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Présidentielles 2017 : La défaite de la Droite est méritée

Je voulais écrire ce message, puis j’ai changé d’avis, puis j’ai rechangé d’avis.

Je vais donc l’écrire maintenant.

Quand je vois les militants UMP (et certains élus) mettre à égalité Macron et Le Pen, donc me mettre à égalité avec le Pen, ça m’a encouragé à l’écrire.

 

La défaite de la droite lors de la présidentielle 2017 est méritée.

 

Par ailleurs, même si je trouve le bilan de François Hollande médiocre, la défaite de Nicolas Sarkozy était, elle-aussi méritée.

 

Ce n’est pas la première fois que j’écris ce que je vais écrire.

J’avais entre autre écrit que l’UMP et le PS déplaçaient leurs centres de gravité vers le noyau dur, que Copé menait l’UMP dans le mur, et que l’UMP se construisait sur un vote sanction (comme le PS d’ailleurs).

 

Il y a des différences entre Nicolas Sarkozy et François Fillon.

 

Nicolas Sarkozy défendait un bilan médiocre (comme c’est très bien expliqué ici).

En particulier, Nicolas Sarkozy a fait plus de dette en 5 ans que François Mitterrand en 14 ans, là où François Bayrou a fait une campagne contre la dette en 2007.

Et il s’agit d’une dette de fonctionnement.

 

Pour François Fillon, c’est vrai que c’est le Pénélope Gate qui a plombé.

Mais là, il faut replacer dans le contexte.

 

François Fillon nous dit que la France est en Faillite. Sur ce point, je suis entièrement d’accord.

Il nous dit qu’il va falloir faire des efforts.

Pourquoi pas.

 

Seulement, lui, il s’est enrichi sur le dos du contribuable d’un pays en faillite.

Pour demander des efforts, il faut être irréprochable.

Une phrase de Margaret Thatcher résume parfaitement François Fillon (précision, je n’aime pas vraiment Margaret Thatcher) : « Il n’y a pas d’argent public, il n’y a que l’argent du contribuable ».

 

Ça ne me gêne pas de payer des impôts.

Mais si je paye des impôts, c’est pour un service public de qualité. C’est pour aider les gens à s’en sortir. Je sais ce que c’est que d’avoir un service public pourri. J’ai été longtemps au chômage et à l’époque, je vous garantis que j’aurais voulu avoir un vrai service public de l’emploi.

 

Par ailleurs, je paye aussi des impôts pour avoir des infrastructures de qualités.

Faire des voies ferrées, des métros…, ce n’est pas gratuit.

Il est normal que l’Etat s’en occupe, les infrastructures profitent à tout le monde.

 

Par contre, je ne paye pas des impôts pour permettre à François Fillon de vivre à mes crochets, ou pour enrichir une oligarchie, point qui était particulièrement vrai sous Nicolas Sarkozy.

 

Par ailleurs, j’attends également que la collectivité (en l’occurrence ici l’Etat) gère l’argent que je lui donne avec sagesse, et efficacement.

 

Par contre, 2012 et 2017 ont un point commun : Une droitisation de la droite excessive.

Là, il y a un vrai travail de fond à faire pour les républicains.

Alain Juppé a entièrement raison : il faut changer de ligne politique !

 

Soyons clair, il est normal que la Droite soit… la Droite.

Il est normal que la Droite lutte pour son idéal.

 

Mais il y a plusieurs façons d’être de Droite.

 

La première est de partir sur un diagnostic, et de faire une politique à partir de ce diagnostic, allant subtilement vers la droite et faisant accepter subtilement une politique de Droite.

C’était la philosophie prise par Alain Juppé.

 

Et puis, il y a ceux qui pensent qu’ils sont de Droite, donc, ils sont obligatoirement Beau, Magnifique et Intelligent, et ce qu’ils font, c’est toujours bien, même si ce n’est que des conneries (surtout si c’est des conneries), car comme ils sont de Droite, ils ont la vérité absolue.

Le problème, c’est qu’ils imposent des politiques contre les gens.

Ils imposent des politiques clientélistes, qui se fait au détriment des gens, de l’intérêt général et contre le bon sens.

 

Le choix à la primaire de la Droite était entre ces deux droites. Et c’est la droite dure qui a gagné.

De fait, les militants des républicains ont choisi une droite dure, et ils ont donc choisi la défaite.

A minima, si François Fillon avait été élu, il n’aurait pas réformé la France dans l’intérêt de tous.

 

Une phrase de François Fillon est symbolique (et pour une fois honnête) :

« On peut augmenter la TVA car les pauvres peuvent moduler leur consommation »

Soyons clair, s’il faut augmenter la TVA, je peux l’entendre.

Mais pas avec cet argument.

Pour remettre en route la France, tout le monde doit faire un effort.

L’effort doit être demandé à tous les français.

Ça sous-entend le pauvre, mais aussi le riche.

Et ça doit être à hauteur de ces moyens.

Les efforts seront acceptés s’ils sont justes.

 

Par ailleurs, François Fillon a laissé la Manifs pour Tous imposer une vision rétrograde de la société.

 

Donc si la droite a perdu (encore une fois), c’est parce qu’elle a estimé qu’être de Droite est plus important que de faire une politique pragmatique et dans l’intérêt général, dans l’intérêt de la majorité des français.

Il faut bien comprendre qu’il faut que tout le monde soit perdant un petit peu pour que l’on soit gagnant collectivement.

Il faut arrêter les politiques clientélistes où seul 10% des gens sont gagnant au détriment des 90% restants.

 

Notons également que la défaite du PS de Benoît Hamon est également méritée. Les travers du PS, qui ne cesse de se gauchiser, est symétrique aux problèmes des républicains.

1 mai 2017 Posted by | Politique, Politique nationale, Présidentielles 2017 | , , , , , , | Laisser un commentaire

Le Pénélope Gate sur quelques aspects (3/4) : En France, on a un problème avec la Droite républicaine

Finalement, François Fillon, ce n’est rien.

 

Le vrai problème, c’est que l’on a un problème avec la droite républicaine.

Sur ce point, cracher sur Bayrou, qui le dit à chaque présidentielle ne sert à rien.

Sur ce point, François Bayrou a raison.

 

Mon seul reproche est qu’il ne le dit pas sur la durée. Il ne faut pas se contenter de le dire en 2012 (en votant après Hollande contre Sarkozy) et en 2017 avec un François Fillon qui pose problème.

 

Il faut aussi le dire sur la durée, notamment en évitant de soutenir des Peltier, des Wauquiez et en lâchant Blanche Mühlmann, candidate Modem qui se battait contre un maire dur de l’UMP.

 

Le problème avec la droite républicaine, les républicains, tiens en deux points.

 

Le premier est sa capacité à confondre argent public avec argent privé, et donc à s’enrichir sur le dos du contribuable.

Pire, en plus de confondre argent public (d’un pays en faillite, je tiens à le rappeler) avec argent privé, et donc de s’enrichir sur le dos du contribuable, il est mal vu de voir la justice enquêter et demander des comptes.

 

Dans tous les membres qui s’enrichissent ou ont été condamné ou ont des noms associés à des affaires politico-judiciaire, on a Alain Juppé (certes, il a payé pour d’autres, mais il a été condamné), Patrick Balkany, Charles et Joëlle Ceccaldi-Raynaud, Manuel Aeschlimann, Charles Pasqua, Philippe Pemezec, et si je cherchais vraiment, je pourrais allonger la liste.

 

Je pense que le problème s’est accentué avec Jacques Chirac, qui a utilisé la présidence de la république pour ne pas rendre des comptes sur les affaires d’emplois fictifs à la mairie de Paris.

 

Certes, ça existait avant, sous Georges Pompidou, on a eu l’affaire des plombiers.

 

Mais avec Jacques Chirac, un pas a été franchi. Il a utilisé le poste de président comme immunité à vie, lui évitant de rendre des comptes et justifiant que finalement, il est normal de piocher dans la caisse mais il est anormal de rendre des comptes, aux électeurs et surtout aux juges.

Le fait que la droite fasse Dimanche une manifestation contre la Justice, bafouant la séparation des pouvoir, n’est pas si anodins.

 

Mais le deuxième problème, que l’on doit à Nicolas Sarkozy est pire.

La droite de gouvernement c’est droitisé, et a rendu la frontière poreuse entre la droite républicaine et le centre.

Elle a mis sur un pied d’égalité le PS et le FN, si ce n’est que pire, elle considère le FN plus fréquentable que le PS.

 

Le fait que ce soit la Manif pour Tous qui organise la manifestation de soutien à François Fillon n’est pas si étranger.

 

Pire, la droite réactionnaire, qui donc inspire les Républicains, veut diriger seule au détriment de l’ensemble des français.

Pire, elle est sur un modèle sociétal dépassé.

Savez-vous que beaucoup de familles sont recomposées ?

 

Évidemment, le fait que le centre soit faible et lâche, et que le scrutin électoral français soit stupide et débile n’aide pas.

 

Que la Droite soit de Droite, c’est normal, c’est la Droite.

Mais lors de la primaire ouverte, elle avait le choix entre être moins de Droite, mais de fédérer les français sur un projet de réformes audacieux où tout le monde s’y retrouve, et d’être dans une démarche de coalition, ou d’avoir une stratégie agressive et d’imposer à une majorité une vision très conservatrice et réactionnaire où seuls quelques individus sont gagnant.

 

Elle a choisi la seconde option, et très clairement.

 

C’est même une question tactique, elle avait le choix de construire un projet de droite de façon plus souple et consensuel, elle a choisi d’imposer par la force.

 

Finalement, François Fillon est dans la continuité de Nicolas Sarkozy.

4 mars 2017 Posted by | Election présidentielle 2017, Elections présidentielles 2017, Politique, Politique nationale | , , , , , , | Laisser un commentaire

Là, François Fillon dépasse les bornes !

Certes, mon choix de soutenir Emmanuel Macron s’est fait avant le Pénélope Gate.

Mais il est clair que le Pénélope Gate m’a conforté dans mon choix.

 

Bon, résumons :

 

François Fillon est un menteur, il a été pris la main dans le sac.

 

François Fillon veut être monsieur Propre, mais c’est juste un vulgaire Balkany.

 

François Fillon demande des efforts, mais ça ne l’a pas empêché de s’enrichir sur le dos de la France en faillite.

 

François Fillon a expliqué que l’on n’imaginait pas le général de Gaulle mis en examen, mais lui, il s’en branle et continue.

 

Il n’a pas d’honneur, pas de parole et j’en passe.

 

Mais là, trop c’est trop.

 

Il s’en prend à la justice, organisant une manifestation contre le coup d’Etat de la justice (alors qu’il est contre les manifestations), et le canard enchainé reçoit des menaces. Un comble d’ailleurs, car il ne fait juste que son job !

 

Là, c’est la démocratie qui est attaqué.

 

Le moment de rappeler deux principes indispensables dans le fonctionnement d’une démocratie.

 

Le premier est celui de séparation des pouvoirs, en l’occurrence du pouvoir judiciaire, législatif et exécutif. Ce principe repose sur le fait qu’en démocratie, aucun de ces pouvoirs ne doit être dans les mains d’une seule personne.

En France, nous devons ce principe à Montesquieu (1689-1755).

Il est apparu suite à la monarchie absolue, dont l’apogée est louis XIV (qui a régné de 1643 à 1715).

Effectivement, selon son bon plaisir, Louis XIV pouvait, si votre tête ne lui revenait pas, vous envoyer à la Bastille, et sans procès !

Y compris si vous étiez innocent !

 

Dans le cas de François Fillon, la justice ne fait que d’enquêté. Bref, elle ne fait que son travail. Et François Fillon peut se défendre. Il a des avocats pour ça. S’ils sont mauvais, il a qu’à les changer !

Jusqu’à preuve du contraire, François Fillon n’est pas enfermé à la Bastille selon le bon vouloir de François Hollande.

 

Et puis il y a la liberté de la presse.

Les menaces sur le canard enchaînés sont inadmissibles !

Je vais me permettre de rappeler un fait.

Un journal, que je n’aime pas (et que en général je n’achète pas) a publié des caricatures de Mohamed. La suite a été sanglante, avec de vrai mort, car certaines personnes n’approuvaient pas les caricatures.

 

Dire que François Fillon ose se dire candidat de la Droite et du Centre, alors qu’au Centre, la démocratie est un bien précieux.

 

En ce qui me concerne, je suis plus attaché à la démocratie qu’à la république, et je préfère vivre dans une monarchie parlementaire (comme en Espagne ou au Royaume Uni) que dans une république dictatoriale (comme en Russie).

 

François Hollande a certes beaucoup de défauts, mais au moins, les corrompus, il les a virés !

 

Ce qui fait que sauf menace Le Pen, il est hors de question que je vote François Fillon.

Y compris dans un second tour Hamon/Fillon où je voterai blanc !

 

Et s’il continue comme ça, il risque de faire sauter le « sauf menace Le Pen » …

 

A lire :

1 mars 2017 Posted by | Elections présidentielles 2017, Politique, Politique nationale | , , , , | Laisser un commentaire

Le Pénélope Gate sur quelques aspects (2/4) : Changer le candidat de la Droite, une question délicate…

Certes, cette fois-ci, François Fillon sera candidat, et il sera candidat jusqu’au bout.

 

Mais un moment, lorsque j’ai pensé cette série d’article, la question s’est posé.

C’est juste que je suis peu réactif et que je suis un peu lent.

 

Donc, un moment, la question de changer le candidat de la Droite, le plan B, s’est posée.

 

Or, je pense que changer le candidat de la Droite aurait été une question difficile.

 

Effectivement, il y a un point important : le candidat de la Droite a été légitimé par la primaire de la Droite.

 

François Fillon n’a pas été seulement autorisé à personnifier et représenter la Droite, il a aussi porté une ligne politique et c’est sa ligne politique qui a été choisie.

 

Et vu les scores, elle a été choisie clairement.

 

Remplacer François Fillon par Alain Juppé n’aurait pas été normal (même si je pense qu’Alain Juppé aurait été meilleur président, plus rassembleur et plus ouvert).

Alain Juppé a été sèchement battu à la primaire.

 

Dans le meilleur des mondes, la meilleure solution aurait été de refaire une primaire. Sauf que ce n’est pas possible, dans la pratique, dans le temps imparti.

 

Une autre solution aurait pu être de remplacer François Fillon par un membre de son équipe de campagne (comme Gérard Larcher), mais ça n’aurait pas régler les problèmes de fond de la droite, problèmes sur lequel je reviendrais.

 

Finalement, la solution la plus pragmatique, celle qui a été choisi, c’est de continuer avec François Fillon, prier pour un miracle, et régler les comptes après la présidentielle si (ce qui semble être le cas selon l’état « sondagier » du moment) la Droite perd la présidentielle, voir n’est pas qualifié pour le second tour.

 

En espérant que ce règlement de compte permettra de faire un Etat des lieux de la Droite et un bilan, et en particulier, un bilan du sarkozysme et un bilan des cinq années dans l’opposition.

27 février 2017 Posted by | Politique, Politique nationale, Présidentielles 2017 | , , , , , , , | Laisser un commentaire

Le premier tour de l’élection présidentielle 2017 (6/8) : 7 raisons pour lesquelles je ne voterai pas François Fillon

Après avoir parlé du PS, c’est au tour des républicains.

Pour ma part, il y a, aujourd’hui, 7 raisons qui font que je ne voterai pas pour François Fillon au premier tour de la présidentielle 2017.

 

Au soir de la primaire de la droite, il y en avait trois.

Durant la campagne, diverses raisons se sont ajoutés.

 

Aujourd’hui, les différences entre François Fillon et moi-même sont trop nombreuses. Elles doivent s’exprimer.

Ça tombe bien, le premier tour de l’élection présidentielle, ça sert à ça !

 

Je me permets de rappeler les raisons précédentes.

La première, fondamentale, c’est que je ne suis pas d’accord avec la philosophie du programme de François Fillon, inspiré de Margaret Thatcher.

Je reconnais qu’il faut flexibiliser le système, le libéralisé un peu.

Je l’avais écrit précédemment.

Néanmoins, François Fillon est dans une logique de « La loi du plus fort ».

En ce qui me concerne, je pense qu’il faut accompagner les gens derrières.

En fait, je pense qu’une libéralisation du système doit se faire avec une réflexion globale sur l’accompagnement des gens.

Comment donne-t-on aux gens les moyens de s’en sortir ?

C’est une vraie question et elle doit être posée.

 

La seconde raison est que je trouve que François Fillon est sur les questions de société franchement rétrograde et réactionnaire.

C’est d’ailleurs la grande contradiction de François Fillon.

Sur les question sociétales, François Fillon, c’est l’inverse du libéralisme.

Comment peut-on être aussi libéral et sans règles au niveau économique et si conservateur au niveau sociétal ?

Les gens font ce qu’ils veulent, du moment que ça ne gêne personne, que ce n’est pas contre l’intérêt général et que ça ne met pas en danger le vivre ensemble.

Par ailleurs, l’épisode du mariage pour tous devrait servir de leçon de ce qu’il ne faut pas faire pour François Fillon.

Ce n’est pas que je sois contre le mariage pour tous. C’est juste que le tempo n’était pas le bon.

Les problèmes économiques sont sérieux. C’est là-dessus qu’il faut se concentrer. En non pas mettre le feu aux poudres. Je l’avais d’ailleurs écrit.

Je ne veux pas voir François Fillon remettre le feu aux poudres en revenant sur le mariage pour tous.

 

Enfin, la dernière raison, c’est que je pense que pour réussir les réformes, comme c’est le cas en Allemagne, il faut de larges coalitions pour construire les réformes dans l’intérêt de tous et arrêter toutes ces politiques clientélistes.

Il faut dire que sur ce point, la stupidité des centristes n’aide pas.

Néanmoins, l’Etat UMP a échoué sous Jacques Chirac (2002-2007) et Nicolas Sarkozy (2007-2012).

L’Etat PS a échoué de 2012 à 2017.

Pourquoi l’Etat Républicain, noyauté par François Fillon, réussirait ?

En fait, les coalitions, comme celle du RPR/UDF sous Alain Juppé entre 1995 et 1998, et la coalition PS/PCF sous Lionel Jospin de 1998 à 2002, ont mieux réussi et même si ce n’était pas parfait et qu’il y avait des choses à dire, ont moins fait de conneries.

Le problème, c’est que François Fillon veut repartir dans un Etat Républicain et diriger seul.

Pour moi, ce n’est pas comme ça que l’on va réformer la France.

 

Reste que depuis, il y a les quatre raisons suivantes :

 

La première est que François Fillon est revenu, sous la pression, sur son programme (voir sur le site du Canard Enchainé ce qui a disparu).

Or, ça pose de nombreuses questions.

Pensait-il ce qu’il écrivait et l’a-t-il supprimé pour le cacher aux français ?

Ou a-t-il menti pour gagner la primaire face à une droite dure ?

Mais ça pose une autre question fondamentale.

Que fera-t-il lorsque Philippe Martinez descendra dans la rue ?

Car il ne faut pas se mentir, quand François Fillon réformera, indépendamment de la qualité de la réforme, qu’elle soit bonne ou mauvaise, Philippe Martinez descendra dans la rue.

Et il ira jusqu’au bout !

 

Deuxième raison, je n’aime pas voir François Fillon regorger d’astuce pour faire perdre l’axe central et l’empêcher de s’exprimer lors du premier tour de l’élection présidentielle (comme ici).

 

Troisième raison, depuis aujourd’hui, François Fillon veut supprimer 500 000 postes de fonctionnaires.

Or, il est mal placé pour faire la leçon, car selon le Canard Enchaîné d’aujourd’hui, sa femme aurait gagné 600 000 euros sur le dos du contribuable !

Je n’aime d’ailleurs pas la réponse de François Fillon.

Pour moi, ça fait partie du débat, surtout lorsque l’on claironne que l’on va supprimer 500 000 postes de fonctionnaires et que finalement, on vit sur l’argent des contribuables.

Par ailleurs, dans ce genre de cas, l’élu doit être exemplaire.

Et puis, ça pose encore de nombreuses questions.

 

Plus sincèrement, il est vrai qu’il faut réduire le nombre de fonctionnaire.

Mais il faut penser global.

Une infirmière est-elle inutile ? Un professeur est-il inutile ? Un policier est-il inutile ?

La coupe à la hache, comme elle a été faite par Nicolas Sarkozy, ne marche pas.

En fait, la réduction du nombre de fonctionnaire doit se faire avec une réflexion globale sur le rôle du service public, son fonctionnement et ses méthodes de management.

Sur ce point, je partage l’avis de Pierre Gattaz.

Dans certains domaines (sécurité, éducation…), il faut plus de fonctionnaires.

En fait, il faut sans doute plus de fonctionnaires sur le terrain.

Par contre, je pense que l’on peut vraiment réduire les fonctionnaires dans l’administratif.

En fait, l’informatisation des systèmes peut permettre de réduire drastiquement les fonctionnaires dans l’administratif.

Je l’avais écrit pour Malakoff.

 

Enfin, je trouve François Fillon trop russophone et trop pro-Poutine.

On ne choisit pas ses voisins, mais on choisit les relations que l’on a avec ses voisins.

 

Il est vrai que Bachar El Assad, c’est moins pire que l’Etat Islamique.

Mais ça reste un dictateur sanguinaire quand même.

 

Je comprends qu’il faille être intelligent et dialoguer.

Mais dialoguer ne veut pas dire être ami !

Le cas de Vladimir Poutine est flagrant.

Je suis pour être en bonne intelligence avec Vladimir Poutine, je suis pour un dialogue avec Vladimir Poutine, mais je ne veux pas être son ami !

Pour moi, ça reste un dictateur et un tyran !

Pire, je n’apprécie pas qu’il finance les partis de droite en Europe (notamment les partis d’extrême droite) et je n’apprécie pas qu’il pirate les USA pour faire gagner Donald Trump.

Je trouve François Fillon trop ambigu vis-à-vis de Poutine, voir trop proche.

 

Pour toutes ces raisons, je ne voterai pas François Fillon au premier tour de la présidentielle 2017.

 

25 janvier 2017 Posted by | Election présidentielle 2017, Politique, Politique nationale, Présidentielles 2017 | , , , , , , | Laisser un commentaire

C’est grâce à François Fillon qu’Internet est arrivé : n’importe quoi !

François Fillon a déclaré, je cite, « Qu’est-ce qu’a fait M. Macron en matière de technologie ? Il a fait des choses ? Qu’est-ce que j’ai fait moi ? J’ai ouvert les télécommunications à la concurrence. Vous pensez qu’il y aurait de l’Internet en France si on avait toujours France Telecom avec des fonctionnaires ? Et qui s’opposait à cette réforme ? La gauche »

 

Franchement, on est dans un vrai n’importe quoi et dans un pur délire mégalomaniaque.

 

Etant développeur Java (si, si) et travaillant donc dans le domaine, je vais donc me permettre de répondre à François Fillon.

 

D’abord, je rappelle que l’ouverture du capital de France Télécom a été faite sous … Lionel Jospin.

C’était entre 1997 et 2000… selon Wikipédia.

 

Par ailleurs, Internet a commencé, toujours selon Wikipédia, au MIT, organisme public.

 

Par ailleurs, il existe aussi des organismes de normalisation, notamment le W3C.

Heureusement d’ailleurs.

Ça se voit que François Fillon n’a jamais fait des lignes de code en JavaScript, langage ignoble d’ailleurs, et malheureusement incontournable côté client.

Il fallait que ça marche sur Internet Explorer, une daube.

Oh combien c’était vexant de voir son code marcher sur tous les navigateurs … sauf Internet Explorer !

 

Mais l’importance de mon propos n’est pas là.

Il tient en deux points.

 

Le premier est qu’Internet serait arrivé sans François Fillon.

Effectivement, Internet est une nouvelle étape dans les cycles économiques, comme le fut la révolution industrielle.

Internet a changé notre façon de travailler, d’échanger…

Internet a changé le monde de la culture, celui-ci étant plus facilement accessible.

Par ailleurs, et c’est un point important à évoquer, Internet a accéléré la mondialisation.

 

Pour comprendre cette révolution, il faut se placer dans la définition du capitalisme selon Schumpeter.

Selon Schumpeter, le capitalisme est la destruction/création.

A un temps t, je fabrique des biens ou des services.

Mais ces biens sont voués à disparaître, créant de la destruction d’emploi, principalement.

Ils vont disparaître car ils ne seront plus utilisés (qui utilise encore le cheval pour se déplacer de nos jours) où qu’ils seront fabriqués différemment.

C’est le progrès technique.

On parle de destruction.

 

Mas ces biens seront remplacé par d’autres biens, ou seront fabriqués différemment.

Ça va amener de nouveaux marchés, et donc de nouveaux emplois.

On parle de création.

 

Internet en 2000, c’était la création au sens de Schumpeter.

 

Et on arrive à un second problème que François Fillon n’évoque pas, et pourtant qui est si important.

La France a loupé le coche de la révolution Internet, je l’avais d’ailleurs écrit.

Internet est certes arrivé en France, mais nous n’en sommes pas parmi les artisans.

 

Déjà, les entreprises dans ce business, comme Oracle, Microsoft, Google, IBM, Red Hart sont principalement américaines.

 

Dans les langages de programmation, on a :

  • PHP, créé en 1995 par Rasmus Lerdorf, un Canadien/Groenlandais.
  • Java, crée en 1995 par Sun, entreprise américaine, racheté par Oracle, entreprise américaine.
  • C#, crée en 2002 par Microsoft, entreprise américaine.

Evidemment, comme c’est l’informatique de gestion qui est porteuse d’emplois, il convient de rappeler l’importance des bases de données SQL (ça évolue, il est vrai), dont les principales sont Oracle (Américain), DB2 d’IBM (Américain), SQL Server de Microsoft (Américain), PostgreSQL (Américain), MySQL (Appartenant à Oracle).

 

On a même loupé la révolution du Mobile, car on a Apple (Américain), Androïd de Google et Windows Phone de Microsoft.

 

En fait, le problème est plus vaste et sort du cadre de l’informatique.

Dans un premier lieu, on se contente des emplois de service.

Or, ils ne sont pas durables et demandent une forte valeur ajoutée.

Pourquoi pas, mais notre système éducatif n’est pas à la hauteur.

 

Mais il convient de signaler un autre point, qui lui est crucial et critique.

Le capitalisme est basé sur la destruction/création.

On a la destruction. C’est normal, ça fait partie du jeu.

Et on a donc le chômage qui va avec.

 

Mais on n’a pas la création.

En fait, la création vient de ce que l’on appelle l’innovation. Or, l’innovation, la France n’a rien fait de marquant depuis bien longtemps.

Là aussi, avoir une bonne capacité d’innovation passe par une bonne instruction, et donc un bon système éducatif, qui, contrairement au notre, soit d’un niveau élevé, et soit exigent.

 

La question de la destruction/création, et surtout de l’innovation, est une question clé.

La question de l’innovation, c’est se poser la question des emplois de demain, car un nombre important d’emplois aujourd’hui sont voués à disparaître.

 

Au lieu de faire le kéké en se vantant et en disant des conneries plus grosses que lui, François Fillon ferait mieux de réfléchir à la question centrale de l’innovation.

Il serait très préjudiciable que l’on rate la prochaine révolution industrielle, comme le développement durable, par exemple…

8 janvier 2017 Posted by | Election présidentielle 2017, Elections présidentielles 2017, Informatique, Politique, Politique nationale | , , , , | Laisser un commentaire

Bayrou va-t-il faire perdre le Centre et l’axe central ?

bayrou_fillon

En lisant le canard enchaîné de cette semaine, j’ai appris qu’il pourrait (conditionnel) y avoir un accord entre François Fillon et François Bayrou.

  • Soit François Bayrou rallie les députés contre un groupe à l’assemblé nationale.
  • Soit François Bayrou va vers une quatrième candidature, rallie François Fillon au soir du premier tour, et reçoit un groupe à l’assemblée nationale.

Bon, François Bayrou a démenti, mais plusieurs remarques doivent être faites.

 

Déjà, il faut parler du contexte politique de cette élection.

On devrait avoir un remake du 21 Avril 2002.

Selon les derniers sondages,  on a :

  • François Fillon 26-29%
  • Marine Le Pen 24-25%
  • Emmanuel Macron 13-18%
  • Jean Luc Mélenchon 13-14%
  • Le PS à 6-7 ou 11-12% selon que ce soit Arnaud Montebourg ou Manuel Valls.
  • François Bayrou à 6-7%

On devrait avoir un second tour François Fillon-Marine Le Pen.

Or, je ne garde vraiment pas un bon souvenir du 21 Avril 2002.

 

Le 21 Avril 2002 était une surprise, même si très vite après, les raisons sont très vite apparues.

Mais le problème, au fond, n’a pas été le 21 Avril 2002, mais l’après 21 Avril 2002.

 

Jacques Chirac avait fait une politique catastrophique et clientéliste qui avait coulé la France.

Il avait tué les centristes en les étouffants dans l’UMP.

Seul Bayrou a pu résister un peu. Une bonne chose d’ailleurs.

On était en plein Etat UMP…

En particulier, Jacques Chirac avait diminué les impôts, surtout sur les plus riches, ce qui avait aggravé le problème de déficit.

 

Il avait été sanctionné en 2004 lors des régionales où 20 régions sur 22 étaient passés au PS.

D’ailleurs, François Fillon avait parlé d’un 21 Avril à l’envers…

 

On ne me fera pas croire qu’à cette époque le PS a gagné sur son mérite et son programme les régionales. C’est d’abord Jacques Chirac, et son premier ministre Jean Pierre Raffarin, qui ont été sanctionnés.

 

Mais il avait gardé Raffarin envoyant un message subliminal malsain : pour changer les choses, il ne faut pas aller voter. Il faut tout aller casser dans la rue.

Indirectement, il a cautionné les actions d’un Philippe Martinez. Personnellement, je lui en veux vraiment.

Je crois en l’importance de la démocratie, et je pense que l’on ne le répètera jamais assez : Le premier tour d’une élection sert à ce que les gens s’expriment.

 

J’ai en tête cette excellente caricature des guignols à l’époque.

Chirac était en Louis XIV et Jean Louis Debré en monsieur Loyal.

  • (Debré) Le roi va vous dire merde.
  • (Chirac) <Rot>

 

Mais on ne peut pas parler du 21 Avril sans parler du PS.

Celui-ci n’a jamais réfléchi sur les raisons de son échec, et n’a jamais eu une réflexion pour avoir un diagnostic pour construire un projet et avoir un retour au pouvoir gagnant du PS.

Au contraire, sous l’impulsion de son premier secrétaire, un certain François Hollande, il a construit le PS sur la nullité de la droite.

Ça tombe bien, François Hollande, que je considère plus responsable du 21 Avril 2002 que Lionel Jospin, est devenu président de la république et va nous refaire revenir le Pen…

 

Par ailleurs, il convient de rappeler que là, on s’y attend et que les européennes 2014 et les régionales 2015 plaident en faveur d’un nouvel 21 Avril.

 

Le deuxième point est que dans la nouvelle assemblée les centristes ne pèseront rien.

Bon, vu le système électoral, il est difficile de faire des plans sur la comète.

Mais pour mémoire, on a 577 députés. La majorité absolue est de 289 députés.

Les républicains laissent 40 députés à l’UDI et un groupe au Modem (soit 15 députés).

Rappelons qu’il faudra d’abord gagner les élections, qui je le rappelle sont par circonscription.

L’élection étant très locale, ça va être compliqué pour les centristes qui n’ont pas bossés sur la durée…

Par ailleurs, les républicains laissent 55 circonscriptions. Il en reste donc 522. Pour gagner, il faudra donc, pour avoir la majorité absolue, gagner 289 circonscriptions sur 522, soit 55,3% des circonscriptions où le candidat sera républicain.

Je pense que c’est du domaine du faisable.

Ainsi, les républicains dirigeront encore seuls…

Mais bon, rappelons que le vrai problème, c’est que le centre n’a rien fait entre 2012 et 2017, et qu’ils sont en plein le Chat, la Belette et le petit Lapin.

Et surtout, les places des centristes dépendront… des républicains et de François Fillon.

 

Enfin, j’ai un espoir secret et fou.

J’ai l’espoir de voir finalement le 21 Avril ne pas se produire, et avoir un second tour entre l’axe central et François Fillon.

Je pense qu’il y a un espoir, maigre, certes, mais un espoir quand même.

Certes, ce n’est peut-être que 10%, mais on peut tenter le coup.

Et le mieux placé, c’est, pour l’instant Emmanuel Macron.

Le problème, c’est que François Fillon l’a compris.

Et il préfère être face à Marine Le Pen qu’Emmanuel Macron.

Ce qui de mon point de vue est irresponsable.

Pire, il aimerait que François Bayrou se présente pour handicaper Emmanuel Macron.
D’où la question : François Bayrou acceptera-t-il de faire perdre l’axe central ?

 

A lire : La même chose sur le Blog du Centrisme.

29 décembre 2016 Posted by | Politique, Politique nationale, Présidentielles 2017 | , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

François Fillon candidat de la droite

François Fillon a gagné la primaire de la droite, et de façon claire.

La primaire s’est très bien déroulé, et a permis de légitimer clairement le candidat de la droite.

 

Le « peuple de droite » a très bien joué son coup, et a même joué très intelligemment.

Déjà en éliminant le Berlusconi de service, en l’occurrence Nicolas Sarkozy, mais aussi en pourtant un vrai candidat de droite.

 

Je prends donc acte du résultat, qui comme je l’avais déclaré précédemment, ne m’engage pas personnellement pour le premier tour de l’élection présidentielle.

Je rappelle que si j’avais été à la primaire de la droite (car c’est la primaire « de la droite » et non pas comme on le dit faussement « de la droite et du centre »), c’est parce que Nicolas Sarkozy, avec le consentement des centristes, je tiens à le rappeler (exemple ici), avait empêché le centre de se développer, et donc d’avoir la possibilité de faire un score et de peser.

Il avait donc faussé le jeu et le débat.

 

Je respecte François Fillon, mais je tiens à rappeler que j’ai des divergences profondes avec lui sur les sujets économiques, les sujets sociétaux et la stratégie à mettre en œuvre pour réformer la France.

 

Je ne sais pas pour qui je vais voter aujourd’hui, et je prendrai ma décision vers fin Janvier.

Je me laisse encore un nouveau mois pour réfléchir et laisser décanter.

 

Ce soir, la droite a gagné et je suis très content pour elle.

 

Par contre, je pense que l’axe central, et le centre en particulier, sont les grands perdants.

Après, je tiens à rassurer la droite, je n’en veux pas à la Droite.

 

 

J’en veux en fait aux représentants de l’axe central, et surtout les centristes, qui par lâcheté, incompétence, ambitions personnelles et bêtise, ont encore fait perdre le camp des réformateurs.

J’en veux aux centristes qui n’ont pas fait, comme je l’écris depuis les départementales, le job.

Je suis content que l’axe réformateur soit présent aux primaires de la droite, mais il est plus important pour moi qu’il soit présent au premier tour de l’élection présidentiel et qu’il soit en mesure au premier tour de l’élection présidentielle de faire un score.

 

C’est d’abord les centristes qui ont fait perdre l’axe central et en particulier Alain Juppé.

J’y reviendrai !

27 novembre 2016 Posted by | Elections présidentielles 2017, Politique, Politique nationale, Présidentielles 2017 | , , , , | Un commentaire

Alain Juppé meilleur président que François Fillon

Ça y est, la primaire de la droite se termine dimanche.

On a face à face Ali Juppé contre Vladimir Fillon qui laissera rentrer les chars russes dans Paris.

 

Trouvant les arguments stupides, et pas à la hauteur de l’enjeu, j’aimerais donner des vrais arguments et espérer convaincre, à mon niveau, en quoi Alain Juppé est, contrairement à François Fillon, la personne adaptée à la situation particulière de la France.

 

Je rappelle qu’en période normale, je n’aurais pas été voté à la primaire.

Seulement, la situation de la France est telle que l’on doit réfléchir en amont pour avoir le meilleur président, et le centre s’est vraiment foutu de la gueule du monde.

 

Par ailleurs, rappelons que le pire a été évité. Nicolas Sarkozy a été éliminé !

 

Je respecte François Fillon. Ça a été un premier ministre sérieux et lucide.

Par ailleurs, il a fait une campagne sur l’économique, sujet vraiment important pour la France.

 

Néanmoins, il y a des désaccords sérieux entre moi-même et François Fillon.

Au final, François Fillon est un parfait candidat de la droite.

Mais Alain Juppé est un meilleur président de la république.

 

Et il y a trois raisons pour moi qui font qu’il vaut mieux Alain Juppé à François Fillon.

 

La première est économique.

Je suis entièrement d’accord sur le fait qu’il faut libéraliser l’économie et qu’il faille plus de flexibilité.

Je l’ai d’ailleurs écrit lors du débat sur la loi travail.

Néanmoins, la flexibilité et le libéralisme induisent de la précarité.

 

J’ai moi-même été longtemps au chômage (pas loin de 2 ans) et je sais ce que c’est.

Je pense qu’il faut ajouter de la flexibilité, car contrairement à ce que l’on croit, surprotéger le travail joue contre l’emploi, surtout l’emploi des catégories fragilisées.

Mais ajouter de la flexibilité va augmenter les licenciements.

Il est donc vrai que l’on arrive à une contradiction.

Pour lever la contradiction, il faut, de mon point de vue, travailler sur la probabilité à trouver ou retrouver un emploi.

Si le dynamisme économique est là, il est évident que la probabilité de trouver ou retrouver vite un emploi est grande. Sur ce point, je suis entièrement d’accord avec François Fillon.

J’ai connu une époque (époque ou comme un con je faisais de la physique) où en informatique, on recrutait n’importe qui.

Faute de candidats, on formait n’importe qui sur 3 semaines et on embauchait directement.

C’était dans les années 2000.

J’ai le frère d’un ami qui est devenu développeur COBOL comme ça.

 

Néanmoins, miser sur le dynamisme économique est pour moi nécessaire, mais insuffisant.

Beaucoup de paramètres sont à prendre en compte dans la fonction probabilité pour retrouver un emploi.

On a certes le dynamisme économique, mais aussi l’état du marché, l’offre et la demande, la formation, l’expérience et j’en oublie certainement.

Souvent, beaucoup de gens reste au chômage non pas parce qu’ils veulent profiter du système, mais simplement parce qu’ils n’ont aucune chance de trouver un emploi.

 

Personnellement, après des études de physiques, je ne savais strictement rien faire, et je n’intéressais personne. De fait, je ne pouvais que rester au chômage.

Je n’avais aucune chance de trouver un emploi.

En fait, c’est là que l’on a un système criminel.

J’ai joué le jeu, j’ai fait des études de physiques, très longues, pour être une merde.

 

Et je suis arrivé à un choix très simple, soit je continuais dans la physique (matière que j’adore soi-dit au passage) et je restais à vie à l’ANPE, soit je changeais de voie.

J’ai évidemment opté pour la seconde solution.

Mais je dois insister sur le fait que ça a été très dur, et je me suis senti souvent bien seul.

Maintenant, c’est passé, j’ai un emploi stable et je retrouve relativement facilement un emploi.

En fait, je retrouve l’emploi avant le premier entretien avec le Pôle emploi.

Je prends ça avec philosophie.

 

Mais à l’époque, c’était vraiment un enfer.

 

Si je raconte tout ça, c’est parce que je veux insister sur un point important, point qui fait que je me suis également opposé à la loi travail : les gens ont besoins d’être accompagné.

 

Effectivement, par mon expérience, ayant d’abord travaillé en TPE/PME, j’ai vu l’envers du décor.

Je sais qu’il faut plus de flexibilité car le manque de flexibilité, contrairement à ce que l’on croit, joue contre l’emploi. Notons que le manque de flexibilité n’est pas le seul argument à jouer contre l’emploi. Les charges patronales, c’est pire.

 

Néanmoins, surtout lorsque l’on commence ou que l’on est en bas de l’échelle, les gens doivent être accompagnés. L’ajout de flexibilité et de libéralisme, nécessaire pour relancer la machine économique, doit se faire avec une réflexion sur la manière d’accompagner au mieux les gens.

Si on ajoute la flexibilité sans cette réflexion, je suis persuadé que l’on va vers une catastrophe.

 

C’est vrai qu’il y a des branleurs chez les chômeurs, des gens qui veulent profiter du système.

Mais tous les chômeurs ne sont pas comme ça. Beaucoup restent au chômage car ils n’ont pas les moyens pour retrouver un emploi.

Je n’ai pas choisi de rester au chômage. Mais je n’avais pas les moyens de retrouver vite un emploi et me mettre à niveau, ça m’a pris du temps. Mais vraiment, genre pas loin de 2 ans !

Et ne pas avoir une structure qui m’accompagne, ça m’a vraiment manqué.

Par ailleurs, j’aimerais bien que l’on remette à plat le fonctionnement du Pôle emploi.

 

Enfin, toujours sur l’économique, François Fillon semble faire du libéralisme, comme Thatcher, une fin en soi.

Or, même si une société étatique est une plaie, une société sans règle est également une plaie.

En fait, la crise actuelle est due, comme celle de 1929, à une absence de règles collectives.

Je recommande d’ailleurs cette excellente BD, la ligue des économistes extraordinaire, qui l’explique de manière pédagogique avec humour.

Or, j’ai le sentiment que le libéralisme de François Fillon n’est pas pragmatique, suite à une analyse de la société, mais dogmatique et idéologique.

Comme Thatcher, quoi !

 

La seconde raison est sociétale.

Je trouve François Fillon vraiment rétrograde sur les sujets de société.

Le dernier exemple en date est ici, où il a le soutien de sens commun.

Or, pour réformer la société, il faut être capable de suivre l’évolution des mœurs.

Les gens font ce qu’ils veulent, du moment que ça reste dans la sphère privée et que ça ne gêne pas la vie en collectivité.

Je n’apprécie pas que les intégristes, aussi bien catholique que musulmans, me disent ce que je dois penser.

Sur ce point, je suis entièrement d’accord avec Michael J !

Par ailleurs, comment imposer des mesures économiques dures si on impose des mesures sociétales inadaptés ?

En ce sens, François Hollande est un exemple de ce qu’il ne faut pas faire.

Pour montrer qu’il est de gauche, il a fait le mariage pour tous, mettant le feu aux poudres.

Au contraire, il aurait dû, comme je l’avais dit à l’époque, se concentrer sur les problèmes économiques.

 

Je n’ai pas envie que François Fillon fasse un anti-mariage pour tous, mettant encore le feu aux poudres, et incitant à des comportement anti-démocratique comme ici.

D’autant que les mesures économiques de François Fillon sont dures…

Je pense que pour l’instant, il faut laisser les réformes sociétales, et se concentrer sur l’économique.

 

Enfin, et c’est la dernière raison, il faut une large coalition.

Une large coalition est le seul moyen de faire accepter les réformes nécessaires.

Alors certes, le système électoral français n’aide pas.

Certes, on ne doit pas oublier la bêtise des centristes.

 

Mais à minima, il faut une coalition gauche-modérée/centre ou droite modérée/centre pour faire les réformes.

Il faut l’axe central.

Effectivement, comme en Allemagne, seule une large coalition où tout le monde peut s’exprimer et peser est la condition nécessaire aux réformes.

Au fond, il faut peut-être un programme moins ambitieux où l’on fait 90% qu’un programme très ambitieux où l’on ne fait que 10%.

 

Une large coalition, permettant de prendre les inspirations de chacun, est, à mon sens, nécessaire pour réformer la France.

Pour mémoire, on rate car Jacques Chirac a dirigé seul de 2002 à 2007, Nicolas Sarkozy a dirigé seul de 2007 à 2012, et François Hollande a dirigé seul de 2012 à 2017.

 

Or, François Fillon a un soutien clair de la droite. Seul Alain Juppé est dans une logique de coalition (même si ça n’a pas toujours été le cas) et il a les faveurs du centre.

Si François Fillon est élu, ce qui me semble est le scénario le plus probable, je crains que largement porté par la machine républicaine/ex-UMP/ex-RPR, il se passe des centristes qui risquent de n’être, au mieux, que des faire-valoir.

Je ne pense pas que François Fillon sera dans une démarche de coalition.

Et je pense que le centre ne fera pas parti des premiers rôles.

 

Certes, le Centre, comme je l’ai dit/écrit ces 5 dernières années le mérite.

Mais ne pas être dans une logique de coalition et plutôt d’affrontement, de réanimer la stupide cassure Gauche/Droite, ça ne marche pas depuis 2002, je ne vois pas pourquoi ça marcherait après 2017.

 

Je pense que ça risque de pousser à l’échec.

 

Pour toutes ces raisons, je voterai donc Alain Juppé Dimanche prochain.

23 novembre 2016 Posted by | Election présidentielle 2017, Elections présidentielles 2017, Politique, Politique nationale | , , , , , , | Laisser un commentaire

Au second tour de la primaire, je me mobiliserai et je voterai Alain Juppé

Le résultat du premier tour est parfait. Nicolas Sarkozy est éliminé et on a au second tour les candidats les plus sérieux.

 

Par ailleurs, je serai capable de m’accommoder d’une présidence Fillon.

Il a travaillé et a expliqué que le principal problème de la France, c’est l’économie.

C’est d’ailleurs l’un des rares, et c’est véritablement le point fort de François Fillon.

Il me semble qu’il soit bien parti pour gagner la primaire.

 

Mon objectif est donc atteint. Néanmoins, il y a un second tour.

Et vu l’état de la France et du Centre (état sur lequel je reviendrai), j’irai au second tour de la primaire et comme au premier, je voterai Alain Juppé.

 

Disons qu’il est vrai qu’il y a des différences entre Alain Juppé et moi-même.

Mais il y a encore plus de différence entre François Fillon et moi-même.

Après tout, c’est le jeu.

 

Il y a trois raisons qui font que je voterai Alain Juppé au détriment de François Fillon.

 

La première est qu’Alain Juppé est le candidat du centre. Ça serait un mauvais signal que le centre fasse perdre son candidat (ce qui est malheureusement le cas, comme l’explique le blog du centrisme, voir ici et ici). Ça en dirait long sur l’Etat du centre et un pays où le centre est faible est un pays où les dirigeants vont vers le noyau dur.

Jamais une bonne chose.

De plus, ça ne pousse pas vers les coalitions.

Or, c’est les larges coalitions qui font que l’on pourra faire les réformes pour le plus grand nombre, que l’on pourra faire accepter les réformes nécessaires au plus grand nombres.

En France, Jacques Chirac a dirigé seul, Nicolas Sarkozy a dirigé seul, François Hollande a dirigé seul.

On a vu où ça a mené.

 

Au contraire, en Allemagne, c’est une coalition entre le SPD (l’équivalent PS) et la CDU (l’équivalent de la droite) qui a permis les réformes.

 

Deuxième raison : je trouve François Fillon trop libéral.

Il a raison sur le fait qu’il faut libéraliser l’économie française.

Il faut plus de flexibilité et il faut permettre à l’économie de s’adapter aux contraintes extérieures.

 

Mais la libéralisation de l’économie n’est pas une fin en soi, ça doit être un moyen.

Thatcher semble un exemple pour François Fillon. Ce n’est pas le cas en ce qui me concerne, et au moins pour deux raisons.

La première est que certes, il ne faut pas que l’Etat dirige tout, mais il faut quand même des règles pour maintenir l’équité et le bon fonctionnement.

La crise de 1929 est due à un manque de règles collectifs.

Pour éviter qu’elle ne se reproduise, on a mis des règles en place.

Or, des idéologues fous, comme Milton Friedman ou Friedrich Hayek (dont Margaret Thatcher est sa disciple) ont poussé à une dérèglementation.

Or, la crise actuelle a pour cause une dérèglementation, une absence de règles collectives.

La dérèglementation pousse à l’avidité !

 

Par ailleurs, il faut aussi noter qu’une flexibilité accrue (et certes nécessaire), n’est pas forcement bien vécue par les victimes.

J’en sais quelque chose, j’ai été au chômage et je l’ai très mal vécu.

François Fillon pense, à juste titre, que si l’activité économique redémarre, la probabilité de retrouver ou trouver vite un emploi est plus grande.

Il n’a pas tout à fait tort, mais les gens ont souvent besoin d’être accompagnés.

En fait, je considère que la flexibilité doit nous pousser à la réflexion sur la façon dont on accompagne les personnes. C’est de l’humain.

Personnellement, j’ai vraiment souffert de ne pas avoir un service pour l’emploi efficace.

 

 

Enfin, dernière raison, je trouve François Fillon très rétrograde et réactionnaire sur les sujets sociétaux. En particulier, il a reçu, dès le premier tour, le soutient de la Manif pour Tous.

Certes, c’est les questions économiques qui sont primordiales, et François Fillon a eu raison de les mettre en avant, mais les questions sociétales ont une importance non négligeable malgré tout.

Pour faire passer des réformes économiques dures et importantes, il faut mieux être ouvert et être en phase avec les évolutions de la société.

 

D’une certaine façon, le quinquennat de François Hollande est une leçon de ce qu’il ne faut pas faire. Vu les problèmes économiques, ce n’est pas la peine de mettre le feu aux poudres avec des sujets sociétaux, comme le mariage pour tous par exemple…

 

De plus, les individus font ce qu’ils veulent, du moment que ça ne va pas contre l’intérêt collectif.

 

La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres.

 

Pour toutes ces raisons, je voterai donc Alain Juppé au détriment de François Fillon.

 

21 novembre 2016 Posted by | Elections présidentielles 2017, Politique, Politique nationale, Présidentielles 2017 | , , , , , | Laisser un commentaire