppé…

Car ces scrutins sont évidemment, de manière fondamentale et structurelle, défavorables aux candidats centro-compatibles qui font face à des militants et des sympathisants qui votent généralement pour les personnalités bien plus dans la ligne officielle que celles qui en ont une vision transgressive.

Juppé – qui pouvait jouer de sa stature de leader de la Droite – l’a appris à ses dépends alors que Macron – qui n’a pas cette assise – n’a pas voulu tomber dans le piège.

D’autant qu’il a trouvé son espace politique qui va du centre-droit au centre-gauche.

Car cet espace était vide, laissé vacant par le renoncement des partis centristes d’avoir un candidat et l’impossibilité pour Juppé mais aussi pour Valls de le représenter sans se mettre à dos leur base idéologiquement marquée à droite et à gauche.

Mais il ne faudrait pas en conclure comme le font les leaders centristes qu’Emmanuel Macron occupe cet espace de manière illégitime et, surtout, espérer qu’il n’est qu’un épiphénomène surfant sur une vague anti-establishment.

D’abord parce que l’homme ne vient pas de nulle part et que depuis deux ans son discours social-libéral, progressiste, humaniste et centro-compatible est non seulement structuré mais cohérent.

Ensuite parce qu’il séduit, non pas avec des propos alarmistes (comme un Jean-Marie Le Pen) ou une faconde superficielle (comme un Bernard Tapie) mais grâce à une démarche dynamique et positive qui fait qu’il ne peut être assimilé aux populistes démagogues qui profitent du désarroi actuel des peuples occidentaux comme Trump, Orban, Farage, Iglesias, Tsipras, Grillo et, bien évidemment, Mélenchon et Le Pen.

Ses accents populistes sont certes regrettables, cependant ils n’ont pas pour but une attaque de la démocratie républicaine mais plutôt sa défense, ce qui est le contraire de tous les démagogues que l’on vient de citer.

De même, quel que soit son résultat à la présidentielle, il continuera son combat politique ce qui demandera inévitablement une clarification de la part des centristes à son égard et vis-à-vis de leur opposition systématique d’aujourd’hui.

Ce n’est pas pour rien que des militants centristes l’ont d’ores et déjà rejoint et que nombre d’électeurs centristes ont indiqué dans les sondages qu’ils voteraiet pour lui ou qu’ils pourraient le faire.

Ainsi, la recomposition de l’espace centriste, tombé en déshérence depuis le début de ce siècle — le résultat de François Bayrou à la présidentielle de 2007 n’ayant été qu’un épisode sans lendemain d’une fausse renaissance – pourrait bien être initiée par une personnalité extérieure à celui-ci comme ce fut le cas avec Valéry Giscard d’Estaing dans les années 1970.

13 décembre 2016 Posted by | Politique, Politique nationale, Présidentielles 2017 | , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Nouveau centre : changement de nom, chantage à l’UDI et cirage des bottes de Fillon (Blog du Centrisme)

Bon, je sais que tout le monde s’en fout, mais le Nouveau Centre change de nom.

Je me permets de relayer honteusement un article du blog du centrisme.

 

Effectivement, pendant que les petits chefs centristes s’entredéchirent, le Centre perd…

Nos petits chefs centristes, appliquant Le Chat, La Belette, et le Petit Lapin désespèrent les sympathisants centristes et leurs font honte.

 

Le problème, c’est que là, on parle de Hervé Morin, mais on peut trouver des exemples chez d’autres petits chefs centristes…

Heureusement que le Centre ne se présente pas, car ça ne risque pas d’être beau à voir…

 

 

La motion adoptée par le congrès extraordinaire du Nouveau centre qui s’est tenu aujourd’hui à Paris est un chef d’œuvre d’opportunisme, de règlement de compte et de volonté d’exister par tous les moyens.

Petit tour d’horizon d’un texte pitoyable qui devrait être étudié dans toutes les écoles de sciences politiques pour montrer comment la politique peut n’être que politicienne.

– Changement de nom: Le Nouveau centre s’appelle désormais… Les Centristes!

Au cas où cela ne vous rappellerait rien, l’UMP est devenue récemment Les Républicains.

Tout comme le parti de droite tente de faire une OPA sur un terme qui appartient à la démocratie républicaine française, la formation dirigée par Hervé Morin tente de faire croire qu’elle est la seule et légitime à parler au nom des centristes.

Bien entendu, cela ne trompera que ceux qui le veulent, ce qui ne devrait pas faire grand monde.

Mais la deuxième raison de ce changement de nom est de s’accoler au plus près possible à LR sans pour autant les rejoindre.

Une manière d’être les nouveaux centristes idiots utiles de la Droite sans pour autant rejoindre une formation unique «de la Droite et du Centre», question, sans doute, de peser un peu plus que tous les centristes qui ont adhéré à l’UMP en 2002 et qui n’ont jamais réussi à exister politiquement.

– Soutien sans faille et sans discussion possible de François Fillon: le parti d’Hervé Morin et de ses acolytes a décidé de soutenir le candidat LR à la présidentielle à 100%.

Quand on lit la motion, on se demande si elle n’a pas été écrite par le service de communication de Fillon, tellement l’allégeance est indécente, surtout va à l’encontre d’une soi-disant indépendance revendiquée.

Au-delà des inexactitudes et des mensonges qui tentent de faire accroire que le Nouveau centre a toujours défendu Fillon (Morin était un soutien de Bruno Le Maire lors du premier tour de la primaire LR, tandis que d’autres s’étaient portés sur Sarkozy ou Juppé et qu’au second tour tous n’étaient pas derrière le député de Paris) et que le programme de ce dernier est en réalité un programme centriste, Les Centristes s’autoproclament la garde rapprochée de l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy et défie tous ceux qui ne seraient pas dans la bonne ligne.

Pour le prouver, Hervé Morin, dans une interview au Parisien, fait cette fausse confidence à propos de François Fillon, «je l’ai rencontré seul à seul», comme si cela lui donnait le rôle et le titre de meilleur centriste filloniste…

François Fillon et ses amis apprécieront, eux qui ont dénoncé sans relâche avec les sarkozyste, la proximité d’Alain Juppé avec les centristes, ce qui a été un des éléments de la défaite du maire de Bordeaux à la primaire.

– Menaces tous azimuts contre l’UDI: Hervé Morin avait prévu de quitter l’UDI, une confédération centriste dans laquelle il n’avait pas voulu entrer.

Mais son charisme doit être assez limité au Nouveau centre puisqu’il a du faire piteusement machine arrière sous la pression de ses amis.

Cela ne l’empêche pas, dans l’interview au Parisien précitée de réitérer ses menaces.

Dans le style comico-pathético-consternant, il affirme que celles-ci étaient «un coup de semonce», «un dernier avertissement» et que «si rien ne change nous partirons».

On n’avait donc mal compris ses propos antérieurs!

Donc pas de sortie de l’UDI mais une charge contre Jean-Christophe Lagarde accusé de… diriger le parti (!) mais aussi de l’emmener nulle part et de trahir sa vocation et les raisons de sa création.

Et si les gardiens du temple, également autoproclamés, de la pureté de l’UDI, estiment qu’il y a non-respect de leur ultimatum contenu dans cette motion, ils s’en iront…

Pour donner plus de poids à leur petite rébellion que certains qualifieront de minable, ils invoquent Valéry Giscard d’Estaing qui a soutenu François Fillon.

Outre que l’ancien président de la république n’a jamais été un centriste (mais le plus centriste de tous les présidents de la V° république, ce qui n’est pas la même chose), celui-ci a rompu depuis très longtemps ses liens avec le Centre mais aussi avec l’UDF avant qu’elle ne disparaisse, préférant prendre sa carte à l’UMP.

Ce congrès montre en tout cas à quel point les partis centristes sont tombés dans les profondeurs politiciennes et qu’ils s’y enfoncent de jour en jour un peu plus devant l’indifférence des Français et la honte des sympathisants du Centre dont certains choisissent désormais Emmanuel Macron.

Le prochain épisode devrait ne pas décevoir ceux qui n’attendent plus rien de bon de leur part.

11 décembre 2016 Posted by | Politique, Politique nationale | , , , , | Laisser un commentaire